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La Bonne Mère de Philippe Sion
Le rapport public de 2003 du Conseil d'Etat intitulé "Perspectives pour la fonction publique" commence par cette phrase : "La France s’est préoccupée très tôt de se doter d’une fonction publique moderne, c’est-à-dire bénéficiant d’un “état” opposable au pouvoir politique, pour la faire échapper au favoritisme et à l’arbitraire."
Le rapport explique plus loin que c'est à l'égard de l'intérêt général que le fonctionaire doit être loyal.
Il s'en déduit que la loyauté du fonctionnaire n'est pas dûe à l'égard d'une adminsitration le détournant du but de sa mission.
Sauf revirement de jurisprudence, la corruption ne répond pas à l'intérêt général, même dans un Etat faussaire.
Vouloir prétendre soutenir le contraire serait confondre l'administration avec une mafia et le devoir de réserve avec l'omerta.
C'est pourtant ce qu'il se passe à Marseille contre Philippe Sion.
Le devoir de réserve "à la française" est invoqué abusivement quand il sert à couvrir la corruption ou entraver sa prévention.
Force est de constater que la situation de Monsieur Sion illustre bien cet abus en l'espèce.
Le Conseil général de Marseille agit en contravention aux normes de comportement administratif.
La Cour de Strasbourg n'accepte pas que les Etats mis en cause s'abritent derrière le prétexte de la protection d'un autre droit, même inscrit dans la Convention, pour éluder leur devoir le plus clair. (Arrêt Opuz c/ Turquie du 9 juin 2009 req. n° 33401/02)
La rigueur comptable socialiste du marché de l'eau à Grenoble et des frais de bouche de la mairie de Paris ne semble pas avoir atteint Marseille.
La suspension de Monsieur Sion est injustifiée.
La liberté d'expression est garantie.
A tous.
D'autant s'il s'agit de dénoncer des crimes ou des délits entamant la confiance de l'opinion dans ses institutions (voir la motivation de la Cour de Strasbourg).
Jean-Jacques Urvoas, rappelait à propos de policiers que le devoir de réserve n’existe pas dans la loi.
L'article 34 de la constitution consacre une compétence exclusive de la loi en matière de garanties fondamentales du fonctionnaire.
Une jurisprudence en l'absence de dispostion légale sur un droit de réserve ne peut pas faire échec à une droit fondamental garanti par la constitution.
Suspendre un fonctionnaire en lui reprochant ses activités privées pour le sanctionner est d'autant plus infondé qu'il est invoqué un conflit d'intérêt.
On reproche à Monsieur Sion son affiliation à une association promouvant le logiciel libre.
Le logiciel libre, à la différence du contrat passé avec Microsoft pour 6000 postes, est gratuit. Les Marseillais peuvent se renseigner sur le prix d'une licence professionnelle et d'un contrat de maintenance annuels chez Microsoft.
L'idée de Monsieur Sion et du logiciel libre aurait pu permettre d'augmenter les éboueurs ou les traminos.
D'autant que le logiciel libre est recommandé par la Commission européenne et le Parlement européen, qui, par ailleurs, avec le Conseil de l'Europe, dénoncent la corruption.
Etrangement, Monsieur Jean Noël Guérini évoque des "manquements" tout en manquant de la même rigueur par ailleurs.
Le PS des Bouches du Rhône, en contradiction avec son engagement européen et ses revendications pour plus de démocratie, s'apprête en effet à sanctionner un fonctionnaire, promouvant le logiciel libre et participant à la prévention de la corruption, pendant qu'il ménage un responsable mis en cause pour "trafic d'influence et corruption" dans une enquête de marché public.
L'autorité administrative doit être impartiale.
Le Conseil d'Etat a consacré l'obligation d'impartialité depuis longtemps en matière disciplinaire (CE 26 décembre 1925 Rodière RDP 1926 p.32). Une jurisprudence constante et bien établie en fait un principe général du droit (CE 4 mars 1949 Trèbes S.1950 III p.21 ; CE Sect. 29 avril 1949 Bourdeaux Lebon p.488 ; CE Ass. 27 avril 1951 Malmède Lebon p. 226 ; CE 7 juillet 1965 Fédération nationale des transporteurs routiers Lebon p.413).
La Cour de Strasbourg juge que l'impartialité s'apprécie selon une démarche subjective et objective et que dans cette seconde dimension, l'impartialité consiste à s'assurer des garanties suffisantes pour exclure à cet égard tout doute légitime (CEDH, Hauschildt c. Danemark, 24 mai 1989, série A, n° 54, § 46). Cette recherche implique de se demander si certains faits vérifiables autorisent à suspecter l'impartialité de l'administration en sachant que les apparences revêtent de l'importance.
La Cour de Strasbourg a ainsi condamné la France à l'issue d'une procédure disciplinaire en relevant que la requérante a pu « raisonnablement avoir l'impression que ce sont les mêmes personnes qui ont poursuivie et jugée » et « donc nourrir des doutes sur la prise de décision » dès lors que celles-ci décident de la mise en accusation, formulent les griefs et sanctionnent (CEDH 11 juin 2009 Dubus c. France N°5242/04).
Une appréciation paradoxale des manquement supposés de l'un par rapport à la mansuétude dont bénéfice l'autre est en plus discriminatoire. La prohibition de la discrimination est un pilier du droit de l'Union.
Le Conseil général et le parti socialiste ne sont donc pas crédibles.
Leur pastis politique n'est pas de nature à motiver les investisseurs dans "Euro méditerannée".
Les Marseillais souffrent d'une telle impéritie qui pèse sur les revenus des ménages et les deniers publics.
Et comme par hasard, on reproche également à Monsieur Sion de fréquenter une association de quartier.
Rien de tel pour dissuader d'autres fonctionnaires à fréquenter ce genre d'association et assurer la pérénité d'un dysfonctionnement grave.
Le fonctionnaire est ainsi privé d'engagement citoyen.
Les responsables socialistes des Bouches du Rhône ont ausi oublié que la liberté d'association est une liberté fondamentale.
Monsieur Sion n'est pas un cas isolé et sa situation ne se limite pas malheureusement au pays de Pagnol.
La posture de l'indignation de circonstance se rassurant à écouter Stéphane Hessel n'a pas d'avenir.
La détermination des fonctionnaires ne suffit pas non plus à garantir une administration honnête et l'égalité de tous dans l'accès aux services publics, parce que c'est cela que compormet la corruption et la sanction qui pèse sur la tête de Monsieur Sion.
Voilà l'enjeu, le risque, si la presse ne se saisit de ces actes de résistances dont elle s'applique pourtant à promouvoir le principe, notamment sur Médiapart.
Le Conseil d'Etat vient de rejeter un recours contre le ministre de l'intérieur ayant produit en justice, pour se justifier, un faux en écriture publique (un rapport du procureur de la république de Lyon rédigé à la demande de la police judiciaire ). Le Conseil d'Etat considère qu'il "n'existe aucun moyen de nature à permettre l'admission d'un tel pourvoi" (ex. : CE 5° sect. N°339211 - 3 décembre 2010).
Il s'en déduit que le Conseil d'Etat ne tient pas compte de ce qu'il écrit dans ses propres rapports et que les étudiants en droit perdent leur temps en France.
"La France est un pays étrange, qui invente des notions juridiques très élaborées, dont les principes qui les régissent sont régulièrement démentis par le fonctionnement concret des institutions. (...) Le service public est une merveilleuse invention dont on peut penser qu'elle devrait être de nature à faciliter la vie des peuples. les contradictions, voire la schizophrénie, font peut-être partie de l'identité nationale française. Il arrive cependant un moment où l'écart entre les principes enseignés et la réalité vécue est tel que l'on se prend à douter de l'utilité d'enseigner des principes si peu appliqués." Jean Marie Pontier - professeur à l'université Paris I - Panthéon Sorbonne "Les étrangetés du service public" AJDA 2008 p.65
Bobigny et les propos du ministre relativisant une infraction criminelle n'ont plus rien d'étonnant.
