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Georges Guingouin, en souvenir des résistances à venir

Mardi soir 8 janvier, à 20h45, ne manquez pas, sur France 3, Le Grand Georges, un film de François Marthouret. Moment trop ignoré de la mémoire française, l’histoire de vie qu’il nous remémore est de celles qui, par leur modeste grandeur, sauvent l’espérance pour demain.

C’est l’histoire d’un héros intensément tragique, premier maquisard de France et, pour ce fait même, mauvaise conscience brûlante pour tous ceux qui, en 1940, accompagnèrent l’abaissement national, entre petits calculs et grandes hontes. Il se nommait Georges Guingouin (1913-2005), était instituteur de métier et communiste d’engagement, et il fut l’initiateur, le chef et l’âme du plus grand maquis de la Résistance, celui du Limousin. Guingouin dit « Lou Grand », le seul civil que j’aie jamais appelé avec déférence « Mon colonel »…

Compagnon de la Libération, ce libérateur de Limoges en sera brièvement maire de 1945 à 1947, avant d’être détrôné par l’ancien maire socialiste d’avant-guerre qui, en 1940, avait voté les pleins pouvoirs à Pétain. Tandis que les notables qui avaient accepté la collaboration prenaient leur revanche sur le résistant du premier jour, la direction du PCF lâchait sans ménagement le militant au franc parler qui avait critiqué son attentisme militaire de 1940-1941, puis son attentisme social de 1945-1946.

Déchu, Guingouin allait alors connaître une épreuve terrible, dans une inversion des rôles à perdre tout repère : arrêté en 1953 pour des crimes supposément commis par des maquisards incontrôlés, ce héros de la Résistance se retrouvera face à des gendarmes, à des policiers et à des juges qui avaient servi, sans mot dire voire avec zèle, le régime de Vichy. Humilié, calomnié, battu à mort par ses geôliers, oublié de presque tous sauf de ses proches camarades, il obtiendra un non-lieu six ans plus tard, en 1959, l’avocat général allant jusqu’à prendre sa défense en s’étonnant que des poursuites aient pu être engagées.

C’est cette histoire que raconte le film de François Marthouret, écrit par Patrick Rotman et produit par Michel Rotman. Celle d’un victorieux vaincu ou d’un vaincu victorieux, comme l’on voudra, c’est-à-dire d’un homme dont le ressort n’était pas de l’ordre du pouvoir mais de celui de l’idéal. L’un de ces imprudents qui, devant l’événement, ses défis et ses paris, choisissent d’inventer le chemin inconnu que leur dicte leur conscience plutôt que d’arpenter les routes trop fréquentées des calculs, des renoncements et des carrières.

Dans une lettre à l’auteur de Ces chefs de Maquis qui gênaient, l’un des rares livres qui s’est efforcé de retracer son calvaire, Georges Guingouin constatait sans amertume et avec stoïcisme cette défaite qui grandissait ses victoires : « La philosophie de l’Histoire m’a appris que les précurseurs ont toujours tort et que les guerres de libération nationales, menées exclusivement par des volontaires, sont les plus cruelles qu’aient à subir les nations. Le sacrifice de leurs meilleurs fils atteint irrémédiablement la fibre morale des peuples et, l’épreuve passée, c’est le temps des habiles et la revanche de ceux qui manquèrent de courage. Le temps de la décadence morale succède au temps où l’homme s’élève face à l’événement. »

La bonne action de Marthouret et des frères Rotman souligne les longs et lourds silences du cinéma et de la télévision françaises sur ces histoires de vie qui dérangent les idéologies consensuelles d’une histoire officielle, antiquaire et muséale, figée dans le refus de regarder en face tout passé qui bousculerait le présent. Dans d’autres nations, notamment les Etats-Unis qui ont fait du cinéma leur roman national, l’extraordinaire saga de Guingouin aurait déjà donné lieu à des dizaines de récits, films et séries. Cet oubli est enfin réparé, fût-ce dans les limites financières d’une fiction télévisée, avec un souci de rigueur et d’honnêteté que le réalisateur, éminent comédien lui-même, explique fort bien dans la vidéo ci-dessous, venue du Limousin où le film fut tourné.

 

Pour ma part, j’ai connu Georges Guingouin au seuil de l’été 1985. J’avais été le rencontrer dans sa petite maison de Sainte-Savine, dans la banlieue de Troyes, où il habitait depuis sa retraite de l’éducation nationale. Il m’attendait de pied ferme, avec cette autorité naturelle que l’on retrouve dans son personnage du film, incarné par Xavier Gallais, celle d’un instituteur à l’ancienne qui, à tout juste ou à peine trente ans, fut aussi un chef de guerre. Sur la table de sa cuisine où eut lieu notre entretien, il avait posé en évidence un exemplaire annoté de mon premier livre, L’Effet Le Pen, paru en 1984, façon de dire qu’il s’était renseigné afin d’évaluer son interlocuteur.

J’étais venu voir Guingouin à la demande de mon chef de service d’alors au Monde, Jean-Maurice Mercier. Canardier hors pair dont les brusqueries cachaient une rare élégance d’âme et de style, il est décédé à 77 ans à Limoges, en décembre 2007, au moment même où commençait l’aventure de Mediapart. Corrézien ayant vécu, enfant, la guerre et l’occupation dans cette région paysanne où l’on ne blaguait pas avec l’honneur, Mercier était encore habité par la légende du « préfet du maquis » autoproclamé dont les avis et les tracts annonçaient que « justice avait été faite » quand un collaborateur avait été châtié. Aussi quand la revue Le Crapouillot, au printemps 1985, remit le couvert de la calomnie pour accuser le « colonel communiste Guingouin » d’être responsable d’un millier d’exécutions sommaires, il m’envoya vers cette banlieue de Troyes où vivait dans une sorte d’exil national le premier maquisard de France.

« Le combat pour la mémoire et pour l’honneur du colonel Guingouin, résistant limousin » : l’article parut dans l’édition du Monde du 8, datée 9 juillet 1985, soit deux jours avant l’attentat contre le Rainbow Warrior qui marqua le début de l’affaire Greenpeace, évoquée dans mon précédent billet. Décidément, curieux été 1985… Tout en contestant farouchement, faits après faits, les accusations de ses détracteurs, Guingouin assumait sans hypocrisie la violence du combat libérateur. Nous avions évoqué ensemble le souvenir du massacre nazi d’Oradour-sur-Glane qui est toujours là pour rappeler ce que fut l’extrême dureté de la guerre en Limousin.

Mon article faisait droit à sa protestation contre ce « retournement des valeurs où résistants et collaborateurs sont jugés à même enseigne », « à cet air du temps qui érode la mémoire et met sur le même pied la résistance au nazisme et l’engagement fasciste ». S’ensuivit une correspondance régulière, entrecoupée d’appels téléphoniques, à l’exemple de cette lettre du 17 avril 1989 où il me demande si je peux l’aider à trouver un éditeur pour son livre de témoignage paru en 1974, Quatre Ans de lutte sur le sol limousin, que la maison Hachette refusait de rééditer alors qu’il était épuisé.

Dans ses lettres, ses appels et ses discours annuels, notamment lors de la commémoration en juillet de la bataille du mont Gargan de juillet 1944, « Mon colonel » Guingouin ne cessait de s’alarmer pour l’avenir, s’inquiétant avec prescience et lucidité « de la désillusion des masses populaires et du chômage toujours accru », tandis que les idéologies barbares faisaient retour. Dès lors, et plus que jamais, « rendre la mémoire au peuple est une nécessité », répétait-il. Rendre, c’est-à-dire donner en retour. Faire don et honorer sa dette.

C’est ce que vous ferez, je l’espère, mardi soir, en regardant Le Grand Georges sur France 3. En attendant, vous pouvez visionner cet hommage poétique à celui que les campagnes du Limousin appelaient et continent encore de nommer Lou Grand :

Tous les commentaires

07/01/2013, 12:50 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 01:15

Acte de courage, acte d'un héroisme quotidien, acte de "folie"...

07/01/2013, 18:52 | Par clc en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 01:15

Ce téléfilm sur Georges Guingouin fait l'objet de la recommandation de Télérama suivante: T (on aime un peu). Le même jour sont programmés "Terminator renaissance" gratifié lui aussi  de l'appréciation T. Plus haut dans l'échelle des valeurs de ce magazine ( TT on aime beaucoup) et toujours le même jour  on trouve  "Dr House", série hospitalière américaine et au sommet (TTT on aime passionnément) Breaking Bad série américaine histoire d'un prof de chimie qui devient caïd de la drogue. Il paraît que Télérama est une référence! C'est confondant. Comme diraient certains abonnés s'exprimant sur ce fil "Je vais me désabonner"...de Télérama bien sûr.

08/01/2013, 08:49 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 01:15

En écrivant (entre autres)

J'ai toujours été profondément admiratif pour ces gens qui, dans une France défaite et entourée par l'Allemagne d'Hitler, l'Italie de Mussolini ou l'Espagne de Franco, n'ont pas hésité à faire, dès la première minute, acte de courage et de détermination alors même que nombre de ceux qui étaient porteurs de ce devoir ont sauté à pieds joints dans la compromission et la soumission, politiciens ou militaires, et au-delà tout un Peuple tétanisé.(...) Et je ne parle pas de l'ignominie de son arrestation et de son procès, dignes des pires bassesses de la part de ces lâches reconduits dans leurs fonctions de notables. (...) Prenons exemple sur eux et écoutons-les en ces temps troublés, toute proportion gardée quant à la situation de notre pays.

.... vous avez tout à fait raison. Et il faudrait que des habitués de Wikipédia fassent un collectif de réhabilitation. Ce qu'on y lit laisse encore "planer la rumeur"

De retour à Saint-Gilles-les-Forêts, il reprend dans la clandestinité ses activités de militant communiste et rédige en août 1940 un appel à la lutte. En septembre 1940, révoqué de ses fonctions d'enseignant, il reprend contact avec l'appareil clandestin du Parti et devient secrétaire fédéral de la Haute-Vienne. Il décide toutefois de ne pas diffuser le no 9 du bulletin La Vie du parti (septembre 1940) qui déclare : « Nous devons être sans haine vis-à-vis des soldats allemands. Nous sommes contre de Gaulle et le clan capitaliste dont les intérêts sont liés à Vichy3. »...

Il publie en janvier 1941 le premier numéro du Travailleur limousin clandestin. Il écrira plus tard qu'il s'abstenait de toute attaque contre de Gaulle et le Royaume-Uni, s'écartant ainsi de la ligne officielle du parti. En avril 1941, il prend le maquis4, ce qui, d'après Philippe Robrieux, aurait provoqué l'étonnement de Gabriel Roucaute, l'un des représentants de la direction du Parti en zone Sud5. Il organise dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre la première récupération à main armée de cartes d'alimentation, ce qui lui vaudra d'être condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité par un tribunal militaire en janvier 19424. Cette divergence précoce entre Guingouin et son parti a été contestée par Berlière et Liaigre au vu d'archives qui attesteraient l'absence de différends avant avril 19426.

Il baptise ses premiers groupes armés « Francs Tireurs », à une époque où les Francs-tireurs et partisans ne sont pas encore créés. En mars 1942, alors que les communistes se sont franchement engagés dans la lutte armée, mais uniquement dans les centres urbains, Roucaute le somme d’arrêter son action. Guingouin refuse et ses relations avec le parti deviennent tendues7. Par la suite, il intègre les Francs-tireurs et partisans.

Surnommé Lo Grand « Le Grand » par les paysans, il organise ses premiers maquis, notamment celui de la forêt de Châteauneuf-la-Forêt (Haute-Vienne). Certains types d'action qu'il mène le feront surnommer le « préfet du maquis » : en décembre 1942, à la tête d'un commando de quelques hommes, il tente de stopper les réquisitions de foin et de blé pour l'ennemi - en détruisant à l'explosif la botteleuse stationnée dans la gare d'Eymoutiers. Une plaque est apposée sur la façade de la gare coté rue rappelant cette action héroïque. Il constitue aussi une unité fixe, la « 1re brigade de marche limousine », et des unités « volantes », à effectif variable.

Mais, il ne faudrait pas pour autant que le pladoyer en défense de ceux qui résistèrent QUELS QUE SOIENT LES MOYENS ne viennent occulter le débat sur QUELS AURAIENT DU ETRE LES MOYENS.
D'autres que d'autres que Georges Guingouin adoptèrent des méthodes bien différentes de celles que lui adopta.
Je parle, en particulier des trotskystes de Brest. Eux aussi eurent à se défendre des stalino-fascistes du PCF. Et eux avaient adopté une stratégie bien plus dangereuse que la stratégie de la lutte armée - même si moins glorieuse pour les disciples de Eroll Flynn.
Cet extrait du livre "J’ai essayé de comprendre" de André Calvès donne un aperçu de ce qu'aurait pu être une résistance internationaliste en France.

(source) En principe, seuls quelques camarades s’occupent de placer des tracts allemands dans de bons endroits. Mon oncle Marcel, n’ayant plus d’embarquement, travaille à Brest. Il a perdu confiance dans le Komintern et milite avec nous. Un soir, il arrive avec un œil bien poché. Il a eu la folle idée de donner directement des tracts à quatre Allemands dans un bistrot

Un des soldats lui a donné un coup de poing et l’a poussé dehors. Marcel met quelque temps à réaliser que ce soldat était sans doute anti-nazi Un nazi l’aurait arrêté aussitôt. Marcel jure qu’il est revenu en faisant mille détours et en s’assurant qu’il n’est pas suivi.

Robert Cruau a la chance de contacter un sergent dont le père était responsable communiste. Ce sergent est déjà assez politisé. Il peut utiliser certains cachets et rendra bien des services à plusieurs copains. André Darley contacte un autre soldat de la DCA.

Très vite, il y aura un petit groupe de soldats allemands qui rédige une feuille que nous tirons à une centaine d’exemplaires : « Arbeiter im Westen ». Selon Robert, la feuille touche très directement vingt sept soldats et marins. Mais les cloisonnements sont mal assurés. Un jour, Robert réunit dix soldats chez une copine fraîchement recrutée, Anne Kervella qui a une maison sur la route du Vallon. Dix soldats ensemble ! C’est de la folie. Personne ne le dit. On croit tous, bêtement, que tout ira toujours bien.

Mai 1943. Robert Cavallo passe à la maison. Il s’est engueulé avec le conducteur des travaux, qui se nomme curieusement Traversino. Ce dernier lui a donné une lettre fermée en lui disant de la porter à la Todt : « Ils te mettront sur un autre chantier de ton choix. » Cavallo trouve que le conducteur des travaux avait l’air faux jeton. On décolle la lettre à la vapeur. Il est dit que le manœuvre Cavallo Robert a été grossier avec le sergent allemand et a insulté ses chefs. La Todt est priée de prendre des sanctions. Les vaches ! Je fais un faux certificat de débauchage et un copain indique à Cavallo un chantier qui embauche, à l’Ile Tudy ou a Loctudy, dans le sud Finistère.

Juin 43 : J’attends ma paie sur le chantier. Elle ne vient pas. On me dit qu’il faut aller la chercher à la base sous-marine. Tous les gars de la classe 40 qui travaillent à la LTP sont dans le même cas et sont déjà partis.

Je comprends que c’est une nouvelle façon d’essayer de « rafler » pour l’Allemagne. Mais je ne vois pas le moyen de me passer de cette paie. Confiant en ma bonne étoile, je suis à 10 heures devant un payeur français sur l’immense terrain qui recouvre la base. Cet imbécile me dit : « Ta paie est bloquée » Je réponds : « Elle est bloquée par un trait de crayon. Tu me la donnes et je m’en vais. » Il dit que ça n’est pas possible. Je n’ai pas encore commencé à râler que je sens la présence d’un gradé de la Todt derrière moi. Il m’explique que je dois aller en Allemagne. Il est aimable. Je suis gracieux aussi et je demande seulement ma paie. On me la remet. J’emboîte le pas au gradé qui se désole parce que j’arrive tard. Déjà, un car rempli de jeunes est parti. C’est dommage. J’attendrai.

Il me laisse aux bons soins de feld-gendarmes qui logent dans une grande maison à cheval sur la base et la route de la corniche (la liberté !) Feld-gendarmes de bonne humeur qui m’affirment que l’Allemagne est pleine de « frauleins. » Je donne une cigarette à chacun et demande la permission de rester devant la maison. Ils acceptent mais demandent mes papiers. Munis de mon portefeuille qu’ils emportent sans 1’ouvrir, ils se retirent dans la maison.

Le lecteur curieux trouvera la suite de ce "roman rebelle" sur la page gérée par le fils de cet autre héros méconnu.

La révolution qui vient rend nécessaire l'abandon total de toutes les stratégies minoritaires de lutte armée.
Y compris le néoguévarisme devra distinguer ce qui relève de l'aventurisme castriste minoritaire du débarquement de ce qui s'ensuivra : une guerre d'auto-défense paysanne sous une direction formoise-égalitariste bicéphale personnifiée par un Castro proto-stalinien et défenseur des privilèges de la formoisie et un Guévara proto-égalitariste défenseur du formariat - sans qu'il le conscientise.
Mais c'est un autre débat.

07/01/2013, 02:53 | Par LMICHEL

Georges Guingouin, Lou Grand,

Le perdant magnifique?

Un résistant pur.

07/01/2013, 07:51 | Par Patrig K en réponse au commentaire de LMICHEL le 07/01/2013 à 02:53

Salut Frérot , déjà l'oeil ouvert

C'est pour quand le chantier "Sklabod " ... Il y a du Trédudon, là dedans ...

07/01/2013, 10:13 | Par alainestivalval@yahoo.fr estival en réponse au commentaire de grain de sel le 07/01/2013 à 08:01

Je connaissais Guigoin par mon père Socialiste et résistant, bravo pour cette initiative

alain le taxi  

07/01/2013, 08:02 | Par Gilbert Pouillart

Il reste encore beaucoup à découvrir de cette période pas si lointaine (Parisien, j'avzis seize ans en 1940). De routes couleurs: des hétos iencore inconnus, comme des saligauds, ou de lâches, ou des "cas sociaux" (un de mes condisciples s'est engagé dans la Waffen SS pour échapper à des parents affreux, et est mort sur le "front de l'Est").

Comme d'habitude, notre espèce humaine était cazpabledu meilleur comme du pire, les circonstanves tragiques exacerbant tout ça...Ce qui est, hélas! sûr, c'est qu'"on s'en remet"...et que le quotidien ne tarde as à vous submerger. Journalistes et historiens, artistes, c'est leur devoir de nous aider à nous réveiller.

07/01/2013, 09:11 | Par Pipotin en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 08:55

Pour ceux qui n'ont pas la télé (très nombreux sur Médiapart, d'après certains commentaires sur d'autres fils), il y possibilité de voir presque toutes les chaînes, dont France3, en direct (sauf TF1 et quelques autres, de toute façon inutiles) depuis ce Site: http://playtv.fr/

07/01/2013, 09:17 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 09:11

79895731_o.gifRigolant

07/01/2013, 12:48 | Par françois périgny en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 09:17

Merci Pipotin.

