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C'est fait, monsieur le Préfet

Plus fort que “coupable avant d'être jugé”: un groupuscule privé s'arroge le droit d'exécuter lui-même une décision du tribunal administratif, alors même qu'elle est suspendue par l'appel en cours.

 

5 septembre 2009. Le maire de Billère (14000 habitants), commune limitrophe de Pau, inaugure une fresque urbaine baptisée "Mur des expulsés", pour rappeler aux passants le sort des enfants étrangers expulsés avec leurs parents faute de titre de séjour. L'intention du maire, nous dit le RESF, "était d'entraîner d'autres maires de France à créer des lieux de mémoire ou de lutte, qui rappellent aux citoyens que des familles sont en danger en France, que RESF existe et se bat au quotidien auprès des enfants et de leurs parents sans-papiers, que des élus se joignent à ce combat, et refusent l'inacceptable".

Un groupe d'extrémistes du Bloc identitaire, venus de Bordeaux, viendra perturber la cérémonie.

Le préfet de Pyrénées Atlantiques assigne aussitôt le maire de Billère en référé pour être, selon lui, sorti de son "devoir de neutralité" vis-à-vis de la politique gouvernementale. Il demande au tribunal de l’enjoindre de « cacher à la vue du public par tous moyens » le Mur des expulsés.

 

Octobre 2009. Le mur étant déjà érigé, le juge de l'urgence déclare la requête en référé irrecevable.

Le préfet poursuit sa contestation devant les juges du fond.

 

Janvier 2010. Le tribunal administratif prononce l'annulation de la décision du maire et ordonne l'effacement de la fresque, sans toutefois préciser de délai.

Le maire interjette appel, ce qui suspend l'exécution du premier jugement.

 

Mai 2010. Un groupe du Bloc identitaire vient asperger de peinture blanche le Mur des expulsés "pour rappeler qu'il faut exécuter la décision de justice". Ils filment leur action et diffusent la vidéo.

Le maire a fait nettoyer la souillure sans tarder, et l'affaire n'en restera pas là.

 

Au delà du ping-pong juridique entre maire et préfet, la nouveauté est le commentaire inscrit sur la couche de peinture blanche: "C'est fait, M. le Préfet".

 

Le 23 septembre 2009, dans une autre affaire, le premier personnage de l'Etat lançait son désormais fameux « Après deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont décidé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel ». Déclarés coupables avant que leurs actes aient été jugés.

Doit-on alors s'étonner qu'un groupe de particuliers s'estime en droit de contrevenir au déroulement normal d'une action judiciaire en cours? Plus encore, qu'il prétende ainsi « rendre service » au préfet?...

 

Martine et Jean-Claude Vernier

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"Le préfet de Pyrénées Atlantiques assigne aussitôt le maire de Billère en référé pour être, selon lui, sorti de son "devoir de neutralité" vis-à-vis de la politique gouvernementale. Il demande au tribunal de l’enjoindre de « cacher à la vue du public par tous moyens » le Mur des expulsés".

Depuis Pétain personne n'a osé opposer à un élu municipal, par définition politique (d'ailleurs sous le maréchal c'était plus simple : il n'y avait plus d'élus !), son "devoir de neutralité vis à vis de la politique gouvernementale". Un maire n'est pas un fonctionnaire d'autorité soumis au devoir de réserve. Que le tribunal administratif embouche la même trompette, c'est le comble ! Rideau sur la démocratie !

Ce même préfet des Pyrénées-Atlantiques poursuit pour outrage à représentant de l’État six citoyens ordinaires qui, en 2008, s’étaient indignés dans un courriel du placement d’enfants en rétention.
Ces personnes, qui viennent de Haute Savoie, de Savoie, du Val d’Oise, des Charente-Maritime et du Rhône, sont convoquées au tribunal de Pau le 10 juin.

dompacoud

Oui l'attitude de ce préfet rappelle l'attitude des préfets de Pétain, et le comportement de ce groupuscule rappelle le comportement de la milice. La France est revenue aux heures sombres du régime de Vichy. Rien d'étonnant: les conseillers du Prince sont des admirateurs de Charles Maurras.

Des questions se posent : Où en est la démocratie en France ? La liberté d'expression ? Le délit d'opinion...Incroyable que ce Préfet soit maintenu en place !

Un jour nos enfants et petits enfants nous poseront des questions en apprenant l'histoire : Pourquoi vous n'avez rien fait pour empêcher ces injustices ?

Ce rappel de faits montre combien notre pays glisse vers un "néo-vichysme"...

Atterrant.

A Velveth.

Nier le pouvoir d'un Maire, d'un élu des citoyens, c'est agir dans la pratiques et l'esprit d'une idéologie totalitaire. Cette posture préfectorale constitue l'émergence d'un phénomène, jusque là, difficilement identifiable, mais qui prend forme petit à petit depuis la ''grande trouille'' qu'à fait naître Mai 68 dans la bourgeoisie et ses représentants.

 

"CRS ! SAC ! CDR ! Il EST POURRI L'ETAT UDR'' ! Pouvait-on entendre à cette époque. "MEPRIS ! EXPLOITATION ! RACISME ! VIOLENCE !" (Et j'en passe...) devrions nous scander à l'encontre du continuum politique pervers qui se nommait hier RPR, aujourd'hui UMP, demain ... Allez savoir ? Mais dont le seul objectif est, de toute évidences, de fournir et encadrer les ''hommes liges'' du libéralisme.

 

Ne serait-il pas temps que les citoyens les plus informées, les plus aptes à ouvrir et animer le débat, les plus en position de faire entendre leur voix et de servir de relais à celle de la majorité des habitants de la France, commencent un ETAT DES LIEUX DES DEVASTATIONS politiques, économiques, sociales et morales qu'inflige au pays, depuis des années, le pouvoir RPR/UMP.

Un état des lieux des dévastations. Le collectif "Cette France-là" vient de l'entrependre pour la politique relative aux migrants. Ce qui n'est pas marginal par rapport à votre souhait: la condition faite aux migrants, à leur travail et à leur famille est au coeur de la maladie de notre société - dont la responsabilité ne concerne pas seulement l'UMP/RPR/...

Au-delà de l'important travail réalisé par le collectif "Cette France-là", il serait peut-être intéressant, comme y invite Guy Meunier, de lancer l'idée d'un équivalent du "Tribunal Russel" pour juger de toutes les "dévastations" commises par le néo-libéralisme depuis 30 ans.

Avec grands témoins, procureurs, avocats...

A fouiller.

La communauté Emmaüs de Pau-Lescar a décidé de faire recréer l'oeuvre, par les trois jeunes peintres de la fresque originale, sur un wagon en stationnement sur un parking qui lui appartient, en pleine vue des automobilistes provenant de l'autoroute A64. La fresque a été dévoilée samedi [19/02/2011] en présence d'une centaine de personnes, dont Jean-Yves Lalanne. "En France ceux qui soutiennent les dictatures sont aussi ceux qui organisent les expulsions", a dit le maire de Billère.

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