Voir tous
  • Nos corps-pirogues

    Par
    On a appelé à l’aide, bouches grande ouvertes. Bras tendus, immobiles, vers la côte et les garde-côtes, vers les jardins et les pommes et les frères, les Hercule, les occidents, les couchants, les Hespérides, vers quiconque n’a pas peur de l’imprévu mais y retrouve ses esprits.
  • De silence et de rage

    Par
    Signe, dit l’éducateur. Je ne signe pas, dit l’enfant, des mensonges, tu as écrit des mensonges. Alors tu vas avoir des problèmes. J’ai déjà des problèmes, et j’ai bien compris que tu veux toujours me faire peur.
  • Ici, tout apprend à bouger

    Par
    Comment comprendre que seuls les éducateurs qui nous interrogent n’imaginent pas comment nous vivons en Guinée, demande l’enfant dont la minorité n’est pas reconnue. Tout le monde comprend. Seul l’éducateur ne comprend pas. Il dit : quel âge as-tu ? Quel âge a ton père ? Combien as-tu d’anniversaires ?
  • vote à ma place...

    Par
    un vent glacial a soufflé quand tout à l’heure, en s’installant, Ophélie a dit : je vais voter Marine Le Pen. Facile pour Mohammed C et Mohammed H de faire comme s’ils ne comprenaient pas. Mustafa, nos regards se croisent, tristes, gênés. Denis est comme moi, tente le rappel à la raison mais tout ce qui est argument, information, pensée construite, tout est balayé.
  • Nos devoirs nouveaux (bis)

    Par
    Accueillir soi-même comme un autre, un soi-même étranger qui pense étrangement. Qui va bouleverser les représentations dans lesquelles nous sommes à notre aise. Un soi-même étranger qui pense qu’il peut être mieux protégé, plus solidaire, moins cupide, plus reposé, moins anxieux. Que ce n’est pas impossible. il n’est pas facile à accueillir, celui-là. (Retour sur un texte écrit en 2011.)
Voir tous
  • Édition Ecrire aujourd'hui

    Ecrire

    Par
    …….. avec la conviction, ou l’intuition, ou l’impression, que l’un n’est jamais l’un, qu’une phrase cache une phrase, qu’une parole ne se résume pas à une parole, que quelqu’un n’est pas ce qu’il semble être ou veut montrer qu’il est, ne dit pas tout à fait ce qu’il dit qu’il dit. Que ce que je vois n’est pas ce que je vois.
  • Édition Pièces d'identité

    Crise de l'intelligence

    Par
    Le débat sur l'identité nationale, dont la bêtise « a trempé le caractère »[1] débutant (pour paraphraser Henri Guaino) glisse vers un plus ou moins latent appel aux conflits de religion. Je crois en la grande capacité de sens critique des citoyens, je ne crois pas à un racisme spontané « venu d'en bas » auquel les élites voudraient plaire en menant la politique que l'on sait. En revanche je constate qu'il semble facile de prendre quiconque au piège de la manipulation.