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Sous-seuil de pauvreté: définir un «reste à vivre»
Effet du discours alarmiste sur la crise financière : les projets pour l’élection présidentielle font l’impasse sur la grande précarité. Ils exposent leurs solutions pour sortir de la crise, pour booster l’économie et créer des emplois. Mais rien, ou presque, pour ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (1).
Et pourtant, cette question est au cœur du débat public : et pas seulement parce que chaque hiver les télévisions s’intéressent un peu plus aux SDF. De nombreux ouvrages sont parus, consacrés aux inégalités et stigmatisant une « oligarchie » renforcée. La plupart ont connu de vrais succès de librairie. Le Président des riches (2) décortique, jour après jour, toutes les mesures imposées par Nicolas Sarkozy pour favoriser cette oligarchie. Le temps des riches (3) s’en prend également à cette « démesure » des riches qui ont fait sécession et qui mettent à mal ce qui fait société. La société des égaux (4) décrit la gravité des inégalités et s’en inquiètent, de la part pourtant d’un auteur qui en avait appelé, jadis, à la fin de l’Etat-providence. Des rapports officiels (5) lancent, dans le silence, des alarmes quant à l’accroissement des inégalités. Des associations signalent la montée incessante de la précarité : toujours plus de personnes fréquentant les Restos du Cœur, le Secours Populaire, le Secours Catholique, la Croix-Rouge, l’Armée du salut. L’Union nationale des centres communaux d’action sociale assiste à une demande croissante d’aides financières et d’aides alimentaires (6). Le Crédit municipal de Paris, l’ex-Mont de Piété, voit le fossé se creuser, avec d’un côté « des pauvres de plus en plus pauvres » et de l’autre « des riches de plus en plus riches » « qui font s’envoler les enchères », écrivait le Monde le 12 janvier. Les travailleurs sociaux des conseils généraux sont de plus en plus sollicités par des familles qui galèrent et ne parviennent plus à finir le mois. Le magazine Marianne a consacré un dossier de 16 pages d’enquête sur les 8 millions de Français qui vivent avec moins de 1000 € par mois (7). Le cinéma n’est pas en reste, avec Le Havre ou Louise Wimmer.
Inutile ici de revenir sur les excès des plus riches. Ils sont si provocants que l’on assiste désormais à une tentative de dissimulation : François Fillon bataillant sur France 2 le 2 février pour accréditer l’idée qu’il n’a pas gouverné en leur faveur, Bernard Arnaud, dans un documentaire sur France 5, cherchant désespérément à ne pas se la jouer bling-bling.
La pauvreté, comme l’écrit Robert McLiam Wilson dans Les possédés (8), n’est pas difficile à définir : c’est « un état de besoin ou de privation qui interfère gravement avec la vie d’un individu ». Ne pas pouvoir travailler, ne pas se nourrir correctement, se vêtir décemment, se loger dignement, assurer l’avenir de ses enfants : c’est le sort de « ceux dont la vie est diminuée par le manque d’argent ». Pauvreté mesurable, mais qui évaluera l’impact de ce manque dans le quotidien de ceux qui la subissent (angoisse, colère, violence, perte du désir : d’agir, de se battre, de rencontrer l’autre) ?
Nicolas Sarkozy invitait les Français le 1er janvier 2010 à redonner « sens au beau mot fraternité » et promettait qu’avec le RSA il réduirait la pauvreté d’un tiers au cours du quinquennat. On sait qu’il n’y est pas parvenu, que sa politique allait à l’encontre de cette promesse et que le nombre d’enfants pauvres a, lui, augmenté d’un tiers depuis 2007, selon Eurostat.
Cette réalité est à la fois affichée et cachée.On ne peut dissimuler une réalité connue de tous, qui affecte un nombre grandissant de citoyens et qui plombe toute une catégorie de la population redoutant de plonger dansla précarité. Mais on cherche aussi à minimiser, sous prétexte que les « classes moyennes » (9) feraient les frais des aides accordées aux plus démunis.
