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De la faiblesse du pouvoir d'achat des salaires à l'insuffisance de l'investissement productif........

L'investissement des entreprises est un déterminant essentiel de la croissance économique, et par ce biais là, de l'emploi à moyen et long termes. Le profit  étant, tout à la fois, la motivation principale et une des sources de financement de l‘investissement, on ne peut que s'interroger face à la relative atonie de l'effort d'investissement productif  (1) en France, depuis maintenant plus de trente ans, alors que le partage de la valeur ajoutée brute (2) s'est redressé durablement en faveur des entreprises à partir du «tournant de la rigueur» en 1983 (cf. graphique 1) ?

    Graphique n°1 : Taux de marge et taux d'investissement des sociétés non financières. 

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 Source : Insee, comptes nationaux, base 2000.

L'investissement, un ressort essentiel de la croissance économique. La contribution de l'investissement à la croissance s'opère par l'intermédiaire de deux canaux de transmission. Tout d'abord, l'investissement représente une composante de la demande intérieure finale, qui dans un premier temps s'adresse aux entreprises du secteur industriel des biens d'équipement. Mais pour satisfaire cette demande, ces entreprises vont, à l'occasion de leur production, faire appel à des fournisseurs de consommations intermédiaires et distribuer de nouveaux revenus qui vont à leur tour générer une demande de biens de consommation, et ainsi de suite. Bref, on l'aura bien compris, une demande initiale va générer plusieurs vagues successives de créations de revenus et ainsi dynamiser l'ensemble des secteurs d'activités, et pas seulement les industries de biens d'équipement. En final, on peut attendre d'une hausse de l'investissement, un accroissement plus que proportionnel des richesses nouvellement créées, principe connu sous le nom du multiplicateur keynésien, l'importance du phénomène dépendant à la fois, de la propension take off » repéré par un doublement du taux d'investissement (de l'ordre de 5 à 10 %), dès la fin du XVIII siècle pour le Royaume-Uni, vers le deuxième quart du XIX siècle pour la France ; aujourd'hui, aux pays riches à la croissance molle et aux taux d'investissement faibles ne dépassant pas 25 %, s'opposent les pays émergents aux taux d'investissement pouvant atteindre les 50 % comme en Chine et des rythmes de croissance économique élevés approchant les 10 %l'an . Et cette liaison positive entre investissement et croissance n'en est que plus pertinente, si en sus de l'investissement matériel, on prend en compte les investissements immatériels (dépenses en recherche-développement, en formation professionnelle, en marketing ,en publicité,etc.).   

                                                                                                                                                                                                                            Les déterminants de l'investissement productif. Quels sont les principaux facteurs explicatifs de la décision d'investissement d'une entreprise non financière mis en évidence par la théorie économique ?  

Le rôle de la demande anticipée. Si les entreprises sont animées par un objectif de maximisation des profits, il n'en demeure pas moins qu'elles ne peuvent le satisfaire que si leur production rencontre une demande.  Le niveau de production décidé est donc, conformément à la théorie keynésienne, déterminé de façon décisive par la demande que les chefs d'entreprise anticipent. Si le stock de capital fixe possédé et pleinement utilisé par les entreprises  est insuffisant pour satisfaire  le niveau de production souhaité, les entreprises augmentent alors  leur stock  de capital fixe par la FBCF. L'influence positive de la demande anticipée sur l'investissement a été théorisée  pour la première fois en 1917 par J.-M. Clark, sous le nom de l'accélérateur ou principe d'accélération. Pourquoi qualifier ce mécanisme « d'accélération » ? Sous certaines hypothèses, le modèle de l'accélérateur montre que, non seulement la demande anticipée agit positivement sur l'investissement, mais plus encore que les variations du rythme d'évolution de la demande anticipée(accélération ou décélération du rythme de croissance ou de décroissance) entraînent des variations amplifiées du rythme d'évolution de l'investissement. Ces hypothèses sont au nombre de trois : le coefficient du capital qui rapporte la valeur du stock de capital fixe à la valeur de la production est stable ; les capacités  de production sont pleinement employées ou proches de la saturation ; les entreprises considèrent comme durable l'évolution qu'elles anticipent de la demande. Si dans ces conditions, la nécessaire augmentation du stock de capital fixe apparaît évidente en réponse à une progression de la demande anticipée, le mécanisme de l'amplification énoncé précédemment ne peut en revanche se comprendre sans envisager également une autre réalité à laquelle les entreprises sont confrontées  : le déclassement d'une partie de leur stock de biens d'équipement en raison de l'usure physique et du dépassement technologique de ces derniers, flux mesuré par la comptabilité nationale par la consommation de capital fixe (CCF). Ainsi, face à une demande anticipée supplémentaire, l'investissement doit couvrir, non seulement la nécessaire hausse du stock  de capital fixe imposée par le surplus de demande attendu, mais aussi un investissement de remplacement égal à la CCF dont l'ampleur dépend du niveau taux d'amortissement adopté par les entreprises(actuellement on retient en général un taux annuel de 5 %).  

Le rôle des profits. Les profits influencent en théorie le montant de l'investissement, non pas seulement parce que l'entreprise se donne a priori l'objectif de maximiser son profit (influence des profits futurs anticipés), mais également parce que l'investissement est en partie financé par le profit (influence des profits passés à travers l'autofinancement). En première approche, on peut alors rendre compte de l'influence des profits passés en observant l'évolution du taux de marge comme dans le graphique 1, mais aussi dutaux d'épargnedes entreprises ou de leurtaux d'autofinancement (4). Néanmoins, une approche beaucoup plus satisfaisante est donnée par l'observation de ratios qui mesurent plus précisément la rentabilité des entreprises, en prenant en compte, non pas le flux de richesses créées, mais la valeur du capital engagé ou celle des fonds propres pour produire cette richesse nouvelle. Les comptables nationaux calculent alors larentabilité économique, appelée aussitaux de profit (l'EBE rapporté à la valeur du capital technique engagé) ou à larentabilité financière qui intéresse plus particulièrement les actionnaires (l'EBE net des intérêts versés rapporté aux seuls fonds propres). L'évolution du taux de profit ainsi défini dans le cadre de la comptabilité nationale est intéressante, car elle dépend simultanément de celle du partage de la VAB, à travers le taux de marge, et de celle de la productivité du capital (5).On peut aussi avoir recours à un autre indicateur, celui de la profitabilité du capital, en raisonnant en termes de coût d'opportunité. L'arbitrage entre investissement matériel et placements financiers pour les entreprises va se faire sur la base de la comparaison entre le rendement du capital (rentabilité économique ou rentabilité financière) et le taux d'intérêt réel à long terme sur le marché obligataire (moyenne des taux longs). En faisant la différence entre ces deux éléments, on obtient alors laprofitabilité du capital, c'est-à-dire le gain réel associé à l'opération de l'investissement. Seuls les projets d'investissement ayant une profitabilité anticipée supérieure ou égale à une profitabilité minimale exigée sont réalisés.  

Le rôle des taux d'intérêt. Les taux d'intérêt agissent en théorie sur le niveau de l'investissement par l'intermédiaire de deux canaux de transmission. D'une part, ils déterminent en partie la profitabilité anticipée des projets d'investissement selon la formule vue précédemment. Ainsi, une hausse des taux d'intérêt réels à long terme va diminuer la profitabilité anticipée des projets d'investissement , et de ce fait, conduire les entreprises à abandonner certains d'entre eux à la profitabilité estimée insuffisante. On construit alors une relation négative entre niveau des taux d'intérêt réels et volume de l'investissement. D'autre part, si l'on considère la relation existante entre rentabilité financière et rentabilité économique (6), on montre que dans un contexte de taux d'intérêt réels à long terme faibles (exemple : les Trente Glorieuses), la hausse de l'endettement relativement aux fonds propres, entraîne une augmentation de la rentabilité financière (effet de levier positif), incitant ainsi les entreprises à investir davantage. Inversement, dans un environnement de politiques monétaires restrictives (exemple : le début des années 80) impactant à la hausse l'ensemble de la courbe des taux d'intérêt, donc y compris les taux longs, les entreprises ont tendance à se désendetter pour réduire leur endettement relativement à leurs fonds propres afin d'augmenter leur rentabilité financière (effet de levier négatif ou effet boomerang), ce qui n'est guère favorable à l'investissement.

 Le coût relatif des facteurs de production. L'activité productive suppose la combinaison des deux facteurs de production, travail et capital. On peut donc a priori envisager une influence positive du coût relatif du travail par rapport au capital : lorsque celui-ci augmente, les entreprises sont incitées à développer desinvestissements de productivité (7) économisant à court terme du facteur travail. Ce processus de substitution du capital au travail se traduit par une augmentation de l'intensité capitalistique (8). 

D'autres facteurs.....Les déterminants considérés précédemment sont ceux que la théorie économique envisage et qu'il est  facilement possible d'en évaluer le pouvoir explicatif à l'aide des techniques économétriques. Néanmoins, la liste n'est pas exhaustive, et il paraît évident que d'autres variables dont l'impact est plus délicat à mesurer peuvent influencer l'investissement : la stabilité politique, la politique économique structurelle et ses efforts pour rendre attractif le territoire (politique des transports et de l‘aménagement du territoire, choix de politique économique en matière d'éducation  nationale, de recherche, de protection sociale....autant de choix qui déterminent l'importance du capital humain dont les entreprises peuvent disposer), le système des valeurs plus ou moins favorable à l'épargne, à l'esprit d'entreprendre, à l'innovation et au changement, etc. 

