marie cosnay

bayonne

Son blog
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Ses éditions
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  • L'arbre sous lequel nous discutions asile

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    Les absences totales de rationalité, on les expliquera, plus tard. On finira par comprendre, probablement avec très grande honte, qu’il y a des raisons que la raison ignore, veut ignorer et que ce sont des raisons qui tuent.
  • Nos corps-pirogues

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    On a appelé à l’aide, bouches grande ouvertes. Bras tendus, immobiles, vers la côte et les garde-côtes, vers les jardins et les pommes et les frères, les Hercule, les occidents, les couchants, les Hespérides, vers quiconque n’a pas peur de l’imprévu mais y retrouve ses esprits.
  • De silence et de rage

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    Signe, dit l’éducateur. Je ne signe pas, dit l’enfant, des mensonges, tu as écrit des mensonges. Alors tu vas avoir des problèmes. J’ai déjà des problèmes, et j’ai bien compris que tu veux toujours me faire peur.
  • Ici, tout apprend à bouger

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    Comment comprendre que seuls les éducateurs qui nous interrogent n’imaginent pas comment nous vivons en Guinée, demande l’enfant dont la minorité n’est pas reconnue. Tout le monde comprend. Seul l’éducateur ne comprend pas. Il dit : quel âge as-tu ? Quel âge a ton père ? Combien as-tu d’anniversaires ?
  • vote à ma place...

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    un vent glacial a soufflé quand tout à l’heure, en s’installant, Ophélie a dit : je vais voter Marine Le Pen. Facile pour Mohammed C et Mohammed H de faire comme s’ils ne comprenaient pas. Mustafa, nos regards se croisent, tristes, gênés. Denis est comme moi, tente le rappel à la raison mais tout ce qui est argument, information, pensée construite, tout est balayé.
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  • Édition Ecrire aujourd'hui

    Ecrire

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    …….. avec la conviction, ou l’intuition, ou l’impression, que l’un n’est jamais l’un, qu’une phrase cache une phrase, qu’une parole ne se résume pas à une parole, que quelqu’un n’est pas ce qu’il semble être ou veut montrer qu’il est, ne dit pas tout à fait ce qu’il dit qu’il dit. Que ce que je vois n’est pas ce que je vois.
  • Édition Pièces d'identité

    Crise de l'intelligence

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    Le débat sur l'identité nationale, dont la bêtise « a trempé le caractère »[1] débutant (pour paraphraser Henri Guaino) glisse vers un plus ou moins latent appel aux conflits de religion. Je crois en la grande capacité de sens critique des citoyens, je ne crois pas à un racisme spontané « venu d'en bas » auquel les élites voudraient plaire en menant la politique que l'on sait. En revanche je constate qu'il semble facile de prendre quiconque au piège de la manipulation.