
Thématiques du blog
Nicolas Sarkozy sonne l'hallali des droits sociaux
Tous les Français ont entendu clairement le chef de l'Etat vouloir remettre en cause les 35 heures. Il a évoqué aussi une négociation avec les partenaires sociaux à propos de la prééminence des termes du contrat de travail sur le droit du travail. Il faut dénoncer avec la plus grande vigueur cette réforme annoncée sournoisement. Sournoise parce que le Chef de l'Etat ne l'a pas évoquée au sommet de la crise du 18 janvier tenu à l'Elysée. Sournoise pour être passée trop inaperçue des journalistes. Les Français du public et du privé sont concernés. Le droit de la fonction publique s'aligne sur le droit du travail. Quel les lecteurs et les commentateurs ne s'y trompent pas, les autres mesures annoncées ne sont rien en comparaison des conséquences d'une contractualisation du droit du travail comme le souhaite Nicolas Sarkozy et Laurence Parisot. C'est un défi du pouvoir de l'argent au peuple français. Le moment de s'indigner et de lancer un signal fort des Français à destination des autres peuples d'Europe est arrivé.
Mathieu Magnaudeix relève que Nicolas Sarkozy est prêt à passer en force. «Le premier ministre François Fillon écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de les négocier dans les deux mois qui viennent » précisant qu'en cas d'échec des négociations — du fait de «blocages idéologique» —le gouvernement reprendrait la main.
Le président invite les syndicats à abandonner la sécurité juridique des travailleurs fixée par la loi, la constitution et de nombreuses normes internationales contraignantes, au profit des employeurs, des banques et des fonds de pension. Un tel mépris de l'Etat de droit et de la démocratie - en menaçant dès le départ les acteurs sociaux sur l'issue de la négociation - est un putsch : faire abdiquer les droits sociaux, qui sont des droits de l'homme, par la menace d'un passage en force.
C'est l'exemple le plus scandaleux de la pratique politico-administrative de l'actuelle majorité qui aboutit à une "inversion normative", c'est-à-dire faire prévaloir la volonté d'un seul (le contractant le plus puissant dans le contrat) sur l'intérêt général, posé par la loi.
Martine Billard et le Parti de Gauche ont alerté l'opinion sur cette pratique en dénonçant l'illégalité de la réforme des retraites. Elle a déposé une question au gouvernement dans laquelle elle démontre cette illégalité et demande au gouvernement de se conformer aux engagements internationaux de la France (ce qu'il s'abstient de faire tout en continuant à faire de la régression sociale).
Monsieur Juppé, donne des leçons à François Hollande sur France 2 à propos de la parole de la France (le futur accord européenn que dénonce déjà le PS). Mais à lire la question parlementaire de Martine Billard, Monsieur Juppé ne semble pas témoigner d'un réel souci des engagements du pays puisqu'il ne s'offusque pas d'appartenir à un gouvernement qui viole le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, des droits de l'homme, signé en 1966 aux Nations Unies, que la France s'est engagée à respecter. Chacun appréciera la rigueur de Monsieur Juppé.
Le trois centième anniversaire de Jean-Jacques Rousseau est l'occasion de rappeler que le philosophe considérait que le but de toute société est de garantir le bien-être général. La société n'a de sens que de servir l'intérêt général, c'est-à-dire l'intérêt de tous tout en garantissant à chacun l'accès aux mêmes services et l'égalité des droits.
République signifie la chose de tous.
Il n'est plus question de république irréprochable puisqu'il n'y plus de république quand le pouvoir ne travaille qu'à l'avantage d'un petit nombre comme y conduira l'idée de Nicolas Sarkozy.
Qu'on ne s'y trompe pas. Cette idée est aussi un piège dressé au camp socialiste qui, sous l'éphémère séduction d'un candidat donné gagnant, s'était allée à distiller quelques idées libérales, au point d'évoquer l'idée reprise ce soir par Nicolas Sarkozy.
François Hollande doit donc se dégager de ce piège très rapidement en reconnaissant sans tarder l'erreur de cette idée qui lui fut soufflée sans que ses conseillers ne l'aient alerté suffisamment sur l'incidence néfaste qu'elle aura sur la protection des droits collectifs et individuels des travailleurs. Il semble en avoir pris conscience, reste à mieux le faire savoir et se démarquer très clairement.