L'insuffisance de la demande, une cause structurelle de l'atonie de l'investissement. La baisse du taux d'investissement des sociétés non financières en France apparaît comme un mouvement structurel, à l'œuvre dès le début des années 60, avec un taux d'investissement  passant de l'ordre de 25 % début  des années 60 à 20 % en 2009 (cf. graphique 1). On remarquera qu'à la fin des années 80, en lien avec le regain de croissance de l'économie, l'arrêt de ce mouvement tendanciel fut de courte durée puisqu'il reprenait au début des années 90. Ce n'est que dans le contexte de la croissance économique plus soutenue de la fin des années 90, que la baisse historique du taux d'investissement semble s'être interrompue avec un minimum de 17 % en 1997. Depuis, le taux d'investissement des entreprises se redresse légèrement pour retrouver ses niveaux du début des années 80. En final, au-delà de ses fluctuations cycliques de court et moyen termes, l'effort d'investissement productif en France sur les trente dernières années se caractérise par une atonie inquiétante. Les comparaisons internationales ne sont guère moins préoccupantes : sur la période 1970-2000, l'investissement productif en France accuse un retard non négligeable, avec une croissance moyenne l'an de 2,6 % contre 3,1 % pour l'Union européenne et 4,4 % aux États-Unis. Une étude de l'OCDE en 2007 montre que sur la période 2000-2004, en moyenne, l'effort d'investissement en machines et en équipements en  % du PIB des sociétés non financières place la France au 26ième rang sur 28 pays de l'OCDE, avec un taux de 5,7 % contre 9,5 % au Japon, 9,1 % en Italie, 7,4 % en Allemagne, 7,0 % au Royaume-Uni et 6,1 % aux États-Unis.  

Après avoir connu une détérioration sensible à partir du premier choc pétrolier en 1973 jusqu'en 1982, le taux de marge se redresse durablement pour atteindre à la fin des années 80 des niveaux supérieurs à ceux qui prévalaient d'avant la crise, avec un record historique de l‘ordre de 33 % en 1989 (cf. graphique n°1). On retrouve là, l'empreinte de la politique de « désinflation compétitive » mise en place à partir de 1982, qui permet  de redresser la situation financière des entreprises, grâce notamment à la désindexation des salaires. Depuis la fin des années 80, le taux de marge se stabilise tendanciellement autour d'un seuil confortable de 30 %. Le tournant de la rigueur en France s'imprime  tout autant dans le redressement durable et sensible des indicateurs de rentabilité et de profitabilité du capital fixe à partir du milieu des années 80 (cf. graphique n°2).  

  Graphique n°2 : Rentabilité et profitabilité du capital fixe des sociétés non  financières.

 image002.gif "L’économie française 2010", OFCE - La Découverte, 2009

La restauration d'une situation financière saine des entreprises se retrouve aussi à travers le retournement à la hausse du taux d'autofinancement à partir de 1982 (cf. graphique n°3), elle-même renforcée par la hausse des taux d'intérêt réels (différence entre le taux d'intérêt nominal et le taux d'inflation) incitant les entreprises à recourir davantage à leur financement interne pour leurs investissements ainsi qu'à se désendetter (effet de levier négatif) et/ou à préférer des placements financiers au détriment des investissements physiques.                              

Graphique n°3 : taux d'intérêt réel long terme et taux d'autofinancement des sociétés non financières

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  Source : comptes nationaux pour le taux d’autofinancement, Banque de France et OCDE pour le taux d’intérêt réel à long terme (obligations d‘état à 10 ans).

En rapprochant les évolutions de l'investissement productif et de la situation financière des entreprises, force est de constater que  le redressement des profits à partir du milieu des années 80 n'a pas eu d'effets significatifs sur l'effort d'investissement : l'arrêt du déclin historique du taux d'investissement  intervient après plus de 10 ans du point de retournement à la hausse du taux de marge des entreprises, et si depuis la fin des années 90, il s'engage sur un timide trend haussier, il reste bien en deçà de son niveau d'avant 1973, alors que  le partage de la valeur ajoutée en faveur des entreprises a retrouvé ces dernières années des niveaux comparables, voire supérieurs, d'avant la première crise pétrolière. Incontestablement, si le profit est une condition nécessaire à l'investissement, il n'est pas une condition suffisante. En effet, ces évolutions, en apparence paradoxales, nous rappellent le rôle fondamental et indispensable des débouchés dans la décision de l'investissement. La tendance de long terme à la baisse du taux d'investissement  est à mettre en relation avec le mouvement de décélération du rythme de la croissance économique à partir du début des années 60 (cf. graphique n°4).                         

                       Graphique n°4 : 

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La robustesse du principe de l'accélérateur sur les évolutions de long terme, se retrouve également à court terme :  comme le montre le graphique n°5, les fluctuations du volume de l'investissement sont corrélées positivement de façon satisfaisante avec celles de la production, et les variations de l'investissement apparaissent beaucoup plus chaotiques que celles de la production. 

                                                        Graphique n°5 :     

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  Source : Insee, comptes nationaux. Champ : sociétés non financières et entreprises individuelles.

 

Au terme de l'étude de l'ensemble de ces évolutions, il paraît évident que l'économie française expérimente, depuis maintenant de nombreuses d'années, les contradictions d'un partage de la valeur ajoutée durablement excessif en faveur du capital : certes, l'austérité salariale a  contribué à la restauration des profits nécessaire à une reprise de l‘investissement, mais en s‘installant durablement dans le temps,  elle finit par contracter aussi les débouchés et nourrir des anticipations pessimistes de la demande de la part des chefs d'entreprise. Une « déflation salariale » qui de surcroît perd aujourd'hui de sa légitimité et de sa pertinence, lorsque les gains de productivité du travail autorisent  une hausse modérée du pouvoir d'achat des salaires sans hausse du coût de production unitaire et donc sans dégradation du taux de marge. Dans ce contexte là d‘insuffisance des débouchés,  en dépit d'une situation financière relativement saine, les entreprises continuent donc d'investir insuffisamment. 

La crise de l'investissement productif, autrefois reflet et conséquence de l'érosion des profits (jusque vers le milieu des années 80), est aujourd'hui en France et depuis plusieurs années, essentiellement le résultat d'une crise de sous-consommation liée à une part insuffisante des salaires  dans la valeur ajoutée. Cette crise structurelle de sous-consommation, résultat inhérent de la toute puissance des marchés financiers et des actionnaires dans le cadre du capitalisme financier, risque malheureusement de caractériser aussi les prochaines années à venir, avec la poursuite de la rigueur comme ligne de conduite de la politique économique conjoncturelle, maintenant présentée comme chemin incontournable pour sortir de la crise des dettes souveraines. Des perspectives donc bien sombres à l'horizon des prochaines années pour l'investissement productif, la croissance économique et l'emploi, si la crise de l'insuffisance du pouvoir d'achat des salaires et de la sous-consommation que nous traversons, continue de ne pas être entendue par les entreprises et les pouvoirs publics en France, mais aussi dans l‘ensemble de l‘Union européenne.          

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(1) L'effort d'investissement des entreprises non financières (l'investissement dit productif) se mesure en rapportant leur formation brute de capital fixe (FBCF-achats de biens d'équipements au cours de la période étudiée) à leur richesse créée (VAB-la valeur ajoutée brute), soit par letaux d'investissement(FBCF/VAB).

(2) Le partage de la valeur ajoutée brute entre salariés et détenteurs du capital se mesure en  première approche à l'aide dutaux de margequi rapporte l'excédent brut d'exploitation ( EBE-ce qu'il reste aux entreprises après avoir payé leurs consommations intermédiaires, rémunéré le facteur travail et s'être acquittées des impôts liés à la production) à la VAB. En négligeant les impôts liés à la production, il peut aussi s'écrire en faisant apparaître à la fois le coût salarial réel et de la productivité du travail( VAB rapportée à la quantité de facteur travail utilisée), selon la relation suivante :Taux de marge = 1 - (coût salarial réel/productivité du travail). L'intérêt de cette relation est notamment de montrer qu'une hausse du coût salarial est tout à fait compatible avec une augmentation du taux de marge, si dans le même temps, la productivité du travail progresse plus que proportionnellement par rapport au coût salarial.    

(3) Le stock de capital fixe représente la valeur des biens d'équipements professionnels (machines, bâtiments,etc.)  possédés à un moment donné par les unités productives. Le stock decapital techniquecomprend le stock de capital fixe et le capital circulant, lui-même composé de la valeur des biens intermédiaires détenus à un moment donné. La croissance économique  peut résulter d'une augmentation de la quantité des facteurs de production (croissance extensive) et/ou d‘une progression de l‘efficacité productive des facteurs (croissance intensive). L'efficacité productive des facteurs peut s'apprécier en première approche à l'aide de la productivité du travail  et de laproductivité du capital(VAB rapportée à la valeur du stock de capital technique).   

(4) L'épargne brute en comptabilité nationale correspond au résultat net de la comptabilité privée non distribué aux détenteurs du capital (aux amortissements près) ; lorsque l'on rapporte cette épargne brute à la VAB, on obtient alors le taux d'épargne des entreprises (épargne brute /VAB). Le taux d'autofinancement désigne la part de la FBCF financée par l'épargne brute (épargne brute/FBCF).

(5) Plus précisément : taux de profit = taux de marge x productivité du capital.

(6) RF = REN + (REN - i )x (D/FP) avec :RF = rentabilité financière ; REN = rentabilité économique nette = (EBE -CCF)/capital technique ; D = endettement ; FP = fonds propres ; i = taux d'intérêt réel à long terme ; (D + FP ) =  capital technique. 

(7) L'Insee décompose l'investissement matériel brut en trois catégories : lesinvestissements de capacitésvisant à accroître les  capacités de production, les investissements de productivité dont l'objectif est d'accroître l'efficacité productive des facteurs, etl'investissement de remplacementdes biens équipement usés ou obsolètes technologiquement. L'investissement de remplacement compense donc la consommation de capital fixe. 

(8) L'intensité capitalistique est le rapport entre la valeur du stock de capital technique et le volume de travail utilisé dans le processus de production. 

 (9) Les fluctuations de la valeur ajoutée brute sont utilisées comme indicateur des fluctuations de la demande anticipée, dans la mesure où la production est à l'origine des revenus, eux-mêmes générant la demande.           

Tous les commentaires

Bravo pour cet article. Analyse extrêmement intéressante, qui rejoint une analyse de Jean Peyrelevade. Je lui route votre billet. En effet, on assiste au paradoxe d'une atonie de l'investissement productif malgré une restauration des profits (dans les grandes entreprises françaises en tous cas). Je ne pense pas que ce soit le " le résultat d'une crise de sous-consommation liée à une part insuffisante des salaires dans la valeur ajoutée" mais que ce soit surtout par l'aspiration des investissements vers des lieux et des entreprises où il y a plus de croissance et plus de rendement à court terme, c'est à dire dans les pays émergents, qui agissent comme une "pompe à croissance" et "pompe à emplois".

ce que vous voulez dire, Marie-Anne Kraft, c'est que les français ont un droit inaliénable et definitif à garder les emplois chez eux, malgré, pour ne prendre le cas que de l'automobile, produit emblématique, à acheter Roumain (Renault Dacia), Slovaque (Peugeot 107), Slovene (Clio) ou Bavarois (BMW, Audi) au lieu d'acheter Valenciennois (Toyota Aygo), Aulnaysien (C3 Picasso) , Normand (Vel Satis, Laguna) ou Francomtois (Peugeot 407) ?

Comment ca se pourrait ?

Vous soulignez Marie-Anne un point particulièrement intéressant et délicat à évaluer, celui de l’impact net (gains moins pertes) des investissements directs étrangers (IDE) pour l’économie française, du point de vue de l’investissement productif, de la croissance et de l’emploi……. Point d’autant plus intéressant et pertinent que le solde des IDE est structurellement négatif pour l’économie française (cf. graphique ci-joint) : les investissements productifs des entreprises françaises à l’étranger (IDE sortants) sont supérieurs aux investissements des entreprises étrangères sur le territoire économique français (IDE entrants).

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A partir de ce solde négatif, on ne peut, pour autant, d’emblée en déduire un impact négatif des IDE sur l’investissement productif, en raison des multiples effets indirects des IDE sur lesquels les études empiriques n’apportent pas de réponse satisfaisante dans un sens comme dans un autre. La difficulté du chiffrage de l’impact net provient tout simplement du fait que les IDE, qu’ils soient sortants ou entrants, ont des effets indirects contradictoires à la fois positifs et négatifs. Quelques incidences indirectes, en positif : le rapatriement des profits des filiales étrangères des entreprises françaises venant se réinvestir en partie en France, les gains de pouvoir d’achat liés à des prix plus bas de produits importés, la dynamique favorable sur l’investissement productif français des transferts de technologie, un soutien à l’exportation car les filiales implantées en France des firmes transnationales étrangères sont plus exportatrices que les entreprises nationales, etc. ; en négatif : des créations d’emplois à l’étranger qui se font à l’étranger et non en France d’où du pouvoir d’achat en moins dans l’économie, des profits rapatriés dans les pays d’origine, le risque de dumping social et fiscal, le risque du primat d’une logique financière par rapport à une logique de production,etc.

Maintenant, si l’on analyse la structure des IDE de l’économie française, il est intéressant de constater que les pays industrialisés restent la première destination des investissements directs français à l'étranger (plus de 80 % des flux des IDE sortants), les principaux destinataires étant quatre pays de la zone euro (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Allemagne), les États-Unis et la Suisse. Quant aux économies émergentes, elles ne représentent presque rien dans ce processus de multinationalisation de l’investissement français ( pour ne citer que la Chine, l’Inde et le Brésil, ces trois pays ne totalisent que 2,2 % des IDE sortants français en 2008). La structure des IDE entrants montre aussi une large prédominance des pays de la zone euro et des États-Unis. Ceci témoigne donc incontestablement, qu’au-delà d’une incertitude sur l’impact net positif ou négatif des IDE sur l’investissement productif français, les difficultés de l’investissement productif français ne peuvent pas s’expliquer par les investissements étrangers français dans les pays émergents. Les causes structurelles sont dès lors d’ordre interne, notamment et essentiellement dans les dérives du capitalisme financier qui pénalisent l’investissement productif de deux façons : d’une part, directement, en exigeant des seuils de profitabilité anticipée du capital décourageant bon nombre de projets d’investissement productif ; d’autre part, indirectement, en imposant un partage de la valeur ajoutée excessivement en faveur du capital, et donc en défaveur des débouchés, via une compression durable de la part des salaires dans le flux de la valeur des richesses créées.

le résultat d'une crise de sous-consommation liée à une part insuffisante des salaires dans la valeur ajoutée.

Excusez mes questions naïves dans un domaine que je ne parviendrai jamais à maîtriser même un peu: donc, que pensez-vous de la dernière sortie de Trichet sur les salaires à ne surtout pas augmenter? ensuite, la rigueur ne s'impose-t-elle pas à des Etats qui sont surtout endettés à cause de l'incurie du pouvoir politique, faisant donc peser non la mauvaise santé de l'économie sur les salariés et les entreprises mais la mauvaise gestion des dépenses publiques, donc non à cause d'un Etat qui dépenserait trop mais d'un Etat qui dépense mal - depuis que Philippe Séguin n'est plus, on n'entend plus parler de la Cour des comptes pointant du doigt cette mauvaise gestion?

Il y a au moins un point commun entre l"économie et toutes les autres sciences humaines, celui que le néophyte est de loin celui qui pose des questions intéressantes, laissant parler la spontanéité de son bon sens, en dehors des prismes des paradigmes et concepts des dits "spécialistes" qui peuvent parfois éloigner ces derniers du "bon sens près de chez eux". Vos questions, Monsieur Lemardelé, ne m'apparaissent pas naïves, mais plutôt perspicaces, et en appréciant la qualité de vos billets, certes sur d'autres domaines, il me semble que vous vous sous-estimez dans ce domaine de l'Économique. Je vais essayer d'apporter quelques éléments de réponse à vos questions..…..

Concernant la déclaration dimanche de Jean-Claude Trichet que ce serait une erreur d'augmenter les salaires face à la hausse récente du prix du pétrole et des matières premières, que l'on approuve ou pas, il faut bien comprendre que cela implique une baisse du pouvoir d'achat des salaires. Une telle diminution du pouvoir d'achat, dans le contexte d'austérité budgétaire actuel et à venir, c'est évidemment un facteur d'aggravation de la contraction de la demande, donc des débouchés et de l'investissement productif, et en final, dans le meilleur des scénarii, le maintien d'un niveau élevé de chômage en France.

Si l'on peut ainsi contester la position du Président de la BCE, on peut également s'interroger sur son argumentation, celle d'ailleurs que notre gouvernement n'a de cesse de mettre en avant : l'efficacité du soi-disant "modèle allemand". De façon récurrente, l'économie allemande est donnée en exemple pour la bonne maîtrise de ses coûts salariaux qui expliquerait le dynamisme de ses exportations de ces dernières années grâce à une excellente compétitivité-prix, d'où la diminution sensible de son taux de chômage depuis 2005 ( taux de chômage de 6,6 % fin décembre 2010 contre près de 10 % en France). Aussi séduisante soit-elle, cette argumentation est néanmoins trompeuse pour plusieurs raisons. D'une part, si l'on regarde sur la longue période 1990-2008, le coût salarial réel unitaire dans l'industrie est quasiment stable en France, et en 2008, selon Eurostat, le coût salarial horaire dans l’industrie manufacturière était de 33,5 euros en France, soit seulement trente centimes d'euros de plus qu'en l'Allemagne ! Les succès à l'exportation de l'économie allemande ces dernières années ne peuvent donc s'expliquer que très modérément par ce dogme de la maîtrise des coûts salariaux, et reposent essentiellement sur une compétitivité structurelle, et non une compétitivité-coût. D'autre part, si effectivement depuis le milieu des années 90, il y a une stratégie évidente de la part des autorités allemandes de restauration de la compétitivité-prix par une "déflation salariale", cette stratégie "non-coopérative" ne peut être généralisée à l'ensemble des pays de la zone euro, car les excédents extérieurs des uns étant les déficits des autres, tout le monde ne peut pas être excédentaire en même temps ! Le dogme libéral de la nécessité impérieuse de la compression des coûts salariaux, avec en appui la référence allemande, est donc bien un contre-feu fallacieux pour légitimer le maintien d' un partage de la valeur ajoutée excessivement en défaveur des salariés et au profit des grands bénéficiaires du capitalisme actionnarial....et en particulier, c'est d'actualité, des gros actionnaires des entreprises du CAC 40 qui, au total, ont accumulé 83 milliards d'euros de profits en 2010, soit presque deux fois plus qu’en 2009.

La question de la nécessité de la rigueur budgétaire que vous posez par rapport à la dette publique doit, me semble-t'il, être évaluée du double point de vue de son intensité et de ses modalités. Il est évident que sur un horizon de moyen et long terme, un État ne peut pas être toujours en déficit, car pour rembourser demain les emprunts d'aujourd’hui, il lui faudra engranger aussi des excédents. Or, depuis le milieu des années 70, les finances publiques en France sont systématiquement déficitaires, avec un déficit qui a dépassé le seuil des 8 % du PIB en 2009 et une dette publique de l'ordre de 80 % du PIB. Il serait dans ces conditions difficilement contestable de ne pas vouloir réduire le poids de la dette publique.........mais à quel rythme et selon quelles modalités ?

Sur la question du rythme, la réponse libérale des gouvernements européens face à la crise des dettes souveraines généralisées, vous la connaissez tout comme moi, c'est un retour rapide à l'équilibre budgétaire, considéré comme indispensable à la reprise économique grâce à une confiance retrouvée des agents économiques dans l'avenir. Pour autant, et c'est notamment le point de vue des "économistes atterrés", un tel ajustement trop rapide ne peut être que pro-cyclique, c'est à dire accentuant le ralentissement de l'activité économique et donc creusant un peu plus les déficits publics par la diminution des recettes fiscales.

Sur la question des modalités, il faut au préalable rappeler que l'augmentation de la dette publique en France, s'explique depuis une dizaine d'années, non pas par une hausse des dépenses publiques relativement stables en % du PIB, mais par une diminution du taux de prélèvements obligatoires du fait des baisses d'impôts et de cotisations sociales patronales accordées par les gouvernements successifs : une estimation de l'Autorité de la statistique publique et de l'Insee indique que la dette publique en % du PIB serait aujourd'hui de l'ordre de 60 % (et non de 80 %) sans les baisses d'impôts décidées depuis 2000.….Énorme ! Mais, comment faut-il alors envisager cette rigueur budgétaire, par une baisse des dépenses publiques et/ou une augmentation des impôts ? Face à cette alternative, le gouvernement français, à l'image des autres gouvernements européens, a choisi clairement l'option néolibérale de réduction des dépenses publiques se traduisant par un recul de la protection sociale et une dégradation de la qualité des services publics, et cela en dépit d‘une aggravation des inégalités et d‘une augmentation de la pauvreté en France ( 8 millions de pauvres aujourd’hui, soit un taux de pauvreté de 12 %). L'autre choix de l'augmentation des prélèvements obligatoires permettrait, en revanche, d'envisager un retour progressif à l'équilibre budgétaire, sans perdre de vue un double souci de justice sociale et de production de biens publics indispensables à la cohésion sociale et à la compétitivité globale à long terme de l'économie française (investissement en capital humain dans le cadre des dépenses publiques d'éducation, de santé, d'infrastructures et de recherche.).

Ce qui précède ne conteste nullement un problème que vous soulevez, qui me semble néanmoins très marginal dans l'explication du creusement des déficits publics, celui de certains gaspillages, voire une certaine incurie des pouvoirs publics dans la dépense publique. Il est vrai que les rapports de la Cour des comptes sont là pour nous le rappeler.....et probablement que celle-ci est en deça de la vérité, ne serait-ce que si l'on s'interroge sur la légitimité des rémunérations de nos dirigeants politiques et élus, pendant et après l‘exercice de leurs responsabiltés.....Par ailleurs, face à ce credo du denier public trop souvent mal dépensé, je crois que le secteur privé serait en bien mauvaise posture pour donner des leçons, si l'on connaissait, chaque année, le montant de ses dépenses, qui tout en maximisant ses intérêts particuliers nuisent aussi à l'intérêt général avec ou sans dédommagements pour la collectivité! Une Cour des comptes du bien être collectif épluchant les comptes des entreprises privées reste peut-être à créer..….

 

Merci pour votre réponse claire et satisfaisante, je suis d'accord avec vous. Ce matin j'entendais su rFrance Culture qu'on parlait de taxer de manière infinitésimale les marchés financiers, cette manne rapporterait énormément d'argent aux Etats pour le rétablissement de l'équilibre budgétaire et pour investir dans le développement (éducation, santé etc.), mais on disait aussi que les agences de notation étaient attentives à la rencontre politique européenne sur ce sujet aujourd'hui (je crois), voire qu'elles feraient pression... n'est-ce pas le coeur du problème: les Etats ont sauvé les banques lors de la crise, mais leur endettement fait qu'ils sont tout de même ficelés, incapables d'imposer une taxe de cet ordre, au-delà du dogme libéral, il y a surtout un rapport de force Etat/marché défavorable au premier?

Contre toute attente, le Parlement européen a effectivement voté, il y a quelques jours, un rapport encourageant le principe d’une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau mondial, ainsi qu’un amendement préconisant son instauration au niveau européen. Comme vous le soulignez, une taxe bien salutaire pour augmenter les ressources fiscales, mais également pour freiner la spéculation, celle-là même à l’origine de l’instabilité financière structurelle de nos économies de marchés de capitaux dérégulés. Je doute néanmoins qu’elle voit le jour rapidement, tant les obstacles sont nombreux : au niveau mondial, il y a des oppositions de taille au sein du G20, notamment les États-Unis et le Japon qui y sont hostiles, et au niveau européen, la position de la Commission n’est pas franchement enthousiaste en manifestant des réserves pour une taxe uniquement cantonnée à l’Union européenne. Quant au double discours démagogique et manipulateur de Sarkozy, faisons court : …………..! En tout cas, une telle taxe existe déjà dans certains pays, notamment en Grande-Bretagne, et ces expériences «locales» témoignent plutôt d’un bon rendement fiscal de la «taxe Robin des bois», preuve qu’elle ne semble pas «effrayer» le monde de la finance.

Je pense aussi qu’on pourrait aller beaucoup plus loin que cette TTF, si l’on veut faire face à une nécessaire production accrue de biens collectifs, tout en réduisant progressivement le poids de la dette publique, et dans un souci de justice sociale : accroître la fiscalité sur le patrimoine, les revenus du capital et surtout les plus-values financières. En augmentant les impôts sur les fractions les plus aisées de la société, c’est à dire les créanciers de l’État, on ferait ainsi supporter le poids de l’ajustement budgétaire avec plus de justice sociale, dans la mesure où une partie de ces impôts leur revient sous forme d’intérêts et de remboursement de la dette. Par ailleurs, cet effet redistributif se doublerait d’un effet expansionniste sur la demande, en raison d’une propension marginale à consommer plus élevée pour les ménages à bas revenus que ceux à hauts revenus (en France, les 20 % des plus aisés accumulent 80 % du flux annuel de l'épargne de l'ensemble des ménages).

Le marché a besoin de l’État car il ne peut exister sans un minimum de règles et d‘institutions. Et, l’État a aussi besoin du marché, ne serait-ce que pour prélever des impôts et des cotisations sociales nécessaires à ses dépenses. Mais, dans ce rapport d’interdépendance réciproque, un État vraiment impartial au service de l’intérêt général se donne les moyens de rester le maître, c’est-à-dire les moyens de la régulation et du contrôle, avec des objectifs supérieurs d‘équité dans la répartition des richesses produites. Je partage votre point de vue final, et la crise des dettes souveraines l’illustre parfaitement : les marchés financiers imposent leurs lois aux États ! Et, s’il en est ainsi, ne doit-on pas y voir, tout à la fois, le meilleur symbole et la conséquence d’une collusion réelle d’intérêts entre les dirigeants actuels (pas seulement en France….et bien avant Sarkozy) et le monde de la finance ?…..et plus généralement, d’une fusion étroite d’intérêts entre le pouvoir actuel et la classe sociale minoritaire possédante ?!?……..De retour d’un voyage dans le temps en ce début du XXI siècle, Karl Marx ne se sentirait pas probablement dépaysé…..

Travail très fouillé...

 

Ouvrons le débat!
Graphique n°1: Taux de Marge et Taux d'Investissement des Sociétés Non Financières. Critique : vous constatez mais vous n'expliquez pas.
Graphique n°2 : Rentabilité et Profitabilité du Capital Fixe des Sociétés Non Financières. Vous ne développez ni les concepts (plusieurs indices de Rentabilité et de Profitabilité), ni les raisons de ces évolutions.
Graphique n°3 : Taux Intérêt Réel long terme et Taux d'Autofinancement des Sociétés Non Financières. Admettons la validité des chiffres de l'INSEE et le vocable trop global de SNF (entreprises de production et de commercialisation... la différence est énorme).
Par contre, n'oublions pas les réserves "utiles":

  • Pour obtenir le Taux Intérêt Réel à long terme, il faut passer par un Taux d'Inflation Officiel ;
  • Si le Taux d'Autofinancement baisse, c'est l'effet de levier qui entre en action (OK, vous le dites) ; rien ne dit que ces Fonds Permanents supplémentaires aient servi à financer des Investissements Bruts sur le sol national... donc à créer des PIB et des emplois nationaux.