Cette négligence dessert la justice française, et les auxiliaires de justice, en dissuadant le justiciable de les saisir. Il a en revanche la possibilité de déposer plainte auprès de la Commission européenne. Il suffit de trouver une violation du droit de l'Union.
Voilà un Français, un Homme, Libre, et les institutions lui tapent sur la tête.
La France de Ruy Blas l'emporte sur celle de Cyrano.
Les candidats du parti socialiste doivent s'exprimer sur la gestion des fonds publics à Marseille et la vendetta contre ce fonctionnaire. DSK, en tant que patron du FMI, pourrait aussi donner un avis expert sur ces méthodes peu propices à la reprise économique d'une région qui détient un record de chômage.
Ne pas prendre parti revient à attendre la défaite des droits de l'homme et de la démocratie l'arme au pied.
Le parti de l'éloge du mensonge l'emporte sur celui de la transparence et de la vérité.
Bon courage Monsieur Sion, et bravo.
NB :
L'effet direct et vertical du droit de l'Union ont été consacrés par le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel. Cela signifie que le droit de l'Union s 'impose tant au juge, qu'à l'administration et au législateur. L'ignorer consitute une violation du droit de l'Union et engage la responsabilité de l'Etat. Il peut-être condamné par la Cour de Luxembourg.
"Considérant qu'aux termes de l'article 88-1 de la Constitution : « La République participe à l'Union européenne constituée d'États qui ont choisi librement d'exercer en commun certaines de leurs compétences en vertu du traité sur l'Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, tels qu'ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 » ; qu'ainsi, la transposition en droit interne d'une directive communautaire résulte d'une exigence constitutionnelle ;" Décision N°2010-605 DC du 12 mai 2010
CE Ass. Madame Pereux « la transposition en droit interne des directives communautaires, qui est une obligation résultant du Traité instituant la Communauté européenne, revêt, en outre, en vertu de l'article 88-1 de la Constitution, le caractère d'une obligation constitutionnelle (...) il appartient au juge national, juge de droit commun de l'application du droit communautaire, de garantir l'effectivité des droits que toute personne tient de cette obligation à l'égard des autorités publiques ».
« tout justiciable peut en conséquence demander l'annulation des dispositions règlementaires qui seraient contraires aux objectifs définis par les directives et, pour contester une décision administrative, faire valoir, par voie d'action ou par voie d'exception, qu'après l'expiration des délais impartis, les autorités nationales ne peuvent ni laisser subsister des dispositions réglementaires, ni continuer de faire application des règles, écrites ou non écrites, de droit national qui ne seraient pas compatibles avec les objectifs définis par les directives ».
« tout justiciable peut se prévaloir, à l'appui d'un recours dirigé contre un acte administratif non réglementaire, des dispositions précises et inconditionnelles d'une directive, lorsque l'Etat n'a pas pris, dans les délais impartis par celle-ci les mesures de transpositions nécessaires ».
Le Conseil d'Etat a mis trente ans pour adopter la jurisprudence de la Cour de Luxembourg.


Tous les commentaires
Merci pour ce nouvel éclairage POJ.
Jacques.
+ 1 , merci !
Oui , merci C'est une excellente démonstration
ces investigations autour des droits des fonctionnaires sont magistralement éclairante et renforce notre capacité à resister un grand bravo un grand merci j'attend le prochain article
Brillant...
Un fonctionnaire peut être poursuivi s'il ne dénonce pas un crime ou un délit dont il a eu à connaître.
Mais pourquoi mêlez-vous M. Hessel à cette démonstration ?
Je fais référence à Stéphane Hessel et l'usage que l'on fait de son autorité morale parce que la situation d'un cas comme celui de Monsieur Sion révèle une contradiction des comportements en France.
On se réfère à Stéphane Hessel et à son discours mais dès qu'il y a un scandale, on reste dans le domaine du déclamatoire.
Ce n'est pas à un tel genre de résistance qu'appelle Monsieur Hessel, mais à des comportements comme celui de Monsieur Sion.
Si la presse se limite à compter les coups dans un duel opposant un citoyen à l'Etat ou à une administration, sa posture vide la liberté de la presse de tout intérêt. Elle n'apporte même pas le réconfort du prêtre avant l'exécution.
