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Nouveaux programmes : le véritable avis des enseignants
Ce jeudi 15 mai, les enseignants des écoles maternelles et primaires sont contraints d’organiser une grève pour dénoncer le recul pédagogique que constituent les nouveaux programmes de Xavier Darcos. Le Ministre a déclaré [1] que les enseignants sont favorables aux nouveaux programmes. Ils apprécieraient aussi la simplification opérée...
Ainsi, dès le 29 avril, un mouvement spontané des écoles de l’Hérault nous a conduit à réaliser par mail un questionnaire auprès des enseignants des écoles pour vérifier les paroles de Monsieur le Ministre. Plus de 136 écoles ont répondu, ce qui correspond à plus de 950 enseignants, soit près du double des 500 parents d’élèves interrogés dans un sondage commandé par le ministère sur la perception des nouveaux programmes.
Le résultat est sans appel :
A la question, comment qualifieriez-vous l'avis que vous avez rendu lors de la journée de consultation sur les nouveaux programmes ? 91 % des enseignants ont un avis défavorable sur ces nouveaux programmes (36 % défavorable, 55 % très défavorable). Seul 8 % ont un avis nuancé. Il n’y a eu qu’une réponse favorable. Le ministère reste toujours aussi sûr de lui.
A la question, est-ce que ces programmes sont plus simples ? 43 % pensent qu’ils sont plus simples contre 57 %. Mais sur les 43 % estimant que les programmes sont plus simples, 88 % n’apprécient pas cette simplification (certains utilisent le terme de « simplistes » ou « réducteurs »).
Enfin, 81 % des enseignants estiment que les programmes ne permettront pas l’amélioration des résultats des élèves, voire les aggraveront. 15 % pensent qu’ils seront sans aucune influence et 4 % sont sans opinion. Aucun enseignant n’estime qu’ils permettront aux élèves de progresser.
Au-delà des divergences de vues sur ce que doit être l’école de demain, ce que nous ne tolérons pas c’est que le Ministre mène une campagne de désinformation en affirmant que les enseignants ont validé le projet.
S’il est juste de dire que c’est aux élus de la nation de choisir ce que doivent apprendre nos enfants, aucune réforme ne peut se faire contre ceux qui devront appliquer cette réforme. Le Ministère nous a demandé notre avis, mais il n’en tient pas compte.
Ce texte s’adresse aux citoyens qui souhaitent connaître la réalité dans les écoles. Il a pour but de les alerter et d’expliquer les raisons pour lesquelles nous sommes en grève ce jeudi 15 mai.
Le collectif des écoles de l’Hérault ayant répondu au questionnaire.
note
[1] Au cours de l'émission Ripostes diffusée sur France 5 le dimanche 20 avril,
le Ministre de l'Education, Xavier Darcos, a déclaré que les nouveaux
programmes étaient approuvés par une majorité d'enseignants. Ils
apprécieraient principalement la simplification opérée (aux environs de la
40ième mn). Le 29 avril, il a confirmé ces propos lors de la présentation officielle des
nouveaux programmes.

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Claude Lelièvre Décidément ( mais il y a de quoi ), Sébastien Rome continue le combat avec la même fougue et, ce qui n'est pas rien, en informant et en argumentant . Malheureusement, on ne voit pas beaucoup de lieu où cela est traité avec la même acuité...
J'invite la rédaction à passer cet article à la place qui lui revient, en Une. C'est d'actualité... Amicalement, gwénael
Je suis tout à fait d'accord avec Gwénaël Glâtre : le billet de Sébastien Rome mérite une diffusion plus large que celle de la confidentialité d'un blog particulier. Question au ministère : quand, et selon quels critères, les enseignants ont-ils validé ce projet? Continue à te battre mon cher jeune collègue… tu as le mérite d'étayer tes propos d'arguments difficilement réfutables… ce qui n'est pas le cas des pouvoirs en place…
Tout à fait d'accord pour en faire une UNE. Il le mérite ! Ma soeur institutrice ne dit pas autre chose, et pourtant, elle ne fera pas grève cette semaine, pas conscience professionnelle. Dans son école le projet pédagogique inclut une semaine de la radio pour les enfants, le grand projet de l'année. