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PJ de Lyon, comme à Outreau

Michel Neyret est-il le Fabrice Burgaud de la PJ de Lyon ? L'affaire qui touche la police judiciaire de Lyon présente des similitudes avec le scandale d'Outreau. Pour Maître Metaxas, le problème est systémique et dépasse les seules personnes mises en cause. L'affaire de Lyon et Grenoble révèle une négligence collective (cf. Article de Louise Fessard exposant un cas pratique du système grenoblois). Il ne faut donc pas se focaliser aux personnes gardées à vue. Celles feignant la surprise sont également responsables. Il faudrait, cette fois, ne pas se contenter de stigmatiser une personne, mais rechercher toutes les responsabilités afin que cette affaire ait une incidence effective et positive sur les comportements de ceux qui ont en charge le fonctionnement des institutions.

 

Le simple bon sens conduit à trouver anormal qu'un commissaire de police fasse pratiquement toute sa carrière au même endroit pendant plus de 20 ans. La réglementation le confirme. L'article 6 du statut particulier des commissaires de police (décret N°2005-939) prévoit que la durée d'affectation sur un même poste est limitée à quatre ans. Comment se fait-il alors que Michel Neyret soit resté si longtemps sur place ?

 

Est pareillement irrégulier le fait qu'un policier vive avec une personne tenant un hôtel ? Ce sont deux professions incompatibles.

 

Combien de directeurs de la PJ se sont succédés à Lyon sans rien voir, ni savoir, pendant 20 ans ? A commencer par le directeur central actuel de la PJ. Il existe une note de service prévoyant la contrôle et la validation des enquêtes. Le directeur actuel n'a rien remarqué. Ce qui est révélé aujourd'hui est tellement énorme que cela en est incroyablement étonnant. Le ministre paraît également fautif.

 

Les mêmes observations sont valables à propos de certains magistrats.

 

Le procureur général à Lyon était avant procureur général à Grenoble, après avoir été avocat général à Lyon, le tout pendant 20 ans. De tels déroulement de carrière, où se retrouvent trop souvent et trop longtemps sur place les mêmes personnes ne sont pas exceptionnels. Le procureur général de Lyon a rejoint au CSM quatre magistrats de Lyon ou Grenoble, sur un total de douze membres élus (soit 40%). Ces deux villes sont sureprésentées.

 

Un esprit critique s'étonnera de l'étonnement de ceux qui, ayant côtoyé aussi longtemps des personnes, s'empressent de s'exonérer elles-mêmes de toutes implications en affirmant n'avoir jamais rien vu.

 

Le code de procédure pénale place la police judiciaire sous le contrôle et l'autorité du ministère public. Il est dès lors très étonnant qu'un procureur général puisse être surpris à ce point au bout de 20 ans par quelqu'un qu'il avait la charge de contrôler.

 

La dissipation de drogue dans les scellés pose aussi une question quant à leur dépôt au greffe du tribunal. Ne sont-ils pas contrôlés ou gardés ? Est-ce bien sérieux de la part d'un parquet qu'une procédure policière vise une saisine de "x" tonne mais n'en déposerait que "x-a%", ou qu'il manque des scellés ? C'est d'autant plus troublant que le palais de justice à Grenoble s'est fait récemment remarquer pour sa négligence en la matière.

 

Comment dans un tel cas accepter en France qu'un ministre de l'éducation reproche à un instituteur un défaut de surveillance quand celui de la justice ne reproche pas à son ministère public que la police se corrompe ?

 

Soit le parquet général de Lyon sait que le N°2 de la p.j. Lyon est honnête et il l'affirme, sans évoquer contradictoirement de possibles sanctions ; soit il connaît la vérité et le ministre de la justice doit lui demander une explication sur un aussi long silence, une telle caution implicite.

 

En l'occurence, le ministre de la justice est aussi de Lyon et le ministère public a classé une affaire sans suite dans laquelle il était visé au moment de sa nomination au poste de Garde des Sceaux. Le fait qu'il ne s'inquiète pas de ce qui se passe rend la chose encore plus inquiétante.

 

Le pays de Guignol risque de donner l'idée que Lyon et Grenoble puissent être un creuset de comportements critiquables. De quel "milieu" faut-il alors parler dans ces conditions ?

 

L'affaire de la PJ de Lyon montre que l'institution policière et judiciaire tisse des réseaux que l'Etat laisse prospérer, plutôt que de les doter des moyens adaptés et suffisants pour garantir au justiciable l'accès à un tribunal impartial.

 

Une justice où tout le monde se connaît et se côtoie depuis 20 ans est de nature à créer le doute dans l'opinion – notamment au plan local – sur l'impartialité des institutions et prêter à toutes les hypothèses. Cette évidence n'a pas éveillé, en 20 ans, l'intérêt des autorités qui feignent aujourd'hui d'être surprises.

 

Il est donc erroné de se focaliser sur quelques individus seulement, comme cela fut le cas dans l'affaire d'Outreau, quand de nombreuses responsabilités ont par ailleurs failli et que les autorités se réfugient dans la stigmatisation pour éluder le fond du débat : un défaut d'organsiation dans les déroulement des carrières des responsables de la police et de la justice et la formation de chapelles locales.

 

C'est tromper l'opinion que de limiter l'affaire à une conséquence de ce phénomène et ne pas en chercher les véritables motifs.

 

L'affaire de la PJ de Lyon pose donc des questions bien au-delà de la police et de quelques garde-à-vue. Elle demande un débat qui, selon ce que pense David Metaxas, dépasse le fait divers et nécessite une véritable volonté à restaurer l'Etat de droit.

 

Mises à jour :

 

Police à Lyon :

http://www.lyoncapitale.fr/journal/univers/Actualite/Affaire-Michel-Neyret/Catto-emporte-par-l-affaire-Neyret

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-neyret-le-patron-de-la-pj-de-lyon-mute-04-10-2011-1380711_23.php

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/12/01/01016-20111201ARTFIG00728-neyret-sort-de-prison-et-temoigne-aux-assises.php

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/28/97001-20111128FILWWW00490-lyongueant-installe-la-direction-de-la-pj.php

 

Police à Grenoble :

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-neyret-la-piste-de-la-dechetterie-12-10-2011-1383570_23.php

http://www.liberation.fr/societe/01012363947-affaire-neyret-une-femme-a-la-tete-de-la-pj-de-grenoble

 

Police à Lille :

http://www.mediapart.fr/journal/france/041111/comment-eiffage-decroche-le-marche-de-lhotel-de-police-de-lille

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20111123.OBS5158/affaire-du-carlton-un-autre-policier-franc-macon-en-garde-a-vue.html

http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/11/26/dsk-et-sa-circonscription-secrete_1609639_1522571.html

http://www.metrofrance.com/lille/carlton-de-lille-les-reseaux-franc-macons-mis-en-cause/mkkA!PLadwgM7HcoaU/

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Mises à jour :
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Le n°2 de la PJ de Lyon va être présenté au juge d'instruction

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Le commissaire Michel Neyret, le numéro 2 de la police judiciaire de Lyon va être présenté à un juge parisien ce lundi. Il est soupçonné de corruption et de détournement de drogue. (France Soir)

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" Après la relative accalmie du week-end, l'enquête devrait s'agiter à nouveau. Une source proche du dossier nous indique en effet que des auditions voire des arrestations de magistrats dans la région lyonnaise et sur la Côte d'Azur sont en préparation et devraient donner à cette affaire une ampleur plus grande que ce qu'elle a déjà. " (Lyon Capitale)

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Affaire Neyret: grand ménage dans la police lyonnaise(L'Express) ; le service va être remanié en profondeur par le ministère de l'Intérieur, a-t-on affirmé place Beauvau à LEXPRESS.fr. L'actuel numéro un, Claude Catto, sera remplacé d'ici la fin du mois ; Catto devrait être nommé à l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Dans les jours qui viennent, il devrait se voir affecté un nouveau numéro deux, en lieu et place de Michel Neyret.