Ceux qui sont sensés avoir des projets politiques plus sociaux se fondent sur l’éternelle idée que l’économie favorisera le social : créons de l’emploi et la pauvreté sera réduite de surcroît. Par ailleurs, ils redoutent le fameux effet ciseaux, une trop grande proximité du minima social avec le SMIC (ce qui fait déjà dire à tant d’« experts » qui n’ont jamais été au chômage que cela n’incite pas à rechercher du travail).
En attendant, qui peut vivre chaque mois avec 742,27 € (minimum vieillesse) ou 743,62 € (allocation d’adulte handicapé) ? Quand le seuil de pauvreté est à 954 €. Quand les tribunaux considèrent le plus souvent, en cas de surendettement, que la personne, toutes charges déduites, devrait disposer d’environ 650 € par mois pour vivre (c’est la notion officielle du « reste à vivre » dont on parle peu dans les médias). Quand plus de la moitié des ménages pauvres n’ont qu’un à cinq euros par jour pour vivre. A fortiori lorsqu’une personne seule, sans ressources, perçoit 417,94 € de RSA.
Ou notre société considère que ces « bénéficiaires » abusent de leur situation, sont des tire-au-flanc (comme certains discours le laissent entendre) : alors la solution serait de supprimer ce type d’allocation.
Ou elle reconnaît que la quasi-totalité d’entre eux souffre de cette situation, est victime d’un système économique injuste qui les rejette sur le bord de la route, pire : qui les maintient sous le seuil de pauvreté, plus bas que terre. Qui les contraint à se débrouiller pour survivre, parfois hors dela légalité. Alorsce ne sont pas les « prêcheurs de compassion » (Nietzsche) qui doivent avoir droit de cité, ceux qui agitent le pauvre pour effrayer les moins pauvres, mais, dans une démocratie moderne, ce sont aux dirigeants politiques d’agir. Pour protéger ces citoyens de la violence qui leur est faite. Pour empêcher qu’un nombre croissant d’hommes, de femmes, d’enfants ne puisse vivre dansla dignité. S’ils ne le font pas pour des raisons morales, qu’ils le fassent par intérêt : car la condition qui est imposée à ces populations est une grave menace pour l’équilibre de la société.
La solution réside certainement dans une réforme fiscale, une politique du logement social, une économie dynamique, une réelle politique de redistribution. Mais avant que cela ne soit accompli, les minima sociaux doivent être relevés : non pas en fonction d’une moyenne ou d’une médiane de revenus, mais en fonction d’unminimum vitalà définir, qui tienne compte des besoins élémentaires dans le contexte actuel. Ce minimum pourrait rapidement être établi en s’appuyant sur tous les travaux effectués sur cette question du « reste à vivre » évoqué plus haut ainsi que sur les budgets de base des ménages servant de référence dans divers dispositifs. Il y a urgence.
Yves Faucoup
Ancien directeur de l’action sociale d’un Département, consultant et enseignant en action sociale
(1) Le programme d’Europe-Ecologie Les Verts propose bien une revalorisation de 50 % des minima sociaux et à terme un « revenu universel inconditionnel individuel » garantissant à chaque citoyen 80 % du SMIC, mais le moins que l’on puisse dire est que la campagne électorale n’insiste pas sur cet aspect.
(2) Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Zones-La Découverte, 2010
(3) Thierry Pech, Seuil, 2011
(4) Pierre Rosanvallon, Seuil, 2011
(5) Inégalités sociales de santé dans l’enfance, IGAS, 2011
(6) Enquête baromètre, UNCCAS-Gazette Santé-Social, 2011
(7) n° du 28 janvier
(8) Edition anglaise, 1992 ; Christian Bourgois, 2005
(9) Cette notion de « classes moyennes » est une escroquerie qui tend à faire l’amalgame entre des gens modestes un peu moins pauvres que les plus pauvres, et de gens aisés un peu moins riches que les plus riches.


Le commentaire le plus recommandé
Merci d'avoir écrit ce billet, sur le thème duquel je m'échine depuis plusieurs semaines. Vous l'avez fait, bien mieux que je ne l'aurais fait. C'est clair, concis et remarquable. Ce sujet particulier me passionne, car j'ai travaillé dans ce secteur (aide à l'équilibre alimentaire avec un budget minimum RMI) avant de le vivre moi-même, RSA puis minimum veillesse actuellement.
