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Géorgie: jusqu'à quand Kouchner se taira-t-il?, par Gilles Hertzog

Après l'analyse d'Alain Joxe (à lire ici), vendredi, Mediapart poursuit le débat sur la crise géorgienne. Gilles Hertzog, éditeur et rédacteur en chef de la revue La Règle du jeu, dirigée par Bernard-Henry Lévy, était justement en Géorgie avec l'écrivain, dont la publication d'un reportage dans Le Monde a été fortement contestée. Gilles Hertzog nous donne son point de vue.

 

 

«Revenons sur cette affaire de Géorgie et sur la position, en particulier, de la France.
Tout commence au sommet de l’OTAN à Bucarest en avril dernier.


Soutenues par les Etats-Unis, la Géorgie, son meilleur élève démocratique, et l’Ukraine sont toutes deux candidates à entrer dans l’OTAN pour se mettre – face au puissant empire russe de retour, estiment-ils, à ses vieux démons – sous le bouclier occidental, comme l’ont fait avec succès, du temps d’Elstine, il est vrai, les pays baltes et la Pologne. Mais la France et l’Allemagne s’y opposent, arguant qu’on ne peut intégrer un pays, la Géorgie, en proie au séparatisme ossète et abkhaze, tant que ce problème ne sera pas résolu. Kouchner triomphe : nous avons tenu tête aux Américains.

 

Aux Américains, oui, mais pas aux Russes. Qui comprennent 5 sur 5 : la petite Géorgie ne sera pas protégée. Saakhachvili, le président géorgien, inverse alors ses priorités : pour rentrer dans l’OTAN, il faut d’abord en finir avec ses deux séparatismes, récupérer les provinces dissidentes (manu militari, car toutes les tentatives politiques, octroi d’une autonomie quasi totale, ont été repoussées sans appel).


Puis les choses en restent là. Sauf que, doigt pointé en plein cœur de la Géorgie, les Ossètes du Sud (3500 km carrés, 70.000 habitants munis de passeports russes, un président auto-proclamé depuis la première guerre séparatiste de 1993), pur confetti rattaché jadis par Staline à l’Ossétie du Nord, en Russie, de l’autre côté du Caucase, multiplient les provocations armées contre les rares villages géorgiens non épurés en 1993, à l’instar de l’Abkhazie sur la mer Noire, l’autre province sécessionniste pro-russe, qui chassa par la terreur 200.000 Géorgiens et en tua 3000.


Saakhachvili ne cesse d’avertir les Occidentaux, qui font la sourde oreille.


Dernière provocation ossète en date : un attentat, le 3 août, à Tskinvalli, la « capitale » (10.000 habitants) de l’Ossétie du Sud met le feu aux poudres.


Saakhachvili, en cure d’amaigrissement en Italie et qui se préparait à aller en famille aux J.O. de Pékin, rentre précipitamment à Tbilissi, apprend que les Russes massent en Ossétie du Nord, à l’entrée du tunnel Roky qui déboule en Ossétie du Sud, 350 chars et toute leur logistique, plus une division de parachutistes d’élite. Laisser faire ? Ce serait la fin de la Géorgie.


Malgré son infériorité patente, et après des mois de préparation avec des conseillers américains (500) et probablement leur aval, la puce géorgienne (22.000 hommes, à peine d’aviation et de blindés, mais une foultitude de 4x4 et des uniformes flambant neufs fournis par l’Amérique, plus quelques drones israéliens) lance dans la nuit du 8 août ses troupes en Ossétie du Sud pour bloquer le tunnel Roky, avant qu’il ne soit trop tard. Mais elles ne dépasseront pas Tskinvalli, stoppées dans un premier temps par les milices ossètes puis, au lever du jour, par un formidable barrage d’acier de l’artillerie et de l’aviation russes, qui prennent la relève. Finis les Ossètes, les soldats géorgiens se retrouvent face avec la troisième armée du monde.


Erreur de jugement, aventurisme ? Saakachvili a la réputation d’être impulsif. Avocat formé aux Etats-Unis (comme toute son équipe, ministres et conseillers, tous diplômés en Occident, pro-américains et pro-européens), s’est-il, tout seul, monté la tête ? A-t-il cru naïvement que les Russes n’oseraient pas perpétrer une violation sans précédent du droit international depuis l’Afghanistan, en attaquant un pays souverain, allié de surcroît de l’Amérique ? S’est-il fait piéger, et par qui ?