En revanche, par l'énonciation de cette seule idée, Nicolas Sarkozy confirme bien que son camp n'est pas celui de la France ni du peuple français, mais celui de l'économie internationale et de la finance. Il prend clairement position pour le patronnat dans une négociation qu'il est appelé à arbitrer. Nicolas Sarkozy s'exonère de l'obligation de neutralité de l'Etat (voir par ex. : débat sur la laïcité).
Les Français ne doivent pas se leurrer. L'inversion des normes promue ce soir par l'UMP, met non seulement en cause la garantie du salaire et du nombre d'heures hebdomadaires mais va également soustraire les employeurs à leurs obligations de santé et de sécurité qu'ils ont à l'égard de tous leurs employés.
C'est remettre en cause les progrès de la jurisprudence en matière de souffrance au travail, que personne n'ignore plus devant l'accumulation du cortège des suicides dans des grandes entreprises de l'Etat. La souffrance des travailleurs anonymes du privé, méprisés pareillement, ne peut pas compter sur une représentation syndicale, puisque le syndicalisme dans le privé fait l'objet d'une contrainte, voir d'une répression.
Nicolas Sarkozy a donc exprimé l'idée de rabaisser les conditions de travail et le dialogue social en France à ce qu'ils sont en Chine ; plutôt que de défendre les garanties sociales et forcer le gouvernement chinois à s'y conformer - à l'avantage des travailleurs chinois - en dénonçant l'incidence dramatique et indigne d'une exploitation inhumaine de la main d'oeuvre, qu'on désigne sous l'euphémisme de « dumping social ».
Les employeurs n'auront plus besoin de délocaliser. Nicolas Sarkozy propose de donner aux financiers et aux employeurs le pouvoir de malmener les travailleurs français comme ils le font dans les pays en développement.
L'UMP finit ainsi d'affirmer sa négation de la société française en menaçant les acquis sociaux d'un siècle et demi, ancrés constitutionnellement dans l'histoire nationale (préambule de la constitution de 1946) et internationale (Pacte international relatif aux droits sociaux et culturels) acquis durement par la collectivité.
Sociologiquement, il est diffcile de s'empêcher de penser qu'il y a préméditation à ce qui ressemble à une provocation de l'électorat de la gauche. L'accumulation des déséquilibres du quinquennat, dont Nicolas Sarkozy vient d'annoncer surement le plus monstrueusement abouti, fragilise gravement la France et la soumet inutilement à des tensions. Une telle provocation n'a pour but que de finir d'exaspérer l'opinion et la conduire à des émeutes pour justifier une répression, envisagée par le provocateur, peut-être, ou susceptible de se préparer rapidement.
L'intervention de Nicolas Sarkozy aura illustré comment l'UMP s'est faite le fossoyeur de la république et de la démocratie.
Plus de doute sur la nécessité qu'il y a pour tout démocrate attaché aux valeurs fondamentales qui font notre société de voter à gauche.
Pas besoin de descendre dans la rue pour prêter le flanc à une provocation. Français, ouvriers, employés, cadres, syndicats, juristes, avocats, magistrats, journalistes, ... mobilisez-vous. Faîtes-circuler l'information. Discutez-en. Interpellez vos représentants. Soutenez les dans leurs contestations. Ils diront, eux, s'il s'agit de se mobiliser autrement, et comment faire.
La France de demain que promet Nicolas Sarkozy aux Français est celle de Charles X. Celle du pouvoir des riches, celle des Misérables.
Mises à jour :
Le billet de Léon et Paulette : les taille-crayons de "la tradition"
Une vidéo qui m'a été recommandée :


Les 5 commentaires les plus recommandés
Je le redis ici, pas de manif c'est tout ce qu'il attend pour intervenir par la force et ce n'est pas du délire, il a fait ça quand il était ministre de l'intérieur avec les banlieues. Il est un fin stratège en la matière entouré de sa garde de bouledogues qui le conseille bien dans ce sens là !
Sans doute, le meilleur billet, depuis hier soir.
Effectivement, c'est un piège. Une scorie de l'illusion météorique DSK.
François Hollande n'a pas réédité sa théorie et semble l'avoir laissée tomber aussi rapidement qu'il a surpris son monde en l'énonçant.
N'en ayant plus reparlé depuis, il est possible de penser qu'il s'est rendu lui même compte de son erreur.
Le mieux, me semble-t-il, est de reconnaître rapidement cette erreur (il aurait du le faire déjà bien avant) pour rendre toute latitude et liberté d'expression aux organisations syndicales. Ne pas le faire va favoriser le Front de Gauche.
Il ne faut pas non plus négliger la possibilité qu'il s'agisse d'une provocation de Nicolas Sarkozy, pour soulever l'opinion et justifier une répression policière, laquelle s'est tellement banalisée qu'elle n'est plus de nature à indigner comme cela devrait le faire.
Suis ravi que vous notiez le point où sous couvert de modernité François Hollande avait émis le souhait que la négociation directe entre entreprise et salariés puisse être opposée aux conventions collectives et faire jurisprudence.
C'est un énorme piège où l'attendent maintenant les snipers du vicieux fou furieux sortant, il va devoir faire attention en rétro-pédalant.
Totalement d'accord.Sarkozy jette de l'huile sur le feu dans l'espoir de mettre le pays en coupe réglée. Sachons réfrener notre colère,il n'attend que cela pour justifier la répression et nous museler.Soyons plus malins que lui et luttons intelligemment.
Tous les commentaires
Suis ravi que vous notiez le point où sous couvert de modernité François Hollande avait émis le souhait que la négociation directe entre entreprise et salariés puisse être opposée aux conventions collectives et faire jurisprudence.
C'est un énorme piège où l'attendent maintenant les snipers du vicieux fou furieux sortant, il va devoir faire attention en rétro-pédalant.
Effectivement, c'est un piège. Une scorie de l'illusion météorique DSK.
François Hollande n'a pas réédité sa théorie et semble l'avoir laissée tomber aussi rapidement qu'il a surpris son monde en l'énonçant.
N'en ayant plus reparlé depuis, il est possible de penser qu'il s'est rendu lui même compte de son erreur.
Le mieux, me semble-t-il, est de reconnaître rapidement cette erreur (il aurait du le faire déjà bien avant) pour rendre toute latitude et liberté d'expression aux organisations syndicales. Ne pas le faire va favoriser le Front de Gauche.
Il ne faut pas non plus négliger la possibilité qu'il s'agisse d'une provocation de Nicolas Sarkozy, pour soulever l'opinion et justifier une répression policière, laquelle s'est tellement banalisée qu'elle n'est plus de nature à indigner comme cela devrait le faire.
Je le redis ici, pas de manif c'est tout ce qu'il attend pour intervenir par la force et ce n'est pas du délire, il a fait ça quand il était ministre de l'intérieur avec les banlieues. Il est un fin stratège en la matière entouré de sa garde de bouledogues qui le conseille bien dans ce sens là !
C'est quoi ,ces histoires, pas de manifs!!!!! Demain, soyons très nombreux par exemple contre la casse du service public d'Education et que les militants politiques de gauche soient au bord du trajet pour nourrir les cortèges de leurs propositions.
Pas de manifs!! Sarko n'a même plus besoin de nous mettre au pas, on se gare gentiment. 9 recommandations pour ces sornettes, vous n'avez pas encore digéré la prestation du Nabot, hier soir. Allez, une bonne soupe, des sucres lents , au lit de bonne heure et tous à la manif demain!!
Les termes "moderne" "modernité" ,employés et utilisés à tout propos par les libéraux ,et la droite en particulier ,sont ,bien évidemment des abus de langage,dont la traduction est claire, c'est tout le contraire du progrès,c'est le recul généralisé et programmé de l'état social, c'est le retour de l'esclavage"modernisé" ,cette imposture devrait être combattue vigoureusement,férocement , par tous les démocrates et républicains et par toute la gauche !!! il n'est plus le temps des états d'âme,face à cette contre révolution,ultra réactionnaire!!!!!
Sans doute, le meilleur billet, depuis hier soir.
Totalement d'accord.Sarkozy jette de l'huile sur le feu dans l'espoir de mettre le pays en coupe réglée. Sachons réfrener notre colère,il n'attend que cela pour justifier la répression et nous museler.Soyons plus malins que lui et luttons intelligemment.
Les 35 heures...
Attaque idéologique et démagogique .
Pourquoi s'y prendre si tardivement ?
A permis à NS de se moquer du PS en replaçant sa petite anecdote du patronat allemand qui se serait congratulé de cette mesure qui favoriserait la compétitivité dans leur pays .
C'est un argument récurrent de la droite , du patronat et du FN depuis 2001 . (Combien de fois ai je entendu dénoncer de façon agressive cette mesure , par des représentants des PME...)
Et pourtant cette mesure a tellement servi le patronat en lui permettant de flexibiliser et de toucher des compensations de l'état ....
Mais bon c'est de bonne guerre . Il faudra bien renvoyer dans la figure de NS au moment opportun toutes les mesures antisociales , et il n'y a que ça , et claniques prises depuis 2007 .