07/01/2013, 14:10 | Par Annie Madarasz-Bauchet en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 09:17

Trop mignon

07/01/2013, 09:27 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 09:11

@PIPOTIN.

-

Merci pour l'info.

-

Sourire

07/01/2013, 15:11 | Par Luciole Camay en réponse au commentaire de Pipotin le 07/01/2013 à 09:11

Merci Pipotin pour cette adresse qui encourage à visionner une oeuvre de salubrité publique Sourire !

07/01/2013, 14:56 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 08:55

Mon grand'père maternel était de Tarnac (récemment mis à la une),, dans la  haute vallée de la Vienne.

"Los Auvergnats n'ont pas la barbe fine

Los Limougis l'ont pkus fine cueillie" (bourrée connue)

Coucou, watayaga !

07/01/2013, 15:50 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 07/01/2013 à 14:56

"Los Auvergnats n'ont pas la barbe fine

Los Limougis l'ont pkus fine cueillie" (bourrée connue)

Ah ! Contente de retrouver ces paroles, mais dans ma famille on prétendait que

"Les Auvergnats ont la moustache fine

Les Limousins l'ont plus fine encore"

Ce qui signifiait que les Auvergnats étaient des rusés mais que les Limousins étaient plus fins qu'eux....

Cela terminait un conte qui mettait en scène un marchand Auvergnat qui voulait vendre une pierre miraculeuse à un Limousin qui n'était pas convaincu de ses vertus. L’Auvergnat disait alors au Limousin : "tu la regretteras la pierre de la Lombardie !" ce à quoi le Limousin répondait un "beleu" (peut-être") sibyllin  en souriant dans sa moustache : il cachait dans son dos la dite pierre....Sous ses airs de plaisanterie ce conte (je l'ai abrégé au maximum) racontait la résistance du faible (le paysan) contre le puissant (le marchand) qui veut l'escroquer en le baratinant. En gros : y a pas de mal à voler celui qui cherche à vous duper....Une autre conception de la morale...

Contente de vous retrouver là Gilbert Rigolant

08/01/2013, 10:43 | Par FrE en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 15:50

Superbe ce conte ! Je ne le connaissais pas encore et aimerais bien en savoir plus long à ce sujet. Je travaille depuis plusieurs années sur le sujet des chansons de tradition orale "rebelle" en Limousin.
Quant à la bourrée, elle est souvent suivie d'autres vers disant que les Limousins vont faire la barbe des Auvergnats sans savon et sans barbe, mais à grands coups de bâton !

12/04/2013, 10:35 | Par jean-philippe courrouyan en réponse au commentaire de FrE le 08/01/2013 à 10:43

J'ai en ma possession mais ne sais dans quel placard un livre sur les contes en limougeaud que je n'ai pu traduire...J'essaierai de le chercher et vous recontacterai si par bonheur je le retrouve.Il y avait un conte sur un curé et sa bonne et des histoires de gazs malodorants!!!

08/01/2013, 10:37 | Par FrE en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 07/01/2013 à 14:56

Los Lemosins l'an pus fina que ilhs = les Limousins l'ont plus fine qu'eux (effectivement, ça se prononce "que y").
Moi aussi je suis sensible à la bourrée et j'ai même connu quelques danseurs et musiciens à Tarnac...

07/01/2013, 08:37 | Par Jonasz

Oui. Entretenir ces flammes qui nous rappellent la résistance et ses artisans, le sacrifice de ceux qui s'y sont engagés lorsque la sanction en cas d'arrestation était la mort.

http://www.oradour.org/

http://www.ville-limoges.fr/index.php/fr/culture/les-structures-culturelles/le-musee-de-la-resistance

08/01/2013, 00:05 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Jonasz le 07/01/2013 à 08:37

@JONASZ.

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J'ai reçu les confidences de feu un résistant. Pas de la première heure, il me l'a avoué. Il m'a dessillé les yeux, à moi qui étais une admiratrice inconditionnelle de la Résistance française.

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Il a fait une belle carrière (méritée).

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Cela m'a refroidie quant aux cultes d'êtres humains. Il a bien fait.

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Bouche cousue

07/01/2013, 09:03 | Par Belange

Mon père est parti au maquis à 17 ans en 41

07/01/2013, 23:55 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Belange le 07/01/2013 à 09:03

@BELANGE.

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Pas le mien; il a fini sa médecine à Paris. Il n'a pas collaboré avec les allemands et a eu faim. Fut-il une ordure ? Suis-je la fille d'un salaud ? Suis-je une fille de "rien" ?

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Bouche cousue

08/01/2013, 10:36 | Par Belange en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 23:55

Ma chère Agnès, mon père n' avait aucune haine quand il est revenu ni pour les Allemands , ni pour les collabos du peuple ( à condition qu'ils ne se prétendent pas résistants) . Ils se battaient contre le fascisme et c'est tout . Mon grand-père qui aidait le maquis , ne parlait plus à son dénonciateur mais parlait à ses enfants en disant qu'ils n'y pouvaient rien . Et nous, on pouvait discuter avec lui . C'étaient des gens ordinaires (' mes parents et grands-parents ) , ils n'en tiraient aucune gloire .

A son enterrement , il y avait ses compagnons de résistance, nous, on ne les connaissaient pas , mais ils étaient là . C'était très émouvant .

08/01/2013, 15:05 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Belange le 08/01/2013 à 10:36

@BELANGE.

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A l'enterrement récent de mon père, il n'y avait que 4 personnes, trois contre une (c'est plus facile qu'un contre un). Il y eut même quelqu'un qui exigea de voir son contrat obsèque, car cette personne s'opposait à la bénédiction catholique qu'avait demandée mon papa. Son corps était à côté, à peine froid. Bien que débaptisée, je n'avais pas discuté, personnellement, ses dernières volontés.

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Pourtant, mon père a soulagé voire sauvé plein de vies humaines en désarroi.

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C'est comme ça.

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Tiens, je pense à lui et lui dédie cela (pardon pour notre hôte, mais je sais qu'il aimait beaucoup son papa; cadeau aussi pour lui). Je l'ai enregistré peu de temps avant le décès de mon papa Charlick.

 

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Sourire

15/04/2013, 12:32 | Par claudelagarde en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 23:55

La lecture de :AURAIS-JE ETE RESISTANT OU BOURREAU ?de Pierre Bayard aux Editions de Minuit au dela des postures pose bien la question des choix ou non choix

Claude

07/01/2013, 09:38 | Par guydufau

Mieux vaut tard que jamais pour réhabiliter l'exceptionnel résistanr qu'a été Georges Guingouin. En espérant que le film soit à la hauteur de l'enjeu.

08/01/2013, 13:05 | Par critique critique en réponse au commentaire de guydufau le 07/01/2013 à 09:38

Ma mère, 92 ans, me parle de la réalisation de ce film depuis des années.

Enfant  à Limoges j'ai toujours entendu parler de Guingouin au même titre que des grandes grèves de 1920

Mon père, cheminot,  rappellait souvent  que lorsque Guingouin était venu à la gare où mon père travaillait,

pour faire sauter la voie

 il avait pris la précaution de bien enfermer les "petits" (cheminots ) pour qu'ils ne soient pas victimes des représailles des occupants

 

 

 

 

07/01/2013, 09:46 | Par Pierro Juillot

C'est vrai M. Edwy Plenel qu'en Corrèze..., nous..., on ne blague pas avec l'honneur...! On y porte même une attention toute particulière. Et c'est ce qui à coûté un tel déshonneur, une telle volonté de casser ce partisan, ce premier des résistants qu'était M. Georges Guingouin. Mais aujourd'hui..., comme les honteux procès d'hier l'ayant condamné..., l'honneur n'est qu'une valeur morale possiblement monnayable, façonnable, éphémère même. Et l'inquiétude lucide de ce "Grand Georges", si je puis me permettre.., était et reste encore tellement bien fondée... Quand on voit et entend celui ce "revendiquant" de cette région, de Tulle plus précisément..., dont la rudesse forge des caractères ne coupant pas les cheveux en quatre eux..., quand on constate que le sens du mot honneur est autant un faire valoir que le chantre du consensus truqué..., on ne peut qu'être indigné.

Alors merci de lui rendre un si bel et fier hommage dans cet invitation poétique et documentaire que je ne manquerai de savourer..., avec le regret d'avoir été si proche géographiquement et si loin dans ce devoir de mémoire oublié.

07/01/2013, 14:57 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de Pierro Juillot le 07/01/2013 à 09:46

Pierro Julliot, Corrézien? On en apprend chaque jour (voir plus haut)

07/01/2013, 15:29 | Par Frachon23 en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 07/01/2013 à 14:57

Il y a en Corrèze un village du nom de "juillac" cela a peut-être à voir avec son nom de "juillot" ?....(je précise que ceci est dit sans méchanceté aucune, car étant creusois de naissance et de domicile j'aurai du culot de la ramener....)

10/01/2013, 13:32 | Par Pierro Juillot en réponse au commentaire de Frachon23 le 07/01/2013 à 15:29

Doublon du commentaire...:

"07/01/2013, 17:16 Par Pierro Juillot

Ravi de vous revoir Gilbert Pouillart.

Et oui, aujourd'hui Landais depuis quelques 15 années à peu près..., hier je suis resté à Marseille quelque 3 années à plonger avec les girelles, avant hier quelques 7 années à user mes "chooses" dans les métros Parisiens..., à casser mon dos sur les chantiers BTP, et à pioncer dans les dortoirs d'Ivry sur Seine..., et je n'ai pu et ne peux toujours pas m'empêcher de revenir au source..., à Brive la Gaillarde, au fameux et savoureux "marché de Brive la Gaillarde". Je ne connais Tarnac que par la triste publicité fait par ces médias de "messe" et cette affaire montée de toute pièce par l'ex mauvais perdant du trône de l’Élysée...!

@ Sébastien Cosset,

Je connais un peu le petit village de Juillac..., mais pour trouver l'origine étymologique du nom Juillot et pour savoir s'il existe une relation entre ces deux..., l'arbre généalogique paternel n'a pas été capable de remonter jusqu'à une source pouvant expliquer éventuellement cette relation... Mais rien n'est à exclure bien sur...!"

07/01/2013, 09:39 | Par Agnès GOUINGUENET

@EDWY PLENEL.

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Dites-moi, Guingouin c'est pas un peu breton ?

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Lu dans Wikipedia (mauvaise source ?) :

"Il publie en janvier 1941 le premier numéro du Travailleur limousin clandestin. Il écrira plus tard qu'il s'abstenait de toute attaque contre de Gaulle et le Royaume-Uni, s'écartant ainsi de la ligne officielle du parti."

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Ouf ! Car lorsque l'on a le même idéal de liberté, c'est ballot de se taper dessus.

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Et puis tous ces jeunes ricains venus se faire exploser la vie en ma Normandie natale, tout de même ...

 

us_colleville-sur-mer.jpg

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Embarrassé

 

07/01/2013, 14:22 | Par Annie Madarasz-Bauchet en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 09:39

Les jeunes étasuniens qui sont venus se faire tuer sur les côtes normandes ne savaient pas qu'ils perdraient la vie pour des gens qui aujourd'hui sont les descendants des possédants de cette époque. Les jeunes africains qui étaient au côté de l' armée française ont aussi perdu leur vie, pour qui, pour quoi?

Durant cette période, beaucoup de prêtes et de bonnes soeurs se sont écarté-e-s de la ligne officielle de l' église. Doit-on les mépriser pour autant?

Pour Rothschlid ou Golmann sachs (et leurs potes) qu'est-ce qu'une vie d'un jeune  inconnu? Rien. Aussi n'hésitent-ils pas à provoquer des conflits pour s'assurer des rentes sur les matières premières, les énergies, les céréales, l'eau, etc...

07/01/2013, 23:20 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Annie Madarasz-Bauchet le 07/01/2013 à 14:22

@ANNIE MADARASZ-BAUCHET.

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Vous voulez changer la nature humaine ?

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Tous les morts de la première guerre mondiale ont servi à quoi ? A préparer la deuxième.

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Et l'on a tué Jaurès car il ne voulait pas de bain de sang humain. Bonjour le résultat !

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Je ne fais pas l'apologie des militaires, Ô non !

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Mais que proposez-vous ?

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Quelqu'un de visionnaire disait : "Eh bien soit ! Les choses étant ce qu'elles sont ...".

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Il faut "faire avec", et tout essayer pour éviter un troisième conflit mondial, d'autant que désormais, c'est boum ! Combien de bombes en Chine, Russie, Israël, Europe, USA etc ... ?

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Imaginez un peu !

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Il est bon d'aller voir des tombes à perte de vue en Normandie (ou au Rwanda, plus proche, si l'on a fait des sépultures), pour comprendre ce que basculer dans la guerre signifie vraiment.

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Nous vivons sur une poudrière. Et c'est probablement pour cela que, inconsciemment, l'humanité fait plein de petits. Est-ce vraiment la "good attitude" ? Car plus il y a d'humains, plus il y a de pauvres.

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En attendant, nous devons oeuvrer pour le maintien de la paix mondiale à tout prix, même s'il y a des conflits mochards ici et là. On n'y peut pas grand chose au niveau d'une nation, du fait de la globalisation qui provoque un enchevêtrement d'influences, de coopérations, de synergies, et malheureusement d'antagonismes.

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Désormais, la résistance (puisque c'est finalement le sujet du billet), elle est là : Mondiale et non nationale, pacifiante salvatrice et non agressive destructrice.

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Nous sommes en 2013, chrétiennement parlant. Cela n'a plus rien à voir avec 1940, toujours chrétiennement parlant.

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Pour en revenir au sujet du billet, résister cela ne s'apprend pas; c'est comme arrêter de fumer. C'est en soi ou pas. Et l'on ne sait qui on est, que devant l'agression. Finis les grands discours, place aux actes.

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Bouche cousue

07/01/2013, 11:05 | Par gerald rossell

Merci pour l'info

je ne manquerai pas de regarder

Et sans s'éloigner du sujet un film sur la présence des résistants d'aujourd'hui

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Ipy01M4Bci4

07/01/2013, 11:28 | Par pierre guerrini


Le sacrifice de leurs meilleurs fils atteint irrémédiablement la fibre morale des peuples et, l’épreuve passée, c’est le temps des habiles et la revanche de ceux qui manquèrent de courage.

Cette revanche des gueux - le temps des habiles -  après le sacrifice des preux ...

Le temps de la décadence morale succède au temps ... Où l’homme  - depuis Londres - s’élevait  face à l’événement.

La petite baronnie hollandienne  en cours d'exercice ...  Ses petites intrigues de cour, ses mascarades de bon aloi faussement  persuasives, son attentisme en demie-teinte et tout en rond de jambes, ses jeux de diffractions, ses atermoiements interminables,  et puis,  l'insupportable par-dessus tout,  ses rafles de basse intensité et autres continuelles, ses perpétuelles  exactions anti-Rroms ...  Ses pogroms anti-Rroms ...

Sa  république exemplaire   «  Je veux une république exemplaire  et une France qui fasse entendre sa voix  »   

Ce délitement, cet irrémédiable  étiolement, cette viciation du sang de la démocratie de notre pays ...

Je veux que la prochaine présidence soit celle de l'impartialité de l'Etat, de l'intégrité des élus et du respect des contre-pouvoir  "




07/01/2013, 11:39 | Par ceinna coll

Merci pour l'info et le reportage, Edwy Plenel.

Je ne manquerai pas de regarder ce film tourné par cet excellent François Marthouret.

 

07/01/2013, 12:13 | Par didier BORIE

Les programmes télé étant nuls à ch...depuis fort longtemps, il était important que vous nous alertiez sur ce film retraçant la vie et l'engagement de ce grand bonhomme dont j'ignorai qu'il eut existé, Edwy Plenel ! Merci infiniment !

07/01/2013, 12:16 | Par François Delpla

Merci pour cette évocation.

Le film sera d'autant plus fort s'il évite les exagérations pieuses comme celle-ci, émanant d'Attac http://www.france.attac.org/archives/spip.php/ecrire/spip.php?article5608 , au lendemain de sa mort :

 

On se souvient notamment que Hitler prit la décision en 1944 de retirer la 2ème Division blindée SS « Das Reich » du front russe pour aller attaquer les maquisards limousins. Après une héroïque résistance, ceux-ci devaient retarder l’arrivée de la division Das Reich sur le front de Normandie. Ce fait d’arme devait être salué par le généralissime Einsenhower, qui reconnaissait que ce retard précieux avait sauvé la tête de pont alliée débarquée en Normandie.


Hitler, qui faisait contre Tito une fixation personnelle et qui, dans cette période, a très probablement ordonné l'exécution de Georges Mandel (artisan du traité "juif" de Versailles dans l'ombre de Clemenceau), n'a probablement jamais entendu parler de Guingouin, dont l'action était d'intérêt plus local. Ce qui n'enlève rien, bien au contraire, à ses mérites.

07/01/2013, 12:39 | Par Frachon23

Merci pour cet article et cette reconnaissance que même les plus jeunes limousins n'ont plus...

L'UPAC se permettra pour mémoire de reprendre votre article afin que l'on n'oublie pas.

07/01/2013, 12:46 | Par françois périgny

Pour cet article, pour cette reconnaissance, pour cette information, soutenir.

07/01/2013, 14:19 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 13:11

@JCG.

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Eh bé, on n'est pas sorti de l'auberge !

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Heureusement que des Konrad Adenauer et des Charles de Gaulle ont réussi à avaler leur ressentiment, sinon nous y serions encore.

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Evidemment, il y a ceux qui étaient chefs d'Etat et les autres. Personne ne nie le rôle majeur des anti-facho-nazisme, même le-la plus humble, quelles que soient leurs origines de courage.

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Inouï de ressentiment séquellaire.

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Ah oui Guy Môquet, pas vraiment mode ? ...

 

lettre_guy_moquet02.jpg

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Surpris

07/01/2013, 20:18 | Par jcg en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 14:19

Leur "ressentiment" ? Je trouve que l'immense majorité des Français ont été assez paisibles, tranquilles et bienveillants à l'égard des Allemands après la guerre, et s'il en avait été différemment, le noyau franco-allemand n'aurait pas eu lieu ou aurait été formé différemment. Quant au fait qu'il ne faudrait pas avoir de "ressentiment", je connais le discours nietzschéen contre le ressentiment mais je connais aussi la vie de Nietzsche qui n'a pas manqué de ressentiment, parfois injuste, mais parfois juste. Car il ne faut pas oublier l'immensité des crimes nazis partout en Europe, inqualifiables, impardonnables, imprescriptibles. Et avec le recul, le contexte de la guerre froide a permis aux Allemands de l'Ouest de bénéficier du soutien financier des Etats-Unis, mais aussi indirectement d'autres pays européens dont la France, et ce alors que l'épuration anti-nazie a été partielle, faible, insuffisante. Et depuis cette époque, les caractéristiques structurelles de l'Allemagne de l'Ouest puis de l'Allemagne tout court, avec notamment son empêchement d'avoir une armée de taille équivalente à la France, forcément très coûteuse pour nous, lui ont permis d'obtenir ces résultats économiques que nous connaissons, et le tout aujourd'hui chapeauté par la Kaïser Merkel, arrogante, méprisante, qui conduit une politique égoïste et dangereuse pour l'Europe. Je le dis clairement : au nom de "l'amitié franco-allemande", il est hors de question que nous Français avalions toutes les couleuvres et toutes les mesures anti-européennes et anti-sociales de cette droite extrême allemande. Je préfère donc assumer si vous y tenez du "ressentiment" plutôt que de simuler une indifférence et une hauteur qui masqueraient en fait une inertie face à ces riches Allemands qui ont des sentiments et des idées qui, il y a 70 ans, ont favorisé le Nazisme. Et je dis ceci sans oublier que la majorité des Allemands furent antinazis avant 33, que la Résistance allemande a existé et a été admirable, et que là-bas comme ici, elle fut PRINCIPALEMENT COMMUNISTE, ce qui est tout à l'honneur de l'ensemble des mouvements et des groupes qui se disaient tels. 