La déroute est totale, sans appel. Les soldats géorgiens fuient à pied ou en voiture, abandonnant leurs uniformes pour ne pas se faire canarder par l’aviation russe, abandonnant à leur sort, par la même occasion, les rares villages géorgiens non épurés en 1993. Militaires et civils, tous fuient, chacun se souvenant de l’épuration ethnique d’Abkhazie et de son cortège de morts.

 

Les Russes suivis sur leurs arrières immédiats par les milices ossètes, les partisans, plus les redoutables kontraknicki venus exprès de Tchétchénie, plus des Cosaques fanatisés, leur laissent faire le travail de nettoyage : pillages, viols, massacres se multiplient sur la population civile. Comme en Bosnie et au Kosovo, du temps des « frères serbes », comme en Tchétchénie, tous les témoignages des réfugiés sont formels : les barbares sont de retour.

 

A la guerre proprement dite, s’ajoute une guerre ethnique sans pitié. Bien entendu, l’Ossétie du Sud est hermétiquement bouclée : nul ne peut y rentrer (les rares journalistes qui traversent au petit matin les lignes russes endormies tombent immanquablement sur les irréguliers ossètes ou autres, juste derrière les Russes, et se font dépouiller de leurs caméras, de leur voiture, et rançonnés). Personne. A l’exception de l’organisation Human Rights Watch, déjà sur place, qui signale 47 morts et non le « génocide » dont parle à longueur de temps la propagande russe, Poutine en tête, comparant l’infortuné Saakhachvili à Hitler en personne.


Dans la foulée, les Russes occupent Gori, au sud de l’Ossétie (« Ici, c’est la Russie », déclare le général Borissov), coupant la Géorgie en deux (adieu investissements étrangers ; adieu croissance de 10% ; adieu redevances sur le pipe-line BTC, dûment bombardé).

 

Poussant leur avantage dans le vide, ils reprennent les gorges de Kodori en Abkhazie, coulent la mini-marine de guerre géorgienne dans le port de Poti, sur la mer Noire, bombardent toutes les bases géorgiennes. Ce travail accompli, ils envoient leurs colonnes de blindés se promener en plein jour sur l’autoroute de Tbilissi faire le plein d’essence dans les stations-service géorgiennes abandonnées…


Bilan : c’est la première fois depuis la fin de la guerre froide que les Russes attaquent à la face du monde un pays souverain.


Après vingt ans d’éclatement de l’URSS (« la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », dixit Poutine) et l’indépendance des pays baltes, de l’Ukraine, des républiques musulmanes d’Asie centrale et de la Géorgie, l’empire est de retour. Fort désormais de ses finances surabondantes, de son gaz et de son pétrole dont dépend toute l’Europe, il entend bien imposer sa loi, sous prétexte de protéger les minorités russophones extérieures (il y en a partout, à la périphérie de la Russie) et contraindre son « immédiat proche » à regagner de gré ou de force le giron russe et rompre une fois pour toutes avec la « tentation occidentale », sous la menace d’une intervention « à la géorgienne ».

 

Nouvelle forme, en effet, d’intervention « blanche », qui rompt avec les interventions brutales de jadis (Hongrie, Prague, Afghanistan). Plus besoin d’aller militairement renverser le récalcitrant à domicile, « ce fou qui vous a entraîné dans cette galère et ne vous protège plus », mais l’humilier suffisamment en faisant des ronds militaires en Géorgie même pour qu’il tombe comme un fruit mûr, sous la pression de son opinion publique désemparée (tout, y compris les Russes, plutôt que les milices folles, entend-on déjà parmi les réfugiés et même à Tbilissi). Le tout au profit d’une équipe « réaliste », dans la main du Kremlin.


Par ailleurs, last but not least, la leçon infligée aux Géorgiens annule de facto le projet occidental Nabucco, un pipe-line géant qui devait doubler le BTC.