Il ne suffit donc pas de se servir de l'image de Stéphane Hessel, il faut soutenir ceux qui se battent et répondent positivement à ce qu'il appelle, si on veut être cohérent.
J'appelle donc au respect de la parole de Stéphane Hessel et à sa mise en pratique par tous ceux qui prétendent la promouvoir.
Merci.
+ 0,001 . Merci ^^
@Poj 12h 52
Bravo et merci pour la précision et c'est ainsi que je l'entendais.
L'indignation implique en effet un changement d'attitude.
idem
Vous oubliez la publication du courrier de P.Sion à son supérieur hiérarchique, courrier dans lequel il se comporte comme un maitre-chanteur, menaçant de rendre publics certains faits non avérés s'il n'obtenait pas immédiatement une responsabilité nouvelle.
Votre plaidoyer pro domo parait bien rapide tant que les éléments de faits ne sont pas connus.
Enfin, mettre en ligne les débats d'une commission paritaire qui a à connaitre des situations personnelles qui justement, doivent rester confidentielles et n'être connues que de ses membres, ne me parait pas devoir être défendu.
Qu'un syndicat (FO) fasse pression pour défendre l'intérêt de ses membres n'est (hélas) pas une grande découverte, il en va de même dans toutes les organisations paritaires ayant à gérer les carrières des fonctionnaires ou d'agents publics.
Pour intéressantes et bien présentées qu'elles puissent être, vos démonstrations juridiques semblent, en l'espèce, inappropriées
@ Patrick 44
Je peux vous retourner le compliment en matière de précipitation.
Comme je l'indique dans les commentaires de l'article de Louise Fessard, menacer quelqu'un de poursuite ou de révéler des faits n'est pas interdit.
Les infractions de diffamation et de dénonciation calomnieuse sanctionne les faits faux, exclusivement.
Les partisans de la censure et de l'éloge du mensonge s'ingénient à vouloir convaincre l'opinion et nient l'évidence.
Certains dans l'affaire Bettencourt ont prétendu que les faits révélés sur les bandes n'était pas avérés.
Ce que prétend le Conseil général dans une actualité fiancière cahotique régulièrement commentée n'est donc pas gage de vérité non plus.
Si ls faits n'étaient pas avérés, Le Conseil général n'aurait donc rien à craindre d'un Wikileaks13. Bien au contraire, cela serait à charge contre M. Sion.
Comme le souligne fort à propos un commentaire, l'article 40 du Code de procédure pénale fait obligation pour aux fonctionneaires de dénoncer les faits susceptibles de constituer des infractions.
L'inconvénient est qu'un fait n'est une infraction que le jour où la justice l'a jugé définitivement comme tel.
Tout repsoe donc dans les moyens de preuves qui seront produits et offerts à l'appréciation du juge.
Il est certain que de fermer Wikileaks 13 et de révoquer son initiateur est le plus sur moyen de dissuader les sources et d'empêcher M. Sion d'établir la vérité.
C'est une stratégie courante des pouvoirs publics qui montre l'importance du droit à une enquête effective.
Un tribunal, dans une affaire de harcèlement moral, a ainsi condamné un représentant syndical dénonçant le harcèlement moral règnant au travail en jugeant que l'employeur n'avait fait qu'exercer les prérogatives de son pouvoir de direction, quand dans le même temps, des employés se suicidaient ou tentaient de le faire.
Le délégué syndical avait contre lui le ministère public qui avait préféré poursuivre le salarié que l'employeur, lequel était mis en cause par voie de presse pour des infractions criminelles qui n'ont fait l'obnjet d'aucune poursuite.
Le tribunal, malgré les moyens de preuve produit a suivi le réquisitoire. Et un travailleur de plus s'est suicidé.
Il ne me paraît donc pas sein de décourager les gens audacieux à prendre le risque de dénoncer des faits quand la situation dramatique que nous vivons estbien connue.
Suivre votre raisonnement conduirait à une telle cironspection qu'on ne dénoncerait plus rien et ce serait encore pire.
