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Malheur aux familles étrangères

Abbes, père de deux fillettes françaises: bon à expulser!

Ping, père de deux fillettes dans les Yvelines: bon à expulser!!

Madame Berisha, mère d'un garçonnet élevé à Lyon: expulsée!!!

 

Trois situations relatées cette semaine par le Réseau Education Sans Frontières (RESF).

 

"Maryam, petite fille de 3 ans, Française par naissance, s'est rendue la semaine dernière accompagnée de sa mère et de sa petite sœur Sarah Malika, à la prison pour étrangers de Vincennes. Que peut bien faire une famille française dans un centre où sont retenus les étrangers considérés comme "indésirables" aux yeux des préfets ? Depuis le 28 septembre 2010, Abbes ZAOUI, le papa de Sarah Malika et Maryam y est enfermé sur décision du préfet des Hauts de Seine".

Etant le père d'enfants françaises qu'il élève avec leur mère, il a droit à un titre de séjour, ce qui semble la moindre des choses. Et pourtant, il est en voie d'expulsion.

"[Il] a été présenté le 9 octobre au consulat d'Algérie à Nanterre pour que soit délivré à l'administration française le laissez-passer qui le conduira contre son gré vers l'Algérie, une destination qu'il n'aura pas choisie. Lors de la visite au centre de rétention, Maryam a refusé de partir et c'est en larmes qu'elle a été séparée de son père. Elle ne dort plus depuis deux jours, littéralement tétanisée à l'idée de ne plus revoir son père. (…) Aussi invraisemblable que cela soit, il ne reste plus à cette famille que [la] mobilisation pour lui permettre de rester réunie. (…)

L'Assfam (l'association chargée d'aider les retenus pour accéder aux maigres droits que leur reconnait encore la loi, ndlr) a saisi la défenseure des enfants hier. Le maire de Clichy Sous Bois a intercédé en sa faveur aujourd'hui auprès de la préfecture et du consul. La mobilisation de l'école est en cours".

On en est là en ce 14 octobre 2010.

 

Encore le 14 octobre. "Ping et Limei Yang sont Chinois, arrivés en France il a plus de huit ans. Ils s’y sont rencontrés, se sont plu, se sont mariés et ont eu deux enfants, Claire qui a maintenant 4 ans et Céline qui en 2. La vie banale et heureuse d’un jeune couple qui s’aime, travaille, élève ses enfants. (…)

Le 5 octobre, Ping Yang s’est rendu en forêt pour ramasser des châtaignes. Ce n’est pas un délit ! Il s’est pourtant fait contrôler, arrêter, placer en garde à vue, fouiller puis emprisonner au centre de rétention de Plaisir (ça ne s’invente pas !). Une décision de la Préfète des Yvelines qui, comme tous les préfets du pays, reçoit en début d’année un nombre d’expulsions à réaliser, à l’unité près. Et qui se fait rappeler à l’ordre et menacer de ne pas percevoir sa prime de 60 000 deniers.

Voilà pourquoi deux fillettes de 2 et 4 ans risquent de perdre leur père, expédié à l’autre bout du monde. A n’en pas douter, elles et leur mère auront une vie extrêmement difficile. Quant au père, Ping Yang, il va en baver aussi. La Chine emprisonne ceux qui sont expulsés. Puis, quand il sortira de prison, il fera ce que tout individu digne d’estime ferait dans sa situation : il fera l’impossible, prendra tous les risques, s’endettera pour des années pour revenir retrouver sa femme et ses enfants".

 

Toujours le 14 octobre. "Skiffter, arrivé en France à l'âge de quatre mois et demi, suit sa scolarité à Lyon, d'abord en école maternelle et maintenant au CP à l'école Michelet dans le 2ème à Lyon. Arrêtée en septembre avec son fils, Madame Berisha et l'enfant ont passé 48 heures au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lyon. Ils en sortent le 18 septembre car le Juge des Libertés, celui dont la future loi Besson veut réduire l'action, ordonne leur libération. La Préfecture fait appel de cette décision insupportable pour elle ! Le 22 septembre, à l'issue de l'audience, la police arrête Madame Berisha sur son lieu de résidence et la conduit au CRA où elle est enfermée, sans son fils cette fois !