Ls.
Lu, recommandu, ....partaju.... :o)))
Non à une réponse dans la rue à quelques "pas" d'une échéance électorale . Cette nouvelle provocation recherchant la violence, doit être aujourd'hui combattue par une résistance avec des idées, initiatives multiples, utilisant des moyens légaux .
Ne pas tomber dans le piège .
Merci POJ pour cette analyse.
La priorité est bien maintenant de n'avoir présente à l'esprit que l'échéance qui nous permettra de déposer ce parangon d'imposture.
Ne pas prêter le flanc aux manigances pour lui signifier qu'au contraire nous avons compris.
Ajout :
et puis, partager ce billet (c'est fait), le recommander (c'est fait), et le commenter pour ne pas le laisser se perdre tout de suite dans le tréfonds du "tracteur".
C'est fait aussi !
C'est fait aussi !
Bravo pour ce billet très clair.
Réaction de Mélenchon au monologue de Sarko hier :
http://www.placeaupeuple2012.fr/jean-luc-melenchon-repond-au-monologue-de-sarkozy/
Merci, intervention très claire !
jusqu'à son dernier souffle sarko aura essayer de nous faire perdre le notre en tuant le statut du salarié.
il ne sait nous promettre que du sang et des larmes car aux yeux des banques dont il sera bientôt l'avocat d'affaire il restera dans l'histoire l'homme inflexible qui sait surtout faire perdre aux autres pour maintenir de hauts profits pour les spéculateurs .
c'est l'ennemi N1 un de la France celui par qui notre malheur arrive. il faudra frapper fort aux election présidentielles et legislatives la terre brulée c'est pour eux .Nous en avons les moyens et ne laissons pas fleurir au même moment les théses du front national l'UMp jubilerait.
On saura quoi penser de la compétence et du sérieux des dirigeants d'entreprises si l'une d'elles l'emploie comme avocat d'affaires après l'avoir vu mettre par terre l'une des premières économies du Monde.
Excellentissime billet, il résume (et la déborde largement pour la nourrir!!) ma pensée.
C'est un retour à avant ....1936 et les droits qui ont sorti les travailleurs du XIXème siècle!!!
Je ne suis pas d'accord par contre sur l'idée qu'il ne faudrait pas manifester ou se manifester. Si personne ne manifeste, Sarko évidemment en tirera la conclusion que tout le monde est d'accord avec lui. Ensuite , ce sera lui donner raison en donnant à voir d'un corps social endormi.Manifestation ne veut pas dire émeute!!
Et le long d'une manifestation, il faudra les militants politiques de gauche avec leur matériel (Si le PS a fait tirer son programme à 15 millions d'exemplaires , c'est pas pour le laisser moisir dans les sections !!! . Nous autres du Front de Gauche devrons y être aussi!!).
La gauche, toute la gauche, doit prendre le problème à bras le corps. Débattons entre nous des solutions réelles à la crise. Débattons en dans-avec le corps social. Occupons l'espace et rabougrissons celui de la droite.Si Hollande doit reconnaitre que rien n'est supérieur à la loi, ce n'est pas pour empêcher une progression du FdG, c'est parceque c'est républicain, tout simplement!!
Menons nos campagnes sur le fond, sans nous insulter, ni nous sauter dans les bras pour faire croire que l'on est d'accord sur tout. Retrouvons la gauche historique, celle qui marche sur ses deux jambes pour avancer, la gauche sérieuse de la réforme et la gauche, toute aussi sérieuse, de la révolution.....c'est bien comme ça qu'on a toujours croqué la droite, non !!
AUX URNES CITOYENS !
J'ai senti, dés l'énoncé, l'énormité de la " chose"..mais contrairement à vous, mon cher POJ, je m'en suis réjoui..peut-être ai-je tort, vous ne me le démontrez pas dans votre billet qui tient d 'emblée pour acquis qu'il s 'agit bien là d 'un recul....
En quoi les relations patrons /ouvriers à l'intérieur d'une entreprise ne doivent elles que dépendre du seul accord de branche?Pourquoi les ouvriers ne décideraient ils pas dans une entreprise de travailler les vendredi samedi et dimanche alors que la Préfecture l'interdit? et de travailler en aout quand toute la France ferme? Pourquoi doit il y avoir dans toutes les entreprises sur tout le territoire les mêmes lois les mêmes contraintes les mêmes horaires indépendamment du choix des ouvriers? Pourquoi ne pas demander aussi aux ouvriers s'ils préférent travailler 40h avec 5 heures de supplémentaires pliutot que 32 qui permettraient d'embaucher 2,3,15 personnes supplémentairres? Pourquoi ne pas faire de l'assemblée des travailleurs un parlement d 'entreprise???