07/01/2013, 21:21 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 20:18

@JCG.

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Staline ? Pol pot ?

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Dos à dos avec les nazis quant à la barbarie.

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Il faut arrêter de ressasser le passé, et aller de l'avant pacifiant.

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Nous sommes tou-te-s dans le même vaisseau spatial; alors évitons d'en faire un radeau de la Méduse, avec sacrifice des moussaillon-ne-s, à savoir les plus faibles.

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Mais ce que j'en dis, face à tant de parti-pris ...

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De deux maux létaux (totalitarismes de droite ou de gauche), il ne faut pas choisir le moindre. Il faut les éliminer tous les deux.

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Embarrassé

07/01/2013, 21:58 | Par jcg en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 21:21

Totalement faux. Ce discours Staline/Pol Pot dos à dos avec les Nazis est diffusé par l'extrême-droite depuis la guerre froide et même par des naïfs de gauche qui ne savent pas ce qu'ils disent. Hitler a pensé, préparé et dirigé une guerre mondiale pour s'approprier le monde et liquider tout ce qui était différent de l'être-aryen. Staline n'a dirigé aucune guerre semblable. Hitler et les nazis ont mis en place des camps pour faire disparaître tous les Juifs d'Europe, et s'ils avaient pu les Français auraient suivi. Staline n'a pas mis en place de camps de liquidation. Certains "goulags", ni plus ni moins que des prisons, avaient des jardins et des bibliothèques. Mais évidemment la même extrême-droite, européenne, américaine, a trouvé des révisionnistes russes, des descendants de russes blancs, des familles de grands bourgeois, pour aller raconter des bobards qui n'ont pas une once de preuves. On nous parle de Katyn par exemple mais pourquoi les cadavres des officiers polonais qui ont été retrouvés étaient accompagnés de balles allemandes ? Dans les archives, on trouve que Goebbels s'est inquiété que les crimes contre ces soldats puissent être révélés au monde entier, et les Nazis ont monté une opération de propagande qui depuis a été reprise par le Pentagone et par des extrémistes de droite. Si pour vous la parole d'un fasciste est de la même valeur que celle d'un communiste européen, quelle que soit sa nationalité, c'est votre choix, mais il faut assumer cette folie. C'est l'Armée Rouge qui a libéré l'Europe en écrasant l'armée allemande, et dans la plupart des pays européens, la Résistance nationale a été communiste. Sans leur engagement, souvent leurs sacrifices, nous ne serions pas là à en parler, puisque les Nazis auraient liquidé nos grands-parents. Donc ce discours d'extrême-droite sur de prétendues totalitarismes équivalents, je lui envoie un bras d'honneur.

Je préviens d'emblée et d'entrée tous les manichéens et les simplistes que le fait de ne pas considérer et faire de Staline le "tyran" ou encore "le Mal" comme certains nous en font la propaganden ne revient pas à considérer qu'il était un ange. Ni le diable, ni un ange, mais un dirigeant extrêmement déterminé, qui a conduit son pays à la résistance contre le Nazisme et à la victoire. Après, à l'égard de ceux qui voulaient l'abattre, il fut impitoyable. C'est ce que j'expliquerai dans un texte à venir : quand Robespierre se laissait assassiner, Staline n'accepta jamais ce renoncement comme ce renoncement aux objectifs initiaux des Bolchéviks. 

07/01/2013, 23:32 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 21:58

@JCG.

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Je laisse tomber. Inutile de discuter. Bientôt vous me considérerez comme une Lepéniste car je ne suis pas favorable au communisme (je rappelle, pas ses belles idées, mais leur mise en pratique impossible du fait même de la nature humaine).

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Vous en êtes encore à la guerre froide, alors que l'ensemble de l'humanité est en danger. Le mur de Berlin est tombé, mais c'est très chaud côté ressources énergétiques, pour satisfaire 7 milliards qui se multiplient, consomment et polluent à vitesse grand V.

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Lourdingue.

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Embarrassé

08/01/2013, 07:41 | Par jcg en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 23:32

Votre dernier mot dit tout du niveau de votre apport à ce dialogue : lourdingue. On a quatre phrases, zéro argument. Oui, vous n'êtes pas favorable au communisme, et oui, comme vous d'autres, vous colportez des erreurs ou des mensonges sur le sujet. Je pense dans votre cas que c'est par profonde ignorance. Vous parlez d'un monde en danger, vous évoquez les difficultés démographiques et écologiques. Mais précisément QUEL PAYS a mis en place une RATIONALISATION de la production qui a généré une économie qui n'était ni de l'abondance de type capitaliste (et dire que certains le lui ont reproché était à la fois comique et tragique) ni de la pénurie ? L'URSS.

08/01/2013, 10:37 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de jcg le 08/01/2013 à 07:41

@JCG.

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Bonjour !

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Vous évoquez la réussite "verticalité du pouvoir" de Poutine et de ses siloviki ? Parce qu'un "système gagnant" c'est un système qui dure ...

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Il est certain qu'un pays 2 fois plus étendu que les USA et 31 fois plus vaste que la France ne se gère pas comme la Suisse (413 fois plus petite).

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Quant à la corruption ...

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Je n'ai rien de particulier contre la Russie / URSS, qui est un pays ni pire ni meilleur qu'un autre. Mais je suis sceptique quant aux enthousiasmes "inconditionnels" sur les hominidés.

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N'avez-vous jamais remarqué les différences entre les gens d'une même famille ? Par exemple, imaginez deux frères non jumeaux homozygotes (même éducation, même époque, même lieu originel de vie, génétique différente mais assez proche). Avec les mêmes biens matériels, l'un sera comblé et l'autre frustré, en éternel état de manque. C'est cela la nature humaine. Nous n'y pouvons rien, dans l'état actuel de nos connaissances scientifiques anthropologiques. Il faut trouver un juste équilibre, celui qui empêchera que les deux frères n'évoluent comme Caïn et Abel (c'est pas tout jeune, cette histoire ... ). On en est encore loin. Et plus nous serons nombreux, plus le problème sera crucial. Le reste n'est qu'épiphénomène.

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Sourire

08/01/2013, 01:38 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 21:58

Bravo, JCG, je pense comme vous et je vous trouve courageux d'écrire ce que vous écrivez.

08/01/2013, 23:25 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 21:21

Là, je pense vraiment que vous dites à peu près n'importe quoi, Agnès. Nous ne parlons pas de la même chose.... Je crois que je vous préfère quand même au clavecin !

09/01/2013, 08:12 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de grain de sel le 08/01/2013 à 23:25

@GRAIN DE SEL.

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Parce que les lois (la politique) ne doivent pas s'adapter à la nature humaine ? Un système politique éloigné des principales composantes humanistes est voué à l'échec (liberté et égalité, accès à l'autonomie m'allant mieux que fraternité, à laquelle je ne crois guère).

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D'où le grand intérêt actuel des recherches en anthropologie, avec support scientifique +++ de l'histoire mieux comprise de notre évolution passée, afin de mieux appréhender notre à venir.

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Tout ce petit développement pour tenter de vous expliquer que ni le communisme pur et dur, ni le capitalisme débridé ne sont compatibles avec l'épanouissement des humain-e-s.

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Pas vraiment hors sujet.

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Je suis allée ce soir à un débat sur le "mariage pour tous les couples", organisé par deux de nos députées. Très intéressant, mais que c'est passionnel ! J'essaierai de récupérer l'émission TV sur Guingouin.

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Je n'ai jamais joué de clavecin.  Qui dit n'importe quoi ?

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Innocent

N.B. Rajout : Je viens de voir le film sur Guingouin en vidéo sur mon ordinateur. Georges G et Charles de G: Tous les deux des grands. On a voulu les assassiner, forcément, parce qu'ils eurent le courage de dire NON. Film Ô combien utile. Franchement, je ne regrette pas mon abonnement à Médiapart.

08/01/2013, 23:22 | Par grain de sel en réponse au commentaire de WataYaga le 07/01/2013 à 22:51

Henri Rol-Tanguy s'était engagé volontaire dans les brigades internationales pendant la guerre d'Espagne, Wata. Un grand bonhomme, en effet. Il y a eu pas mal de documentaires pas trop mauvais sur lui, et aussi sur l'engagement de son épouse, Cécile, qui transportait des armes dans le landau de leur premier enfant... Mais lui, bien que communiste, n'a jamais vu son rôle dans la Résistance remis en cause, ensuite, à la Libération. Et il a même son avenue, à Paris, à côté de la place Denfert-Rochereau. Un des rares à être presque consensuellement reconnu. Avec Guy-Môquet, évidemment....

07/01/2013, 15:00 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 13:11

L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs...et, un peu, par les survivants.

07/01/2013, 19:56 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 07/01/2013 à 15:00

@GILBERT.

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Forcément, et en toute logique ...

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Sourire

07/01/2013, 15:31 | Par Frachon23 en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 13:11

Super d'accord !! JCG  bravo !! + 1000000000000000000000000000000000000

08/01/2013, 23:53 | Par grain de sel en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 13:11

@ JCG: + 100000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 !

Phagocitée par de Gaulle et les gaullistes et trucidée dans le dos non seulement par les résistants de la dernière heure mais aussi et surtout par les ex-vichystes que de Gaulle avait maintenus à des poste-clés police, justice, etc (comme on le voit dans le film, d'ailleurs) soi-disant pour préserver "l'unité" de la France.

09/01/2013, 00:23 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de grain de sel le 08/01/2013 à 23:53

@GRAIN DE SEL.

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Ben oui, entre Charles de Gaulle et Staline, le courant ne passait pas vraiment bien. Charles de Gaulle eut-il vraiment tort de se méfier ?

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D'ailleurs le grand Charles n'était pas vraiment atlantiste non plus.

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Qui a redonné l'espoir à quelques français-e-s abasourdi-e-s par la débandade de leur armée, un jour de 18 juin ? Un homme libre et indépendant.

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Sourire

09/01/2013, 07:49 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 09/01/2013 à 00:23

Bof ! Je ne sais pas ce qu'il défendait vraiment à part une certaine "idée de la france" plus fondée sur la "grandeur" de celle-ci que sur la défense des libertés individuelles... mais mettre un collaborateur zélé au ministère de l'intérieur et le lui lâcher les rênes pour lui permettre de continuer avec ses pratiques assassines ne présageait rien de bon. Et ce n'est pas un "détail" de l'histoire même scientifisée !

09/01/2013, 08:21 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de WataYaga le 09/01/2013 à 07:49

@WATAYAGA.

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En avant, et en gardant son idéal, au lieu de ressasser; quand il faudra re-résister, les circonstances seront différentes, mais l'appel au courage et à la non-résignation restera le même.

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Personne n'est parfait; au soir d'une vie humaine, il faut privilégier le bon, quand le mauvais fut moindre.

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L'anticommunisme primaire est aussi stupide que l'antigaullisme allergique.

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Sourire

10/01/2013, 17:41 | Par millepertuis en réponse au commentaire de jcg le 07/01/2013 à 13:11

+ 1000 pour JCG ci-dessus

07/01/2013, 13:39 | Par Francedembat

Merci de nous faire découvrir cette page d'histoire de France comtemporaine. La Résistance est toujours d'actualité.

07/01/2013, 16:46 | Par Jérôme Soldeville

Merci du fond du coeur à Edwy Plenel pour cet hommage qui répare un peu une des plus grandes injustices de notre histoire contemporaine ! En 2005, lors du décès du colonel, nous avons été nombreux à ne pas comprendre le silence de Chirac : quand la République se décidera-t-elle enfin à rendre à Georges Guingouin  les honneurs qu'il mérite ?

07/01/2013, 13:55 | Par bgeo

Bravo et merci pour enfin faire un film sur Georges Guinguoin. Aujourd'hui, RESISTER dans la guerre économique que nous mène le libéralisme mondialisé avec leur alliés en France (UMP, FN, PS, MODEM...) c'est soutenir ceux qui RESISTENT, c'est dire le FDG. Si en 1940 on avait dit que les nazis perdraient la guerre et bien on se serait fait traiter de fou.

07/01/2013, 14:29 | Par Annie Madarasz-Bauchet

Je ne connaissais pas Georges Guingouin, je regarderai demain le documentaire sur lui. Merci à Médiapart de nous informer sur un tel homme.

07/01/2013, 14:39 | Par Philips Michel

Mr Plenel,

On n'est jamais si bien planté sur ses deux jambes que lorsque l'on se réfère à des modèles tel que celui de Goerges Guigouin, n'est ce pas ? C'est cette sorte de personne qui vous donne de la force et le courage de continuer.

Merci et bien à vous

07/01/2013, 15:07 | Par Jean-Claude POTTIER

Certes, certes... A travers ce héros méconnu/inconnu, il importe de rendre hommage à la Résistance, aux résistants, à tous les résistants. Ceux des réseaux et ceux des maquis.

Car qu'on le veuille ou non ils ont été les grands oubliés de l'Histoire, ce qui est méprisable.

Combien de noms sont-ils restés anonymes parmi ceux qui sont sortis du silence? Combien de morts sacrifiés pour que vive la France enfin libérée?

Je rends hommage aux résistants communistes et au Parti Communiste, seul parti engagé en tant que tel dans la Résistance. En France, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Grèce, en Yougoslavie et partout ailleurs.

07/01/2013, 15:19 | Par JoëlMartin

08/01/2013, 23:38 | Par FrE en réponse au commentaire de JoëlMartin le 07/01/2013 à 15:19

Bouquin intéressant, certes, mais quand on apprend que Taubmann est également l'hagiographe officiel de DSK, on se met à douter de tout ce qu'il a écrit sur Guingouin.

07/01/2013, 15:51 | Par Danyves

"georges guingouin" livres français sur  amazon.fr

09/01/2013, 10:09 | Par FrE en réponse au commentaire de Danyves le 07/01/2013 à 15:51

Je boycotte personnellement Amazon depuis que j'ai appris – grâce à Médiapart – les bénéfices colossaux que le groupe réalisait tout en ne payant quasiment pas d'impôts grâce à une efficace politique d' "optimisation fiscale" et je me demande s'il ne serait pas bon qu'Avaaz lance une pétition à ce propos...

07/01/2013, 17:55 | Par jamesinparis

Un homme dont le ressort n’était pas de l’ordre du pouvoir mais de celui de l’idéal. L’un de ces imprudents qui, devant l’événement, ses défis et ses paris, choisissent d’inventer le chemin inconnu que leur dicte leur conscience plutôt que d’arpenter les routes trop fréquentées des calculs, des renoncements et des carrières.

"l’épreuve passée, c’est le temps des habiles et la revanche de ceux qui manquèrent de courage."

Georges Guingouin se souviendra de son passage sur Terre.

Comme beaucoup de français, j'ignorais jusqu'à son existence. Merci de nous rappeler à notre devoir de lucidité.

On est effectivement loin des cliniques d'implants capillaires et des comptes offshore de la France des habiles.

07/01/2013, 16:14 | Par Graphisto

J'avais lu et entendu des entretiens et des articles sur Georges Guingouin et son courage, et puis toutes les injustices et les salopards qui l'avaient calomniés ; merci pour ce rappel, on a jamais parlé autant de mémoire nécessaire, mais on en a jamais eu aussi peu, semble-t-il.

07/01/2013, 16:33 | Par dominique gautier

S'il fut le premier résistant, en fait, peu de résistants de la première heure auront survécu pourchassés par l'occupant et les collaborateurs pendant de longues années. Lui si, grâce à son intelligence aigüe, au sens de l'organisation et de la tactique hors pair qui lui sont reconnus. Cet hommage est plus que mérité. Merci de nous avoir signalé cette soirée.

Pour ceux que l'histoire de Georges Guingouin intéresse, pour en savoir plus :

"Chronique de la résistance" par Alain Guérin ed Omnibus et Histoire générale de la résistance Française par Dominique Lormier Ed Lucien Souny

 

 

 

07/01/2013, 17:16 | Par Pierro Juillot

Ravi de vous revoir Gilbert Pouillart.

Et oui, aujourd'hui Landais depuis quelques 15 années à peu près..., hier je suis resté à Marseille quelque 3 années à plonger avec les girelles, avant hier quelques 7 années à user mes "chooses" dans les métros Parisiens..., à casser mon dos sur les chantiers BTP, et à pioncer dans les dortoirs d'Ivry sur Seine..., et je n'ai pu et ne peux toujours pas m'empêcher de revenir au source..., à Brive la Gaillarde, au fameux et savoureux "marché de Brive la Gaillarde". Je ne connais Tarnac que par la triste publicité fait par ces médias de "messe" et cette affaire montée de toute pièce par l'ex mauvais perdant du trône de l’Élysée...!

@ Sébastien Cosset,

Je connais un peu le petit village de Juillac..., mais pour trouver l'origine étymologique du nom Juillot et pour savoir s'il existe une relation entre ces deux..., l'arbre généalogique paternel n'a pas été capable de remonter jusqu'à une source pouvant expliquer éventuellement cette relation... Mais rien n'est à exclure bien sur...!

07/01/2013, 17:49 | Par Hélène Passtoors

Merci, Edwy Plenel, pour ce bel hommage et de nous signaler ce film que je regarderai avec beaucoup d'émoi et sûrement enregistrerai pour le revoir plusiers fois. 

07/01/2013, 17:51 | Par Hélène Passtoors

J'oublie encore: En souvenir des résistances à venir... quel magnifique titre!!

07/01/2013, 19:19 | Par Lina Cabasso

Je ne manquerai pas de regarder ce film d'autant plus que je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler de ce résistant.

 

Merci pour toutes les informations que je découvre dans votre media.

07/01/2013, 19:22 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Lina Cabasso le 07/01/2013 à 19:19

Ni de celui-là ni de beaucoup d'autres et dont on ne parlera jamais.

Et d'ailleurs, pourquoi lui et pas les autres?

07/01/2013, 19:27 | Par Jean-Claude POTTIER

Et c'est du reste ça, la télé. Tu crois que ça parle de ça? Eh bin, non, y a un truc tordu dessous. Du genre : Guingouin? Lui, c'était un vrai communiste, lui...

07/01/2013, 19:54 | Par jamesinparis

A quand une Place Georges Guingouin à Paris ?

