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Oct

MEDIAPART

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que peut bien écrire le poète privilégié ? (Antjie Krog) (15)



Avec Florent, on cherche sur Internet l’avis préconisant le maintien des étrangers en rétention illimitée, l’avis porte un numéro, 44/2014, le chercher en grec, tâtonner, avancer un peu, 2255/23.5.2014, trouver sur le site du conseil grec aux réfugiés une page en anglais et le nom en anglais de l’instance qui a publié l’avis, the Legal Concil of the State. Conseil d’Etat, a-t-on dit jusque-là. Ordre légal, traduisait Maria. Alexandra, doctorante à Paris II, contactée par Florent, nous dit que le ΝΣΚ, Nomiko Sumboulio tou Kratous, Legal Concil of the State est «un service de consultation juridique et représentation juridictionnelle de l'Etat grec, un équivalent centralisé des différentes délégations ou services juridiques que l'on peut trouver au sein des ministères français».

C’est donc bien d’un avis qu’il s’agit, gnômodotisi, il n’est pas contraignant, ce n’est pas un acte juridique, on ne peut en faire appel devant la cour de justice européenne qu’en cas de litige. Dans la soirée Myrto trouve le texte de l’avis sur Internet, le voici :

vous n'avez pas visité Mikonos ? (14)


retour au camp de rétention de Corinthe, la chaleur, toujours la même, la première personne qu’on rencontre, alors qu’on avance, après la gare, dépassant le carrefour market et le Lidl, vers ce qui nous semble être un camp, le camp, le mur d’un camp en tout cas, marqué de l’interdiction de photographier, la première personne qu’on rencontre est un homme pressé, sac à dos sur une épaule et sac plastique bleu au bout du bras
on pense qu’il va au camp de Corinthe, lui aussi. On a fait des erreurs d’interprétation ces derniers jours alors on est circonspect, on avance, accablé par la chaleur, silencieux

ce n'est pas une loi, ce n'est pas une circulaire, ce n'est pas... (13)


quitter K, Maria S et Vaggelis G, mardi soir, avoir entendu d'eux, qui en souffrent, ceci, qui m'est aussi insupportable : tout le monde s'en moque. Tout le monde s'en moque ou fait comme s'il s'en moquait. Nous qui avons un peu de temps de pensée, quelque disponibilité, nous ne parvenons pas à tout mettre en œuvre pour empêcher les conséquences dramatiques et inhumaines d'un monde volontairement, programmatiquement, coupé en deux


la Grèce, Grèce porte et trou, fossé des migrants qui n'y échappent plus. La Grèce -prison

Panepistimou (12)

cette scène : panepistimou, avec Vincent, retour de chez Ianos , erreur sur le numéro de la rue Ippocratou, 207, on a marché, marché, on a raté la jeune coiffeuse qui devait nous parler de ses conditions de vie depuis 2010

gueules cassées (11)

les blocs de temps, être dans le bloc qui ne passe pas, tenir les blocs précédents dans les mains la gorge, la bouche

monter en haut du Lycabette pour voir la ville en entier, comprendre le sud, le nord et comprendre aussi que l'orientation dans les langues et dans les sons, les notes, c'est un peu (pour moi) du même ordre : en haut, en bas, à droite, en montant, c'est la même perte dans l'espace et dans la voix, articulée ou non articulée

et alors tu deviens fou (10)

Y raconte qu'administrativement elle n'était pas en règle. Elle n'avait pas payé quelque chose qu'elle devait payer. Elle se rend au bureau concerné  : qu'est-ce que tu viens nous emmerder avec tes conneries ? Personne ne fait ça. C'est vrai, personne ne fait ça. Y insiste et on finit par régler le problème, Y paye ce qu'elle doit. Les types de l'administration sont méfiants : ils soupçonnent une ruse. Une ruse quand tu veux être en règle ? Le rapport à la loi. Le plaisir de la transgression ? Non puisqu'il n'y a de transgression que dans le respect de la règle, de la loi. Tricher n'est pas transgressif, c'est la règle. C'est donc que la loi n'est pas vécue nôtre, mais ennemie. La loi de la cité est celle des ennemis.

au bloc delta, à Corinthe (9)

 

dans le train qui revient de Corinthe, le proastikos, le monsieur iranien, jeune, les cheveux blancs, accompagné d'un ami qui vient d'obtenir l'asile, eux deux avec qui j'étais tout à l'heure dans la voiture qui nous conduisait, eux dans le bâtiment alpha, moi dans le bâtiment delta du camp de rétention, camp de rétention qu'on ne sait pas nommer, que personne ne sait nommer - personne ne savait, ne comprenait, tout à l'heure, quand je cherchais

retention center, centre de rétention, military camp, jail for illegal immigrants, jail, kentron kratesis - jail pour finir

et secouer, secouer longtemps (8)

 

on m'a donné trois adresses différentes, pour l'organisation non gouvernementale AITHMA. 11 rue Rizakos : trouvée nulle part. Meidani 13-15, non plus. Enfin, après un appel téléphonique, descendre au métro Syngron Fix, prendre un tram et chercher la rue Tripou 6. A côté de la place Paidiki Chaira, le plaisir des enfants. Le plan que l'on déplie, dans le café, près de la place.  La rue ne figure pas sur mon plan. Le patron du bar va chercher le sien et on compte les rues, s'oriente, se réoriente. Se tromper entre Tripou et Tripoli. Au 6 rue Tripoli trouver quelqu'un qui m'accompagne au 6 rue de Tripou

du monde, des mamans avec enfants dans les poussettes. Les personnes à l'accueil sont jeunes, empressées. L'interprète du farsi. Arabic ? No arabic. Un monsieur qui attendait dehors entend, s'improvise interprète d'arabe. Retourne attendre dehors. Une sorte de sévérité, autour

la loi, comme vous l'avez toujours rêvée (7)

 

jeune femme, doctorat de lettres et théâtre, quatrième année de médecine, la folie avec Ajax, la douleur et la fin de la vie avec Philoctète, autre chose avec Prométhée, les nuances de bleus, la déco, ses 12 mètres carrés qui l'attendent à Paris, la précision en tout, le rapport à la médecine et aux mots qui accompagnent le soin, le prisme de chacun, l'urgentiste qui voit la fin venir alors que la fin ne vient que page à page

ici pour tout tu dois te déplacer ; Athena raconte comment ça s'est réglé l'autre jour : par une crise de nerfs aux impôts, elle avait ses lunettes noires, son chapeau, crise de nerfs et les dossiers elle les a éparpillés partout dans le bureau de l'administration

de rétentions, d'aberrations (6)

La prolongation illimitée de la détention, décidé au printemps par l'ancien ministre grec de l'ordre public, Nicholaos Dendias,  est absolument contraire à l'esprit et à la lettre de la directive européenne de 2008, dite directive retour.

L'article 15 (5) de la directive est clair : la durée maximale de la rétention est de six mois. Cela n'empêche pas les Etats membres de choisir de rester en-deçà. L'article 15(6) permet une rétention de douze mois au-delà. il faut que la détention supplémentaire soit justifiée par une impossibilité d'organiser le retour : manque de diligence, difficultés d'identification du pays d'origine.

Le tout doit être évidemment placé sous le contrôle d'un juge.

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