 

Tout le pétrole et le gaz de la Caspienne et de l’Asie centrale devront désormais passer par les pipes russes, avant que la Russie elle-même ne réalise ses deux méga-projets, South Stream et North Stream en mer Noire ainsi que le gazoduc géant Russie-Allemagne sous la Baltique, évitant les pays baltes. Gazprom triomphe. L’Occident et ses « valets » locaux ne doubleront plus le grand-frère russe. L’affaire de Géorgie signe la fin de la récréation pour les ex-petits-frères soviétiques et, à terme, pour les Occidentaux, s’ils ne réagissent pas, la fin du libre accès au pétrole et au gaz non russes.

Que fait l’Occident devant l’échec du meilleur de la classe et la menace sur ses intérêts stratégiques ?


Il tempère, soucieux avant tout de ne pas provoquer « l’ours russe », au motif de ne pas lancer une nouvelle guerre froide. Quelque sympathie que l'on ait pour la petite Géorgie, on ne va pas mourir pour « cet enjeu microscopique » (dixit Kouchner). Et, embrayant à la seconde, la Realpolitik et ses nouveaux Norpois viennent en renfort exprès : après tout, et c’est bien naturel, les Russes s’intéressent à leurs marches extérieures, à leur « espace proche », aux minorités russophones.

 

Par ailleurs, ne les a-t-on pas provoqués en encourageant toutes ces révolutions démocratiques à leur porte, en Ukraine, en Géorgie et ailleurs, et plus encore avec l’entrée dans l’OTAN, « cette organisation de la guerre froide », des pays baltes et la candidature de l’Ukraine et de la Géorgie ?

L’Occident qui n’a pas voulu entendre Saakhachvili et éviter la guerre, se réveille en sursaut.
Premier arrivé à Tbilissi, le ministre Kouchner, après un tour symbolique à Gori non encore occupée, ville natale de Staline, soumet aux Géorgiens un plan en six points, qui prévoit un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes, l’intégrité territoriale de la Géorgie et le retour des Géorgiens chez eux. Le lendemain, Sarkozy, fort de sa présidence européenne et sans consulter ses pairs, prend ses partenaires de vitesse et rencontre Poutine et Medvedev à Moscou. Rédaction en trois heures d’un communiqué « commun », qui fait la part belle aux Russes.

 

Il n'est plus fait mention du retour des réfugiés ni de l’intégrité territoriale de la Géorgie ; instauration d’un périmètre de sécurité « raisonnable » (sans précision de la distance : 5 ou 50 km ?) autour des seules positions russes, dans l’attente de leur retrait au profit d’une force internationale (où eux-mêmes seraient présents…), discussion future du statut de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, comme si, de facto, elles ne faisaient plus partie de la Géorgie !


Bilan : Kouchner désavoué ; un cessez-le-feu « provisoire » dixit Sarkozy lui-même (que les Russes ne respecteront pas). En échange, et sans frais, ils obtiennent la reconnaissance de facto de leur occupation et le droit à protéger leurs minorités extérieures.


Dans la foulée, Sarkozy se rend à Tbilissi. Il y a urgence, est-il dit par la délégation française (Lévitte en tête) aux Géorgiens aux abois, mais qui se raccrochent, contre vents et marées, au soutien occidental, leur dernière planche de salut. Las, le couperet tombe. Signez le cessez-le-feu, sinon on ne pourra plus rien pour vous : les Russes sont à 50 km de Tbilissi et vous n’avez plus d’armée. Ne chipotons pas sur les détails, on verra plus tard à l’ONU, faites-nous confiance.

 

Sarkozy, on le sait, n’aime pas les faibles ni les perdants. N’avait-il pas confié à une poignée de journalistes dans l’avion entre Moscou et Tbilissi « qu’il comprenait les Russes », ajoutant un peu plus tard qu’il comprenait leur souci « de protéger leur minorité russophone [les Ossètes ne parlent pas russe mais iranien…], y compris à l’extérieur de leurs frontières » ? Hitler eût apprécié, réalisant l’Anschluss avec l’Autriche sur ce thème et avalant, via les Sudètes germanophones, la Tchécoslovaquie entière.


