Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Indésirables en France, de 2 à 102 ans

Un enfant de deux ans qui ne peut pas rentrer de vacances au pays avec ses parents. Un homme âgé refusé dans une maison de retraite faute d'un titre de séjour valable 10 ans. Et les travailleurs immigrés retraités sur qui pèse de façon prioritaire le soupçon de fraude aux secours sociaux.

 

Alors que les travailleurs sans papiers, soutenus par syndicats, mouvements politiques, associations, cinéastes et autres personnnalités, continuent une lutte exténuante pour obtenir une évolution réaliste du droit au séjour, la persécution des étrangers sans papiers se banalise en se tournant vers les "improductifs".

 

Ephraïm, 2 ans, que ses parents avaient imprudemment emmené en vacances au pays sans prendre garde aux tampons autorisant son retour en France, va enfin avoir un visa de retour, après 9 mois d'efforts de la famille et de ses soutiens! Récit du RESF (Réseau Education Sans Frontières):

"Une délégation de douze personnes, composée de deux élus de Champs sur Marne, du maire de Mitry-Mory, d'une conseillère régionale Front de Gauche, de membres de RESF et des parents du petit Ephraim est allée à la préfecture de Melun, dans l'après-midi, pour débloquer la situation et faire revenir, le plus vite possible, l'enfant en France.

Après quelques heures d'attente et de multiples rebondissements, nous avons obtenu un rendez-vous avec la secrétaire générale de la préfecture à 16h. Devant le complément d'informations apporté par les parents, nous avons obtenu satisfaction: fax au consulat de Rabat, où se trouve actuellement l'enfant, afin qu'il délivre un visa pour le retour d'Ephraim.

Grande satisfaction de tous et immense joie des parents qui attendent ce retour depuis 9 mois maintenant. Je tiens à signaler quand même que nous avons été "encadrés" constamment par dix fonctionnaires de police: sept en tenue, un commissaire et deux officiers des renseignements généraux."

 

Ces jeunes ouvriers nord-africains qu'on allait chercher pour les projeter au coeur des "trente glorieuses" ont maintenant l'âge de la retraite, et des ressources à l'aune de leurs maigres salaires d'alors. Certains choisissent de finir leur vie ici et vivent dans des foyers. Il semble bien qu'ils sont ces temps-ci la cible privilégiée des contrôles des organismes sociaux. Le GISTI, association experte des droits des étrangers, alerte:

"Le collectif Justice pour les chibani-as et les associations signataires dénoncent l’acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d’allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis. Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.

Dans un climat de mépris généralisé vis-à-vis des habitants des foyers, se répandent les contrôles discriminatoires et les demandes abusives de certaines caisses de sécurité sociale (CRAM, CAF, MSA) aboutissant à des redressements et des suppressions de prestations insupportables pour des personnes en situation de précarité".

 

C'est peut-être pour éviter la curiosité malencontreuse des administrations qu'une maison de retraite de la région parisienne exige d'un client étranger en séjour régulier qu'il puisse produire un titre valable dix ans. Récit de La Cimade:

"Nous avons reçu monsieur K., de Guinée Konakry, titulaire depuis cinq ans d'une carte renouvelable, pour raisons de santé. Il est venu pour nous informer que la maison de retraite ... ne pouvait le prendre car il n'avait pas de carte de résident (valable 10 ans).

J'ai téléphoné à cet établissement qui m'a confirmé le refus.

Renseignements pris, il faudrait que monsieur K. essaie de demander une carte de résident (il a 68 ans) avant le renouvellement de sa carte de séjour 'santé'. Il a de bonnes chances de l'obtenir (deux opérations à coeur ouvert + ressources), il faudrait joindre au dossier une attestation de la maison de retraite attestant la nécessité d'avoir une carte de 10 ans pour l'admission."

 

Martine et Jean-Claude Vernier

--

Les billets récents de Fini de rire sont ici et le sommaire complet est .

Pour être informé par courriel de la mise en ligne des nouveaux billets, nous contacter .

Tous les commentaires

Il faudrait une fois pour toutes admettre un fait économique, non politiquement correct peut-être, mais réel. La France n'a pas ou n'a plus les moyens de ses politiques sociales, ses CMU, RSA, ALLOC, RMI etc .. en tous genres .... distribuées sans examen réaliste des conséquences budgétaires pour les régions, départements ou etat.