J'ignore si vous vous en rendez compte, mais vous contestez le droit à M. Sion, celui de n'importe quel travailleur, d'adresser une mise en demeure à son employeur. Vous remettez en cause la légitimité d'un acte courant dans les litiges du travail. Et il semble que c'est bien le cas en l'espèce.
Vous allez satisfaire les promoteurs du néo libéralisme, et encore plus s'ils ont l'idée de poursuivre les mise en demeure des consommateurs insatisfaits...
Il s'agit aussi de rappeler la disproportion des parties au litige.
A qui veut-on faire croire que le Conseil génral est menacé ou pourrait être la victime d'un ingénieur en informatique ?
La démarche de M. SION peut s'interpréter aussi dans ce sens.
L'Etat impose les moyens amibales de résolution des conflits à ses adminsitrations depuis 1995.
JORF n°39 du 15 février 1995 page 2518
Circulaire du 6 février 1995 relative au développement du recours à la transaction pour régler amiablement les conflits
NOR: PRMX9500645C
La transaction permet une gestion économe des deniers publics. La transaction allège la charge de travail des juridictions
Il paraît dès lors normal de reconnaître le droit à chacun d'essayer de trouver un résolution amiable à une situation litigieuse, préalablement à toute procédure contentieuse.
Vous contestez à Monsieur SION le droit de réclamer 300 000 euros de budget pour l'amélioration de l'équiprement d'une collectivité publique dans le cadre d'une transaction quand Monsieur bernard TAPIE a reçu 250 millions de l'Etat dont 45 à titre purement personnel.
Les critiques contre Monsieur SION méritent à mon avis d'être relativisées, à plus ample informé, au risquede paraître en l'état manifestement disproportionnées et injustifiées.
Ce n'est pas à titre personnel mais pour l'amélioration du service public, selon ce que j'ai compris, que M. Sion a agi. Il ne semble pas que les édiles du conseil général partagent unaniment ce même souci..
La démarche de Monsieur Sion ne s'inscrit pas non plus dans celle qui a conduit la DCN, sur les recommandations du pouvoir, a transiger dans l'affaire de corruption de Karachi ou il y a eu des morts. Et l'argent n'a pas profité aux familles des victimes.
Enfin, le syndicat, faisant pression pour créer des postes qui ne répondent pas à l'intérêt général, dessert la fonction publique, parce qu'il se compromet et que cette compromission finit par l'amener à négliger les droits de ses propres adhérents.
Le syndicalisme étant très divers et varié, rien ne permet de génraliser.
Mais la publication de pareils documents me paraît intéressant pourfavoriser, aux seins des syndicats eux-mêmes, l'émergence d'une éthique.
Parce que ce qui ne vous paraît pas si grave l'est.
De telles dérives menacent autant l'égalité de tous dans l'accès au service public (le copinage permet des pressions qui feront que certains seront mieux servis ou pas du tout) tout en méprisant les garanties fondamentales des fonctionnaires.
Je ne partage donc pas votre mansuétude sur une dérive, qui, si elle peut s'expliquer par la faiblesse de caractère de ceux qui s'y abaissent, n'en demeure pas moins méprisante pour la collectivité et ne saurait la justifier.
Les fonctionnaires ont le droit d'apprendre comment les syndicats les défendent lors des CAP. Cette information peut aussi intéresser l'opinion.
Ce n'est pas une mauvaise chose de pouvoir découvrir l'envers de ce décors qui les conduira à demander la copie des PV en cas de litige en matière de mutation ou d'avancement. Je conviens que c'est plus gênant pour les représentants du personnels.
Vous trouvez mes observations inappropriées et je vous lirai avec intérêt si vous en avez de meilleures et de plus efficaces pour prévenir la corruption qui les a motivées, en plus du sentiment d'injustice à voir une administration diaboliser une personne isolée.
Le Conseil génral va-t-il nous révéler que M. Sion fait partie du comité invisible ? Qu'il est musulman ? Trotsko-fasciste ?
Cette actualité montre qu'il manque de Philippe Sion en France. Surtout de relai médiatique, pour permettre à ceux qui osent de se contacter et se rassembler.
Un "résistant" en temps de paix, dans tout un Conseil général, ce n'est pas très prometteur pour l'avenir.