Bref, le fameux droit d’ingérence, théorisé jadis par Kouchner contre les pays totalitaires qui oppriment leur propre peuple, semble explicitement reconnu aux Russes, trop heureux de retourner contre l’Occident ses principes, en les inversant sans scrupule (les Kosovars étaient menacés de génocide ; pas les Ossètes, ni les Abkhazes). La meilleure protection des minorités, croyait-on naïvement 70 ans après Munich, n’est pas d’avoir un "grand-frère" extérieur qui les manipule à ses fins, mais de vivre dans un Etat de droit, avec toutes les garanties démocratiques afférentes (autonomie intérieure, langue propre, système éducatif, police, finances en propre, etc., sur le modèle catalan ou basque). Erreur. Retour à la case départ des bons vieux impérialismes tutélaires.


La mort dans l’âme, les Géorgiens signent. Un cousin de notre guide Gotcha appelle d’une zone occupée. Au portable, il filme en direct une scène de pillage : on ne lui passe pas Sarkozy. Qui refuse l’invitation à rejoindre au cœur de Tbilissi les présidents baltes, ukrainien, polonais, premiers visés par le nouvel expansionnisme "grand-russe". 150.000 personnes sont présentes. A n’en pas douter, le président français eût fait un triomphe churchillien, digne du voyage de Mitterrand à Sarajevo, et forcé, par la même occasion, la main des Américains. Mais, argue-t-il, « pas de discours avant les négociations ». Et il rentre sans plus tarder au cap Nègre. On ne froisse pas la puissante Russie.


Sur le terrain, la situation ne change pas d’un iota. « Words, words , words », pensent les Russes, qui ne connaissent que les rapports de force et n’en sont pas à « un chiffon de papier » près. Signer (ça ne coûte rien), faire traîner l’application du cessez-le-feu, et, tout en retirant quelques contingents symboliques, rester sous une forme ou une autre (y compris sous casque onusien ou comme « observateurs » OSCE) pour « protéger les populations amies ».

 

Les Géorgiens qui les connaissent bien (ils ont été occupés plus d’un siècle) ne cessent de mettre en garde nos diplomates : les Russes, disent-ils, sont étrangers à la logique occidentale, à l’affrontement rationnel, clausewitzien (sauf pour la guerre nucléaire, car, là, c’est le suicide mutuel assuré).


Les Russes, remettant de jour en jour leur retrait, bétonnent, au contraire, leurs positions. Medvedev, le président russe, déclare que l’Ossétie et l’Abkhazie ne retourneront jamais dans le giron « génocidaire » de la Géorgie. « Ce n’est pas parce que Saakachvili a signé que nous retirerons nos troupes, afin de maintenir l’ordre et protéger "nos" populations ».
L’empire est de retour, et tenez-vous-le pour dit.


Condoleezza Rice succède à Sarkozy à Tbilissi. Discours ferme : les Russes doivent se retirer sans délai. Son discours à peine terminé, une colonne de blindés russes s’avance à 40 km de Tbilissi. Bras d’honneur à chaud et en direct. « L’Amérique ?, nous avait dit le général Borrisov. Elle peut venir ici, nous la taillerons en pièces. Et d’ailleurs, ils ne viendront pas. »


Suprême perversité russe : nous avons signé le cessez-le-feu sarkozien, les Géorgiens aussi, on s’en tiendra donc là, et pas une concession de plus, pas de renégociation « élargie », à l’ONU ou avec les Américains. Merci camarade Sarkozy.


Quant à nous, Français, Sarkozy, passe encore. Président, il a oublié au fil des jours toutes ses promesses de campagne et ses engagements glucksmanniens. La Tchétchénie, le Darfour, le Tibet sont passés à la trappe de la Realpolitik la plus plate. Les promesses, il est vrai, n’engagent que ceux qui les croient.

 

Mais Kouchner le valeureux, l’idéaliste pragmatique, l’homme des boat people, du Kurdistan, du Kosovo et aujourd’hui de la Géorgie ? Jusqu’à quand se taira-t-il ? Jusqu’à quand, otage consentant d’un maître revanchard qui se complaît à humilier rétrospectivement ce que la gauche avait de meilleur, Kouchner se reniera-t-il pour un maroquin piégé ? Jusqu’à quand, ruinera-t-il sa belle et juste légende ? La coupe, apparemment, n’est pas pleine. A quand le geste que tous ses amis attendent ?»