Pour ce qui concerne le programme du Front de gauche, pour lequel je milite (ce que j'avais cessé depuis trente ans), vous pensez bien que je m'en suis préoccupée !
Pour les autres programmes, je les examine à la loupe sur ce sujet précis et il y aurait énormément à dire. J'espère que votre excellent billet va amener de nombreux commentaires.
Je vous ai extrait quelques mesures proposées dans le programme à 2€ chez Librio dans toutes les bonnes librairies ou gratuitement là, sur le Net.
http://www.lepartidegauche.fr/images/stories/docs-pg/humain_dabord.pdf
....Afin d’enrayer la montée des inégalités de richesse dans notre pays, nous procéderons à une réévaluation globale des salaires et des traitements, des indemnisations du chômage et des retraites, et les indexerons sur l’évolution du coût de la vie. Cette réévaluation se fera aux deux extrémités de l’échelle des salaires. Nous porterons immédiatement le Smic à 1 700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1 700 euros net pendant la législature. Un salaire maximum sera instauré. La Confédération européenne des syndicats propose d’ailleurs, dans toutes les entreprises, que l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire ne puisse dépasser 1 à 20. Ainsi, les patrons ne pourront gagner plus sans d’abord augmenter les salariés du « bas de l’échelle ». Par la fiscalité, nous établirons un revenu maximum fixé à 20 fois le revenu médian (soit aujourd’hui360 000 euros par an).
Nous voulons éradiquer la pauvreté ! Aucun revenu ne pourra être fixé sous le seuil de pauvreté (environ 800 euros par mois pour une personne seule, soit 50 % du revenu médian : il concerne 13 % de la population) en tenant compte de la composition familiale. Les minima sociaux seront fixés en référence au Smic et indexés sur celui-ci...
...Nous interdirons les expulsions locatives de toute personne et famille en difficulté économique et sociale. Nous garantirons à chacune et chacun le droit au maintien dans son logement, par la mise en oeuvre d’une sécurité locative mutualisée. Nous mettrons en place une tarification sociale garantissant le droit et l’accès de toutes et de tous à l’eau et à l’énergie. Nous garantirons et renforcerons les moyens de l’hébergement d’urgence.
Nous revaloriserons l’APL en supprimant le mois de carence de son attribution, son caractère rétroactif, et en indexant le forfait charges sur l’évolution réelle de celles-ci...
Tous les commentaires
Merci d'avoir écrit ce billet, sur le thème duquel je m'échine depuis plusieurs semaines. Vous l'avez fait, bien mieux que je ne l'aurais fait. C'est clair, concis et remarquable. Ce sujet particulier me passionne, car j'ai travaillé dans ce secteur (aide à l'équilibre alimentaire avec un budget minimum RMI) avant de le vivre moi-même, RSA puis minimum veillesse actuellement.
Pour ce qui concerne le programme du Front de gauche, pour lequel je milite (ce que j'avais cessé depuis trente ans), vous pensez bien que je m'en suis préoccupée !
Pour les autres programmes, je les examine à la loupe sur ce sujet précis et il y aurait énormément à dire. J'espère que votre excellent billet va amener de nombreux commentaires.
Je vous ai extrait quelques mesures proposées dans le programme à 2€ chez Librio dans toutes les bonnes librairies ou gratuitement là, sur le Net.
http://www.lepartidegauche.fr/images/stories/docs-pg/humain_dabord.pdf
....Afin d’enrayer la montée des inégalités de richesse dans notre pays, nous procéderons à une réévaluation globale des salaires et des traitements, des indemnisations du chômage et des retraites, et les indexerons sur l’évolution du coût de la vie. Cette réévaluation se fera aux deux extrémités de l’échelle des salaires. Nous porterons immédiatement le Smic à 1 700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1 700 euros net pendant la législature. Un salaire maximum sera instauré. La Confédération européenne des syndicats propose d’ailleurs, dans toutes les entreprises, que l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire ne puisse dépasser 1 à 20. Ainsi, les patrons ne pourront gagner plus sans d’abord augmenter les salariés du « bas de l’échelle ». Par la fiscalité, nous établirons un revenu maximum fixé à 20 fois le revenu médian (soit aujourd’hui360 000 euros par an).