Rapporté au pays, ça fait 100 "résistants".
C'est moins que le nombre de marins ayant quitté l'ïle de Sein pour rejoindre Londres en juin 40.
@ POJ
Je m'en tiens aux faits et ceux-ci sont têtus (tant que le contraire n'a pas été démontré) :
La lettre de P.Sion à son supérieur hiérarchique est un exemple de chantage inacceptable dans une administration tout comme dans une société privée.
Elle indique clairement que s'il n'obtient pas sur le champ ce qu'il demande, il procédera à des révélations (dont il ne dit rien) en mettant en place un pseudo site de transparence.
Faire dans ces conditions, de P.Sion, un "résistant" me parait manifestment abusif.
C'est la démarche que je conteste.
Si elle n'était pas accompagnée d'une demande visant à améliorer sa situation statutaire et pécuniaire personnelle, elle serait tout à fait recevable tant il vrai que l'action publique locale dans cette partie du territoire est une des plus clientèliste qui soit.
Mais, quand on constate que sa demande est même assortie d'une proposition de hiérarchie et rémunération indiciaire, il n'y a plus aucun doute sur la réalité de ce qui motive ledit courrier, à savoir la satisfaction d'un intérêt personnel.
Médiapart a déjà publié des articles sur les liens entre certaine élue "socialiste" soucieuse de se réélection et des subventions versées à des associations bidons. La réalité objective n'est plus à démontrer.
Par aileurs, recruté comme "ingénieur" territorial, on est admis à croire que l'intéressé n'est pas le dernier des sots et que l'affubler du romantisme de Robin Wood au pays des Bisounours n'est pas de mise.
Sur les droits et obligations d'alerte des fonctionnaires dès lors qu'ils constatent des malversations ou des pratiques allant à l'encontre de l'égalité devant le service public, je partage tout à fait votre démonstration et sais très bien que tout procureur de la République restera attentif à ces alertes. Mais vous notez vous-même que ces dénonciations font l'objet de procédures précises qui, en l'espèce ont été délibérément ignorées par l'intéressé.
Vous comprendrez que dans ces conditions je sois réticent à lui accorder le titre de "Résistant" que vous lui attribuez.
Patrick 44
Administrateur Territorial hors classe (en retraite)
Vous utilisez le terme de "chantage" quand il est de droit qu'un agent demande réparation d'une situation préjudiciable.
Monsieur Sion est totalement en droit de réclamer une reconstitution de carrière.
Une jurisprudence abondante existe à ce propos.
De plus, le contentieux adminsitratif exige une demande préalable avant délever le contentieux indemnitaire devant le juge.
Le mot chantage paraît donc excessif parce qu'il aboutit à la négation du droit à réparation d'un fonctionnaire du préjudice qu'il prétend avoir subi. Qualifier de chantage une demande préalable revient à faire peser une menace de poursuites pénale pour extorsion de fonds et le priver de voie de recours.Ce serait la porte ouvete à l'arbitraire (voir le rapport du Conseil d'Etat)
La formulation de sa demande n'est peut-être pas absolument conforme à la rigueur juridique, et ne répond à une exigence confrome à votre expérience, mais elle s'explique par le fait que son auteur soit informaticien et non diplomé de droit public. Force est de cosntater que le comportement du Conseil génral est encore moins conforme aux normes de droit public, et pénal.
L'obligation de sécurité de résultat en matière de santé et de sécurité au travail pèse sur l'employeur.
C'était donc à ce dernier d'agir. Son abstention est fautive.
Il paraît dès lors excessif de faire grief à M. SION d'avoir négligé de donner l'alerte (ce qu'il a du faire. Il continue avec Wikileaks 13, en conformité avec la jurisprudence de la Cour de Strasbourg, - cf. Affaire Guja c. Moldavie ).
Les fonctionnaires dénonçant des faits répréhensibles sont parfois poursuivis pour dénonciation calomnieuses, d'autant plus quand les faits révélés mettent en cause leur propre hiérarchie (voir l'exemple que je cite).