Gilles Hertzog

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Bernard Kouchner, l'homme du Kosovo. Tout est dit. L'europe est sans doute morte à Sarajevo. Ce n'est pas la première fois. Pas un coup de feu pour démocratiser le Grèce, L'espagne, Le Portugal, la Pologne, la Tchéquie, les pays baltes et procéder à la réunification allemande. C'était l'Europe qui retrouvait son unité. Et puis la guerre en Yougoslavie, le bombardement de Belgrade. L'OTAN au lieu de l'UE comme si on avait oublié que la Grèce des colonels, l'Espagne franquiste, le Portugal de Salazar appartenait à l'OTAN. On nous a expliqué que l'indépendance unilatéral du Kosovo, ce n'était pas un problème. L'histoire longue nous montre que depuis la chute des empires Austro-Hongrois et Ottoman, le traçé des frontières en Europe est un sujet délicat. Il est des noms de villes en Ukraine qui laisse un gout de cendres et plus d'un serait surpris d'apprendre que les juifs de Transnistrie ont été massacré par les Roumains ce qui montre le caractère sélectif de notre mémoire. Le plus grand massacre en une seul journée a été commis par l'armée roumaine en 1941 dans la ville d'Odessa. Les Russes ont cru que l'Union Européenne serait la solution de leurs problèmes et un voisin pacifique. Il nous avait confié les clefs . Il se retrouve avec l'OTAN qui installe des bases militaires sur le Don. Notre problème est d'une simplicité biblique. L'incompétence Russe s'arrète à Stalingrad.

kairos Si l'Ossetie du sud est un "pur confetti" pour la Georgie, qu'en est-il de cette dernière pour la vaste Russie? De l'existence des confettis dans la géopolitique du XXI siècle?

Ce point de vue est un pur exercice de propagande comme les soviétiques et les chinois l'ont théorisé. "la Géorgie, son meilleur élève démocratique" Heureusement que le ridicule ne tue pas. Demandez à l'opposition georgienne ce qu'elle en pense! "pour rentrer dans l’OTAN, il faut d’abord en finir avec ses deux séparatismes" On a bien vu les moyens utilisés: Tanks pillonnant l'Ossétie, missiles Grad qui savent surement faire la différence entre les civils et les barbares ossètes. Voilà comment un démocrate traite ses "concitoyens" "Dernière provocation ossète en date : un attentat, le 3 août, à Tskinvalli, la « capitale » (10.000 habitants) de l’Ossétie du sud met le feu aux poudres." Les ossètes accusent les georgiens. Pourquoi un attentat dans "leur" capitale? "Personne, à l’exception de l’organisation Human Rights Watch, déjà sur place, qui signale 47 morts" Et vous nous parlez plus haut de "massacres"! Au fait, il semble bien qu'un génocide ce n'est pas forcément lié à un nombre de morts. Voir le Kosovo "350 chars et toute leur logistique, plus une division de parachutistes d’élite. " Là encore une légende démentie par les faits. Au fait, à quoi devait servir cette force? Envahir l'ossétie du sud? Pourquoi? Quel intérêt pour les russes à ce moment là? Et Poutine était lui aux JO! Oui nous l'avons tous vu. "Les Géorgiens qui les connaissent bien (ils ont été occupés plus d’un siècle) ne cessent de mettre en garde nos diplomates" Et certains racontent que Staline était georgien et fier de l'être. Qui a occupé qui? A la différence de BHL, l'auteur de ce billet ne nous parle pas de "choses vues", il ne dit même rien des "exagérations" de BHL. J'en deduis donc qu'il n'a lui aussi rien "vu". Il aurait bien pu rester au chaud à Paris et écrire cet article.

Quelles différences avec l'article d'Alain Joxe !! Il semble bien, comme je l'avais indiqué dans mon commentaire sur ce précédent billet, que l'analogie avec le Kosovo soit plus encore critiquable que ce que je pensais !