Nous voulons éradiquer la pauvreté ! Aucun revenu ne pourra être fixé sous le seuil de pauvreté (environ 800 euros par mois pour une personne seule, soit 50 % du revenu médian : il concerne 13 % de la population) en tenant compte de la composition familiale. Les minima sociaux seront fixés en référence au Smic et indexés sur celui-ci...
...Nous interdirons les expulsions locatives de toute personne et famille en difficulté économique et sociale. Nous garantirons à chacune et chacun le droit au maintien dans son logement, par la mise en oeuvre d’une sécurité locative mutualisée. Nous mettrons en place une tarification sociale garantissant le droit et l’accès de toutes et de tous à l’eau et à l’énergie. Nous garantirons et renforcerons les moyens de l’hébergement d’urgence.
Nous revaloriserons l’APL en supprimant le mois de carence de son attribution, son caractère rétroactif, et en indexant le forfait charges sur l’évolution réelle de celles-ci...
Excellent billet et merci à Annie pour les commentaires bien documentés.
http://www.liberation.fr/politiques/06014802-jean-luc-melenchon-il-ne-faut-pas-voir-peur-il-faut-frapper-les-marches
Toutes ces mesures sont effectivement le minimum qu'un véritable pouvoir constituant pourrait mettre en oeuvre pour sortir de la misère, du mal (ou du non) logement, etc. Mais pour se faire, il doit également passer par les mobilisations populaires. Et là, il y a comme un loup !
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/20/melenchon-et-le-pen-quelques-ressemblances-et-beaucoup-de-differences_1632143_1471069.html
...Le pouvoir d'achat. Jean-Luc Mélenchon propose d'indexer les minima sociaux sur le smic et de fixer celui-ci à 1 700 euros brut par mois mois pour 35 heures, contre 1 400 euros en 2012, soit une augmentation de 300 euros. De son côté, Marine Le Pen a, le 9 janvier, annoncé sur RMC qu'elle voulait "faire prendre en charge par l'Etat 200 euros de cotisations sur tous les salaires jusqu'à 1,4 fois le smic", proposition qui se trouvait déjà dans le programme du FN de 2007...
Réponse à Annie Lesorne :
Oui, vous avez raison, le Front de gauche fait bien cette proposition (aucun revenu ne pourra être fixé sous le seuil de pauvreté, environ 800 euros par mois pour une personne seule, puisqu'il retient le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian et non pas à 60 % qui est la norme actuelle en Europe). Il me semble qu'il est, comme les Verts, assez discret sur cette proposition. Par ailleurs, la référence au seuil de pauvreté se défend tout à fait, mais je propose que l'on s'entende sur la définition d'un minimum vital (budget type) qui peut davantage apparaître comme un droit absolu de l'être humain dans une démocratie (plutôt que de revendiquer un pourcentage d'un revenu médian). De toutes façons, à terme, on arrivera à peu près au même montant, mais modulé en fonction de la configuration du ménage.
EELV : Les minima sociaux, seraient augmentés de 50% en cinq ans.
RSA socla 2011, pour une personne : 411€ /mois, quand le seuil de pauvreté 2011 / 954€ (calculé sur les données 2009 !!!) augmenté de 50% en 5 ans par ce programme EELV, ce qui nous donne donc : 205€ + 411€ = 617€ en 2017 !... Ce qui nous fait en janvier 2013 un rsa à... 437€ !!!
http://blogs.mediapart.fr/edition/la-presidentielle-2012-deelv/article/201211/je-le-dis-solennellement-ma-seule-regle-d-o?onglet=commentaires
http://www.mediapart.fr/journal/france/201211/programme-ecolo-le-crash-test?page_article=2
...Pour lutter contre la précarité, les titulaires d'emplois de quelques heures par jour ou par semaine («inférieur[s] à un mi-temps») recevraient une «prime salariale majorée» dont le montant reste à définir. Les minima sociaux, effectivement très faibles en France au regard des autres pays européens, seraient augmentés de 50% en cinq ans. Politiquement libéral, EELV plaide toujours pour un revenu universel individuel. C'est aussi le seul parti à vouloir plafonner les héritages, qui contribuent de fait à reproduire les inégalités sociales.