Et ce n'est pas la suppression du bouclier, des tranches d'imposition supplémentaires, des suppressions de niches fiscales qui peuvent résoudre les fondamentaux de ce problème. Il manquera toujours un ou deux ordres de grandeur.

La barque est trop chargée, et donc depuis des années on rogne, on coupe (raisons fraude ou autres raisons, peu importe ) petit à petit pour que cela ne fasse pas trop mal etc ...

Par exemple, le RSA n'aurait jamais du être institué. La France n'est pas assez riche pour ce "luxe social" (et pourtant ma mère en a profité pendant 3 ans), ce fut un peu la goute d'eau qui va faire couler certaines barques départementales, même en pressant les hauts revenus, les revenus financiers etc ...

Il va falloir dans les années à venir savoir sabrer dans ces dépenses et tel un ménage surrendétté abandonné certaines dépenses intenables. (La CMU très couteuse devrait disparaitre, et laisser ce "besoin" aux "humanitaires" comme dans les autres pays).

On a trop souvent cru pour des raisons démagogiques que le "humainement souhaitable" devait forcer l'économie à s'adapter. Et bien non, ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent, ce serait plutôt l'inverse.

 

Cloclo

Une constatation sévère mais qui vous conduit à des conclusions hâtives et inacceptables.

J'ai l'intime conviction qu'une société qui rejette des pans entiers de sa population vers la misère est condamnée à changer. La société duale qui émergeait il y a trente ans s'est installée.

Changer les règles économiques, mais aussi les règles sociales. Nous sommes devant des "logiques" qui s'épuisent. La captation des richesses par une petite minorité devient intolérable. Des politiques sociales, comme le RSA, qui enferment les pauvres dans des ghettos, aussi.

Nous devons mettre toute notre énergie à rénover, tout en conservant les valeurs de solidarité, sans lesquelles nous nous dirigeons vers des violences beaucoup plus terribles que celles qui secouent nos banlieues déshéritées.

Mmmmm, sans toucher au capital :

Environ 75 milliards d'euros de niches fiscales (dont la majorité ont une utilité réelle, mais beaucoup sont discutables) par an.

Déficit de la sécu : 24 milliards en 2009.

 

Pour les indemnités chômage, je vous rappele que pour en disposer, il faut avoir travailler. Donc c'est évidement pas un cadeau.

 

Qualifier le RSA de luxe social, avez-vous donc utilisé une quelconque drogue ? Les paradis fiscaux sont un luxe social (entièrement légal, je vous le rappele), certaines niches fiscales sont un luxe social, pour le RSA et le RMI, c'est plutôt la paix civile.

 

Si je vous comprend bien, votre maman a bénéficié du RSA (donc certainement aussi de la CMU, des indémnisations chomage et peut-être aussi du RMI) et vous auriez préféré qu'elle n'en bénéficie pas ?

Dans l'hypothèse où vous ne seriez qu'un troll involontaire (et vu l'arogance intelectuelle qu'il faut pour qualifier les technocrates de distributeur sans examen réaliste des conséquences...), vous pouvez contacter Endemol pour que votre histoire passe dans une de leurs émissions, histoire de filmer un de vos repas de famille. Et prevenez-nous de la diffusion de l'émission, je ne la manquerais pour rien au monde !

 

Mais j'ai du mal comprendre...

Monsieur K. n'est pas accepté parce qu'il ne pourra sans doute pas toucher l'aide sociale qui va permettre à l'établissement d'être payé. En effet, compte tenu du coût journalier (au moins 80 € soit 2400 € par mois), la retraite de Monsieur K. ne lui permet certainement pas de financer son hébergement.

Dans ces conditions, il y a un recours possible, le mécanisme d'aide sociale, s'il est démontrable que M.K n'a pas les ressources pour couvrir ses frais d'hébergement, ni descendants directs (enfants et petits enfants) qui peuvent payer dans le cadre de l'obligation d'assistance.

L'aide sociale n'est qu'un prêt consenti par la puissance publique (Conseil Général) , remboursable sur héritage (s'il y a un patrimoine).

Dans le cas d'un émigré, le délai d'instruction de l'aide sociale peut être très long. Il est en effet à craindre que les descendants soient difficiles à trouver et à questionner. Or tant que ce n'est pas trancher, pas d'aide sociale. Une forme de discrimination importante pour les Chibanis.