Les sources et les définitions de ces informations n'étant pas les mêmes, le syllogisme conduit à un paralogisme.
Graphique n°4 : Évolution (en %) des PIB depuis 1950 (en volume et en valeur). OK : le graphique montre clairement que la gestion de la France est très mauvaise...
Graphique N°5 : Croissance du volume de la FBCF en entreprises françaises.
Problème : la FBCF des SNF (INSEE - BASE 2000) varie de +1% à -1% chaque année depuis 1973, ce qui montre le côté dramatique de la gestion de l'Économie française...

Mais vous, "vous" affichez des statistiques d'écarts "en volume" allant de +5% à +10%.

  • Déjà, sur le plan conceptuel, j'ai toujours évité les statistiques "en volume" parce que (en gardant les pieds sur terre), "je ne sais pas" ce que c'est...
  • Mais, en plus, "je ne sais pas trop" ce que les macro-économistes peuvent tirer de ces "manipulations" de statistiques d'origines diverses (surtout à LT) sachant que le(s) Taux Inflation Officiel est (sont) pris en compte...

"Votre" corrélation est d'ailleurs surprenante... quand on sait qu'un investissement porte ses fruits (création de VA) avec un décalage de deux à cinq ans (et même beaucoup plus, suivant les secteurs).
Mes commentaires et ma conclusion:
En réalité, la Consommation Finale des Ménages (BASE 2000) a connu une croissance annuelle de plus en plus faible (de +4,2% en 1950 à +0,3% en 2008) mais ce n'est pas pour la raison que vous décrivez... car la mauvaise répartition des Valeurs Ajoutées est "une conséquence", et non pas "la cause"de cette baisse. En effet, la baisse de la Consommation Finale des Ménages s'est accompagnée de soldes négatifs au sein de la balance des biens et services depuis 2003.
Il y a donc trois causes (et non une seule) :

  1. Les GMS (alimentaires et spécialisées) importent de plus en plus de biens de consommation et d'équipement des ménages en provenance des pays à bas salaires (et elles font des marges indécentes sur des produits sans marque et sans repère);
  2. Les transnationales françaises et étrangères sous-traitent de plus en plus leurs productions dans les paradis sociaux (RENAULT et PSA par exemple) ;
  3. Les profits réalisés par les entreprises françaises sont délocalisés dans les paradis fiscaux...

Et il y a un effet :

Les emplois et les salaires français disparaissent à vue d'œil.
En prenant en compte plusieurs sources statistiques, votre conclusion doit être élargie : oui, la poursuite de la rigueur, la mise en concurrence des salariés et des États (entre eux et à tous les niveaux), et donc la destruction des richesses nationales, cela se voit dans tous les domaines :

  • Valeurs Ajoutées (création et répartition) dans les SNF de Production et de Commercialisation;
  • PIB (dans lequel l'impact du commerce extérieur est faible);
  • Commerce Extérieur (B&S);
  • Balance des Transferts (les cadeaux);
  • Balance des paiements;
  • Déficits publics;
  • Concentration des richesses dans les mains d'oligopoles de plus en plus réduits;
  • Paupérisation de la population;
  • Délinquance et Criminalité...

Et donc, avant même les révoltes en Afrique et au Moyen-Orient, j'avais annoncé que le durcissement était inévitable...
http://blogs.mediapart.fr/blog/junon-moneta/221010/fin-de-regime-le-durcissement-est-inevitable

Or, nos "irresponsables" politiques et nos Eurocrates sous-estiment les risques de cette fin de Régime (qu'ils soutiennent à bout de bras)...

Cordialement,

JM/ ALTER-EUROPA

...

PS : j'ai recommandé...

 

 

Sans vouloir être désagréable, ni vous offenser, Monsieur, mais vous êtes passé «à côté» du texte, tout du moins si j'en juge par vos principales critiques.

Concernant le graphique 1, le constat introductif des évolutions sous forme de paradoxe fait figure de chapeau à l‘article en ne posant volontairement que la problématique d'ensemble. Quant aux explications de ces évolutions dont vous déplorez l’absence, elles vous sont données dans la suite de l’article, avec un rappel, dans un premier temps, des fondamentaux théoriques de la décision d'investissement. Et, en substance, je montre, qu'en dépit du redressement du taux de marge depuis le milieu des années 80, la croissance de l'investissement reste insuffisante car l'un de ses déterminants majeurs, la demande, souffre d'une part excessivement faible des salaires dans la valeur ajoutée brute durant au moins ces dix dernières années. Quant aux choix de politique économique depuis le milieu des années 80, à l'origine de ce partage de la valeur ajoutée durablement en faveur du capital, au-delà de la politique de désinflation compétitive décidée en 1983, j'expose des causes plus structurelles tenant aux dérives mêmes du capitalisme financier.

Concernant le graphique 2, vous n'avez apparemment pas lu la partie théorique complétée de renvois en bas de page, où sont définies précisément les notions de rentabilité économique, de rentabilité financière et de profitabilité du capital. Il s'agit des trois principaux indicateurs de rentabilité utilisés dans le cadre des études macroéconomiques consacrées à l'investissement réalisées par les instituts d'études, notamment l'Insee et l'Ofce.

Concernant le graphique 3, il reprend la définition de base et usuelle du taux d'intérêt réel (approximée par la différence entre taux nominal et taux d'inflation) ....et de long terme, cela va de soit, dans le cadre de l'étude d'une décision qui s'inscrit dans le long terme. Il n’y a pas de «taux officiel», mais une définition claire, nette et précise du taux d’intérêt réel :( (1 + taux nominal)/(1 + taux d’inflation) ) - 1 . Quant à la baisse du taux d'autofinancement depuis le début de la décennie 2000, elle doit s'interpréter comme le résultat de modifications dans la structure du financement de la FBCF (arbitrage entre financements interne et externe), avec un taux d’épargne qui se dégrade plus sensiblement que le taux d’investissement .

Le graphique 4 n'a pas l'ambition, et d’ailleurs ne pourrait l'avoir, de montrer, comme vous le dîtes que "la gestion de la France est très mauvaise"(même si je partage ce point de vue). Il s'inscrit dans une toute autre démarche, celle démonstrative, d'illustrer que sur le long terme, c'est bien le principe de l'accélérateur qui permet d'expliquer la baisse structurelle du taux d'investissement, avec la décélération du rythme de la croissance économique observable depuis le début des années 60 (voir l’évolution du PIB en volume), à la fois cause et conséquence de la diminution du taux d'investissement, via les enchaînements dynamiques de l'accélérateur et du multiplicateur expliqués par ailleurs dans la première partie de l’article.

Concernant les données du dernier graphique, comme d’ailleurs celles des précédents, il ne s’agit pas de statistiques calculées personnellement comme pourrait le laisser entendre certaines de vos objections, mais uniquement des statistiques officielles, en l’occurrence celles de l’Insee. Je confirme donc l’exactitude des évolutions relatives en volume de la FBCF (base 2000) ainsi décrites en glissement annuel pour l‘ensemble des entreprises françaises présentées dans ce graphique. Contrairement à ce que vous avancez, les variations relatives de l’investissement en volume des entreprises (SNF seules ou entreprises comprenant les SNF et les entrepreneurs individuels) cheminent dans un intervalle, non pas de +/- 1 %, mais bien dans un intervalle d’amplitude beaucoup large visible sur le graphique. Et, cette amplitude importante de l’intervalle des variations de l’investissement représente précisément l’ illustration d’une caractéristique essentielle du principe de l’accélérateur de l’investissement : ses réactions amplifiées et chaotiques suite aux variations de la demande anticipée. Ainsi, et à titre d’exemple, comme vous pourrez le consulter sur le site de l’Insee, la FBCF en volume des SNF a baissé de 8 % en 2009, après avoir progressé de 2,4 % en 2008 et de 8,1 % en 2007. Quant à la démarche du raisonnement en volume, elle s'impose nécessairement sur des séries temporelles exprimées en monnaie, car dans les variations en valeur, on ne sait pas ce que l'on mesure, la variation des quantités et/ou celle des prix....sauf en cas de stabilité des prix. Enfin, la corrélation constatée, confortée par les études économétriques sur le sujet, n'a rien de "surprenante" : comme les enquêtes et études le montrent par ailleurs, le PIB est lui même corrélé fortement avec la demande anticipée par les chefs d'entreprise qui sert elle-même de base, aux côtés des autres déterminants, à la décision d'investir aujourd'hui.