Bon soyons sérieux et prudents. Nous n 'allons quand même pas mobiliser pour le Georgie, agresseur patenté. Saakhachvili aura tout de même averti les principaux dirigeants européens qu'il allait procéder à une attaque, sinon, il faudrait effectivement l'enfermer avec une bouteille de whisky et un révolver. Il aura bien eu l'aval des USA, sinon il aurait mieux fait d'aller se coucher. Il aura en plus contacté la présidence européenne, voire le patron de l'OTAN sinon il ferait mieux d'aller rejoindre son étude d'avocat aux Etats-Unis. Enfin, quoi, on n'attaque pas militairement un territoire litigieux avec la Russie sans se rendre compte que cela risque de mener à la guerre ouverte. Toutes les raisons avancées par les stratèges et autres analystes sont acceptables : pipe line, gaz, contrôle russe,etc, etc... Mais tous les propos sur Poutine peuvent être lus à la loupe ; je crois pour ma part dangereux de lire un ancien conseiller en sécurité nationale des USA tenir des propos inacceptables et orduriers contre Poutine ; prendre Poutine pour Hussein, voilà le topo actuel. Pourquoi ? Je pense que la Georgie n'entre pas dans les priorités américaines ; son centre est bien le Caucase ; Caucase dont l'influence russe a toujours été très présente. La clé de lecture : les élections présidentielles américaines. Après la guerre contre la terreur, voici la guerre pour la démocratie rose ou encore contre le "fascisme russe" ( c'est ainsi que ZB qualifie la Russie) pour faire peur aux Amériques, pour faire en sorte qu'une nouvelle peur renaisse en Europe et aux Etats-Unis vis-à-vis de l'Ours russe, pour créer une tension telle que les électeurs iront voter pour Mc Cain. Les américains se contrefoutent de la Georgie. S'ils peuvent la négocier pour mieux fonder l'installation des missiles de longue portée en Pologne ( ou en Turquie), pourquoi pas ? Il faut saluer la position française, présidente de l'Europe, et la décision rapide de Sarkozy qui a retrouvé un principe de réalité géographique et une vision gaullienne des relations internationales et intra-Europe.

D'accord avec Spartel, d'ailleurs, pour la première fois de ma vie, je serais assez en phase avec les Russes, et dieu sait d'où ils viennent et le personnage qu'est Putine !! Mais ce n'est pas parce que un pays, la Georgie, se retrouve dans le camp occidental en tant qu'alliée géostratégique de poids qu'elle doit être soutenue à tous prix. Les bêtises de son dirigeant le condamne à être sous la domination Russe (j'allais écrire soviétique, un vieux réflexe mais qui ne demande qu'à se réveiller aussi en URSSIE -dyslexie voulue-) Je pense, mais je peux me tromper vu la girouette du personnage, que ce fut aussi la position de Sarko au début du conflit.

Après avoir lu les uns et les autres sur la Géorgie, les articles de Médiapart, Rue 89, Libération, Le monde, le Figaro, Marianne... je me dis que L'Union Européenne ferait bien de se doter d'UNE antenne Exclusivement "Diplomatique" et d'UNE armée à son service... Les Américains ne seront pas toujours là, ils ont d'autres proximités et d'autres problèmes. - Nous connaissons les Russes depuis des siècles... c'est vrai que ce qu'ils essaient de nous imposer, nous l'avons imposé ailleurs, nous avons découpé des frontières, partagé des pays en Afrique, au Moyen Orient... etc., l'Occident ne vaut pas mieux que l'Empire Russe que nous avons eu tort d'humilier, on a pas aidé Gorbatchev, Eltsine on se gaussait... et puis Poutine - Medvedev... on a fini de rire! Et comme dit Bernard Guetta, la guerre si elle doit éclater, ce sera aux portes de la Pologne, c'est à dire de nous tous. A mon sens, seule Angela Merkel devrait défendre l'UE. Elle parle russe et a une valeur politique que n'aura jamais Sarkozy, n'en déplaisent aux Sarkozystes !A suivre...

Jusqu'à quand Kouchner se taira-t-il ? Et tout cela pour un miserable plat de lentilles... Quant à Sarko, c'est bien le contraire, à lui j'ai bien envie de lancer la phrase avec laquelle Juan Carlos apostropha il n'y a pas longtemps Chavez: PERO, POR QUE NO TE CALLAS, Nicolas Sarkozy ? Merci à la rédaction pour l'historique qui m'a bien éclairée sur ce conflit!