Je suis proche de l'auto-gestion qui me parait être le seul cadre normatif de travail ..et l'autogestion parle bien du parlement des travailleurs...en quoi la proposition sarkoziste , dont l'esprit est bien loin et en général à l'opposé exact de cela, est-elle contraire à cet esprit?
Par ailleurs ce Monsieur peut bien tricoter les chaussettes qu'il veut pour l'Hiver qu'il annonce froid... cela n'a strictement aucune importance. Elles seront détricotées...ou jeter aux feux de joie qui s 'allumeront partout pour fêter notre joie.
Tout ceci serait sans doute possible au pays des bisounours!!
Dans l'entreprise existe un rapport de SUBORDINATION entre l'employeur et son salarié par le biais du contrat de travail qui est un rapport de SOUMISSION du salarié à l'employeur.
Depuis 1936, le contrat de travail inchangé est soumis à des règles de droit qui lui sont supérieures et auxquelles chacun des deux contractants est soumis. La LOI en démocratie prime sur le contrat privé. L'instrument rassemblant tout ceci est le CODE du TRAVAIL et les métiers étant particuliers et évolutifs, des CONVENTIONS COLLECTIVES existent pour les conformer au dit CODE du TRAVAIL qui lui-même peut se nourrir des secondes.
Il existe différentes formes d'organisation proches de l'autogestion , comme les SCOP, les Mutuelles....soit l'ESS (économie sociale et solidaire).
C'est tout cela que Sarkozy veut faire péter et excuse -moi, tu ne mesures pas bien la gravité de la menace. Pardon pour la leçon, mais je la crois nécessaire.
Salutations respectueuses.
Merci pour ces rappels " necessaires" mais tu ne dis rien des syndicats, du comité d'entreprise et des conventions signées a l'intérieur de l'enrtereprise par ces syndicats -les représentants du personnel- et la direction..
@ kakadoundiaye
L'action et les négociations entre les partenaires sociaux sont encadrés par la loi. Ils s'inscrivent donc dans le respect d'un cadre juridique progressiste se souciant d'assurer aux travailleurs des conditions dignes de travail et une rémunération minimale. La loi fixe un standard qu'il est possible de dépasser.
.
Donner au contrat la capacité de contourner et faire obstacle à cette sécurité juridique permettra au patron d'écarter au cas par cas les garanties légales, les garanties convetionnelles, et de faire échec à l'action syndicale.
@ kakadoundiaye
Les questions que vous posez trouvent en partie une réponse quand les salariés choisissent de se créer en SCOP, société coopérative ouvrière de production, dans laquelle le pouvoir appartient à tous de façon égale (un travailleur = une voix). La SCOP est un type de société assez peu développé en France qui répond à votre attente d'auto-gestion. J'ai un doute sérieux sur la volonté de l'UMP à promouvoir l'autogestion et je pense que ce n'est pas dans ce sens qu'il faille envisager, malheureusement, la "proposition sarkzyste", qui fait référence au cadre plus classique de l'entreprise de capitaux ou de personnes tel qu'il est bien plus répandu en France.
.
Les relations entre le patron d'une telle société et les ouvriers reposent sur un rapport de pouvoir économique appartenant totalement au patron. Le demandeur d'emploi ne se place pas sur un pied d'égalité dans une négociation quand il s'agit de négocier les conditions de son embauche avec un patron. Il y a un déséquilibre net dans la négociation du contrat de travail qui se résume souvent par l'acceptation des conditions de salaires par le demandeur d'emploi que propose le patron. Supprimer les garanties légales revient à livrer la négociation à la libre volonté du patron.
.
C'est en cela que les exemples que vous citez ne sont pas pertinents.
.
Vous mettez sur le même plan des négociations sur la fermeture annuelle de l'entreprise - souvent liée à la saisonnalité de l'activité - qui est une question périphérique avec des garanties fondamentales du travailleur, qui sont essentielles à la santé, la sécurité, l'épanouissement et l'émancipation sociale du salarié.
.
On ne peut pas au prétexte d'une question de confort, qui peut avoir son importance mais qu'il faut savoir relativiser, menacer des acquis sociaux dont la perte affectera l'équilibre de l'individu et de la société nationale du fait de ses incidences (précarité, stress, maladie, etc.)