EELV propose «l'augmentation du minimum vieillesse selon les mêmes critères que les autres revenus sociaux».
???
Villepin
http://www.liberation.fr/politiques/01012322806-pour-la-dignite-je-propose-la-creation-d-un-revenu-citoyen
...Je propose la création d’un revenu citoyen. Il s’agirait d’un revenu garanti à tous, de l’ordre de 850 euros. Autant dire le strict nécessaire. Aucun luxe, tous ceux qui en vivent vous le diront. Mais un socle pour construire une vie digne et libre : ce revenu serait dégressif jusqu’à un niveau de revenus médian, autour de 1 500 euros. Enfin, ce revenu créerait l’engagement moral de poursuivre une activité - travail, formation, bénévolat associatif, engagement politique ou syndical, création artistique. Couplé à une réforme profonde de l’impôt sur le revenu, fusionné avec la CSG, rendu plus progressif et prélevé à la source, ce revenu pourra être versé en temps réel en cas de baisse de revenus, sans les retards désastreux qui sont la règle de nos allocations sociales. Il sera financé largement par un redéploiement d’aides existantes, par des économies de frais d’administration des aides et par des hausses ciblées d’impôts, TVA et tranches supérieures de l’impôt sur le revenu...
allocations logement comprises ? si oui, c'est le minimum vieillesse actuel, non ?
Oui. C'est bien, y'en a qui suivent...
Billet et commentaires solides, pour la documentation comme pour la réflexion. Merci.
Je plussoie, Jonas
Le billet est excellent et évoque tous les aspects, il me semble, de la question..
La notion de minimum vital est bien intéressante. N'est-ce pas cette notion qui prévalait, à gauche, avant la création du SMIG , avec un G comme garanti.? Puis on l'a indexé sur la croissance, puis.. on n'a plus rien fait.
Et merci pour les liens, Annie !
Mais où sont les militants, des autres partis que le FDG, pour répondre à la question initiale. Moi, j'ai amplement fait ma part.
lu sur 20 minute ce soir
10 000 personnes à Villeurbane
«La lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité»
Mais mardi soir, à Villeurbanne, entre deux bonnes blagues sur le PS («J’ai demandé au traducteur en langue des signes ce que voulait dire le signe de ralliement pour Hollande, il m’a dit: “radio du thorax”… Faisons-là, la radio, car dans le thorax, le cœur est à gauche»), Mélenchon est venu parler précarité. «Entre le faible et le fort, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime», déclare le candidat, qui s’engage à titulariser les 850.000 travailleurs précaires de la fonction publique et à appliquer le décret de réquisition des logements vides. «La peur du lendemain s’est abattu sur notre pauvre pays. Et la peur du lendemain, c’est ça la précarité. Alors que la lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité.»
Monsieur Faucoup, faut se réveiller là, sur ce coup !
Parti Socialiste : J'ai tout lu, en long, en large et en travers, je n'ai rien trouvé !!!
http://www.parti-socialiste.fr/static/projet2012_integrale.pdf
http://www.libgauche.fr/allocation-universelle-voie-liberale-communisme-jacques-marseille/comment-page-1/#comment-1189
http://www.europe1.fr/Politique/Boutin-veut-une-allocation-universelle-E1-830981/
Boutin veut une allocation universelle
Selon les informations de Thierry Guerrier dans le Buzz politique d'Europe 1, Christine Boutin souhaite refondre, si elle est élue présidente, toutes les allocations actuelles en une seule. Cette allocation s'appellerait le "revenu de base" : un nouveau droit pour tous de 200 euros minimum versés de la naissance jusqu'à la mort. En contrepartie, la candidate à l'élection présidentielle souhaite rétablir un service national d'un an.
Peut-on revenir sur le traite de Lisbonne (art 123) ? Ainsi que la nouvelle constitution qui devrait etre votee dans l'urgence ces jours-ci ?
Quel rapport avec la question posée ici, dans ce billet ?
