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03
Sep

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Édition : Silence

Comme par Maggie

Margaret Thatcher a donné à la pop anglaise quelques-unes de ses plus belles chansons. Pas comme auteure, évidemment, mais comme sujet.

Au moment où un film, La Dame de fer (de Phyllidia Lloyd, avec Meryl Streep dans le rôle-titre), tente d'humaniser le personnage, il n'est pas inutile de réentendre ce qu'en disaient ses contemporains.

 

 

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1. Elvis Costello, Tramp the dirt down

On aurait pu choisir Shipbuilding du même Elvis Costello, qui critiquait la politique du gouvernement Thatcher en concluant «Diving for dear life when we could be diving for pearls», mais rien ne vaut le slogan de Tramp the dirt down, «When England was the whore of the world, Margeret was her madam», «Quand l'Angleterre était la putain du monde, Margeret était sa mère-maquerelle».

2. Morissey, Margaret on the guillotine

Le chanteur des Smiths est un conservateur notoire, ce qui ne l'empêche pas de ne pas être un fan de la so-called «Iron Lady» et de le dire assez simplement: «Les gentilles personnes ont un rêve merveilleux: Margaret sur la guillotine»...

3. The Beat, Stand down Margaret

Le ska a beaucoup donné contre Thatcher: la reprise de Maggie's farm de Dylan par les Specials ou l'assez médiocre Blue Skinned Beast de Madness mais tout cela était bien trop «malin» et aucun de ces morceaux n'a le charme franc et direct de Stand down Margaret — peut-être Ghost Town des Specials qui dit comment Thatcher a brisé la solidarité dans la société britannique: «I sometimes wonder if I'll ever get the chance just to sit with my children in a holiday jam. Our lives seems so petty in your gold grey hands», «Je me demande parfois si j'aurai un jour la chance d'être coincé dans les bouchons pour les vacances. Nos vies semblent si mesquines entre vos mains d'or gris.»

4. Billy Bragg, A miner's life

Pas très difficile avec Billy Bragg de trouver une chanson anti-Thatcher; ce fut longtemps son fonds de commerce. Thatcherite, Between the wars, Which side are you on... c'est une sorte de Ken Loach du folk-rock. Mais la plus émouvante, ou la moins didactique (enfin... il chante quand même «worker's strength cannot be broken when unions be combined»), de ces chansons est A miner's life chantée pour les grandes grèves de mineurs en 1984 et 1985, lorsque le National Coal Board, soutenu par le gouvernement Thatcher, décida de fermer 20 mines de charbon déficitaires.

5. The Clash, London Calling

Evidemment, impossible de ne pas rappeler ce morceau qui marque l'arrivée de Thatcher au pouvoir en reprenant l'appel de la BBC au soulèvement dans les pays occupés par les nazis: «London calling to the faraway towns, Now war is declared - and battle come down», «L'appel de Londres aux villes lointaines, désormais la guerre est déclarée et la bataille approche.»

Tous les commentaires

05/01/2012, 14:33 | Par Benjamin Caraco

Un bref détour par Wikipédia ne semble pas confirmer l'idée selon laquelle Morrissey serait conservateur. Critique de la droite comme de la gauche britannique oui, mais il aurait appelé à voter démocrate à plusieurs reprises aux Etats-Unis.

05/01/2012, 15:55 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Benjamin Caraco le 05/01/2012 à 14:33

L'adjectif est probablement en dessous de la réalité pour celui qui déclarait au Guardian: «You can't help but feel that the Chinese are a subspecies», qui trouvait que l'on n'entend pas assez l'extrême droite britannique («National Front are never ever ever given a clear voice or platform. They never are. Which baffles me») ou pour l'auteur de Bengali in Platforms: «Bengali, Bengali, Oh, shelve your Western plans, And understand, That life is hard enough when you belong here».

Il explique que tout cela est sorti du contexte (les Chinois sont une sous-espèce parce qu'ils maltraitent les animaux!) et ses fans font valoir qu'il a fait un gros don à Love Music Hate Racism.

05/01/2012, 17:31 | Par Benjamin Caraco en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 05/01/2012 à 15:55

Effectivement, merci pour ces précisions même si elles ne sont malheureusement pas très réjouissantes...

05/01/2012, 15:01 | Par christophe Gueugneau

J'ajouterai juste Macka B - Get rid of Maggie

 

05/01/2012, 15:22 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de christophe Gueugneau le 05/01/2012 à 15:01

Bien sûr, il y a aussi les punkacrètes d'Exploited qui s'intéressent à son giron.

Ou Crass qui lui demandait ce que ça peut faire d'être la mère de milliers de morts.

05/01/2012, 16:29 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 05/01/2012 à 15:22

"The Exploited", toujours aussi fins et délicats !

05/01/2012, 17:34 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Marc Tertre le 05/01/2012 à 16:29

A propos de pas très fins, je trouve que Sham 69 aurait joué à la London School of Economics en 1978. Ca a du leur faire tout drôle ;)

J'en profite pour poster une reprise d'If the kids are united dans un concert des BxN.

05/01/2012, 17:40 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 05/01/2012 à 17:34

//// Sham 69 aurait joué à la London School of Economics en 1978

Source ? (bon, là je joue mon Edwy Plenel, mais faut pas déconner, c'est pour la bonne cause ! )

06/01/2012, 15:36 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Marc Tertre le 05/01/2012 à 17:40

J'ai lu ça dans un article du Guardian. Visiblement les skinheads ont fait pas mal de dégâts.

05/01/2012, 18:20 | Par Michel Deléan en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 05/01/2012 à 17:34

A propos de cette reprise par Bérurier Noir, cela ne vaut pas l'amusant "Rébellion", de leurs copains de lycée Guernica, que l'on ne trouve plus que sur quelques vieux vinyls, hélas.

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