les idéaux des lumières et l’idéologie néo réactionnaire au pouvoir à Washington! Gilles Hertzog, votre point de vue date un peu, nous ne sommes plus au temps béni de la guerre froide, où il fallait faire front comme les méchants communistes et l'Union Soviétique. La mondialisation libérale n'apporte ni le bien être, ni la liberté, ni la démocratie, mais les travailleurs pauvres dans les pays développés, et exploite sans état d'âme la misère des peuples en développement. La démocratie recule partout au nom de la lutte contre le nouvel ennemi sans qui les gouvernements néo conservateurs américains ne savent pas vivre. L’avantage de créer un ennemi, le bien contre le mal, le terrorisme international, c'est d'entretenir un sentiment d'insécurité et un besoin d'Hyperpuissance et de Alliance Atlantique! La France, les pays européens, n'ont pas d'ennemis, ni la Russie, ni aucun autre pays au monde. Nous avons au contraire la chance de nouer des liens étroits avec une puissance la Russie, qui nous permettront d'assurer notre indépendance à l'égard de l'Hyperpuissance et de ses exigences tant économiques que sociales, politiques ou militaires. Non les Etats Unis de Bush ne sont pas un modèle de démocratie et ne défendent ni la liberté, ni autre chose que leurs intérêts bien compris. Si certains croient béatement que le gouvernement de Bush combat pour la liberté, la démocratie et les droits de l'homme, comment peuvent ils ignorer la sale guerre d'Irak, le camp de Guantanamo où règne la terreur, la torture et l'humiliation, la sale guerre d'Afghanistan qui 7 ans après n'a apporté ni la stabilité, ni la démocratie et encore moins la paix. Comment des gens sérieux peuvent-ils penser que ce gouvernement de néo-cons, qu'est le gouvernement de G W Bush, aurait envie d'aider la Géorgie gouvernée par un des siens, corrompus et peu respectueux de la démocratie, soit dit en passant. Le gouvernement des Etats unis d'Amérique défend et promeut les intérêts de ses entreprises, des banques, ses intérêts stratégiques et ne s'intéresse à la liberté, à la démocratie et aux droits de l'homme que lorsque cela sert ses intérêts. Voilà la réalité, pas plus que pendant la guerre froide les Etats Unis ne bougeront le petit doigt, rappelez-vous Budapest en 1956, la propagande, on dirait aujourd'hui la communication américaine, poussait les Hongrois à la révolte. En Géorgie à ma connaissance peu de temps avant ce conflit, qui tombe bien pour Saakachvili, le peuple demandait sa démission. Voilà pourquoi, Saakachvilli a pris le risque d'attaquer l'Ossétie du Sud avec le résultat que nous regrettons tous, mais ne nous trompons, pas, qui veut se battre pour ce grand démocrate de Saakachvilli? Cher Gilles Hertzog ne confondez pas la réalité avec le phantasme de la guerre du bien contre le mal. Ne confondez pas les idéaux du siècle des lumières avec réactionnaires des néo-cons au pouvoir à Washington. Jean Bachèlerie

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Ce "point de vue" de Monsieur G. Hertzog est très instructif, parce qu'il illustre les dangers qui menacent le devenir de l'Europe. M. Hertzog a exposé de façon ouverte les aspirations idéologiques de la droite extrème, à ce que l'OTAN (sous la direction des USA) se substitue à l'Union Européenne, pour le règlement des conflits sur notre continent, suprématie de l'OTAN qui pourrait conduire à la désagrégation de Notre Union Européenne. Mais bien que M. Hertzog ait dégainé son épée, il n'ose pas écrire, en toutes lettres, qu'il appelle, comme l'espérait Saakhachvili, à une intervention militaire de l'OTAN contre la Russie (soviétique pour la circonstance). "L’Occident (???) n’a pas voulu entendre (suivre) Saakhachvili"...(dans une guerre contre la Russie). Bien que contraint d'admettre la responsabilité de la Géorgie dans le déclenchement de cette guerre (mais en la justifiant par la légitime défense), ainsi que le fourvoiement de cette aventure politicienne dramatique, il reproche à Sarkozy d'avoir ruiné une occasion, pour l'OTAN, de s'engager dans une guerre en Europe (évoquant même, comme BHL, l’Anschluss!). "Sarkozy...refuse l’invitation à rejoindre au cœur de Tbilissi les présidents baltes, ukrainien, polonais, premiers visés par le nouvel expansionnisme "grand-russe", écrit-il. Mais ces présidents, de la droite extrème de l'Europe, au service de la suprématie de OTAN en Europe, se sont ingérés directement dans ce conflit, ignorant l'UE, alors que certains en sont membres !!! Surtout la Pologne, qui n'a pas soumis à l'UE, la question très grave de l'implantation de missiles nucléaires américains sur le territoire Européen. Bien sûr, M. Hertzog ne parle pas du sens des responsabilités, dans cette affaire, de la majorité des gouvernements européens, notamment de la RFA...qui nous ont évité une catastrophe. Aujourd'hui, lundi, le Conseil de l'Europe examine ce conflit. J'espère que l'UE condamnera les provocations militaristes dangereuses des extrémistes géorgiens et polonais, et proposera des solutions pacifiques responsables à ce conflit. Cela consolidera son unité et son autorité. Monsieur Hertzog , et Messieurs les va t'en guerre et marchands d'armes, l'Europe est fondamentalement une aspiration du pacifisme des peuples européens. Ces peuples désirent une Union Européenne démocratique, fraternelle et prospère, et rejettent une Europe livrée aux nationalistes militaristes belliqueux. C'est pourquoi, elle ne sera pas facile à détruire. Comme la République, qui n'est pas facile à détruire aussi.