Merci pour votre texte qui dit l'essentiel... que des programmes disent si peu. De mon côté, je mets en relation la relative discrétion de ces programmes à évoquer les pauvres et le sous-seuil de pauvreté avec une absence de réflexion sur l'éthique. Dans les programmes, on en vient très vite à du quantitatif, et je dirais même du macro-quantitatif qui laisse dans l'ombre le "petit quantitatif" et l'humain, c'est-à-dire une bonne part du réel humain, la pauvreté et ses pauvres, parce que cette « part » pèse peu financièrement même si elle représente environ 10 millions de personnes dans notre pays. La prise en compte de cette dimension oubliée de notre société peut se faire à partir d'une éthique de la vulnérabilité, telle que la développe notamment Corine Pelluchon dans son excellent et sensible livre : Eléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature (Les éditions du Cerf, 2011). L’absence de cette dimension éthique, plus précisément ici d’une éthique de la vulnérabilité, pourrait expliquer ce déficit programmatique sur les questions de la pauvreté et des pauvres. Qu’en pensez-vous ?
" : les projets pour l’élection présidentielle font l’impasse sur la grande précarité. Ils exposent leurs solutions pour sortir de la crise, pour booster l’économie et créer des emplois. Mais rien, ou presque, pour ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté "
ah ! monsieur Faucoup ...si vous aviez écouté le discours du candidat Front de Gauche, ce soir à Villeurbane, vous n'auriez pas écrit une telle ....pauvreté
lu sur 20 minute ce soir
10 000 personnes à Villeurbane
«La lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité»
Mais mardi soir, à Villeurbanne, entre deux bonnes blagues sur le PS («J’ai demandé au traducteur en langue des signes ce que voulait dire le signe de ralliement pour Hollande, il m’a dit: “radio du thorax”… Faisons-là, la radio, car dans le thorax, le cœur est à gauche»), Mélenchon est venu parler précarité. «Entre le faible et le fort, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime», déclare le candidat, qui s’engage à titulariser les 850.000 travailleurs précaires de la fonction publique et à appliquer le décret de réquisition des logements vides. «La peur du lendemain s’est abattu sur notre pauvre pays. Et la peur du lendemain, c’est ça la précarité. Alors que la lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité.»
Monsieur Faucoup, faut se réveiller là, sur ce coup !
Ce que l'on oublie aussi est que "ces pauvres" sont une manne pour les riches ! Combien de milliards gagné par an par les banques avec les intérêts de retard, les chèques de 20€ non provisionnés "taxé" 70€, les découverts autorisés et utilisé dès le 15 du mois avec un taux d'intérêts de 20%, etc ... Tout ces jolis dividentes versés aux actionnaires ne sont pas seulement payé avec le sang et la mort des enfants du tiers-mode mais aussi avec l'argent des Rmiste français et des allocataires sociaux, ces "parasites" dont nous parlent les membre de l'oligarchie au pouvoir. On ne rappelera jamais assez que les assistés en France habitent Neuilly et pas en banlieue ...
je n'ai jamais vu, entendu, obtenu, une aide, un rendez vous, un entretien par des élus du front de gauche, PDG alors qu'ils savait ma situation
Par contre il faut que je sois honete intellectuellement, ils etaient pret à me payer la carte d'adherent
-640€mois
c'est un article pour vous rassurer, pour faire 'vendre'
comme l'hiver lorsque la france redecouvre les SDF
je n'ai jamais vu, entendu, obtenu, une aide, un rendez vous, un entretien par des élus du front de gauche, PDG alors qu'ils savait ma situation
Par contre il faut que je sois honete intellectuellement, ils etaient pret à me payer la carte d'adherent
-640€mois
c'est un article pour vous rassurer, pour faire 'vendre'
comme l'hiver lorsque la france redecouvre les SDF
carte d'adhérent : 640€ mois
pouvez vous préciser ?