.
La loi fixe des garanties qui sont un standard minimum dont le but est d'assurer un développement et une paix sociale sans lesquels il n'est pas possible d'envisager une économie.
.
Il ne s'agit donc pas de contraintes mais de sécurité comme le sont le SMIC - le salarié ne peut pas être payé moins - le nombre d'heures maximal hebdomadaire - la garanie qu'on ne peut demander à un ouvrier de faire des semaines de 70 heures.
.
Donner dans ces conditions le pouvoir à un patron de dicter des normes contractuelles pouvant faire échec aux garanties posées par la loi fragilise les salariés (et encore plus les demandeurs d'emploi) en les livrant à des pratiques discriminatoires dont le patron sera assuré de l'impunité, puisque la loi ne sera plus une référence.
Merci Poj de votre longue et précise réponse
Elle ne me convainc cependant pas.
Il y a de façon certes imparfaite mais bien réelle un rapport de forces au sein des entreprises entre la direction et les syndicats. Les uns ne peuvent décider sans les autres qui peuvent toujours mobiliser et mettre en jeu l'existence même de l'entreprise. C'est ce que les allemands ont mieux compris que nous en France en développant une culture du dialogue qui nous fait cruellement défaut où aux ordres des uns ne peuvent répondre que les amendements des autres. Mais j'ai cru comprendre que même à l'intérieur du patronat ce schéma n'était pas trés en odeur de sainteté et souvent considéré comme ringuard et dépassé.
En fait plus que de lois il s 'agit de culture. Bien que je sois partisan de Scop, quand elles sont possibles il y a cependant entre l'entreprise de droit divin et la scop toute un intermédiaire où l'union syndicat/patron peut jouer et jouer sur les rémunérations des uns et des autres, sur le temps de travail et les conditions de travail etc...je crois savoir que dans beaucoup de moyenne entreprise à fort capital symbolique c 'est bien ainsi que cela se passe.
Hallali pour la mort de qui? Merci All Jux.
Que de temps consacré à la querelle! Entre gens qui partagent sûrement le même choix final et , à tout prendre, les mêmes analyses.
Sans approfondir, voici ma réflexion résumée dans une formule.
"Sarko 1 contre son challenger Sarko 1': match nul" Match terne et lassant.
Le président de la République n'a pas hésité à refaire des promesses tout en rompant avec les siennes non tenues, en toute innocence.
Quant aux journalistes choisis par le maître des Médias nationaux, il les a traités en benêts, leur donnant une leçon d'économie pour élève de seconde. Et les hochets de Bonaparte n'ont pas sonné. Mais les cors de l'allali se préparaient devant les écrans.
Pour Sarkhozy tous les Français sont aussi primitifs que ceux du plateau de TV. En fait, c'est insultant mais on lui pardonne parce qu'il ne sait pas ce qu'il fait . D'ailleurs, dans sa réaction immédiate, préparée de concert le matin ( lapsus révélateur), François Copé est à un tel point ridicule qu'il doit rire sous cape voyant poindre l'aube de son tour dans 5 ans. Pervers, va!
Bonsoir Poj
Lire le Canard enchaîné de mercredi, page 3..
@ Merci Giulietta
Les références de l'article :
Conciliabules autour de Sarko
Article d'Alain Guédé - Le canard enchaîné mercredi 1er février 2013 p.3
Nicolas Sarkozy a accueilli en douce à l'Elysée, avant de s'exprimer à la télé, François Chérèque et Jean Claude Mailly (mais pas Bernard Thibault) pour leur faire part du projet "d'accord de compétitivité" et les appeler à une grande indulgence. D'où selon le canard, l'absence de réaction des confédérations.
Une telle pratique syndicale conduit à s'interroger sur le caractère approprié du mot "adhérents" pour les membres d'un syndicat. A leur faire avaler ainsi des couleuvres, le mot "lubrifiants" ne serait-il pas plus convenable ?
NB : Jean-Claude Mailly a cautionné la pratique discriminatoire des voeux du ministre de l'intérieur en se rendant en personne à ceux de FO police (voir les photos ICI). Cette proximité avec le pouvoir amène à s'interroger sur sa possible candidature sous l'étiquette UMP comme le fit un autre responsable syndical, Bruno Beschizza.
Nicolas Sarkozy qui cite beaucoup l'Allemagne en exemple ne semble pas avoir retennu que des soupçons seuls ont suffi à pousser le président à la démission.