L'antenne de police judiciaire de Grenoble (Isère) est aussi concernée par le mouvement. Le commissaire, responsable du service, et son adjoint, un commandant de police, ont été mis en examen mardi 3 octobre. Ils sont soupçonnés d'avoir remis du cannabis illégalement à Michel Neyret, et sont l'objet d'une suspension administrative. Le chef de service devrait être remplacé très rapidement.

 

Les deux policiers grenoblois qui se trouvaient en garde à vue depuis vendredi dans les locaux de l'inspection générale des polices (IGS) ont été mis en examen cet après-midi par les magistrats instructeurs parisiens chargés d'instruire l'affaire de corruption dans la PJ, a appris le Dauphiné Libéré de sources concordantes.

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Le réalisateur Olivier Marchal, lui-même ancien flic de la brigade criminelle : "Un flic qui détourne de la came pour rétribuer un dealer, c'est le boulot. On faisait tous ça. Dans les années 90, on serait tous tombés..." (...) " " Moi ce qui me répugne un petit peu là-dedans, c’est l’hypocrisie. ".

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Le directeur de la police judiciaire est débarqué, quelques heures après son ex-adjoint. Il est remplacé par Francis Choukroun, directeur de la PJ d'Orléans. Comme Michel Neyret, Claude Catto passait pour être un flic à l'ancienne, marqué par le gang des Lyonnais (Lyon Capitale).

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Claude Catto. Le n° 1 de la PJ de Lyon, supérieur hiérarchique de Michel Neyret, n'est pas mis en cause dans l'affaire, mais il en fait tout de même les frais. Il vient d'être muté à l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), surnommée en interne "le cimetière des éléphants". (Europe1)

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La mise en examen de Michel Neyret, n° 2 de la police judiciaire, vient "jeter le trouble sur les méthodes d’enquête de la police et de la justice" a estimé lundi soir le MoDem du Rhône. (Lyon Capitale)

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Christian Lothion, le grand patron et directeur central de la PJ (DCPJ) française, s'est rendu dès jeudi dernier à Lyon, le jour où M. Neyret a été interpellé. Il a déclaré en substance que, selon lui, M. Neyret avait franchi la ligne jaune et "n'était plus ni (son) ami ni policier", ont dit les sources, pointant ainsi la gravité de l'affaire devant quelque 200 policiers. (AFP)

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Les perquisitions entreprises jeudi matin à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon (DIPJ), ainsi qu'à son antenne grenobloise, ont pris fin en début d'après-midi, a-t-on appris de sources proches du dossier. (Le Point - Source AFP)

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Le juge Gilles Raguin, président de la chambre de l'instruction de Besançon, prend la défense du policier mis en examen puis placé en détention hier et qu'il a bien connu à Lyon.(SUD OUEST) - ce que dit ce magistrat semble contredire les propos du procureur général et de la hiérarchie policière.

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Deux poids deux mesures : Espionnage de journalistes: le patron du renseignement mis en examen. Bernard Squarcini bénéficie d'une plus grande mansuétude gouvernementale que Michel Neyret qui, lui aussi, est présumé innocent, jusqu'à une éventuelle déclaration judiciaire devenue définitive de culpabilité.

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Le premier continue à diriger une direction importante, le second a été suspendu immédiatement.

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Comment le ministre de l'intérieur explique-t-il une telle divergence ? Neyret aurait-il mis trop mis son nez dans le milieu de la cocaïne à Neuilly ?

 

OK, mais concernant le puritanisme, je parlais de la prohibition:

Le puritain déclare certains maux comme devant à tout prix être réprimer (tabac, alcool autorisés, cannabis, cocaïne prohibés) alors que la répression et la prohibition, occasionnent plus de méfaits que de bénéfices.

Tous les flics ne sont pas des Eliot Ness, la preuve.

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