Oui, étrange, moi qui y milite au FDG, on ne m'a pas demandé le moindre centime. Ce qui ne m'empêche pas de cotiser, malgré mes faibles revenus, faut savoir pour quoi (et non pas pour qui) on se bat.
http://blogs.mediapart.fr/blog/fatarella/060212/pour-glisser-une-piece-dans-le-petit-cochon-du-fdg
enfin quelqu'un qui se penche sur la vraie vie. en plus armé de chiffres ce qui fait défaut en général on a surtout des théories et ça se bouffe pas les théories.
en effet on parle bien plus des riches qui bouffent à tous les rateliers, les pauvres ne sont que des stats… ou en ces temps de froid quelques reportages de femmes vivant dans une voiture. M'enfin ça vient pas de sortir.
les arguments de Annie Lasorne (encore une Annie) j'en suis forcément d'accord je fais comme elle. J'avais recommencé à militer en 2005…
Actuellement en plus du terrain je milite aussi sur blog http://www.penseelibre.fr/ et j'ai une demande particulière à faire à vous deux :
publier vos dires (articles + commentaires). Merci de votre réponse.
On publie, ici ! Et ailleurs, je viens d'aller faire de la retape pour cet excellent billet, chez pleins de bloggeurs qui affichent leur soutien à tel et tel parti. C'est étrange, ils ne se bousculent pas encore, ici, pour répondre à la question de Yves, pourtant très précise. Ils ne pourront pas dire qu'ils l'ignoraient... Comme le sujet me tiens particulièrement à coeur, comptez sur moi pour les relancer. Je peux être un rien teigneuse parfois...
A Annie Stasse :
Merci pour vos commentaires. Bien sûr, vous pouvez sans problème récupérer mon texte sur le site de la Pensée Libre.
Réponse à Patrick Saurin :
Je partage votre point de vue sur le « quantitatif ». J’ai envoyé à un média récemment le petit texte suivant sur les propositions de Nicolas Sarkozy lors de son interview du 29 janvier, intitulé « Gérer au pourcentage » :
« Hausse de 1,6 % de la TVA. Taxe de 0,1 % sur les transactions financières. Possibilités de construire 30 % de plus sur son logement sans permis de construire. Relèvement de 5 % du quota des jeunes en apprentissage…
Pourquoi ne pas réduire de 20 % la largeur des trottoirs dans les villes afin d’améliorer la circulation ?
Pourquoi ne pas modifier le taux du seuil de pauvreté de 60 à 40 % du salaire médian afin d’accélérer l’extinction de la misère dans le pays ?
Comme le Chef de l’Etat l’a confié le 29 janvier : il suffit « de régler les ordinateurs ». »
Plus sérieusement, il est vrai que la question éthique devrait être au cœur des débats, mais elle est effectivement occultée. L’éthique de la vulnérabilité contraindrait à aborder sérieusement ce que vivent les gens qui sont soumis à des conditions de vie très difficiles, quelles qu’en soient les raisons. Aujourd’hui, le principe qui consiste à « responsabiliser le citoyen », même s’il est défendable de façon générale, sert bien souvent à inviter ce citoyen à se débrouiller tout seul. Or tous ne sont pas armés pour le faire, ne serait-ce que du fait de conditions sociales et économiques dont ils ne sont pas la cause. Celarenvoie, entre autres, au care (prendre soin, avoir le souci de l’autre). Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, philosophes à l’Université Montaigne de Bordeaux, ont écrit des textes intéressants sur cette question du care, de l’éthique et de la vulnérabilité.
Le Revenu Inconditionnel d'Existence.
Ce revenu, versé à tout citoyen quelque soit ses ressources doit permettre à chacun d'assurer ses besoins fondamentaux. La mise en place d'un tel revenu révolutionnerait les rapports sociaux dans la mesure où chaque citoyen pourrait alors choisir son activité et de ne pas être soumis à des raisons économiques. Il remettrait par exemple à égalité le rapport employeur/salarié.
Nous entrerions avec ce RE dans une logique complètement inverse à la logique d'assistananat des plus démunis puisque tout le monde serait ainsi mis sur un pied d'égalité.
Bien il serait nécessaire que cette mesure soit accompagnée d'une forte régulation notamment du marché du logement, pour que ces besoins fondamentaux ne subissent pas la spéculation et la loi des marchés.
Le Revenu d'Existence fait partie du programme d'EELV, ce qui n'est malheureusement pas mis en avant, il faut le reconnaitre. C'est pourtant à mon sens une mesure phare de ce programme.