Décidément, les articles des nouveaux spécialistes de l'histoire orientale ne prennent même plus la forme de la rigueur mirnimale. Notamment, M Hertzog débute son histoire au sommet de l'OTAN 2008 sans évoquer le passé entre la chute du Mur et cette année, c'est à dire 17 ans de manoeuvres occidentales dirigées par les Etats Unis pour attiser les nationalismes périphériques de la Russsiei et isoler et humilier cette dernière. La Russie a certes fait de graves erreurs pendant longtemps. Etait il justifié pou autant que le pouvoir américain déploye tous ses efforts pour le déstabliliser à ses frontières et y installer à grands frais ses affidés mégalomaniques plutôt que de dépenser ces sommes au développement ? La faute majeure dans cette région -comme dans tant d'autres - vient des erreurs de la stratégie américaine.

Vous insistez, comme la plupart des commentaires, sur les responsabilités, à vos yeux principales, des USA. Vous sous-estimez celles de la Russie en prétendant qu'elle a commis "de graves erreurs pendant longtemps". j'en conclus donc qu'aujourd'hui, à vous lire, elle n'en commettrait plus. Par ailleurs, vous avez l'air de penser que les "nationalismes périphériques" ne sont attisés que par les américains, comme si la Russie était totalement étrangère au nationalisme ultra-périphérique des abkases et ossètes. Quant à "isoler" la Russie et "l'humilier", quand on voit comment elle a pu écraser les Tchétchènes, avec la bénédiction de tous ou presque après septembre 2001 (voire même avant), cela laisse songeur sur le sens des réalités internationales... Si les relations internationales cessaient d'être lues avec des lunettes anti-américaines et anti-russes "primaires", on commencerait à y voir un peu plus clair

Il me semble que les propos d'Herzog rejoignent cette frange d'intellectuels-nouveaux philosophes et analystes qui voudraient se venger de l'Europe et de l'histoire du XXème siècle. Peut-être ne le savent-ils pas ? Ou ne se rendent-ils pas compte ? Une troisième guerre mondiale sur le sol européen, un déclin total de l'espace européen, une ethnisation des sociétés européennes, tout cela les remplirait de joie et confirmerait leur analyse sur la "vieille Europe". Tout dans leurs propos les ramène à ce délire d'en découdre, à "communautariser "la société, à faire en sorte que les européens se déchirent, à prendre systématiquement parti pour les néoconservateurs américains et à monter le bushisme au firmament de la pensée démocratique. Voire à souhaiter une guerre nucléaire. Une grande vigilance s'impose. Nous le savions déjà pour l'expédition en Mésopotamie 2003. Le cercle se rapproche. C'est le sol européen qu'ils voudraient voir en flammes. Ils ne céderont sur rien, la fin justifiant les moyens ( mensonge, corruption, intimidation, procès...) Les idéaux de l'Union et des résistances gaullienne et républicaine leurs répondront.

Un plaisir de vous lire, Spartel. Vous avez écrit de façon remarquable, ce que je pense aussi.

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