Votre conclusion est pour le moins très étrange. Nous ne partageons pas visiblement la même vision de certains mécanismes macroéconomiques de base du fonctionnement d'une économie, ni même de certaines évolutions de ces dernières années : d'une part, la dégradation des résultats de notre commerce extérieur s'explique avant tout par nos piètres performances à l'exportation, et certainement pas par le ralentissement de la croissance de la consommation qui, bien au contraire, est plutôt de nature à freiner nos importations. D'autre part, si la détérioration de notre commerce extérieur impacte le rythme de la croissance économique par le jeu du multiplicateur du commerce extérieur, elle n'a pas d'incidence concrète sur la structure du partage de la valeur ajoutée entre travail et capital, tout du moins au regard des canons usuels de la théorie économique et de la macroéconomie appliquée. Enfin, s'il y a bien une leçon d'économie sur laquelle tous les économistes s'accordent, des libéraux aux keynésiens, c'est bien que le revenu représente un déterminant essentiel de la consommation. Et, s'il est un résultat empirique, lui aussi solidement établi (et ce depuis le XIX siècle), c'est bien que la propension marginale à consommer des revenus salariaux est nettement plus importante que celle des revenus du capital. En conséquence, le partage de la VAB exagérément maintenu au détriment du facteur travail depuis plusieurs années en France apparaît bien comme une cause, et non comme un corollaire, d'une croissance insuffisante de la consommation.

Ma réflexion n’a pas la prétention, loin s’en faut, de cerner toute la richesse et la complexité du sujet, mais juste de démontrer que le paradoxe constaté entre la restauration spectaculaire des profits depuis le milieu des années 80 et l’atonie persistante de l’effort d’investissement en France s’explique, en partie seulement mais de façon essentielle, par un partage de la VAB comprimant de façon excessive la part des salaires, et de façon conséquente, affectant la dynamique des débouchés des entreprises, à travers la variable ayant la contribution la plus forte à la croissance économique : la consommation finale des ménages.

Concernant les causes que vous avancez, la première (la politique des GMS) ne me semble aucunement contradictoire avec mon propos de fond, puisqu’elle illustre précisément un partage de la VAB excessivement favorable au capital dans un secteur particulier de l’économie. En ce qui concerne les deux autres causes faisant allusion à un impact négatif des investissements directs étrangers (IDE) de la France, je me permets de vous renvoyer à mon premier commentaire où je montre que, ni le montant (le solde des IDE), ni la structure des IDE ne permettent de valider empiriquement un tel impact négatif.

Bien cordialement.

 

l'impot a pris la place de l'épargne

l'impot est devenu énorme

l'impot est allé se cacher dans les prix des choses

peut t'on évaluer sur 1200 euros mensuel , combien l'etat récupere directement et indirectement

Le commentaire est libre, mais lorsqu'il est en lien au minimum avec le sujet traité, c'est mieux......

@ Yves Besançon

Il n'est pas nécessaire d'utiliser un bazooka pour tuer une mouche...

La théorie keynésienne a permis d'intégrer de nouveaux raisonnements en économie, nous sommes d'accord, mais elle souffre d'un défaut majeur : Keynes a toujours raisonné en "Economie Monétaire Fermée".

Donc, ce qui marche conceptuellement bien en Economie Fermée... ne marche plus du tout en "Economie Monétaire Ouverte et Dérivée".

Eh, oui, nous sommes dans un système dérivé, mathématiquement "dérivé" (dérivée seconde) et moralemement "en pleine dérive".

Vous venez de démontrer que "les profits ne créent pas nécessairement des investissements... sur le sol national" ou que "la demande intérieure baisse faute d'une répartition "correcte" des Valeurs Ajoutées Brutes" (entre les salariés, les actionnaires, l'Etat, les "partenaires financiers" et l'entreprise elle-même) : c'est normal puisque, le système a changé. Et donc, le "modèle keynésien" ne marche plus.

Pensez aux profits de TOTAL (de mémoire 10 MD€) et aux profits du CAC 40 (de mémoire 88 MD€ en 2010) : ils ne sont pas imposables en France (ou très peu). La répartition des VAB? Tout pour les actionnaires, mais presque rien pour les salariés et pour les Etats eux-mêmes. Dans une Economie Monétisée Fermée, et même dans une Economie Monétaire Fermée, il y aurait eu des créations de Valeurs Ajoutées Brutes, donc des créations de richesses nationales (PIB). Dans le système actuel : nada!

Puis, vous vous accrochez à des concepts post-keynésiens tels que "effet multiplicateur des exportations". Non, cela ne marche plus, non plus... Pensez à AIRBUS : quand la France vend un avion à 100 millions d'euros, cela crée un bel impact dans les exportations... mais toutes les pièces viennent des quatre coins de l'Europe (et même du monde). Effet Multiplicateur : nada!

Pour le reste, je n'ai pas mis votre honnêteté en doute (regardez bien les guillements quand je dis "Vous" ou "Votre") car j'utilise les mêmes sources que vous. Donc, je sais que vous êtes "honnête" (intellectuellement, s'entend).

Par contre, allez voir les statistiques "base 2000" sur l'évolution des FBCF... De plus, quand je dis : "prudence sur l'utilisation des déflateurs", je ne dis pas que "des conneries" (statistiques trop sensibles que pour être honnêtes).

N'oubliez pas non plus que, si je vous apporte du "répondant", je vous ai toutefois "recommandé"... Toujours sans regret à l'heure où j'écris ce commentaire... car vous avez fait du bon travail.

Cordialement,

JM / ALTER-EUROPA

Monsieur Moneta, je n'ai pas utilisé "un bazooka pour tuer une mouche...", mais je n'ai fait que répondre précisément à vos critiques dont les principales étaient infondées et comportaient même de très sérieuses inexactitudes.

Commençons par celle sur laquelle vous persistez, à savoir l'évolution de la FBCF, et pour laquelle je vous ai pourtant donné dans mon précédent commentaire les dernières statistiques disponibles de l'Insee....données que le lecteur pourra retrouver lui-même sur le site de l'Insee. Je rappelle votre propos dont visiblement vous ne voulez pas reconnaître qu'il est totalement erroné. Je vous cite : " Graphique N°5 : Croissance du volume de la FBCF en entreprises françaises. Problème : la FBCF des SNF (INSEE - BASE 2000) varie de +1% à -1% chaque année depuis 1973, ce qui montre le côté dramatique de la gestion de l'Économie française... Mais vous, "vous" affichez des statistiques d'écarts "en volume" allant de +5% à +10%.". Désolé Monsieur Moneta de vous reprendre sur des instruments de base de la statistique descriptive, mais vous êtes dans la confusion entre la variation de la FBCF et la contribution de la FBCF à la croissance économique : la contribution d'une variable à la variation d'un ensemble est le produit entre la taux de variation de la dite variable et la part de cette variable dans l'ensemble. Par ailleurs, une contribution s'exprime toujours en points de pourcentage et non en pourcentage. Ainsi, lorsque vous faîtes référence à une amplitude de " +1% à -1% chaque année depuis 1973", il s'agit non pas de la variation de la FBCF des SNF, mais de la contribution de la variation de la FBCF des SNF à la croissance économique qui chemine sur une amplitude de l’ordre est de +/- 1 points de la croissance du PIB en volume. Ce n'est pas la même chose, Monsieur Moneta ! Je laisse au lecteur un lien pour accéder directement à la série de l’évolution de la FBCF des entreprises non financières en volume (première ligne du tableau), avec accès à la série longue :

http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/tableau.asp?id=2.409p

Revenons maintenant sur vos confusions et interprétations approximatives de l'analyse keynésienne. Certes, comme vous le rappelez, Keynes raisonne en économie fermée, pour autant la pensée post-keynésienne a tout à fait su intégrer la contrainte extérieure dans son raisonnement en montrant notamment que la causalité circulaire entre demande, production et revenus, était toujours la structure de base du fonctionnement d'une économie même si elle se complexifiait en économie ouverte. Je ne ferai pas l’historique de cette pensée à travers les principales contributions théoriques, mais je rappellerai seulement deux faits saillants bien mis en exergue par les travaux empiriques et qui montrent bien toute la fécondité d'hier et encore d'aujourd'hui du modèle keynésien : d'une part, le différentiel de croissance économique entre les États-Unis et l’Europe depuis le début des années 80, s'explique pour une très large part par l'activisme monétaire et budgétaire de la politique économique outre-atlantique comparé à la passivité de l'Europe en la matière ; d'autre part, c'est bien cet activisme keynésien chez l'oncle Sam qui permet aujourd'hui à l'économie américaine de commencer à sortir de la crise, alors que la zone euro continue de sombrer dans les ténèbres de l'austérité budgétaire imposée essentiellement aux plus défavorisés.

Concernant votre remarque par rapport au multiplicateur du commerce extérieur ; je vous cite : " Puis, vous vous accrochez à des concepts post-keynésiens tels que "effet multiplicateur des exportations". Non, cela ne marche plus, non plus... Pensez à AIRBUS : quand la France vend un avion à 100 millions d'euros, cela crée un bel impact dans les exportations... mais toutes les pièces viennent des quatre coins de l'Europe (et même du monde). Effet Multiplicateur : nada!"

Premier point fondamental : le multiplicateur du commerce extérieur n'est pas une théorie, mais simplement un aspect technique d'un mécanisme économique élémentaire, celui qu'une hausse des exportations a une incidence positive in fine et globalement sur l'activité économique, via des vagues successives de distribution de revenus. Et, on parle de multiplicateur car, vérifications empiriques (notamment économétriques) à l'appui, la hausse initiale des exportations se traduit par une augmentation plus que proportionnelle du PIB, d'où un multiplicateur supérieur à 1 (variation absolue du PIB rapportée à la variation absolue des exportations). L'argument soulevé à travers votre exemple est intéressant, mais globalement les flux additionnels de revenus générés par un flux nouveau d'exportations l'emportent sur les fuites, dont celles liées aux importations nouvelles, l'ampleur des fuites dépendant des propensions marginales à épargner et à importer.