07/01/2013, 20:00 | Par WataYaga en réponse au commentaire de jamesinparis le 07/01/2013 à 19:54

Une pétition à qui de droit ? Rigolant

08/01/2013, 13:08 | Par Pressou en réponse au commentaire de jamesinparis le 07/01/2013 à 19:54

Quand je vois qu'à Limoges on a donné son nom à une rue sinistre, sans habitation, en zone industrielle nord... je me dis qu'il y a encore du travail à faire ! En revanche ses détracteurs ont été bien servis à l'instar de Jean Le BAIL, qui lui, a une rue, un gymase et une école à LIMOGES

07/01/2013, 20:14 | Par Phylloscopus

On peut supposer que c'était pas la première fois, mais ça n'a pas été non plus dernière et c'est bien toujours pareil, ceux qui se battent sur le terrain seront bientôt remplacés par les planqués de Vichy, de Londres, de Moscou, de Tunis, de Ryad…

07/01/2013, 20:20 | Par jacqueline chaisaz

Merci  Mr Plenel pour cet article .Je vais de ce pas regarder la 3 .

Fille de résistant, mort au combat, je fais un clin d'oeil à "Grain de sel" car c'était aussi dans le Maine et Loire où les volontaires étaient moins nombreux que dans le Limousin et cibles de la vindicte cléricale. Aprés la guerre , ma mére, sans revenus pour élever 2 enfants en attendant le versement des pensions de veuve de guerre a postulé pour être gardienne à la mairie; elle était la seule postulante, le curé du village est venu la voir pour lui signifier quu'elle aurait le poste si elle envoyait ses enfants au cathéchisme. Ma mère a refusé pour respecter la mémoire de mon pére. Conclusion: elle n'a pas eu le poste et a du trimer pour élever ses enfants.

08/01/2013, 23:14 | Par grain de sel en réponse au commentaire de jacqueline chaisaz le 07/01/2013 à 20:20

Clin d'œil reçu, Jacqueline ! Peut-être se sont-ils connus ? Le mien est mort en 1966, à 46 ans. Jamais vraiment remis des camps où il avait été interné...

Amicalement

GdS

07/01/2013, 20:32 | Par WataYaga en réponse au commentaire de jamesinparis le 07/01/2013 à 20:26

Merci pour ce lien !

07/01/2013, 22:09 | Par Jean Bachèlerie

Corrézien, j’ai appris l’histoire de Guingouin qui est reconnu par les résistants de toutes les tendances. Guingouin, le préfet du maquis, l’instituteur colonel, était un homme de conviction, un intellectuel meneur d’homme, qui ne transigeait pas avec les valeurs au nom desquelles il combattait. C’est la raison pour laquelle il a été abandonné par certains, critiqué par d’autres et poursuivi par les habiles, à qui il avait fait peur, ces habiles pétainistes jusqu’en 1944 pour certains, avait peur de l’homme qui s’était battu pour changer la vie dans ce pays.

Rien n’a changé chez les hommes publics ou les hommes tout simplement, se rangent en deux catégories ceux qui font passer leur idéal, l’intérêt du pays, l’intérêt général, l’intérêt du plus grand nombre, ceux qui ont une vision de l’avenir, qui passe avant leur goût du pouvoir, leurs ambitions, leur esprit de calcul. Aujourd’hui peu d’hommes politiques osent simplement être autre chose qu’un habile…gestionnaire. Ce sont les hommes politiques de la deuxième catégorie, ceux qui font de la politique pour satisfaire leur goût du pouvoir et se mettre au service des intérêts dominants, qui nage avec le courant dominant en s’excusant de ne pouvoir faire plus. Ils ont réussi, ils sont les pères Queuille de la V° république. Il ne faut rien attendre de ceux-là, pire aujourd’hui ils prétendent qu’il n’y a pas d’autre politique.

C’est le chemin pris par la sociale démocratie européenne, usée par le pouvoir, par les ambitions des uns et des autres, l'arrivisme de dirigeants qui veulent faire partie de l'élite dominante. La sociale démocratie européenne est malade de son vide intellectuel, de son renoncement à améliorer le sort des salariés. Elle est devenue le Parti radical, qui fut l’un des partis dominant la III république, qui se délita dès les années trente incapables de faire face à la crise.*

La gauche sociale démocrate  est en crise ne nous leurrons pas, la victoire de François Hollande risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus. Ce n’est pas une victoire de la gauche mais du centre gauche, qui déteste la gauche et les hommes qui comme Guingouin t mus par un autre idéel que l’exercice du pouvoir, que celui du pouvoir et de l’argent, car aujourd’hui les dirigeants du PS sont plus nombreux à payer l’impôt sur la fortune , que les militants ouvriers au PS . ils sont désireux de faire partie de l’élite dominante à n’importe quel prix plutôt que , que de se battre pour leurs électeurs. Tous les jours qui passent nous apportent la preuve que nous manquons d’homme comme Guingouin.

Regardons ce téléfilm et nous réaliserons ce qu’est le courage, ce qu’est être un homme, un vrai. Nous réaliserons aussi combien les habiles peuvent détester et faire aux hommes le fait d’avoir eu raison très tôt.Guingouin a payé le prix  son engagement pour une rénovation profonde du pays à la libération.

07/01/2013, 22:20 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Jean Bachèlerie le 07/01/2013 à 22:09

En même temps, mon père fut maquisard au maquis FFI de Camps en Corrèze, a participé à la libération de Brive puis a été incorporé dans une compagnie de Zouaves jusqu'au-delà du Rhin.

Et sur sa tombe, il n'y a rien qui l'indique.

 

08/01/2013, 23:11 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 07/01/2013 à 22:20

Faites le graver... Pourquoi pas ?

09/01/2013, 00:41 | Par Jean Bachèlerie en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 07/01/2013 à 22:20

Mon grand père fut résistant dans le Cantal, policier résistant, il n'a jamais obtenu la moindre reconnaissance: ni légion d'honneur, alors qu'avec mon oncle, ils ont risqué leurs vies, affronté la milice lors d'une altercation, la milice venue pour l'arrêter, échoua, les voisins ayant encerclé les miliciens, et mon oncle désarmant le plus menaçant! C'était au lendemain du débarquement!

Il est exact que les vrais résistants ont rarement été honoré, le film sur Guingouin montre comment d'authentiques collabos ont su se reclasser avec les complicités de leur administration en l'occurence:la police!

C'est en cela que le telefilm sur Gingouin est exemplaire.

07/01/2013, 23:43 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Jean Bachèlerie le 07/01/2013 à 22:09

@JEAN BACHELERIE.

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meneur d’homme

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Cette expression me plaît bien. Sur ce site, dans ce club, chez certain-e-s, cela provoque un état de mal asthmatique ...

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Sourire

08/01/2013, 07:54 | Par Jean-Yves Cognac en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 23:43

Taratata Agnès Gouinguenet, ce n'est pas l'expression bien connue "meneur d'hommes" qui fait tousser quelques abonnés sur ce site mais l'expression "chef d'humains" que vous avez employée et qui ne veut pas dire du tout la même chose.

Evitez de travestir ou de distordre la réalité pour l'ajuster à vos fantasmes Agnès Gouinguenet, ça nous changera Rigolant !!! 

08/01/2013, 10:45 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Jean-Yves Cognac le 08/01/2013 à 07:54

@JYC.

-

Aurais-je tapé dans le mille ? Si vous réagissez, c'est que oui. Vous me suivez à la trace ? C'est trop d'honneur pour moi ...

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Sans fantasme, point de vie poétique. Quelle erreur de jugement anthropologique !

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Sourire

08/01/2013, 14:39 | Par Jean-Yves Cognac en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 08/01/2013 à 10:45

Vous avez surtout tapé à côté avec votre comparaison plus que malheureuse entre 2 expressions qui ne veulent pas du tout dire la même chose ma bonne Agnès Gouinguenet.

Et rassurez vous, je ne vous suis pas à la trace mais je lis les articles ou billets de blogs qui m'intéressent ma bonne Agnès Gouinguenet vu que je suis également abonné à Médiapart donc il n'y a pas bien de surprises à s'y retrouver.

Et comme je lis également les fils de commentaires qui m'intéressent, je réagis quand je lis une connerie ou une approximation, ce qui vous arrive ma foi assez souvent donc ne fantasmez pas trop, même et surtout anthropologiquement, en imaginant que je vous poursuivrais de mes assiduités, ma bonne Agnès Gouinguenet, on est assez loin du compte Rigolant !!!

08/01/2013, 15:02 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Jean-Yves Cognac le 08/01/2013 à 14:39

@JYC.

-

Vous m'avez menacé de me faire du rentre dedans. Virtuellement, pour un homme, c'est assez facile; mais dans la réalité ?

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Il vous faut être particulièrement "affûté".

-

Pardon à notre hôte pour cette dérive fâcheuse.

-

Je laisse donc le dernier mot à Monsieur le CONCOMBRE MASQUE.

-

Sourire

09/01/2013, 07:52 | Par Jean-Yves Cognac en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 08/01/2013 à 15:02

Et je le prends bien volontiers ce dernier mot ma bonne Agnès Gouinguenet, merci...

"Le Concombre Masqué ?

Mais ça, c'était avant !!!" Rigolant

Bien que je ne renie en rien ma période concombresque, bien au contraire !!!

"Vous m'avez menacé de me faire du rentre dedans."

Et encore une approximation fantasmatique ma bonne Agnès Gouinguenet car en fait j'ai écrit que je vous rentrerai dedans à l'occasion ce qui ne veut absolument pas dire la même chose que "faire du rentre-dedans" Rigolant !!!

Ahlala, ces fantasmes !!!

Quant à être "affuté", il faut en effet l'être en termes rugbystiques, car ça signifie être en forme physique dans le jargon sportif, pour bien "rentrer dedans" ses adversaires mais ce n'est pas une obligation pour faire du "rentre-dedans" aux supportrices Rigolant, activité qui ne demande pas une forme physique particulière !!!

Merci encore pour "le dernier mot" ma bonne Agnès Gouinguenet Rigolant !!!

10/01/2013, 17:39 | Par millepertuis en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 07/01/2013 à 23:43

On ne dirait pas plutôt hommes au pluriel dans ce cas-là ?

10/01/2013, 23:31 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de millepertuis le 10/01/2013 à 17:39

@MILLEPERTUIS.

-

Peu importe vraiment  ...

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Meneur d'hommes, chef d'hommes, réveilleur de valeurs humaines. Capitaine exigeant.

-

De tout genre.

-

Sourire

08/01/2013, 12:04 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Jean Bachèlerie le 07/01/2013 à 22:09

Demandez-vous quelle classe sociale pouvait bien FORCER les jeunes à crier "Nos retraites ! nos retraites !" en 2010..... et qui engueulait les jeunes qui voulaient virer Sarkozy.... et qui se seraient battu en faveur d'un gouvernement révolutionnaire qui aurait solutionné la question du chômage et de la misère...
Vous écrivez :

La gauche sociale démocrate  est en crise ne nous leurrons pas, la victoire de François Hollande risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus. Ce n’est pas une victoire de la gauche mais du centre gauche, qui déteste la gauche et les hommes qui comme Guingouin t mus par un autre idéel que l’exercice du pouvoir, que celui du pouvoir et de l’argent, car aujourd’hui les dirigeants du PS sont plus nombreux à payer l’impôt sur la fortune , que les militants ouvriers au PS . ils sont désireux de faire partie de l’élite dominante à n’importe quel prix plutôt que , que de se battre pour leurs électeurs. Tous les jours qui passent nous apportent la preuve que nous manquons d’homme comme Guingouin.

.... Georges Guingouin était l'émation d'une proto-formoisie jeune et d'un formariat qui ne pouvait aspirer à consommer PLUS que le PIB moyen mondial.
Le film "Nos résistances" (d'après des faits réels) montrait bien cette composition très jeune de la résistance.
Cela aussi est une preuve de la LUTTE DES STRATES !
Les plus âgés avaient été corrompus par les acquis de 36, démoralisés par leur perte et avaient laissé dans l'abandon les Espagnols !

07/01/2013, 22:45 | Par nopasaran36

merci  de ce rappel  en ces temps où l'histoire a si mauvais presse

Bien à vous 

FV

07/01/2013, 23:05 | Par Dimitri Latsis

On n'était pas nombreux à réagir à l'annonce de la mort de Georges Guingouin le 27 octobre 2005. Merci à Edwy Plenel. Les raisons sont expliquées par JCG plus haut (JCG, 07/01/2013, 13:11).

J'écrivais dans mon blog en novembre 2005 au milieu du désert :

Georges Guingouin (1913 - 27.10.2005) n’est plus. Un héros de la Résistance. Le “Préfet du maquis”, libérateur de Limoges. Une grande figure de la résistance populaire. Enfant du peuple, instituteur, hussard de la République. Un communiste conséquent qui s’en va et avec lui un morceau de la France qu’on aime.

Il est parti le jour du soulèvement des quartiers populaires.

* * *

Marc Bloch dans L’étrange défaite (1940) écrira : « Nous n’avons pas osé être, sur la place publique, la voix qui crie dans le désert. ». Il a essayé d'expliquer les causes du silence des intellectuels lors de la montée du fascisme.

Et l’échec du communisme, vous qui étiez proche de ce mouvement, ça vous inspire quoi ? « Ce n’est pas l’échec du communisme. C’est l’échec de salauds qu’on a pris pour des communistes ! », dira Jean-Luc Godard.

 

07/01/2013, 23:06 | Par Henry Moreigne

Merci Edwy de saluer la mémoire de ce grand homme. Rien ne serait pire que l'oubli.

HM

08/01/2013, 01:03 | Par LEILA BENHIMA

J'espère que ce film passera en replay...

08/01/2013, 04:24 | Par Jean-Claude POTTIER

Vive le 70e anniversaire de l’Appel des communistes à résister !

Il y a 70 ans, le 10 juillet 1940 la bourgeoisie française et ses partis politiques (de l’extrême droite à    la SFIO (PS)) profitaient de la défaite militaire qu’ils avaient organisée et souhaitée face à l’Allemagne nazie, pour se débarrasser de la forme républicaine    parlementaire de sa domination de classe et instaurer un régime fasciste sous la direction de Pétain, Weygand et Laval sous la surveillance et la protection du régime hitlérien. C’était la mise    en œuvre du « Plutôt Hitler que le Front Populaire » qu’avaient martelé les porte-parole de l’oligarchie financière depuis 1936. C’était la suite logique de la politique d’abandon de la    République espagnole face à l’agression fasciste des franquistes soutenus par Berlin et Rome, du refus d’une alliance militaire avec l’URSS, des accords de    Munich, de la « drôle de guerre », de la revanche sur le Front Populaire et ses conquêtes sociales.

C’est dans ces conditions que le Parti communiste, presse interdite depuis le 25 août 1939, lui-même    interdit un mois plus tard, dont les militants étaient pourchassés férocement depuis 1938 et menacés depuis le 9 avril 1940 de la peine de mort pour une simple distribution de tract par le décret    pris par le socialiste Sérol, lançait un Appel au Peuple de France, signé par Maurice Thorez et Jacques Duclos. Ce fut son appel à la résister, à refuser la situation, à ne pas perdre espoir. Il    y était dénoncé les responsables de la catastrophe où se trouvait plongé le peuple et la classe ouvrière, leur trahison. Il rappelait le combat des communistes pour une paix véritable, c’est à    dire antifasciste, dénonçant la « drôle de guerre » qui avait servi de prétexte à la répression contre la classe ouvrière et ses organisations. Il mettait ainsi en lumière le caractère de classe    de la trahison de la nation par la bourgeoisie, dans la lignée de celle de l’aristocratie pendant la Révolution française, et de la bourgeoisie pendant la guerre de 1870-1871, qui lui avait    permis d’écraser la Commune de Paris. Maurice Thorez et Jacques Duclos réaffirmaient la confiance des communistes dans le peuple travailleur et leur certitude    que c’était par sa lutte que le pays pourrait se relever, se débarrasser de l’occupation étrangère et du  fascisme. C’est cela qu’exprimait le mot d’ordre « Jamais un grand peuple comme le    nôtre ne sera un peuple d’esclaves ». L’Appel demandait que se constitue autour de la classe ouvrière « le front de la liberté, de l’indépendance et de la    renaissance de la France ». Un programme démocratique antimonopoliste était esquissé, qui devait se concrétiser en 1944 par le programme du Conseil National de la Résistance. Le Parti Communiste    réaffirmait son internationalisme, et notamment son soutient à la politique de l’Union soviétique. L’Appel se terminait par la volonté de lutter pour le renversement du gouvernement de Vichy,    pour la mise en place d’un gouvernement de la Renaissance Nationale, anticapitaliste.

 

Ce texte historique fait l’objet d’attaques anticommuniste frénétiques dans la logique des calomnies    anticommunistes qui prétendent que les communistes ne seraient entrés dans la résistance qu’après le 21 juin 1941.

Il est du devoir des communistes de faire front et de faire connaître la vérité historique : c’est sur la base de    l’Appel du 10 juillet que le PCF clandestin a reconstitué ses rangs ; que les militants ont ramassé les armes abandonnées par les capitulards ; qu’a été créée l’Organisation Spéciale,    embryon des FTP, à l’automne 1941 ; que les militants communistes ont reconstitué la CGT clandestine ; que s’est crée le Front National ; que la grande grève des    mineurs du Nord/Pas de Calais du printemps 1941 s’est déclenchée, dans un contexte de chasse aux communistes menés conjointement par l’occupant et la police de Vichy à son service. Il ne s’agit    pas que de vérité historique au sens académique : derrière les campagnes anticommunistes et antisoviétiques sur  cette période on veut délégitimer le mouvement communiste et le mouvement    ouvrier révolutionnaire pour permettre de le criminaliser et réhabiliter le fascisme, cette forme monstrueuse de la domination du Capital sur la société. Lutter contre les campagnes    anticommunistes c’est donc s’opposer au rapport Lindblatt, aux votes du Conseil de l’Europe réclamant un procès contre le communisme, aux politiques  anti-communistes qui en Pologne et en    Hongrie prétendent interdire les symboles communistes, réhabilitent les fascistes dans les Pays Baltes, en Roumanie, en Slovaquie, en Ukraine avant de pouvoir le faire chez nous et tentent    d’interdire la Jeunesse Communiste en Tchécoslovaquie. Mais l’accentuation de la campagne anti-communiste sur les questions de la Seconde Guerre Mondiale répond aussi, pour l’oligarchie    financière, au dessein de balayer l’ensemble des acquis sociaux obtenus de haute lutte par la classe ouvrière notamment à la suite de 1936 et de la Résistance. Comme l’écrivait l’ancien vice    président du MEDEF Denis Kessler :

 

« Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la    Résistance !...

 

Georges Gastaud, PRCF (extrait)

08/01/2013, 05:28 | Par François Delpla


L’Appel demandait que se constitue autour de la classe ouvrière « le front de la liberté, de l’indépendance et de la   renaissance de la France ». 

Pas tout à fait. Il définissait, pour un futur on ne peut plus vague, ses conditions de possibilité :

Qui peut relever la France ? C'est la question qui se pose. Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France ; ils ne sont bons qu'à la trahir et à la vendre. Ce n'est pas dans les milieux corrompus du capitalisme que peuvent se trouver les éléments de la renaissance nationale. C'est dans le Peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c'est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, parce que l'avenir lui appartient ; c'est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti Communiste, Parti de propreté, d'honneur et d'héroïsme, que peut se constituer LE FRONT DE LA LIBERTÉ, DE L'INDÉPENDANCE ET DE LA RENAISSANCE DE LA FRANCE...