En ce qui concerne les maisons médicalisées ou de retraite publiques, elles ne sont pas en droit d'exiger un titre de résident. Un article du code de la sécurité sociale admet les titres d'un an. L'exigence d'un titre de résident (valable 10 ans) est contraire au principe de non discrimination entre français et étrangers. Il suffit d'avoir un séjour régulier.

@ cloclo

"Il faudrait une fois pour toutes admettre" que nous ne pouvons pas laisser au bord du chemin toutes celles et tous ceux sur lesquels nous nous sommes appuyés pour parvenir au niveau de "luxe" où nous sommes parvenus. Il ne s'agit pas, pour sauvegarder notre richesse, d'oublier les pauvres qui nous ont aidé à l'acquérir. Le voilà, le réalisme.

le "cloclo" c'est qui?

une taupe du ministère de l'intérieur?

il est payé pour écrire cette propagande?

évidemment s'attaquer à des enfants de deux ans ou à des personnes âgées ça ne pose pas de problèmes à des ultra-libéraux décomplexés, c'est à dire pour parler crûment, à des ultra-racistes qui affichent leurs opinions sur internet derrière des pseudos ridicules.

Monsieur "cloclo" vous auriez beaucoup à apprendre de ces gens colorés que vous méprisez, ils sont beaucoup plus tolérants et courageux que vous, et notre pays leur doit beaucoup.

 

"cloclo" c'est notre beauf' de droite, bien xénophobe, bien raciste (même s'il s'en défend bien sûr).

Il suffit de consulter un florilège de ses commentaires sur Mediapart pour comprendre l'étendue de la bêtise crasse touchant un certain électorat de droite.

Mais on l'aime bien, il nous aide à comprendre comment certains politocards arrivent à se faire élire avec des thèmes bien populistes : « les arabes et les noirs sont entretenus avec les allocs payées par les bons français, les pauvres coûtent chers », etc.

 

"nous avons été "encadrés" constamment par dix fonctionnaires de police: sept en tenue, un commissaire et deux officiers des renseignements généraux."

Pour un enfant de deux ans, que de mobilisation policière.... Pas d'économies de ce côté, bizarre.

Et bravo à l'autre mobilisation !

"La France n'a plus les moyens... " (Cloclo). La France? Johnny Halliday? Liliane Bettencourt? Didier Pinault-Valenciennes? Bernard Arnaud? Total et les autres? La France? Le budget de l'Elysée? Les retraites des élus? Les bonus, les stock-options, les niches, les prébendes, les jets privés, les diners ostentatoires, Versailles, les chateaux, ... De quelle France nous parles-tu, mon Cloclo? De TA France? Celle dont le fric et l'esclavage s'étale au grand jour, de maniére provoquante et méprisante? C'est pas la mienne...

Daniel, 3 ans, revient du centre de loisirs avec son père. Celui-ci fait un détour pour s’acheter des cigarettes. Il est environ 17 heures, nous sommes le jeudi 22 avril 2010. Quand ils sortent du bureau de tabac, la police les attend près de la voiture : contrôle des papiers du véhicule, de l'identité de monsieur. Les papiers du véhicule sont en règle, pas ceux de monsieur. Cela ne fait ni une, ni deux, en policiers zélés ils poussent tout le monde dans le fourgon : le père et le petit de 3 ans. Quelques instants plus tard au commissariat de Juvisy : Daniel est seul avec son père dans une pièce vide. Son père est assis sur une chaise, menotté à cette chaise. Les policiers laissent l’enfant une vingtaine de minutes avec son père puis viennent le chercher. Le petit ne comprend rien. Séparé de son père, il est terrorisé. Il pleure . Il fait ses besoins dans sa culotte. Pendant ce temps, ils ont appelé la maman : qu’elle vienne chercher son fils immédiatement sinon ils le confient à un organisme. Lequel ? Elle ne sait pas, elle ne retient pas le nom mais elle comprend qu’on la menace de la séparer de son fils. Elle est à plus d’une heure de trajet de Juvisy. Elle arrive affolée, angoissée au commissariat vers 19h. Cela fait deux heures que l’enfant est avec les policiers.

Rectification:

J'ai indiqué ci dessus que ma mère avait bénéficié du RSA, c'est APA (Allocation personnalisée d'autonomie) qu'il fallait lire.

Cette allocation est réputée avoir été lachée dans la jungle des mesures sociales, sans études préalables de son coût, et les départements et régions en crèvent.

 

Newsletter
Je m'identifie