Deuxième point tout aussi fondamental qui découle du précédent. Preuve factuelle, s'il en est besoin, que le multiplicateur du commerce extérieur est plus que jamais d’actualité : c'est précisément par son canal que la contraction du commerce mondial a contribué à propager la crise actuelle dans le monde entier !.....Le multiplicateur du commerce extérieur peut jouer aussi à la baisse.!..Non, Monsieur Moneta, le multiplicateur du commerce extérieur n‘est point mort, et dans une économie mondialisée caractérisée par une interdépendance croissante des économies, via les échanges extérieurs, il pourrait peut-être même être condamné à l’éternité…….avec ou sans J.M. Keynes…….réincarné ou pas…….

Cordialement.

Monsieur le professeur,

  • d'une part, votre article est trop long et vos réponses sont trop longues, d'où ma critique sur le bazooka pour tuer une mouche ;
  • d'autre part, vous oubliez que l"Economique (Aristote) n'est pas une science exacte mais une science sociale...

Donc, l'Economique peut être en même temps (quelle que soit l'époque) :

  • une démarche intellectuelle de modélisation et de conceptualisation d'un "monde (complexe) qui bouge sans cesse" (Héraclite), avec des tentatives multiples, inabouties et souvent stériles (des concepts inutiles) ; dans ce cas, c'est une science noble qui mérite toute sa place au sein d'une Société et d'un Enseignement (avec un "E") ;
  • un instrument de propagande et de lavage de cerveau qui a fait ses preuves pour répandre le "bon droit" des classes dirigeantes (grands commerçants, aristocrates, rentiers, industriels, financiers, politiques véreux)... donc pour imposer la Souffrance et la Misère au sein de notre Société et sur tous les continents... Cet instrument de propagande est insidieux car il sert de véhicule confortable à la Domination de l'Humain et de la Nature, au nom de "la grande race blanche", ou plus pudiquement au nom du "Progrès", de "la Civilisation", de "la Démocratie", de "l'Ingérence Démocratique"... et pour toutes les bonnes causes de l'Humanité bien pensante (les croisades et les colonisations, par exemple)...

Donc, le rôle des enseignants est de prendre conscience de ces bases-là... et de ces risques-là.

Comme dans toutes les matières, l'enseignant doit bien connaître sa mission : "il faut apprendre à apprendre".

L'enseignant doit donc apprendre aux élèves - étudiants à "dégoupiller" les nombreuses grenades, contenues dans les hypothèses elles-mêmes, dans "l'automatisme" de ses "mécanismes", dans ses "leçons", dans la construction même de ses "statistiques"....

J'ai "fait court", monsieur Besançon, mais j'ai sûrement tort de douter... Si c'est le cas, je vous laisse à vos certitudes.

Cordialement,

JM

 

 

Monsieur Moneta, ce n'est pas le professeur qui a répondu à vos critiques et a corrigé certaines de vos inexactitudes pour lesquelles vous n'avez pas, semble t'il, l'humilité intellectuelle de les reconnaître......mais seulement l'observateur avec ses lunettes d'économiste qui utilise des statistiques, avec la rigueur qu'il se doit, et s'appuie sur des travaux empiriques reconnus.

Mon "article est trop long", .............vous le trouvez trop long....nuance d'importance que j'aurais apprécié sur la planète de l'humilité intellectuelle..... Par ailleurs, critique pour le moins surprenante de la part de quelqu'un qui s'aventure sur des terrains qu'il ne maîtrise pas, sous couvert d'une plume très affirmative.......bien éloignée du doute et de la remise en question. Mais bon, vraiment consterné quand même de vous avoir fait perdre votre temps précieux de lecture par la longueur de mon billet....Et puis, mille mercis aussi de m'informer que sur mon Blog, je dois faire court.........

Quant à mes réponses à vos commentaires, si vous les trouvez trop longues, alors ne vous donnez pas la peine d'en déposer ....

Quant à mes prochains billets, triste nouvelle (pas pour tout le monde...) : ils seront encore plus longs pour le plaisir et l'intérêt d'autres lecteurs…….Mais, vous n’êtes pas obligé de les lire…..

Une conclusion complétement fausse fondée sur une théorie keynésienne défaillante.

Heureusement je suis là pour corriger le tir ! Rire

Le capitaliste était mieux servie dans les années 50 60 et 70. Mais pour le saisir il faut comprendre non pas le rôle des taux mais celui de l'inflation. La dévalorisation du coût en capital passé est automatique dans un contexte d'inflation généralisée, globale, Keynésienne. Autrement dit afficher une courbe afichant un taux de retour financier n'a de sens qui si l'on compte l'amortissement rapide du capital. peu importe que l'autofinancement paraisse dévorer 90% de la marge voir même le dépasse, en pratique cette marge est considérable par rapport au prix du capital investit dans le passé. Vous oubliez que l'investissement est un coût du présent et que le profit vient du passé. Avec ces éléments en tête vous pouvez corriger la courbe et découvrir avec stupeur que le taux de rendement à décru avec le taux de profit réel. Merci d'avoir joué ....

En pratique ce qui plombe les revenus nets du travail c'est la hausse des charges sur la période qui est époustouflante, et aujourd'hui c'est directement l'Etat qui prélève des impôts qui pour financer la sécu et ajouter à ses ressources pour permettre que l'on imagine une stabilité du taux de perception qui ne cesse d'augmenter mais sur une base globale (la CSG et autres). Ce n'est pas le capitaliste qu'il faut incriminer c'est le retraité .... Les revenus bruts corrigés de la fiscalisation croissante ont eux augmenté malgré une baisse du taux d'investissement heureusement.

 

Cordialement Eric Grémont

PS: sur le plan méthodologique je m'interroge sur la hausse de la courbe post 2000 je me demande quelle est la part de l'investissement dans l'immobilier dans ce total ...j'ai échoué à trancher sur ce point, auriez vous des lumières ?

la FBCF (formation brute de capital fixe) est, comme son nom l'indique, de la formation brute de capital FIXE.

Elle ne prend en compte ni les investissements en formation, ni l'immatériel (logiciel, publicité, etc).

 

Si on est en economie tertiaire, et qu'on crée Médiapart plutot que de créer les NMPP, on achete des usines ou bien des licences Microsoft, pour lancer son business ?

"Tout d'abord, l'investissement représente une composante de la demande intérieure finale, qui dans un premier temps s'adresse aux entreprises du secteur industriel des biens d'équipement. Mais pour satisfaire cette demande, ces entreprises vont, à l'occasion de leur production, faire appel à des fournisseurs de consommations intermédiaires et distribuer de nouveaux revenus qui vont à leur tour générer une demande de biens de consommation,"

 

essayez d'acheter une imprimante made in France ? des téléphones portables ? Acrobat Writer ? ou même, une bonne presse à découper ? ==> En economie ouverte, surtout si d'autres pays produisent les "consommations intermédiaires" dont nous avons besoin, pas de multiplicateur keynesien.

 

Idem cotés revenus. Si vos salariés font leurs courses chez Carrefour le samedi, au lieu d'aller chez l'agriculteur du coin (et encore, meme lui n'est pas en autarcie), alors, la encore, pas de multiplicateur keynesien.

@Eric Grémont

"Une conclusion complétement fausse fondée sur une théorie keynésienne défaillante."..........Vous avez le droit d'affirmer, mais la critique argumentée et démonstrative est plus intéressante.........A défaut, merci de s'abstenir(sur mon blog, bien sûr)........

Je reprends dans votre commentaire ce qui semble faire coeur de cette affirmation :"Autrement dit afficher une courbe afichant un taux de retour financier n'a de sens qui si l'on compte l'amortissement rapide du capital. peu importe que l'autofinancement paraisse dévorer 90% de la marge voir même le dépasse, en pratique cette marge est considérable par rapport au prix du capital investit dans le passé. Vous oubliez que l'investissement est un coût du présent et que le profit vient du passé." (Je ne corrige pas les fautes d'orthographe....)

Monsieur Grémont, vous n'avez pas bien lu l'article dans toute sa substance, car je prends la précaution de faire un rappel méthodologique et pédagogique, où je précise pour le néophyte que la formation brute de capital fixe comptabilise l'amortissement du capital ! Par ailleurs, je n'oublie pas que le profit vient du passé, mais je rappelle que la décision d'investissement se fonde sur la base de perspectives futures de profits, elles-mêmes établies à partir d'une demande anticipée. Et comme le montrent les travaux de l'Insee, celle-ci est fortement corrélée avec la production présente.

Concernant votre question finale, mes "lumières" ne peuvent vous dire qu'elle n'a aucun sens : comme clairement exprimé dans le titre et rigoureusement défini dans l'article, il s'agit ici de l'investissement productif et non de la FBCF totale, la seule à partir de laquelle il y a un sens à calculer la part de l’investissement immobilier (appelé improductif). Une lecture de l'article et/ou une connaissance minimale du sujet vous auraient tout autant éclairé....