Cet appel n'appelait pas à la résistance sur le sol national, et encore moins étranger, contre l'occupation de la France par l'Allemagne. J'ajouterai même qu'il n'avait pas à le faire et que ce n'est pas là que le bât blesse. Hitler ayant battu la France à plate couture, Staline avait tout lieu de craindre d'être le prochain sur la liste et l'était -la prétendue bataille d'Angleterre étant gonflée par la propagande des deux côtés. Le parti qui défendait l'URSS, et dépendait d'elle, était le plus fondé de tous à faire attention et à pratiquer au moins verbalement l'attentisme, pour ne pas offrir à l'Allemagne un prétexte trop facile d'agression.

 

Hé oui c'est complexe ! Mais ce n'est pas une raison pour arranger les textes ou les lire avec des lunettes politiques postérieures. Il n'y avait un boulevard bien clair et bien tracé (mais semé d'embûches), que pour Churchill, vigie antinazie conséquente depuis 1930 -c'est-à-dire prônant un regroupement avec l'URSS, qu'il haïssait, plutôt que de laisser les mains libres à un fou en Allemagne. Tous les partis, en Occident, y compris le parti conservateur anglais dont Churchill était un membre solitaire, étaient tombés au moins une fois dans la honte d'avoir signé quelque chose avec un agresseur décidé et dissimulant ses intentions sous des flots de bonnes paroles.

08/01/2013, 11:50 | Par Claude ROGER en réponse au commentaire de François Delpla le 08/01/2013 à 05:28

@François Delpla

vous avez tt à fait raison: l'appel proclamait la solidarité avec l'URSS, or celle-ci était alliée de Hitler jusqu'à l'attaque surprise des nazis.

Ce n'était donc PAS un appel à la résistance!!

Il faut rappeler contre les bobards de tous les Gastaut, et du PRCF: la désertion de Thorez, la provocation de Bonte au parlement qui amena Daladier à interdire le PC (d'où la prétendue 'chasse aux communistes' en 39-40//sous Vichy c'était une TOUTE AUTRE histoire), rappeler aussi les sabotages contre les usines d'armement , etc...

Cela n'enlève rien au courage des quelques communistes, dont Guingouin est le plus notoire (aussi Tillon) qui ont effectivement résisté dès 40, malgré les consignes des Duclos et consorts!

(remarque: je ne sais pas si Guingouin était un 'vrai' communiste, je ne suis pas compétent pour ce genre de brevet!!Clin d'œil)

Quant au programme du CNR dont on nous parle bcp, il a été élaboré en commun entre PC,SFIO et démo-chrétiens: c'est un programme typiquement SOCIAL-DEMOCRATE!! (eh oui, réfléchissez un peu...)

08/01/2013, 13:12 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Claude ROGER le 08/01/2013 à 11:50

Parce que là vous faîtes... de l'Histoire?

Ce que vous écrivez est honteux et criminel. L'URSS était l'alliée de Hitler? Vous vous êtes renseigné ou vous vous êtes resté à la SFIO?

Les communistes allemands n'étaient-ils pas arrêtés depuis 33? Que se passait-il en Europe, pourquoi n'évoquez-vous pas la dictature fasciste, la répression franquiste, les régimes pro-nazis d'Europe de l'Est?

Et vous croyez que Thorez/Duclos/Staline n'analysaient pas tout ça? Ils n'avaient pas pris connaissance de Mein Kampf, de l'anticommunisme, de l'antisoviétisme? Et vous considérez que l'invasion de l'URSS par les nazis est une... SURPRISE?????

 

Et vous croyez, vous, qu'entrer dans la clandestinité est chose aisée? Dans la Résistance aussi?

C'est l'URSS qui a écrasé seule, au prix de 21 à 27 millions de morts, l'Allemagne nazie quand la France collaborait et livrait les communistes mais aussi les Juifs à Hitler.

Quel parti en France et en tant que tel est entré dans la Résistance? La SFIO? 70 ans plus tard, les chacals sont restés chacals.

08/01/2013, 14:08 | Par Claude ROGER en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 08/01/2013 à 13:12

Pacte Hitler -Staline: annexion des Pays Baltes, aggression contre la Finlande, honteux partage de la Pologne; ils étaient bel et bien alliés, télégramme de félicitations de Molotov à Hitler qd la Fr a signé l'armistice; en 41 l'aggression nazie a été largement facilitée par l'incompétence scandaleuse de certains membres du haut commandement de l'Armée Rouge (Boudionny et surtout Vorochilov)suite aux purges, alors que la propagande officielle prétend que c'était pour se "préparer" que le fameux pacte a été signé...

Les communistes allemands: la direction du KPD (Thaelmann, Ulbricht,Pieck et qqs autres..) était sur la ligne "plutôt Hitler que les sociaux-traitres", des militants ont été livrés par Hitler à Staline, les autres....

La désertion de Thorez est un fait établi, et même revendiqué par certains.;;

on trouve qqs perles sur ce fil

""Certains "goulags", ni plus ni moins que des prisons, avaient des jardins et des bibliothèques "".(Certains camps nazis aussi)

 

."" On nous parle de Katyn par exemple mais pourquoi les cadavres des officiers polonais qui ont été retrouvés étaient accompagnés de balles allemandes ?""

Il y a encore en 2012 des négationnistes de Katyn, alors que Eltsine et mm Poutine l'ont reconnu (enfin, si ça vient des gens du PRCF, rien ne m'étonne!!)

Remarque: je n'ai jamais été à la SFIO, ni au PS

08/01/2013, 15:22 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Claude ROGER le 08/01/2013 à 14:08

Refrain anticommuniste classique.

On finirait par oublier que Luxembourg et Liebnecht ont été fusillés, la révolution allemande réprimée par les socialistes, les résistants communistes arrêtés, torturés, exécutés, sans oublier les communistes de tous les pays et de tous les continents qui ont subi le même sort. On finirait par oublier la guerre de Corée, du Vietnam, de toutes les dictatures. Et on finirait par ne se souvenir que de Joseph Staline, le grand criminel de l'Histoire.

08/01/2013, 17:47 | Par François Delpla en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 08/01/2013 à 15:22

Que d'excès et d'approximations des deux côtés !

 

Appeler "alliance" le pacte germano-soviétique, c'est le meilleur moyen de se faire recaler à un examen... à moins que l'examinateur n'ait lui aussi sa dose !

09/01/2013, 10:07 | Par Claude ROGER en réponse au commentaire de François Delpla le 08/01/2013 à 17:47

 

@DELPLA    OK, il n'y avait pas alliance, seulement complicité objective, qui a permis l'aggression contre la Finlande, l'annexion des Baltes, et le partage de la Pologne...et Katyn!! (bis repetita, mais il faut le dire..)

Quant au fameux appel de juillet 40 cité par Gastaud, il s'agit d'un FAUX, réalisé après coup par Duclos pour faire oublier ses errements(là je suis modéré!!) de l'été 40.Le téléfilm d'hier le rappelait; pour celles et ceux que cela intéresse, des copies des exemplaires de l'Humanité clandestine de l'époque sont disponibles dans certaines archives historiques .

Le téléfilm était passionnant mais on peut regretter qu'il ne montre pas ou à peine les + gds succès de la brigade de Guingouin:

-la destruction de la fameuse usine d'Aixe sur Vienne

-Le refus du combat lorsque c'était nécessaire (la "tenaille de la Wehrmacht" se refermant sur du vide)

-La bataille du Mt Gargan évoquée au début qui a retardé suffisamment la division WaffenSS arrivée trop tard en Normandie (ce qui a valu à Guingouin les décorations US et GB)

Si qqn connait la question mieux que moi, je serais intéressé.

Bonne journée

CR

 

09/01/2013, 13:55 | Par Ivan Villa en réponse au commentaire de Claude ROGER le 09/01/2013 à 10:07

Les staliniens (d'hier et de 2013) ainsi que les petits falsificateurs ridicules de l'histoire... à la lanterne !

09/01/2013, 20:36 | Par Dimitri Latsis en réponse au commentaire de Claude ROGER le 09/01/2013 à 10:07

Le 21 juillet 1939 L.-F. Céline dans un article dans Je suis partout attaque le journal l’Humanité.

Le 26 août 1939 l’Humanité est saisie alors qu’il titre « Union de la nation française contre l’agresseur hitlérien » Voir le numéro saisi à

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k407915r.langFR

Les sociaux-démocrates et radicaux impulsent les mesures anticommunistes. Leur théoricien, le professeur L. Zoretti (deuxième à X, premier à l’ENS-ULM, premier à l’agrégation de maths, professeur de mécanique à l’université de Caen) exprime leur position : « Abattre Hitler ne servirait à rien si, le régime nazi disparu, le régime stalinien restait debout et menaçant (..) N’importe quel régime nous semble préférable au régime révolutionnaire stalinien ».

Le 26 septembre 1939 le parti communiste français est interdit par le radical Daladier (premier à l’agrégation d’histoire). Les députés communistes sont arrêtés et ses militants sont pourchassés et enfermés dans des camps.

Le 9 avril 1940, le socialiste Albert Sérol, ministre socialiste de la Justice fait voter un décret-loi « assimilant l’activité communiste à une activité de trahison passible de la peine de mort ».

Le 10 juillet 1940 les élus socialistes et radicaux issus du front populaire, libérés de la pression communiste, et la droite réunis votent les pleins pouvoirs à Pétain. Tous les préfets de gauche (sauf un) nommés par le gouvernement Blum jurent fidélité au Maréchal.

* * *

L'article de l'Humanité du 26 août 1939 saisie concluait :

L’heure est à l’union des Français. Si Hitler ose le geste qu’il médite les communistes français, qui n’ont cessé de proclamer que la paix était indivisible et qui n’ont cessé de préconiser la fermeté contre toute agression fasciste, seront au premier rang des défenseurs de l’indépendance des peuples, de la démocratie et de la France républicaine menacée. Ils représentent on ne peut pas ne pas en tenir compte une force humaine, matérielle et morale, considérable, prête à remplit ses obligations et à tenir ses engagements.

* * *

L'Humanité clandestine peut être consultée sur

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb42456522m/date

 

08/01/2013, 06:12 | Par Marielle Billy

Je regarderai ce soir la 3 : grand merci Edwy Plenel !

J'ai connu G. Guingouin par la peinture, celle de Paul Rebeyrolle dont je suis une inconditionnelle ; je l'ai évoqué dans un ou deux billets ! L'art mène à tout, et en particulier à ces paroles singulières qui longtemps résonnent dans le désert : cet art puissant trempe son pinceau dans le grand mélange - homme, nature, politique -

Le cyclope, Paul Rebeyrolle (peinture sur bois 530 cms X 500cms) 1987

                                          le-Cyclope-foto-Paul-RebeyrolleMichel-Ng                         

 "Entrer en résistance c’est effectivement d’abord se lever, vouloir vivre debout. Mais le résistant, entrant dans l’illégalité, doit dissimuler son engagement et souvent se cacher, clandestin de passage dans des maisons obscures ou s’installer dans les bois. Et puis il agit, organise la lutte, en le faisant voir et savoir, sort de terre pour montrer sa face et donc sa force. [...]

Et cet homme va devenir la foudre.

Il va aussi devenir une légende pour ses proches qui l’admirent comme pour des adversaires qui le haïront longtemps, et qui, pour certains, le haïssent encore. L’homme Guingouin a tenu bon, aussi est-il, à sa manière, un titan. Il est devenu un mythe, héros d’un grand récit exemplaire d’une nouvelle origine. Avant le moment de grâce où, à la Libération, la multitude reconnut le résistant, il lui aura fallu vivre la sortie du trou. Rebeyrolle peint ce moment décisif."

extrait de Guingouin, Chemin de résistances (Lucien Souny, 2003)

08/01/2013, 16:14 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Marielle Billy le 08/01/2013 à 06:12

Non.

Guingouin n'est pas le héros. Guingouin est un combattant parmi les combattants et tous sont des héros. Pas lui seul. Sans eux, il n'était rien. Rien du tout.

Marre de ce romantisme (petit) bourgeois qui décline le monde par le nom de "héros". Ce sont les masses qui font l'Histoire. Pas les "héros" qu'on se choisit ou qu'on vous/nous choisit.

08/01/2013, 20:08 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 08/01/2013 à 16:14

Bon, d'accord vous avez raison mais cet extrait évoque surtout l'attachement de ses proches, il n'est pas une vérité. Gardons le recul qui peut nous faire accepter une formulation criticable, tout en restant convaincu que ce sont toujours des groupes, des gens qui merchent ensemble qui font avancer les choses. Reconnaissons aussi que dans les groupes, il y a toujours des gens plus porteurs d'espoir, de ferveur, que d'autres ...

10/01/2013, 15:42 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Marielle Billy le 08/01/2013 à 20:08

Entièrement d'accord. Ce contre quoi je m'élève, ce sont ces hagiographies que Jacques de Voragine ne renierait pas.

Nous sommes bien dans la culture chrétienne des éternels martyrs.

08/01/2013, 09:54 | Par Georges HADDOU

Les curés, rabbins, imams ne remplaceront jamais ces instituteurs.

08/01/2013, 10:43 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de Georges HADDOU le 08/01/2013 à 09:54

@GEORGES HADDOU.

-

N'y a-t-il pas des gens "bien" et des salauds-salopes partout ?

-

L'abbé Grégoire, ce n'était pas un mauvais, semble-t-il. A-t-il défroqué ? Il faut que je vérifie ...

-

J'aime bien jouer les avocats du diable.

-

Sourire

08/01/2013, 12:03 | Par ptetmai

Etes-vous sûr, M.Plenel, de connaitre la vérité vraie sur Oradour ?

Ca vaudrait une enquête  utile et édifiante sur les vérités officielles de la Résistance dont les actes admirables furent abusivement "monopo-capitalisés" par un De Gaulle pas si grand que son corps et surtout que sa réputation.

08/01/2013, 12:25 | Par WataYaga en réponse au commentaire de ptetmai le 08/01/2013 à 12:03

Ah ! Oradour et l'air de la calomnie ! Déçu

08/01/2013, 13:18 | Par coudrier

Merci de nous faire savoir que ce film sur Guingouin passe ce soir, j'espère qu'il sera à la hauteur de l'homme que fut Guingouin. Il reste encore qq vieux , en Haute Corrèze , qui on connu Guingouin, ont combattu à ses côtés. Oui, oui, il en reste encore qq uns...

Lire ABSOLUMENT, écrit de la main de Guingouin " Quatre ans de lutte sur le sol limousin", c'est l'histoire de A à Z de sa Résistzance.

Oui, Guingouin est ignoré, à ses obsèques il n'y avait même pas un représentant du gouvernement. La TV publique en a très peu parlé...Bien que Communiste, de Gaulle avait fait Compagnon de la Libération, ce "Résistant de la première heure."....( cette remarque à l'adresse de ceux qui cultivent encore un" anticommuniste primaire" et mettent sur le même plan Nazisme et Communisme, même si ce dernier a "raté").

Le Limousin, pour la Centralité de Paris, c'est le trou du cul de la France... Sur le Plateau de Haute -Corrèze ,ne reste plus que des corbeaux, des sangliers... et des cimetières... Bien que des soit disant hommes "Politiques"soient sortis de ces terres, le père Queille, (qui , tout de même, c'est peu mais c'est déjà ça, par rapport à tant d'autres par exemple chez les SFIO, s'est abstenu dans le vote des pleins pouvoirs à Pétain), Chirac , et maintenant Hollande , qui fut Maire de Tulle(, mais dont je doute très fort qu'il soit enthousisaste pour donner le nom de Guingouin à une place de Paris !!!! ), ces "hommes politiques n'ont quasiment rien fait pour que vive cette région, au contraire , ils l'ont saignée, s'en sont servis, exactement comme un pays sous developpé....

Dans les extraits du film  sur mediapart, qqn chante "les chataigniers", dont l'ombre accompagnerait Guingouin !!!! les arbres dénudés dont on voit les images, ne sont pas des chataigniers, mais des HETRES !!!! Ce sont les HETRES de l'allée qui monte au sommet du Mont Gargan....ces confusions dans le vocabulaire en disent long sur la méconnaissance des journalistes et autres , certainement "parisiens", qui dans le fond, voient , même à leur insu, les Limousins comme des bouseux dans leur brousse. Même les "écolos"citadins se gardent d'aller  en vacances dans ce "pays vert".!!!!.. Mais allons y !! cette fois, rendons hommage à Guinguoin, c'est plus que  justifié, mais ça ne ressucite pas ce pays, si vivant au temps de Guinguoin et de ses compagnons, aujourd'hui en coma dépassé....

08/01/2013, 13:43 | Par WataYaga en réponse au commentaire de coudrier le 08/01/2013 à 13:18

Vous voulez-être "limogé" pour propos tendancieux ? Surpris

Merci ! RigolantRigolantRigolant

08/01/2013, 13:48 | Par Jean-Claude POTTIER

Le problème est là : glorifier Guingouin pour minimiser l'action du PCF, voire lui cracher dessus.

On connaît cette technique, on en a l'habitude. Ca a déjà été fait avec Manouchian.

Sinon, merci à Robert Guédiguian de nous avoir offert son armée du crime...

08/01/2013, 22:10 | Par Martine C. en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 08/01/2013 à 13:48

Ô oui ! Bien d'ac' avec vous à ce sujet.

Je crois qu'il faut tout à la fois glorifier Guingouin (il a raison), glorifier l'action du PCF aujourd'hui, glorifier le cinoche de Guédiguian, ce film en particulier.

Et glorifier aussi, si l'on aime vraiment le cinéma, les films (tous !) de Aki Kaurismaki, dernier en date : La Havre... Son pays, la Finlande, va produire quelques chômeurs de plus. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans un monde tel que les chantiers navals de Loire Atlantique/Saint Nazaire qui viennent de remporter un gros marché va foutre au chômage les gens de là-bas... Quel cruel paradoxe pour qui ne veut pas comprendre que le partage de la misère ne tiendra plus longtemps : pas humainement viable !

08/01/2013, 23:42 | Par coudrier en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 08/01/2013 à 13:48

Il n'empêche !! Des "apparatchiks" du PC ont essayé de liquider Guinguoin. Mais  le PC, les fusillés du Mont valérien, ceux de Chateaubriand, et tant d'autres..... c'était des Communistes , pas de la catégorie des apparatchiks !!!!!

10/01/2013, 15:39 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de coudrier le 08/01/2013 à 23:42

Vous vous rendez compte du haut degré de crétinisme que vous atteignez?

Il y a les bons, et dont vous vous servez, puis les mauvais qui vous permettent de rejeter l'essentiel. Vous avez des preuves concernant la volonté de tuer Guingouin?

