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Joue-la comme Jubran

Edition : Plein Suds
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Koto-piano, kora-violoncelle, balafon-vibraphone, bozouki-harmonium, clarinette-guimbarde chinoise, guitare électrique-riti et maintenant oud de palestine et claviers électro suisses. La 15e édition du festival Les Suds multiplie les croisement, les expérimentations. La dernière prolonge la rencontre de Kamilya Jubran et de Werner Hasler. Ces deux-là se connaissent de longue date: 2002, à Berne, sur un poème de Khalil Gibran, Ghareeba.
Kamilya Jubran est elle-même un creuset: Israélienne mais Palestinienne, grandie dans une famille orthodoxe grecque avec un père qui fabriquait des iuds et des qanouns (cithares), aimant Oum Kalsoum, Marcel Khalifé, Cheikh Imam, chantant le rock avec son groupe Sabreen, travaillant le rap avec IAM.
Werner Hasler y joue sa touche électro-acoustique pour trompette et laptop. «Joue» au sens ludique autant que musical: il échantillonne, restitue, déforme, estompe, lie voix, luth et nappes technoïdes pour un résultat intrigant mais pas tout à fait dénué de sensualité.

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Quand on voit Kamilya Jubran sur scène (je garde un bon souvenir d'un de ses concerts au Caire en 2007), on découvre une femme entièrement dévouée aux mots des grands poètes qu'elle chante, mots que son oud poursuit fièvreusement. J'aime beaucoup le morceau”Miraat Al-Hijarah”. Ce très beau texte est un poème de Fadhel Al-Azzawi (écrivain irakien). Il donne aussi à Kamilya Jubran la dimension d'une interprète de la résistance et de l'engagement.

Le premier album du duo, “Wameed” (”étincelles”, en arabe) est magnifique, sombre et étincelant : sombre, grave et sobre pour l'instrumentation minimaliste et intense de Werner Hasler; étincelant pour les accords nerveux, déchirants, du oud et la voix (très belle) de Kamilya Jubran s'étirant dans de magnifiques volutes.

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