Madame Berisha, a été expulsée mercredi 6 octobre au matin alors que la cour d'appel devait statuer sur le refus du titre de séjour le lendemain, 7 octobre. Personne n'a été prévenu de cette expulsion, ni la famille, ni même l'avocate, ni le juge (qui a découvert cette expulsion à l'audience !).

L’expulsion a eu lieu malgré les conclusions du rapporteur de la République - que l'avocate a pu consulter dès mercredi après l'expulsion et qui sont favorables à Madame Berisha, puisqu'elles estiment que la préfecture "a fait une erreur substantielle en rendant une ordonnance illégale et qu'en conséquence, il devait y avoir injonction faite de délivrer des cartes de séjours au couple Berisha". Madame Berisha doit en effet avoir en France un suivi médical rigoureux ; monsieur Berisha a besoin de soins, également impossibles au Kosovo. Le préfet avait tout simplement confondu la Serbie avec le Kosovo! Un détail....!

Madame Berisha et son mari sont des Albanais du Kosovo. Ils l'ont fui à la suite de violences.".

 

A voir ce que l'on peut déjà faire avec la loi actuelle sur les étrangers, on se demande s'il est bien nécessaire de chercher à la "perfectionner"...

 

Martine et Jean-Claude Vernier

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Je lis et ce ne sont pas que des noms, il y a des personnes qui souffrent de cette folie; cela me revolte; merci de les citer: merci de faire le guet; merci de militer... D'ici ces situations me semblent lointaines et proches á la fois, c'est rageant. Et c'est surtout contraire aux droits de l'homme de séparer des familles.

La seule solution est de déchoir un fils de Hongrois qui a été bien content que la loi Besson n'existe pas quand il est arrivé.

- Monsieur Zaoui est repassé devant le Juge des Libertés et de la détention (JLD) le 15 octobre: "je vous prolonge (en rétention, ndlr) en espérant que pour vous, parent d'enfants français, les choses vont s'améliorer, puisque la défenseure des enfants est prévenue; ce sera peut être moins long". M Zaoui retourne en rétention à Vincennes. C'est son 18e jour qui commence. - Ping Yang a été libéré par le JLD: "A18h00, quelques minutes avant le parrainage à la mairie du 11e de Mme Yang et de ses deux petites filles Claire et Céline, nous apprenions la libération de M. Yang. Un immense merci à tous ceux qui sont intervenus pour que cette victoire soit possible : les élus (de Bruxelles au 11è arrondissement !), les militants, et bien au-delà les citoyens qui n'acceptaient pas qu'une telle infamie soit commise en leur nom. Un merci particulier à RESF78 qui nous a épaulé tout au long de ces 10 jours difficiles. Tout n'est pas gagné, Ping et Limei Yang ne sont pas régularisés, Ping a un APRF tout frais qui n'est pas annulé pour autant. Mais ce soir, on est soulagé ... on continue !"

Merci pour les nouvelles fraîches, la mobilisation est souvent porteuse de bonnes nouvelles, mais pas toujours malheureusement.

L'article (en lien dans le billet) dit : "Au cours des six jours (et nuits) de débats, l'opposition n'a pas fait le plein pour dénoncer ce texte, pourtant jugé «dangereux» pour les uns, «mortifère» pour les autres, mais aussi «contraire aux principes constitutionnels et au pacte républicain»."

À gauche : LA HONTE.

 

Voilà qui me rappelle comment Ségolène Royal a été absente et n'a même pas délégué son vote, au moment où l'Assemblée où elle était députée votait la première mouture de la loi sur le CESEDA (code d'entrée et de séjour des étrangers et demandeurs d'asile). Ses ambitions présidentielles l'occupaient trop pour qu'elle se penche sur le triste sort des étrangers ou se préoccupe des droits de l'Homme en France.

LA HONTE (bis)

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