09/01/2013, 14:27 | Par jean michel lahieyte

 Quand je passe à Périgueux et que je m'arrête à la grande librairie centrale (ex Marbot) à droite en entrant au rayon histoire régionale un gros volume l'an passé et cet été encore est en très bonne place sur le rayonnage. Il s'intitule "Résistants du Périgord, 1500 notices inédites et illustrées" publié aux éditions Sud Ouest. Pages 259 une notice est consacrée à mon défunt Beau père, elle se termine par: "...il reconnaîtra avoir personnellement éliminé plusieurs collaborateurs. Son propre délateur termina ainsi..." il était responsable FTPF de l'un des  quatre secteurs qui partageait l'organisation au plan  départemental.

C'est très pénible. cet homme est mort prématurément en 1964, ma femme avait 10 ans. jamais nous n'avions entendu celà à son égard ma belle mère  est morte récemment. Nous avons discuté avec un cousin que l'auteur cite comme une source possible. Il nous a juste dit qu'il regretait que son nom soit cité. Nous avons discuté avec le frère de Georges (mon beau père) lui aussi ayant une notice juste après son frère dans le livre qui a relevé  plusieurs  erreurs grossières factuelles le concernant et a abordé ce problème de l'épuration démentant ce qui est dit de son frère et nous assurant en avoir discuté ensembles  au moment de la Libération et avoir décidé délibèremmment de refuser tout règlement de compte...Nous sommes allés aux archives départementale et avons consulté son dossier, nous nous sommes adressés à L'ARAC, les plaintes d'anciens résistants communistes contre la façon dont l'ouvrage les traite ou traite leurs anciens sont nombreuses. Ce que l'on sait et pense du PCF est une chose qui n'autorise en aucun cas à salir la mémoire  des militants. Nous  travaillons à un article en forme de mise au point pour une publication dans le département  et qui sera peut être aussi un billet dans Médiapart. Merci à E. Plenel pour son alerte résistante et limougeaude.

08/01/2013, 22:51 | Par Martine C.

Je viens de voir le film et ne me prononcerai qu'à son sujet (très certainement juste factuellement) mais surtout à sa date de programmation ainsi qu'à sa promo par E. Plénel à ce moment : On ne cessera donc jamais à chercher des poux dans la tête des communistes. Là. Aujourd'hui. Maintenant. Alors qu'ils sont les seuls à avoir rejoints d'autres formations pour tirer leurs pays de la merde... Et sans en chercher chez tant d'autres.

Je trouve Georges Guingouin vénérable et totalement admirable sans réserve : voilà un homme qui me plaît !  Car moi aussi je suis à la fois communiste et anti communiste (comprend qui peut !).

Bref, je trouve qu'en faisant la promo de ce film assez banal et très inconsidérément, sur le mode émotionnel et sans mise en perspective ni analyse, Plénel devient le Cahuzac des médias, sur ce coup là !

Car le résultat est bien, (sans qu'il le veuille ou par calcul ?), la discréditation du FdG (seule alternative aujourd'hui), FdG dont la composante la plus importante - et cependant gentille et respectueuse - reste pourtant le PCF.

Salir sur le passé (même si c'est avéré, j'ose le dire !), c'est pas mal car cela dévoile des trucs et conduites peu reluisants. Á condition que ce soit pour tous. Or on est très loin du compte, Mister P !

08/01/2013, 23:07 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Martine C. le 08/01/2013 à 22:51

Ne pas confondre les idéaux et ceux qui les portaient (et les ont bien souvent portés très haut, au risque de leur vie ou de l'excommunication...) avec les marionnettes et les stratégies d'appareil ! Juste ça...

08/01/2013, 23:46 | Par Martine C. en réponse au commentaire de grain de sel le 08/01/2013 à 23:07

Veuillez me faire crédit de ceci : non je ne confonds pas !

Mais, selon moi, la question n'est pas là (entrte "idéal" et "marionnettes")....

Je reconnais que c'est emmerdant.

10/01/2013, 17:38 | Par millepertuis en réponse au commentaire de grain de sel le 08/01/2013 à 23:07

+ 1000 pour Grain de sel ci-dessus

08/01/2013, 23:47 | Par coudrier en réponse au commentaire de Martine C. le 08/01/2013 à 22:51

Non ! ce film ne met pas en cause les militants de base, l'idéal communiste, il met en cause la nomenklatura parisienne du sommet du PC, clones de ceux qui ont fait les procès de Moscou.... "seule la vérité est révolutionnaire".....

08/01/2013, 23:48 | Par grain de sel en réponse au commentaire de coudrier le 08/01/2013 à 23:47

Je suis d'accord !

09/01/2013, 01:00 | Par Martine C. en réponse au commentaire de grain de sel le 08/01/2013 à 23:48

Moi aussi je suis d'accord.

Sauf que je ne parlais pas de cela...

10/01/2013, 17:37 | Par millepertuis en réponse au commentaire de coudrier le 08/01/2013 à 23:47

+ 1000 pour Coudrier ci-dessus...

09/01/2013, 06:07 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Martine C. le 08/01/2013 à 22:51

Martine, j'ai regardé le film : je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec vos lignes. Je trouve que le film fait bien  la différence entre les communistes engagés, sincères, et l'appareil ; il souligne bien aussi comment une logique d'appareil trahit l'idéal fondateur. J'ai été communiste lors de mes jeunes années puis ai quitté ce parti pour  ces raisons-là. Je ne suis jamais devenue "anti-communiste" pour autant mais cette expérience m'a appris combien combien une "institution" (ici un parti) peut rabotter l'esprit de liberté, l'énergie critique. Le filùm soulève implicitement une autre question : comment articuler un idéal de liberté et de justice et un fonctionnement démocratique ?

En écho (lointain) je renvoie au très bon film de Laurent Cantet (Foxfire) : comment faire groupe et donner à l'individu sa place critique ? comment laisser de "l'alternative" au sein même du groupe qui s'institue ? question passionnante.

Et en lien avec le téléfilm : comment articuler des "alliances politiques objectives" et le sens profond de l'engagement (puissamment fait de liberté et de justice) qui fonde l'analyse et l'action qu'on veut mener ?

Le courage incomparable des résistants communistes nous montre bien que l'on peut être à la fois sincère, engagé avec ferveur pour la l iberté et la justice et puis devenir manipulable, "fidélisé" par une logique d'appareil qui aligne tout le monde sur une "norme", y compris en faisant ce qui contrevient à l'engagement profond.

Car le résultat est bien, (sans qu'il le veuille ou par calcul ?), la discréditation du FdG (seule alternative aujourd'hui)

Pensez-vous réellement que ce film discrédite le FdG ? ?? le FdG (pour lequel j'ai voté) serait-il la seule alternative ??? Là je crois qu'on se trompe. Si nous parlons d'alternative électorale, je peux vous suivre, mais je crois que nous sommes dans une période où "l'alternative" relève de bien autre chose que d'une logique électorale. Le sujet est immense et je laisse la question ouverte...

 

 

09/01/2013, 07:41 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marielle Billy le 09/01/2013 à 06:07

Sans organisation, pas de politique constituée. Avec un parti, le dogmatisme rôde.

09/01/2013, 14:55 | Par Martine C. en réponse au commentaire de Marielle Billy le 09/01/2013 à 06:07

 Merci pour votre réponse et ouverture de dialogue.

<<<Martine, j'ai regardé le film : je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec vos lignes. Je trouve que le film fait bien  la différence entre les communistes engagés, sincères, et l'appareil >>>

Moi aussi je suis d’accord avec vous. Mais la question que je me pose est celle-ci : sans « appareil », où vont les « engagés sincères » ? C’est un serpent qui se mord la queue. Mais je n’ai pas de réponse.

 

 

<<<comment faire groupe et donner à l'individu sa place critique ? comment laisser de "l'alternative" au sein même du groupe qui s'institue ? question passionnante.>>>

 

Parfaitement d’accord avec votre question (que je me pose aussi). Elle reste sans réponse à ce jours dans toute organisation politique, les partis de droite et le PS n’étant pas mal placés non plus...

 

<<<Le courage incomparable des résistants communistes nous montre bien que l'on peut être à la fois sincère, engagé avec ferveur pour la l iberté et la justice et puis devenir manipulable, "fidélisé" par une logique d'appareil qui aligne tout le monde sur une "norme", y compris en faisant ce qui contrevient à l'engagement profond.>>>

Manipulables, bien sûr ! Comme nous tous encore aujourd’hui, y compris dans tous – absolument tous - les partis politiques et… hors d’eux, par les médias et la misère critique dans laquelle on plonge la majorité d'entre nous. Ces cocos courageux n’étaient pas des "machines" et, donc, répondaient aux mêmes critères humains que n’importe qui d’autre : manipulables que nous sommes tous.

 

Pensez-vous réellement que ce film discrédite le FdG ? ?? le FdG (pour lequel j'ai voté) serait-il la seule alternative ??? Là je crois qu'on se trompe. Si nous parlons d'alternative électorale, je peux vous suivre, mais je crois que nous sommes dans une période où "l'alternative" relève de bien autre chose que d'une logique électorale. Le sujet est immense et je laisse la question ouverte...

 

 

D’accord avec vous ici aussi. Mais ce film, en dépit de la merveilleuse personnalité de Georges G., son intransigeance salutaire et qui reste entière, sa rigueur politique et tacticienne sur le long terme, ce que je mets en question est que ce film vient, un peu trop opportunément, ramener de l’ombre (une ombre très réelle je ne le conteste pas) sur la fraction la plus fragile et flouée des français d’aujourd’hui avec le sort qui est le leur. Entendez moi bien : je ne défend aucunement la « raison de parti », que j’abhorre en long en large et en travers depuis toujours et raison pour laquelle je ne suis d'aucun, pas même mon favori : c'est bien simple je ne peux pas ! Je veux simplement attirer l’attention sur le fait que le PC d’aujourd’hui est le seul parti à n’avoir jamais changé de nom (selon moi à juste titre, mais ce n’est que mon avis) et relativement apte à reconnaître ses erreurs, aussi graves qu’elles aient été - et elles l'ont été. Et si tous les autres s’en tirent bien, c’est qu’ils ont pensé, ainsi, en changeant d’appellation de multiples fois, gommer leur passé, un passé jamais glorieux…

Bref, pour finit et « ouvrir », je pense qu’aujourd’hui et maintenant, face à ce qui nous arrive - et face au bien pire qui pourrait nous arriver et nous pend au nez - nous avons le plus grand besoin d’un Conseil national de la Résistance-Bis. Avec, en son sein et parmi d’autres, des types comme Georges Guingouin ! Autrement dit un communiste malgré tout et cependant !

Merci de me lire.

10/01/2013, 06:17 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Martine C. le 09/01/2013 à 14:55

Merci Martine de ce long argumentaire que je partage largement.

Je sais bien qu'il faut de "l'organisation" (cf : la petit commentaire d'Yvan), je suis moi même très attachée à cette capacité des hommes à s’organiser, à construire ensemble.

Mais je crois que la réflexion manque (et surtout dans la société en général) sur ce que produit toute institution, et ce manque de réflexion fait qu'on est bien désarmé devant les multiples divisions, prises de pouvoir à la noix, cafouillages ... qui surviennent dans les organisations. En France (j'ignore tout de comment ça se passe ailleurs) on n'a pas assez réfléchi à ceci :

* comment inventer à chaque étape d'un processus d'organisation des formes de contre-pouvoir afin de réguler ce qui se passe dans tout groupe qui ne réfléchit pas à lui même ?

La formule creuse de "démocratie participative" doit nous donner à penser : comment laisser la place à la pensée des obscurs et des sans grade, au sein de toute institution ?

J'ai beaucoup appris de ceux qui ont travaillé en pédagogie et psychiatrie institutionnelles : j'ai mesuré la vertu politique de leur questionnement et je suis toujours abasourdie de voir combien ce type de travail a été mis au placard. Il s'agit à tout instant de travailler sur les mécanismes qui défont les groupes : prises de pouvoir, soumission volontaire --> difficulté à ne pas se ranger derrière celui qui occupe une place de chef et en abuse ...etc ...

Si les êtres humains sont manipulables comme vous le dites, il faut donc construire sans cesse là où on vit, agit, travaille, des mécanismes de régulation, de démocratie active.

09/01/2013, 21:36 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Martine C. le 09/01/2013 à 14:55

Je vous ai lue aussi, Martine, et je partage totalement, notamment votre chute, mais en grande partie le reste aussi... J'avais mal compris vos commentaires, hier.  Merci de ce long argumentaire qui me rend votre position plus claire et me permet de me sentir en phase avec elle !

08/01/2013, 23:02 | Par chantal messines

je viens de voir ce film .... j'ai retenu l'histoire d'un homme d'honneur .... mais également, que les salauds s'en sortent toujours, quelque soit le régime politique !!!!

et je criais de rage, toute seule devant ma tv ...... et je pensais à mon père, qui, parti en 1943 (19 ans) dans un maquis communiste, a eu sa carrière de gendarme barrée à cause de cet engagement ........et qui a souffert et est mort jeune à cause de la "grande muette"....... et combien de vies brisées à cause de salauds ?????

 

08/01/2013, 23:23 | Par WataYaga en réponse au commentaire de chantal messines le 08/01/2013 à 23:02

Puis-je dire aussi, que l'on s'acharne sur leur descendance ?Une petite fille de résistant très connu m'a raconté qu'on ui renvoyait dans le milieu du travail le nom de son grand-père de faèon très désagréable du style "Mademoiselle, ce n'est pas parce que vous êtes la petite fille de M. Untel que....". Je ne suis pas sûre que les petits-enfants de renault rencontrent ce genre de problème ! Cela m'a stupéfaite car je croyais en la reconnaissance de la nation à l'égard des résistants (j'ai un vieux fond de naïveté !) mais en voyant les trajectoires de Guingouin et de Freinet, je m'interroge beaucoup sur les fondements de notre société !

09/01/2013, 06:15 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de WataYaga le 08/01/2013 à 23:23

en voyant les trajectoires de Guingouin et de Freinet, je m'interroge beaucoup sur les fondements de notre société !

Wata, j'aime bien votre rapprochement : Freinet (et tous les porteurs de la pédagogie active) ont fait les frais de la logique d'appareil de l'institution "education nationale". Et ceci est encore plus fort aujourd'hui qu'hier.

09/01/2013, 10:42 | Par Siloë en réponse au commentaire de Marielle Billy le 09/01/2013 à 06:15

Puis-je me permettre :

 

Henri Frenay http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Frenay

 

Célestin Freinet  http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet

 

Marguerite

09/01/2013, 21:25 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Siloë le 09/01/2013 à 10:42

Merci Marguerite, très intéressant de faire ce double écho.

08/01/2013, 23:34 | Par grain de sel

..... en souvenir des résistances à venir ou en hommage posthume aux résistances passées ? En fait, je pense que c'est surtout cette question que je me pose, ce soir !

08/01/2013, 23:38 | Par ALVAROD

Merci Mr Plenel pour la promo de ce film à l'honneur de Georges Guingouin dont la mémoire mérite le respect.

"Seule la vérité est révolutionnaire" aurait pu en être le titre.

09/01/2013, 09:00 | Par Kaze tachinu

Merci E Plénel pour ce billet et ce témoignage documenté.

Le film était très beau, très juste, les acteurs parfaits et le Limousin tel qu'en lui-même pour qui connaît ses verts paysages auxquels P. Bergougnoux a donné leur dimension géologique !

La résistance me ramène à mon père, opérateur radio: son domaine professionnel et en l'occurrence d'activité; actif dans le sud, mais discret comme il fallait l'être pour agir efficacement, et discret dans ses récits; et qui nous livra ( sa famille ) des fragments d'histoire de la résistance à travers la sienne, comme un puzzle.

09/01/2013, 09:51 | Par jean michel lahieyte

Je suis d'accord et confronté (en pensée)à ce que dit Grain de sel: "ne pas confondre les idéaux et ceux qui les portent". Mais il faut préciser: "idéaux". Dans cette période il se trouve qu'au nom "d'idéaux"  discutables de très nombreux militants et jeunes ont comme le montre le film accompli de grandes choses. Dans la lettre à G Guingoin du 30 janvier 2003 que M.Georges Buffet lui adresse pour son 90 ème anniversaire au nom du PCF, elle lui écrit: " Je sais que chaque combat aussi noble soit-il ne se développe pas sans erreur et sans excès. Le PCF dans ses conceptions, ses actes, ses décisions n'y a pas échappé. Tu en as été victime et tu en as injustement souffert." Le paradoxe est que Guingoin lui même portait une partie de ces "erreurs" comme tous les militants de l'époque formés à l'école du stalinisme. Je n'ignore pas ce qui est arrivé à Pietro Tresso dit Blasco. Dirigeant trostkyste, libéré de la prison du Puy en Velay, dans le journal "La Vérité" n° 54 du 20 novembre 1943 on lit un article évidemment  anonyme mais qu'il a très bien pu écrire (ils sont quatre trostkyste à "profiter" de la libération des prisonniers)" Quand nous rejoignons le camp après deux jours de marche forcée, de jour et de nuit, notre pensée à tous est la même: que de chemin parcouru depuis notre incarcération! Le sentiment de la solidarité qui nous unit les uns aux autres pour un même combat a été plus fort que les calculs mesquins ou odieux de certains bureaucrates: au coude à coude avec nos camarades du PC notre vie de partisans commence..." Quand ce journal clandestin paraît les calculs mesquins de certains bureaucrates auront été fatals à trois d'entre eux dont P. Tresso , ils sont déjà assassinés.

On a  ni le droit d'oublier les crimes commis ni de les repprocher à ceux qui ne les ont ni commis ni n'en ont été complices. Voilà comment j'essaie d'avancer sur l'affaire de mon beau père évoquée plus haut.

Pour le téléfilm je l'ai trouvé excellent très fidèle à un livre " L'AFFAIRE GUINGOUIN de MICHEL TAUBMANN" que j'avais acheté il y a longtemps et par hasard à Limoges auprès d'un libraire de quartier à qui je demandais qq chose sur l'histoire locale et qui me l'avait conseillé avec  ferveur, délectation (je trouve pas le mot) un grand respect en tout cas comme parlant de qq que vénérait et avait connu son propre père. Le livre portait des accusasions précises contre l'appareil du PC dans l'affaire de la fausse tentative de suicide de la prison de Brives.

09/01/2013, 10:23 | Par FrE en réponse au commentaire de jean michel lahieyte le 09/01/2013 à 09:51

Comme je le dis plus haut, Taubmann que j'avais lu aussi avec grand intérêt me paraît suspect depuis qu'il s'est lancé avec la ferveur que l'on sait dans l'hagiographie de DSK. Le téléfilm a eu la prudence de prendre un peu de distance avec certaines allégations qui y apparaissent pour ce qu'elles ont été : des suppositions de Georges Guingouin. 

Plus globalement, j'ai été surprise de voir à quel point le téléfilm avait pu être fidèle à l'histoire, tout en la romançant pour les besoins d'une présentation sous forme de fiction. Un de mes regrets – mais on ne peut pas tout dire en si peu de temps – reste l'impasse opérée sur les turpitudes des socialistes, en particulier Jean le Bail dont une école et un centre culturel portent encore le nom à Limoges. Et qui sait maintenant que Léon Betoulle, le maire de Limoges à la longévité exceptionnelle et dont la place de l'Hôtel de Ville rappelle le souvenir, avait voté les pleins pouvoirs à Pétain ?

