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Article d'édition

Après la mort du Général Bigeard

LE GENERAL BIGEARD EST MORT….

La F.N.A.C.A. VERSE SA LARME….

 

 

Chaque jour voit son cortège de deuils chez les Anciens Combattants en Algérie. Ilsuffit de lire les avis de décès dans la presse régionale. La FNACA en fait particulièrement état dans ses pagesdépartementales.

Sans pouvoir en apporter totalement la preuve, il m’apparaît que les AnciensCombattants en Algérie meurent relativement jeunes.. Mais cela pourrait bienêtre l’une des conséquences des meurtrissures physiques et psychiques connuespendant et après la Guerre.

(Voirà ce sujet le site http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/les-sequelles-inconnues-de-la-guerre-dalgerie

 

Le Général Bigeard avait, lui, 94 ans….etle N° de septembre de « L’Ancien d’Algérie » lui rend un hommage quise veut vibrant.

En utilisant les termes d’ « emblématique », « promoteur novateur d’opérationshéliportées », la F.N.A.C.A. en fait l’un des personnages importants parmises adhérents…Le journal publie même sa photo lors de sa présence au ConseilNational de la FNACA à Nancy où « il avait reçu un accueil particulièrement chaleureux de ses anciens soldats enAlgérie ».

 

Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui fut le fondateur et le premier Président de laF.N.A.A. (avant de devenir FNACA) doit en frémir dans sa tombe. Lui qui, entant que lieutenant appelé d’une part et en tant que Directeur du Journal L’Express dénonça avec vigueur et ténacité les exactions et les tortures en Algérie au point que son journal (qui a bien changédepuis !) fut souvent censuré, voir saisi avant sa parution.

 

Ce qui a l’air de plaire au rédacteur de cette chronique nécrologique démesurée,c’est que le militaire Bigeard avait la capacité, en tant que meneur d’hommes,d’incruster dans la peau des soldats qu’il dirigeait, ses valeurs de l’espritmilitaire….

 

Certes, chacun est libre d’avoir eu et de conserver aujourd’hui encore ce « bel »esprit militaire que l’on essaya de nous inculquer au cours des nombreusesséances d’ action psychologique durant nos classes, puis de nous les faireappliquer durant nos 28 ou 30 mois d’activités militaires…Pour ma part, j’aiplus l’impression d’avoir toujours entendu crier « la quille, bordel » de la part des jeunes appelés et rappelés du contingent ayant surtout hâte de rentrer chez eux, vivants et de vitetenter d’oublier les horreurs quotidiennes de leur vie militaire ! Je necache pas que je fus de ceux-là.

 

Et donc, je m’élève avec force contre cet article de la FNACA (dont je suis encoremembre) qui vise à faire passer pour une grande figure française celui quiservit sous les ordres du Général Massu durant la bataille d’Alger et qui fut décrit par son compère le GénéralAussaresses (lire http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1589) comme ayant aussi pratiqué la torture et les exécutionssommaires pour tenter de briser le F.L.N.

 

N’oublions pas, non plus, son rôle obscur durant le « disparition » de De Gaulleen mai 1968, quand on nous laissait croire que les « paras » seraientdéjà aux portes de Paris !

 

Pour moi, le Général BIGEARD fut d’abord, comme on peut le lire sur Wikipédia,« une grande gueule défendant l’esprit militaire » qui fut celui desa caste dont je ne suis pas, pas plus que la majorité des appelés et rappelés,j’en suis certain.. Pas de quoi donc partager la larme d’adieu du chroniqueurde la FNACA, laquelle semble, à travers cet article en particulier, mais aussiquelques autres, sombrer, de plus en plus, dans une espèce d’apologie del’armée, dans une douce nostalgie de cette période, avec ses héros, au mêmetitre que les Lyautey et autres Bournazel, autres figures bien connues d’uneguerre coloniale qui nous fut imposée.

 

GilbertARGELES

Adhérentà la FNACA-38

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