L'administration connaît un taux élevé de suicide (voir France Télécom, l'éducation nationale, la police, ...) en persistant à nier les faits, au mépris des obligations de sécurité, l'obligation de protéger (d'autant plus facilement que l'inspection du travail n'est pas compétente pour la fonction publique), négligeant l'obligation d'enquêter au préjudice de ceux qui dénoncent une situation anormale (Voir le cas de M. Guy Sartory, délégué syndical de la police à Grenoble qui a du saisir la Cour de Strasbourg pour que cessent l'acharnement administratif à son encontre).
Il paraît dès lors compréhensible que M. Sion, en considération d'une telle situation sociale et face à un tel comprotement administratif, tente de trouver rapidement une solution plutôt que risquer de connaître une fin funeste.
C'est d'autant plus légitime que la Cour de Strasbourg pose une obligation de célérité en matière de litiges relatifs à la situation personnelle, professionnelle et familiale " Une telle célérité est particulièrement nécessaire en matière de litiges relatifs à l'emploi, appelant par nature une décision rapide, compte tenu de l'enjeu de la procédure pour l'intéressé, sa vie personnelle et familiale ainsi que sa carrière professionnelle."(CEDH Sartory c. France req. N°40589/07 § 34)
J'emploie le terme de "résistant" d'une façon métaphorique. Cet emploi s'inscrit dans la pensée et l'appel de Stéphane Hessel qui paraît faire l'unaninmité sur ce site. Le comportement de M. Sion répond néanmoins à Jean Claude Guillebaud citant Alain Caillé quand il écrit que " nous ne sommes pas condamnés au choix impossible entre la "naïveté de la résistance et l'abjection du consentement." Au fond, il est tout simplement urgent de ne pas consentir. Aimer l'avenir passe ainsi paradoxalement par un mot de trois lettres qu'il faut réapprendre à articuler : non. " (Le Goût de l'avenir Editions du Seuil, 2003 p.12).
Mon appréciation est fondée en droit et en fait et ne relève pas d'un " romantisme de Robin Wood au pays des Bisounours ".
Nous ne sommes pas d'accord. c'est un fait et je vous laisse exposer votre point de vue.
Il n'est pas nécessaire cependant de tourner en dérision mon argumentation end éfense d'un homme dont la sitaution s'inscrit dans le cadre de la dérive dramatique et l'échec de la politique publique en France.
Il faut voir au-delà du seul cas personnel de M. Sion et s'attacher à l'environnement sinistré qui est à l'origine de sa situation et de ses démarches.
La France est le pays du mal être.
Le taux de suicide en France s'est élevé à 16,3 pour 100.000 habitants en 2007, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Chez les hommes de moins de 65 ans, il frôle les 20 pour 100.000, et dépasse les 30 pour 100.000 entre 35 et 59 ans.
La France est également en tête en matière de consommation d'antidépresseurs.
Cette hécatombe suffit à montrer le niveau élevé de l'incompétence et du mépris qui gouvernent la France.
Le respect de la dignité humaine est la matrice des droits de l'homme.
L'adminsitration du pays des droits de l'homme se devrait d'être exemplaire sur ce point. Elle ne l'est pas, hélas. Ceux qui nous lisent le constate. La faute n'en revient pas à l'agent au contact du public mais à une hiérarchie qui, méprisant le fonctionnaire, méprise l'usager du service public, que nous sommes tous. Il serait peut-être bon de reconsidérer sous cette optique la gestion des ressources humaines dans les fonctions publiques, pour réconcilier le Français avec son pays légal. Nous assistons à la démarche opposée.
Voilà pourquoi M. Sion mérite d'être soutenu, parce que la France, de loin, n'est pas le pays des bisounours... Malheureusement.
En cette période de voeux, je souhaite que la classe administrativo-politique de ce pays se démarque franchement de l'impression de mépris de l'humain qu'elle donne.
En toute amitié, avec mes meilleurs voeux.
POJ
Merci POJ et Soutien Total à Mr Sion !
Il en a bien besoin.
Philippe Sion vient de faire une tentative de suicide.
Notre soutien moral est nécessaire ;à mr SION; à d'autres plus tard ...
PaS seulement dans l'administration...
Merci !.