 

09/01/2013, 12:40 | Par coudrier en réponse au commentaire de FrE le 09/01/2013 à 10:23

Ah oui !! vous avez tout à fait raison.  Le SFIO LeBail a joué un role infame vis à vis de Guingoin, tout ça c'est de l'Histoire, le film ne pouvait tout dire, mais faut pas oublier Le Bail...

En Corrèze, à Egletons, il y eut ausi un individu de sinistre mémoire, le sieur Spinasse,( SFIO, comme Le Bail), qui allait discuter avec Abetz, le Nazi gouverneur de Paris occupé.....Paxton, dans "la France de Vichy" en parle dans son livre... Eh bien!! il y a 3 ou 4 ans, sous Sarko, il y a eu, au début de l'été,  une grande cérémonie à Egletons, en" l'honneur de Spinasse", avec Ministres, dont Pécresse,moult compagnies de flics, et une plaque commémorative a été posée en" l'honneur" de ce sinistre type parce qu'il avait - je crois- fait construire un abattoir et une école professionnelle à Eletons , du temps où il en était le Maire...Incroyable !! dans ce pays qui fut si rebelle!! au bord du Plateau !!!!

Et pas la moindre contre manifestation..!!!!.

Et les Limougeauds comme vous le dites, ont élu Betoulle, qui avait été pétainiste, 2 ans après que Guinguoin eut été leur Maire....

Sinistre tout ça !!!

Les anciens résistants sont morts ou au bord de la tombe.. Dans mon canton de Haute Corrèze, pour les anniversaires des diverses fusillades, il y a un petit groupe  qui va déposer une gerbe, c'est le "culte des morts".  Mais finalement pas grand chose n'a été transmis, parmi les  qq "jeunes" qui restent, ils ont d'autres soucis surtout, comme quasiment partout ailleurs, peu de perspectives autres qu'un avenir bouché, si on peut parler d'"avenir".... La vie paysanne du temps des maquis est MORTE , on a changé d'ère... Ya d'ailleurs plus de paysans, mais des "éleveurs" ...

09/01/2013, 13:30 | Par FrE en réponse au commentaire de coudrier le 09/01/2013 à 12:40

Merci pour cette triste info.

A la réflexion, je trouve quand même assez étonnant ce silence du téléfilm sur l'attitude honteuse de certains socialistes, et non des moindres. Dans la mesure où il y a eu des aides, d'après le générique, de la ville de Limoges et du département de la Haute-Vienne, y aurait-il eu marchandage à ce sujet ? Ou autocensure ?

09/01/2013, 17:38 | Par coudrier en réponse au commentaire de FrE le 09/01/2013 à 13:30

le mot "marchandage" n'est peut être pas le bon, c'est peut être de l'ordre de la "repentance".... je ne sais..Et puis, il reste le FDG....à ménager peut être...

09/01/2013, 23:24 | Par FrE en réponse au commentaire de coudrier le 09/01/2013 à 17:38

Vous parlez là du point de vue des "subventionneurs", mais le réalisateur, en échange de ces subventions devait-il vraiment faire l'impasse sur l'attitude indigne de certains "socialistes" de l'époque, comme Jean le Bail ?

09/01/2013, 14:16 | Par jean michel lahieyte en réponse au commentaire de coudrier le 09/01/2013 à 12:40

J'ai souvent accompagné ma belle mère aux commémorations, et, avec mon épouse, il nous est arrivé encore récemment d'y assiter : c'est bien. Les enfants de la classe unique voisine (tant qu'elle nest pas fermée) chantent le chant des partisans, parfois il y a le consul de Grande Bretagne qui vient de Bordeaux, un responsable dans son discours fait (essaye de faire) le lien avec le présent..."la bête immonde rode tjrs" et les porte drapeaux (un peu perclus de rumathisme) me font penser aux "Phalanges de l'ordre noir" d'Enki Bilal, prêts, pour peu que retentisse l'internationale, à repartir à l'assault! Le  "souvenir des résistances futures", c'est bien ça...Ne sommes nous pas tous (beaucoup) à être un peu communistes marannes trouvant dans Guingoin une image idéale qui nous convient, toujours attaché au grand principe en s'étant un peu cogné partout quand il c'est agi de le traduire en réalité.

09/01/2013, 14:20 | Par jean michel lahieyte en réponse au commentaire de FrE le 09/01/2013 à 10:23

Je ne connais pas du tout ce qu'il a fait sur DSK, j'ai depuis offert son livre, je ne l'ai plus. Je me rappellle de ce qui semblait une enquête sérieuse que l'évolution de l'auteur ne met pas forcément en cause. sur la prison de Brives, dans mon souvenir, rien n'est prouvé, mais le livre avançait de sérieuses présomptions qui apparaissent dans le téléfilm moins explicitées que dans le livre, mais c'est normal. La cohérence de ce téléfilm reposant sur le fait de s'en tenir à ce qui est avéré.

09/01/2013, 10:08 | Par cousine 24

Réflexion annexe : "Dans d’autres nations, notamment les Etats-Unis qui ont fait du cinéma leur roman national, l’extraordinaire saga de Guingouin aurait déjà donné lieu à des dizaines de récits, films et séries. " Ah bon ? Les Uesse sont célèbres pour avoir exploré leur histoire et célébré leurs vrais héros ? Par exemple que sait-on de la guerre de Sécession, première guerre moderne dit-on ? À part Autant en emporte le vent...

09/01/2013, 13:22 | Par coudrier en réponse au commentaire de cousine 24 le 09/01/2013 à 10:08

Vous rigolez !!! les "cinéastes" ,  la majorité des journalistes des "grands journaux" parisiens, ne savent même pas où est exactement le Limousin, c'est "dans le Centre"....., du vague....confondu avec l'Auvergne (dont ils connaissent encore le jambon il est vrai...),avec  la Lozère... par exemple....Ses habitants sont , pour les "cinéastes", des "bouseux", c'est à dire des attardés...  Le Limousin , surtout le Haut Limousin ,est le trou du cul de la France, je le redis, "sous -développé", exangue. Il faudrait des" pionniers"courageux,  pour  y établir par exemple,  des maisons de vieux , pas chères,genre pensions de familles,  (hors "normes européennes", mais cependant humaines et sures)   pour les vieux des mégapoles, là, le Limousin commencerait à être "perçu"avec intêret c'est le cas de le dire...( et cela créerait des emplois dans ce désert).... Bien qu'on soit une des rares régions sans TGV, il y a des trains (encore et pour combien de temps ?)pour venir des capitales et aller voir ses vieux de temps en temps..(Mais les salles d'attente des gares sont fermées , ya plus de "chef de gare" sur les lignes des TER, et vous devez attendre dans le froid ou sous la pluie , l'arrivée du train). Et y a pas, y a plus d'hôtels où prendre une chambre par exemple...Le taxi y est très rare....Les commerces ferment les uns après les autres, plus d'épicier, plus de boulanger, sans parler du boucher, du garagiste etc..etc....Y a encore.. pour combien de temps ? ... des médecins...Les écoles sont rares , y a le "ramassage" (pas des patates, des gosses qui doivent se lever aux aurores pour être à l'heure du passage du car, quel que soit le temps, neige, verglas etc..).mais par exemple, à Tarnac, les habitants se sont battus pour conserver leur "classe unique", tant admirée par les citadins dans  le FILM  "Etre et avoir" , mais  classe menacée de disparision  dans LA REALITE, à Tarnac, l'an dernier....Ils ont gagné !! (pour le moment....)

Le programme du Conseil National de la Résistance pour lequel Guingouin et tant d'autres se sont battus , est mort et enterré...  

09/01/2013, 13:36 | Par FrE en réponse au commentaire de coudrier le 09/01/2013 à 13:22

Vous ne tombez pas un peu dans la caricature, là quand même ? J'habite également le Haut Limousin et en ai une perception assez différente !

Les problèmes - réels - que vous décrivez sont en fait ceux de la France rurale, pas spécialement ceux du Limousin.

 

09/01/2013, 17:43 | Par coudrier en réponse au commentaire de FrE le 09/01/2013 à 13:36

Si le reste de la France rurale est selon ce que vous dites, comme le haut Limousin, ça veut dire qu'on ressemble de plus en plus à un pays en voie de sous développement : des mégapoles et du désert...Tunis et Sidi Bouzid...toutes proportions gardées évidemment. mais y a de ça .... 

09/01/2013, 20:59 | Par WataYaga en réponse au commentaire de coudrier le 09/01/2013 à 17:43

Je crains que ce que vous décrivez soit encore au-dessous de la réalité, parce que mon expérience personnelle est de ne plus pouvoir me rendre dans le village de mon enfance car le service de cars a été purement et simplement supprimé pour cause de non rentabilité. Ce qui m'a sidérée c'est que justes quelques années avant sa suppression, pour aller à l'enterrement de mon père nourricier j'étais montée dans un car ultra moderne avec un pare-brise panoramique et l'hymne à la joie de Beethoven en fond sonore de qualité. J'en garde un souvenir onirique, peut-être démultiplié par le chagrin, de la levée des brumes matinales sur la Vienne découvrant peu à peu un paysage magique que je connaissais depuis l'enfance et admirais toujours mais que j'ai eu l'impression de découvrir pour la première fois.

J'ai donc fermement cru au progrès, puis peu à peu les cars qui circulaient trois fois par jours, ne l'ont plus fait que deux fois et exit le car ultra moderne, puis une seule fois (allée le matin et retour le soir, puis lors de mon dernier passage, il y a quelques années déjà deux fois par semaine : un aller le lundi matin et un retour le vendredi soir. Comme je n'étais pas au courant j'ai dû prendre le taxi qui m'a coûté plus cher que mon aller en train de Paris à Limoges ! Ce que vous dites me laisse à penser que cela ne s'est pas amélioré depuis !

On me dira : maintenant les gens prennent la voiture pour aller dans des petits bleds paumés alimentés par les corbeaux, mais quand même ! Peut-être que tout le monde a une voiture Incertain, mais que deviennent les personnes qui n'en ont pas Déçu?

Et pour les salles d'attentes, elles étaient encore ouvertes à cette époque mais tout était fait pour qu'on ne puisse plus s'y allonger et dormir en attendant la correspondance vers la gare routière de Montjovis et pourtant quels bons souvenirs d'enfance j'ai de ces moments là !

Pour le reste et pour ce que j'en sais mon village n'est plus habité que par  des personnes de limoges qui préfèrent construire d'horribles baraques avec pelouse et nains de jardins aux vieilles et magnifiques bâtisses paysannes qui résistent au temps - comme j'en ai vu quelques unes dans le film.

J'ai assisté à la destruction du paysage avec le remembrement et la ruine des petits paysans, j'y suis retourné avec des jeunes qui ont trouvé beau ce que je trouvais massacré et j'ai pris alors conscience de comment il suffisait d'une génération pour faire évoluer les regards sur la qualité et la beauté de l'environnement (et j'y inclus la mienne).

Je m'interroge sur cet acharnement mis à détruire les petites exploitations agricoles et qui fait que les mêmes paysans qui avaient résisté pendant la guerre ont été vaincus en tant de paix...

09/01/2013, 22:18 | Par coudrier en réponse au commentaire de WataYaga le 09/01/2013 à 20:59

Ce que vous dites est vrai,  ce ne sont pas les "mêmes paysans", ce sont les générations qui ont suivi celle de Guingouin, leur monde est devenu différent.... La petite agricuture paysanne a été en effet, détruite, systématiquement, au nom du "progrès", ça s'est étiré, à bas bruit,sournoisement, sur des années, c'est maintenant qu'on voit qu'elle est morte et enterrée. Là où il y avait des champs, il n'y a plus que des près, avec un nombre de vaches de plus en plus important, en "stabulation libre" hiver comme été. Ou bien il y a des sapins, des armées entières de sapins, tout noirs, là où poussait la bruyère et paissaient les moutons...... Dans mon hameau du Plateau,  en 1960 il y avait encore 4 fermes, il n'y en a plus qu'une..Les maisons sont devenues des" résidences secondaires", ouvertes seulement l'été....

.Le démantellement de la sidérurgie  s'est fait plus rapidement et en pleine lumière... avec des batailles syndicales... étrangères au monde paysan.   La presse en a parlé... Là, c'est la mort silencieuse...

09/01/2013, 12:56 | Par Ivan Villa

Pour Georges Guingouin, le communisme c’est sa vie… pour d’autres, le parti-famille est un gagne-pain ! Tout est dit.

10/01/2013, 09:57 | Par Anne Guérin-Castell

Cher Edwy,

la bonne action de Marthouret et des frères Rotman…

Quel dommage que ce film soit aussi… mauvais. Mise en scène, acteurs, scénario, quelle platitude et quelle fausseté dans ce naturalisme qui pue l'artifice, justement parce qu'il fait semblant de ! Une catastrophe, c'est-à-dire un téléfilm…

Vous ne pouvez pas d'un côté aller en Suisse pour un entretien avec Godard, et de l'autre écrire tant de bien de ce navet. S'il vous plaît, ne tentez plus de nous parler de cinéma, on peut être un excellent journaliste et ne rien entendre à l'art cinématographique.

10/01/2013, 10:05 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Anne Guérin-Castell le 10/01/2013 à 09:57

Ah ! la forme et le fond ! les moyens financiers, le temps impartie, les contraintes... Débat très actuel partout....

10/01/2013, 10:30 | Par Anne Guérin-Castell en réponse au commentaire de WataYaga le 10/01/2013 à 10:05

Mais aussi, chère Watayaga, et peut-être avant tout, quelque chose qui relève de la pensée sur la question de la représentation. Vous, si sensible à l'art du conte, aux liens avec les autres, ne pouvez, me semble-t-il, y être indifférente. Quoique… n'y voyez rien de personnel, mais je m'étonne que (voire plus haut), des personnes que j'estime, qui font preuve d'une grande sensibilité dans des domaines aussi variés que la poésie ou la peinture, n'aient pas perçu, avant tout, la médiocrité de ce film.

Pourquoi le cinéma échappe-t-il à ce point à l'exigence qui a cours dans d'autres domaines ? Si c'est dû, comme je le crois, à l'extraordinaire force d'identification produite par les images animées, je ne peux que regretter que tous les efforts entrepris depuis presque un siècle par ceux qui ont écrit quelques ouvrages majeurs sur l'art cinématographique, ouvrages dont la lecture ne demande pas forcément de compétence particulière, efforts relayés à une époque par les ciné-clubs, notamment, ne semblent toucher encore aujourd'hui qu'un public de spécialistes.

10/01/2013, 13:54 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Anne Guérin-Castell le 10/01/2013 à 10:30

Le problème pour moi est ailleurs, cela fait longtemps que je n'attends pas des téléfilms plus qu'ils ne peuvent donner. S'ils sont honnêtes, c'est déjà énorme !

Je ne vais pas discuter ici de l'art du conte mais, même si je suis extrêmement sensible à l'immense talent de grands artistes conteur/ses, je le suis encore davantage de celui qui sont des artisans du conte et qui établissent avec leur public une relation non fondée sur le spectacle mais sur la connivence et la complicité qui induit la proximité.

Disons que pour faire une comparaison écologique, je pense qu'il y a plusieurs niches culturelles et que tout le monde ne peut occuper le sommet de ce que l'on appelle le génie. Je suis loin d'être Catherine Zarcate et tout le monde ne peut être Godard, ce qui n'empêche pas que les un/es et les autres nous occupions le mieux possible notre strate avec les moyens que nous avons à notre disposition.

Je ne prétends pas non plus que mon point de vue soit le meilleur.... mais je le défends.

09/01/2013, 15:51 | Par FrE

Un film ne se réduit pas à l' "art". . . et quoi qu'il en soit, ce téléfilm-là, sans être un chef d'œuvre, n'est absolument pas un navet.
Peut-être le parti pris d'une grande fidélité historique rendait-il impossible le naturel qui est la marque ... des fictions ?

Ça restera, quoi qu'il en soit, la première tentative de large vulgarisation d'un épisode historique largement occulté jusque-là.

Et le pari a, semble-t-il été gagné

 

09/01/2013, 16:54 | Par ralif86

Merci, pour cet article .

Georges Guingoin ne m'était pas inconnu mais une  visite au musée de la Résistance  Peyrat le Chateau , en 1998, me donna l'envie d'en savoir plus.http://otsi.peyrat-le-chateau.pagespro-orange.fr/museedelaresista/index.htm

Lectures diverses et visite au Mont Gargan , arrêt sur sa tombe à Saint Gilles les Forêts, rencontre en août 2011 avec des anciens résistants organisés par les amis de la Résistance sont pour moi une façon d'honorer sa mémoire .

J'aime m'arrêter à Eymoutiers , dont le collège porte son nom ... et possède l'espace Paul Rebeyrolle : un autre géant du pays  qui lui a rendu un hommage fort dans une oeuvre " le cyclope -hommage à Georges Guingoin".  Un tableau de 5.30 m x 5.00 m à voir sur le site : http://www.espace-rebeyrolle.com . La force des oeuvres  de Rebeyrolle me semble correspondre à la force  du Grand Georges .

En 2004, l'appel lancé  par les anciens du CNR de 1944, porte évidemment sa signature . C'est un devoir d'y répondre !

 

 

09/01/2013, 23:31 | Par FrE en réponse au commentaire de ralif86 le 09/01/2013 à 16:54

Eymoutiers, ville marquée aussi par ces deux maires hors du commun qu'ont été Jules et Jean Fraisseix

10/01/2013, 11:50 | Par Jacques Bolo

1. "le seul civil que j’aie jamais appelé avec déférence « Mon colonel »" C'est quand même un peu too much dans la déférence. Chacun ses mythes. Je suis athée.

2. J'avais vu un reportage sur Guinguoin il y a quelques années à la télé. Ca avait confirmé mes impression générales sur les staliniens (puisque c'est ça son drame perso).

3. Que le stalinisme sévisse encore sur Médiapart est à vomir. Je sais que l'histoire se répète comme farce, mais quand même!!!

4. Je résiste.

10/01/2013, 15:45 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 10/01/2013 à 11:50

Vous n'avez pas l'impression que son drame c'est surtout le nazisme? D'autant que vous occultez la 2nde partie du film. Le flic collabo et la justice, c'était le PC, aussi?

Vous venez de nous dire votre haine des communistes résistants et ça vous gêne qu'ils aient été communistes et résistants. Duclos autant que Tillon.

10/01/2013, 18:17 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 10/01/2013 à 15:45

Excusez moi, mais je ne parle pas du film que je n'ai pas vu, mais du reportage que j'avais vu il y a longtemps (et qui devait insister davantage sur.ses déboires avec les stals après la guerre).

Sur le nazisme, Guinguoin était un chef de la résistance comme les autres. Je respecte les résistants en tant que tels, pas les communistes en tant que staliniens. Je fonctionne à la carte, pas au menu (je suis un peu snob).

10/01/2013, 23:24 | Par FrE en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 10/01/2013 à 18:17

Non, Guingouin n'était pas un chef de la résistance comme les autres. Pendant que les autres maquis se faisaient atrocement exterminer, eux ils ont gagné.