@ACNM( Monsieur ?)

Concernant votre premier commentaire, vous avez raison de souligner, comme je l'ai évoqué dans mon article, que l'investissement immatériel (dépenses en recherche-développement, en formation, etc.), non comptabilisé dans la FBCF, joue un rôle de plus en plus important du point de vue de la compétitivité et occupe une part croissante du total de l'investissement. J'apporterai juste une petite correction à votre commentaire : les dépenses en logiciel sont maintenant comptées dans la FBCF.

Concernant votre second commentaire, vous partez d'exemples particuliers, au demeurant discutables, pour en déduire un résultat global. J'ai déjà expliqué à Monsieur Moneta (cf. les commentaires précédents), que le multiplicateur keynésien (d'investissement ou du commerce extérieur), s'il s'en trouve affaibli en économie ouverte en raison des fuites liées à l'importation, il affiche toujours des valeurs supérieures à 1. Ce n'est pas une affirmation, mais le résultat des études macroéconomiques empiriques sur le sujet.

1) "l'investissement productif" incorpore de nombreux investissements immobiliers achats et cessions à l'usage des entreprises. Donc le gonflement des prix immobiliers a forcement joué un rôle important dans la FBCF productive sur la période le saut pré 2000 correspondant je pense au saut dans les TIC. Je me demandais lequel ce n'est apparement pas vous qui m'aiderez .

2) L'ammortissement est bien évidemment compris dans les chiffres, heureusement. Mon argument était le suivant, mettre sur un même graph une période de forte inflation et une période faible inflation et afficher un taux de marge relatif au CA n'a pas vraiment de sens et fausse la lecture que l'on peut faire. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle celui-ci monte massivement lors de la période de déflation relative (81-86) pour se stabiliser à un haut niveau relatif qui peut impressionner le lecteur "béotien" comme vous dite mais qui pose plus de questions qu'il n'en résout. Car la signification de ce taux de marge est à rechercher dans le rendement du capital investi lequel est étroitement lié à l'inflation.

D'ailleurs la hausse de ce taux suit la réduction de celle-ci et la baisse des taux sur la période. En effet lors d'une période de forte inflation le coût passé du capital investi devient rapidement insignifiant en termes monétaires alors que la valeur liquidative de ce capital augmente parfois plus vite que les ammortissements. C'est d'ailleurs ce que l'un de vos graphe signale, la rentabilité du capital baisse pour se stabiliser ensuite à la suite du renversement déflationniste. Autrement dit la hausse du taux de marge par rapport au CA traduit une adaptation logique compte tenu de paramètres monétaires différents.

3) La question de la baisse du taux d'investissement ne peut être tenue sans rentrer dans le raisonnement la hausse très forte de la fiscalité, sociale où non sur la période. Et de celà pas un mot chez vous ...

Autrement dit les fondations sur lesquelles vous fondez vos conclusions "très consensuelles" me semblent fausses tout simplement ....

 

"Autrement dit les fondations sur lesquelles vous fondez vos conclusions "très consensuelles" me semblent fausses tout simplement ...."

.........voilà un ton qui me convient mieux parce qu'il semble s'éloigner de la critique pour la critique, qui dans la plupart des cas, est une critique gratuite, dogmatique, approximative et superficielle relevant d'une certaine forme de malhonnêteté intellectuelle. Celle-là, mon blog n'en veut pas, tout simplement....

Concernant le premier point, il est vrai que parmi les éléments du capital fixe, il y a les bâtiments utilisés dans cadre du processus productif, mais à bien distinguer du vocable «investissement immobilier». Si la valorisation des prix de l’immobilier a pu impacter la valeur de ces actifs ( de beaucoup ??....), elle ne peut expliquer le rebond du taux d’investissement à partir de 1998 dans la mesure où la FBCF correspond pour ces actifs corporels aux acquisitions moins les cessions. Par ailleurs, le déclin historique de la part de ces investissements dans l'ensemble ne plaide pas en faveur de votre hypothèse.

En fait, l’explication combine essentiellement les déterminants classiques de l’investissement productif (cf. la partie méthodologique du billet avec compléments en bas de page) : dans un contexte de reprise économique, celui de la fin des années 90, le mécanisme de l’accélérateur a joué à plein régime (avec des taux d‘utilisation des capacités de production élevés), tandis que parallèlement, l’amélioration de la situation financière des entreprises (hausse de la rentabilité économique) combinée à la baisse des taux d’intérêt réels à long terme a retourné l’effet de levier (une profitabilité du capital positive qui pousse les entreprises à augmenter leur endettement par rapport à leurs fonds propres, car cet endettement accru augmente aussi la rentabilité financière). L’effet de levier devenu négatif à partir de la fin des années 70, s’inverse à nouveau à partir de la fin des années 90, d’où une reprise du financement par endettement et, son corollaire, une baisse du taux d’autofinancement (cf. graphique n°3 de l‘article).

Pour autant, votre hypothèse des NTIC me paraît très intéressante car les comparaisons internationales sur la décennie des années 90 montrent bien que le différentiel positif de croissance de l’investissement des Etats-Unis par rapport à l’Europe s’explique pour beaucoup par le retard des pays européens dans leurs investissements en NTIC. Un phénomène de rattrapage au cours des années 2000 est certainement à l’œuvre pour l’économie française et pourrait aussi contribuer à expliquer le retournement à la hausse du taux d’investissement. Si vous avez lu une étude sur le sujet faisant une comparaison internationale sur la période 2000-2010, n'hésitez pas à m'en faire part, je suis preneur !

Concernant le second point, votre argument que le redressement du taux de marge à partir de 1983 est un pur artefact statistique lié à la désinflation ne tient absolument pas la route. D’une part, nous raisonnons sur un taux évalué avec la même valeur interne de la monnaie au numérateur et au dénominateur : les variations nominales liées aux seules variations de prix se compensent donc sans aucun effet sur la valeur du taux de marge. D’autre part, compte tenu de la stabilité de la part des impôts liés à la production sur la période étudiée, le redressement du taux de marge correspond inversement à la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée brute, baisse elle-même induite par la politique de rigueur et, son principal volet, la désindexation des salaires. Enfin, vous inversez la causalité entre taux de marge et taux de profit : l’évolution de la rentabilité économique dépend simultanément, du partage primaire de la valeur ajoutée reflété par le taux de marge, et de l’efficacité du capital mesurée par la productivité du capital. Dans ces conditions, l’une des explications majeures du redressement de la rentabilité économique à partir de 1983 repose bien sur la politique d’austérité salariale, et non sur un phénomène d’illusion monétaire comme vous le suggérez.

Concernant le troisième point, il est vrai que je n’envisage pas directement l’aspect de la fiscalité. Mais, Monsieur Grémont, je n’ai nullement la prétention, comme je l’ai déjà dit, de fournir une analyse exhaustive de la faiblesse structurelle de l’investissement productif en France. En même temps, l’étude de l’impact chiffré de l’évolution des prélèvements obligatoires (en montant et en structure) sur l’investissement productif en France depuis le début des années 80 conforterait très probablement mes conclusions, en particulier la réalité de contradictions croissantes entre, d’un côté, une fiscalité des profits et du capital de plus en plus généreuse et, de l’autre, un alourdissement des PO sur le facteur travail et plus spécifiquement sur les classes moyennes et laborieuses (celles à la propension à consommer la plus forte). Bref, d’un côté on privilégie les profits et, de l’autre, on finit par étrangler la demande de biens de consommation (et donc aussi l'investissement !), y compris celle portant sur la satisfaction des besoins fondamentaux, comme laisse le suggérer l'existence de 8 millions de pauvres aujourd'hui en France vivant avec moins de 950 euros par mois….et pas seulement des personnes sans emploi !…..Puisque ce volet vous manque, Monsieur Grémont, pourquoi ne pas essayer de l’investir dans une contribution sous forme de billet ? Promis, je viendrais vous lire.

En final, la démonstration de votre affirmation de départ, qui ne relève que de l'opinion, reste à faire....

La bagarre promet d'être virile ...j'aime ça.

Mais pour faire les choses bien il faut que je bosse le WE donc rdv mardi ....avec un argumentaire plus affuté ..

A bientôt cordialement Eric Grémont

Vous vous trompez d’espace, Monsieur, car je ne suis pas ici pour la bagarre ; mon temps est trop précieux pour cela et mes motivations sont ailleurs. Je ne suis pas là, non plus, pour la polémique stérile, ni pour chercher à faire de l’audimat ou fanfaronner.

Juste là, sur mon blog, et dans la transparence, pour informer, au sein et surtout au-delà de Médiapart, sur la base des travaux d’études réalisés par des spécialistes reconnus, des statistiques officielles et des savoirs universitaires élémentaires en science économique, en sociologie et en science politique. Et juste là, sur Médiapart, pour avoir aussi le plaisir de lire des contributions de qualité des journalistes et de certains abonnés, éventuellement de réagir dans un état d’esprit positif, et de partager certaines valeurs qui animent la ligne éditoriale du journal. Et pour seule devise, l’honnêteté intellectuelle, entendue dans son sens le plus élémentaire : ne pas parler de ce que je ne connais pas ou peu……ou d’en parler, mais dans la transparence de mon ignorance et de mes interrogations…..

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