11/01/2013, 03:42 | Par Martine C. en réponse au commentaire de FrE le 10/01/2013 à 23:24

<<<Pendant que les autres maquis se faisaient atrocement exterminer, eux ils ont gagné.>>>

J'ignore ce vous sous entendez (ou entendez) là.

Si vous voulez suggérer  que les "perdants exterminés" furent des pourris, contre ceux qui l'ont remporté, il y a vriament du souci à se faire...

Vous seriez bien avisé de préciser votre pensée et de lever l'ambiguïté que souffle votre commentaire. Et qui souffle sur lui !

11/01/2013, 09:43 | Par FrE en réponse au commentaire de Martine C. le 11/01/2013 à 03:42

Difficile de résumer des bouquins en quelques mots, mais je vais essayer de dire l'essentiel : le maquis de Guingouin s'appuyait largement sur les paysans. Les fermes servaient de base arrière et alimentaient les maquisards. C'est surtout ce point qui les a différenciés des autres maquis. Et ce fut une première pierre d'achoppement avec le PCF qui ne comprenait pas l'intérêt stratégique de s'appuyer sur les paysans. Pour lui, les résistants, ce devaient être avant tout les ouvriers.

Autre point fort : en 44, ils étaient relativement bien armés car ils avaient bénéficié de parachutages, dus au fait que les Anglais les avaient pris pour des gaullistes.Ce maquis étant le plus important du Limousin, Guingouin deviendra d'ailleurs effectivement commandant des FFI en général.

La bataille du Mont Gargan a vraiment été une victoire militaire. Les Allemands non seulement ont peu touché le maquis mais ils ont dû faire machine arrière. Et un petit avion allemand a été abattu, ce qui a été important psychologiquement.
Ailleurs (Vercors, Mont Mouchet...) ce furent de lourdes défaites pour les maquis.

11/01/2013, 11:35 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de FrE le 11/01/2013 à 09:43

Bref (outre le pb militaire sans intérêt pour mon propos) cela confirme ce que je disais sur le dogmatisme imbécile du PC.

Mais je pense que vous sous-estimez les questions personnelles d'élimination des concurrents.

11/01/2013, 13:30 | Par FrE en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 11/01/2013 à 11:35

Elimination : pas sûr. Seul Taubmann, peu fiable, le dit.
Concurrents : pas vraiment.

Exaspération de dirigeants face à un simple instituteur de campagne qui leur tenait tête, et qui, en plus, avait régulièrement raison, certainement.

11/01/2013, 15:10 | Par Agnès GOUINGUENET en réponse au commentaire de FrE le 11/01/2013 à 13:30

@FRE.

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Merci pour vos explications très intéressantes. En fait, rien ne vaut le bon sens paysan du terroir ...

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Sourire

13/01/2013, 19:54 | Par FrE en réponse au commentaire de Agnès GOUINGUENET le 11/01/2013 à 15:10

La couleur politique "rouge" des paysans limousins est ancienne. Un certain nombre d'ethnologues et d'historiens ont étudié ce phénomène. Une des approches les plus fascinantes est, pour moi, celle d'Emmanuel Todd (La troisième planète 1983) qui suggère une relation entre structures familiales sous l'Ancien Régime et couleurs politiques au XXe siècle.  C’est du type de la famille communautaire exogame que le Limousin relèverait, au sein d’un espace géographique plus vaste allant du Périgord au Morvan. L’hypothèse de Todd, selon laquelle les choix idéologiques seraient en fait des transpositions au niveau social des valeurs fondamentales qui régissent les relations familiales élémentaires est séduisante. Mais les explications quant à ces engagements "rebelles au sein des rebelles" (Cf. Guingouin, mais aussi plus proche de nous, Marcel Rigout avec la création de l'ADS) sont multiples.

 

12/01/2013, 09:32 | Par WataYaga en réponse au commentaire de FrE le 11/01/2013 à 09:43

Merci, c'est ce que j'ai compris de l'intérêt de la démarche de Guingouin : on ne peut que s'appuyer sur la solidarité des populations locales qu"elles que soient leurs origines mais pour cela il est nécessaire que ces solidarités soient préexistantes.

Or, on peut constater que dans son parcours il a été pour le moins attentif à toutes les luttes menées dans la région (ouvrier/ères de l'usine de porcelaine à Limoges) et au mouvement paysan (coopérative). Les paysans de cette génération étaient des personnes qui ne donnaient pas leur confiance au premier venu qui leur tenait un beau discours même s'ils étaient d'accord avec. Voire même à un "pays" qui n'aurait pas démontré par ses actes qu'il était fiable. Entrer dans le maquis était un engagement vital et le soutenir en l'alimentant l'était tout autant. Pouvoir compter sur le soutien matériel des habitants de la région était fondamental mais ne s'obtenait pas du jour au lendemain parce que la cause défendue était justes.

Cela n'enlève rien ni au courage ni à la justesse de l'engagement de toutes les personnes qui se sont battues qu'elles qu'aient été l'issue de leur combat, au moins ont-ils mené celui-ci, eux !

Cette idée que parce que l'on donnerait raison - a posteriori (!) - aux uns cela induirait que les autres auraient eu tort me parait étrange ou plutôt le résultat d'un conditionnement culturel qui met perpétuellement - et ce depuis la plus tendre enfance - les individus en compétition (c'est ce contre quoi luttait Freinet et pour moi cette lutte est au cœur de la résistance actuelle) et qui implique qu'il n'y ait qu'une seule façon de concevoir forcément antagoniste  (vrai/faux ; bon/mauvais etc) en tous lieux et en tous temps....

11/01/2013, 06:20 | Par Agnès GOUINGUENET

@MARTINE C.

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eux ils ont gagné.

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Peut-être parce qu'ils eurent le courage et l'intelligence de se montrer intraitables avec les mollasson-ne-s. Ce n'était pas le moment de faire du sentiment mièvre. Pas simple d'écarter les stupides (ceux qui ne comprennent pas la gravité de la situation), devenus momentanément dangereux. Il faut de la subtilité pour les diagnostiquer, et de la bravoure pour les éloigner du champ d'action. On peut juste regretter que le traitement infligé fut parfois la mort; mais la guerre est impitoyable, comme la vie.

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Embarrassé

14/01/2013, 11:01 | Par pennetier.claude

J'ai raté le film mais je trouverai bien d'autres occasions de la voir. En attendant je vous invite à lire sa biographie dans la Maitron par René Lemarquis.

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87199

 

14/01/2013, 11:14 | Par WataYaga en réponse au commentaire de pennetier.claude le 14/01/2013 à 11:01

Certes, mais l'accès en est restreint..Incertain

14/01/2013, 23:38 | Par FrE en réponse au commentaire de WataYaga le 14/01/2013 à 11:14

Oui et c'est fort frustrant. Pourquoi donner un lien si on ne peut pas s'en servir ?

14/01/2013, 23:14 | Par François ROUVELOUP

Le film sur Georges Guingouin, avec son côté "village français" m'a moins déçu que je ne m'y attendais.

Il reste que dans la cabale qui a envoyé Georges Guingouin en prison à la Noêl 1953, il y avait trois acteurs conjugués contre le "Grand Georges", les collabos dans le domaine judiciaire, -policiers et magistrats -, recyclés sous la IVème République, le Parti communiste et la SFIO limousine.

Le film parle des juges et policiers, porte l'éclairage essentiellement sur le PC, mais occulte totalement le troisième acteur, la SFIO.

La SFIO dont la tête de gondole en Haute-Vienne était Jean Le Bail ; celui-ci normalien à la Même époque que Sartre, Aron ,Nizan, fut secrétaire de la Fédération socialiste de la Haute-Vienne de 1936 à 1939.

La guerre, il la mena dans ses pantoufles, en exercant sa profession d'agrégé au Lycée de Limoges, refusant d'ouvrir sa porte aux "terroristes" pourchassés.

Après la guerre, il devint député, manitou de la fédération socialiste, et éditorialiste politique du journal la Montagne, journal le plus diffusé dans la région. En 1953, il livra une série d'articles où il décrivait le Limousin à la fin de la guerre comme une "terre d'épouvante" sous la direction de Georges Guingouin...

François MAIREY-ROUVELOUP

14/01/2013, 23:36 | Par FrE

Oui. Et c'est exaspérant de constater qu'une école et un centre culturel municipal de Limoges portent encore son nom. On n'a pas hésité à débaptiser la rue Alexis Carrel mais pour Jean Le Bail on ne devine pas l'ombre des prémices de la moindre remise en question.
Et pourquoi le téléfilm occulte-t-il cette responsabilité-là ? Autocensure ou marchandage ?

17/01/2013, 08:37 | Par François ROUVELOUP

Monsieur PLENEL

Vous faites allusion à l'article que vosu avez publié dans le Monde le 8 juillet 1985 à propos de Geoges Guingouin.

On ne peut rechercher des articles du Monde qu'à partir de 1987.

Comment pourait-on avoir la possibilité d'avoir accès à cet article.

Merci d'avance.

                    François MAIREY-ROUVELOOUP

 

 

18/01/2013, 07:34 | Par Benchicou

Lettre à Edwy Plenel

J’ai lu avec beaucoup d'émotion votre hommage à Georges Guingouin, chef du plus grand maquis de la Résistance française, le maquis du Limousin, à l’occasion de la diffusion sur France 3, du film Le grand Georges que François Marthouret lui a consacré. Guingouin ressemble à tous ces héros, les nôtres, les vôtres, Moulin, Ben Boulaïd, Aubrac, Ben M’hidi, Ourida Meddad, ces chefs de maquis qui gênaient, comme dirait l’autre, ceux-là qui ont choisi de renoncer au bonheur de vivre pour s'astreindre au devoir de nous éviter le déshonneur de la servitude . Leur vie, dites-vous, est de celles qui, par leur modeste grandeur, sauvent l’espérance pour demain. C’est l’un des paradoxes de ces temps sans mémoire, qu’il nous faille solliciter les morts pour enseigner la vie aux vivants. Mais – et cela ajoute du mérite à votre travail - c’est que dans les bruyantes mondanités littéraires et médiatiques qui sont les nôtres aujourd’hui, ces hommes n'ont plus de place. On leur préfère les humeurs de Gérard Depardieu, les pathétiques combines politiciennes du bunker algérois ou les frasques sexuelles de DSK. Ce  n'est pas un "oubli". C'est une décision stratégique. Les ombres grandioses de ces créatures d’exception pèsent sur la conscience de ceux qui, chez vous en 1940 comme chez nous hier et aujourd’hui, accompagnèrent l’abaissement national. On commence par renier, falsifier, le combat des braves, on finit sous-traitant de l'armée de l'ancien colonisateur, en route, cette fois-ci, vers le voisin malien !

Tout ça pour dire, cher confrère, que l'obstination du témoignage dont vous faites preuve a quelque chose de significativement pédagogique en ces temps dominés par l’obstination du mensonge. Il nous faut tenter de payer un peu de nos dettes à tous ces Guingouin guettés par la terrible destinée du soldat inconnu. C’est à ce titre que j’ai évoqué Georges Guingouin dans un roman paru en 2010, en France et en Algérie (1). Gabril, le père de Yousef, personnage central du roman, un descendant de combattants internationalistes kabyles, s'était, en effet, engagé dans la Résistance sous les ordres de Guingouin, pendant que Yousef bataillait sur le front de Normandie, libérant, de bourg en bourg, de corps en corps, la France de l'occupant nazi.

Dans l’esprit du roman, il s'agissait, avant tout, de rappeler que des Algériens ont participé à la libération du monde et que le monde envoya, en retour, à l'Algérie ses meilleurs fils pour accompagner le combat désespéré de son peuple.  Ils étaient nos frères de souffrance par engagement militant, philosophique ou même chrétien, à l'image de Paul-Albert Février, lecteur assidu et passionné de saint Augustin et dont l'ami Khemissi d'Ain Oulmène suit inlassablement les traces. L’histoire de ces êtres dévolus au bien, comme celle de Georges Guingouin, humilié, calomnié, battu à mort par ses geôliers, ceux-là même qui avaient servi le régime de Vichy, rappelle qu’au temps de la grandeur a souvent succédé « le temps des habiles et la revanche de ceux qui manquèrent de courage », le temps de la déchéance morale. En revenant de guerre et de Berchtesgaden où il vit brûler Hitler, Yousef apprit la mort de son père Gabril et de sa compagne Aldjia, le premier dans le plus grand massacre de civils commis en France par les armées nazies : Oradour-sur-Glane,  lorsque la France tremblait ; la seconde dans le plus grand massacre de civils commis en Algérie par les armées françaises : Sétif, le jour où cette même France dansait. Qui, d’Aldjia ou de Gabríl, mourut d’une mitrailleuse française ? et qui périt d’une rafale allemande  ? Dans le récit des deux carnages, Yousef n’a vu qu’un seul doigt noir appuyer sur la détente – le doigt de la main meurtrière qu’agita l’escadron français de la garde républicaine pour semer la mort à Sétif, Périgotville, puis à Kherrata, Colbert, et Saint-Arnaud ; c’était aussi la main des Panzer-grenadiers de la Waffen-SS massacrant hommes, femmes et enfants d’Oradour-sur-Glane ! Une seule et même main ivre de haine.  Dieu qu’ils se ressemblèrent dans leur manière hystérique de donner la mort, les nazis et les fils du deuil limousin, ceux-là même qui n'auraient jamais dû oublier l'odeur de leur propre chair calcinée !  Oui, ces hordes de tueurs amnésiques qui firent de Sétif un charnier, avaient les traits de ces gendarmes français, de ses policiers et de ces juges dont vous dites qu'ils avaient servi, sans mot dire, voire avec zèle, le régime de Vichy, et qui humilièrent en 1953 Georges Gingouin, l'ont calomnié et battu avec sauvagerie. C'était la même France haineuse et amnésique, la France qui sortait d'une collaboration pour entrer dans la répression. Ils avaient d’abord parqué les habitants, grands et petits, jeunes et vieux, place du Champ-de-Foire à Oradour, et dans la cour des casernes à Sétif. Un Waffen-SS alsacien à Oradour, un caïd à Sétif avaient traduit aux damnés les propos du commandant Diekmann et ceux du commissaire Olivieri. Puis ils avaient tiré avec des mitrailleuses et des chars, sur des visages hébétés. Oui, quand François Hollande refuse de faire repentance pour les crimes coloniaux, par subtilité politique, il prive ses concitoyens, les jeunes notamment, de regarder leur passé dans ce qu'il a aussi de plus abject, et couvre, implicitement, de son silence ceux-là qui ont sali l'honneur de la France de 1789, la France des Lumières ou celle de la Résistance. Car, oui, la France de Sétif s'était habillée en Panzerdivision d'Ouradour. Les témoins racontent qu'à Oradour puis à Sétif, les assassins allemands et français, comme effrayés devant leur propre barbarie, avaient tenu à cacher à Dieu, aux hommes et aussi à eux-mêmes le spectacle de leur folie meurtrière. À Oradour, ils avaient enterré les cadavres dans des fosses derrière l’église, après les avoir recouverts de paille et y avoir mis le feu ; à Sétif, ils avaient creusé des trous semblables dans la forêt qui surplombe la ville, recouvert les corps de chaux avant de les y entasser, puis de damer le sol. Yousef, devenu mendiant du cimetière, et Guingouin, posent sur ce monde amnésique le même regard désabusé. Là où Guingouin, se basant sur la philosophie de l’Histoire, concède que les précurseurs ont toujours tort  et que l’épreuve passée, c’est le temps des habiles et la revanche de ceux qui manquèrent de courage, Yousef, lui le relaye pour dire que  les morts ont tort si après leur mort il n’y a personne pour les défendre. Du reste,  je les vois, aujourd’hui encore à Alger, traversant nos existences en survivants désabusés, nos Guigouin. Ils s’appellent Yaha Abdelhafidh, Azzedine Zerrari, Djamila Boupacha, Djamila Bouhired, Annie Steiner, seuls et perplexes, seuls de cette solitude glaciale qu’on porte dans le cœur, à l’insu du monde, seuls au milieu des tornades et des giboulées de forfaitures, accablés par le spectacle de la patrie qu’ils ont libérée, celle-là autrefois fantasmée et qui n’est plus, aujourd’hui, que la patrie de la peur et du silence. Je retiens de votre travail et de celui de François Marthouret, qu'il faut enfin donner raison à Georges Guingouin : il est l'heure de rendre la mémoire au peuple. À la France du déni et du bras d’honneur, à celle qui, de la bouche de François Hollande, refuse de faire repentance de ses crimes coloniaux ou celle qui, sous les traits hystériques de Marine Le Pen, s’en revendique, à la France figée dans le refus de regarder en face tout passé qui bousculerait le présent, vous aurez opposé l’implacabilité du souvenir et rappelé qu’il y eut aussi et surtout une autre France, celle qui vous tient à cœur, la France de la bravoure et de la générosité.

 

Mohamed Benchicou

Directeur du quotidien algérien Le Matin ( suspendu par les autorités algériennes) et auteur .

 

(1)   Le mensonge de Dieu, 2010. Édition Michalon.

 

 

 

12/02/2013, 13:16 | Par sophie renault

"dans une inversion des rôles à perdre tout repère "

Le centre du harcèlement.

18/02/2013, 14:58 | Par MFKA

Cher Edwin J'ai déjà eu l'occasion de voir ce film sur une petite chaine.Comme tu le sais ( et pour cause) les frères Rotman sont de vieux camarades et j'ai eu l'occasion de leur écrire pour les féliciter d'avoir fait ce film même si techniquement il n'est pas parfait !Comme je l'ai écrit à l'Humanité ( qui a publié ma lettre )je regrette qu'à la fin on ne signale pas que le PCF a fait acte de contrition -tardivement ! Surtout le PCF n'a pas ( à ma connaissance) reconnu les mérites de deux camarades de Guingouin qu'on voit dans le film et que j'ai personellement connu.Je veux parler de Chaintron et de Tillon qui ont été scandaleusement exclus du PCF. Et aussi qu'on n'insiste pas assez sur les positions honteuses  de la SFIO de Limoges.Ce fut le cas pour un certain Jean Le Bail ( que jai 'eu comme mauvais professeur de lettre à l'hiver 1944 à Limoges) qui n'a rien fait pendant toute la guerre et devint député puis sénateur toujours à la SFIO à son extrême-droite.Il n'arreta pas  decalomnier  Guingouin quand il  fut attaqué pour des exactions imaginaires ! Fraternellement    marcel-francis KAHN

15/04/2013, 21:35 | Par Gilbert Moreux

Au sujet de la saga  de Guingouin dont on repasse le film ce soir à Médiapart je crois utile de rappeler quelques faits historiques.

Pour Guingouin il y a une confusion  entre clandestin et résistant : s'il est bien un clandestin dès 1940, cette qualité n'en fait pas pour autant un résistant.

Il n'a pas pris les armes  dès 1940 . Son premier attentat date de décembre 1942 (sabotage d'une moissonneuse à Eymoutiers).

À noter aussi que selon un document de la commission des cadres du parti communiste, Guingouin était favorable au pacte soviéto-nazi.

La vérité voudrait qu'Eddy Plenel s'informe sur ces faits.

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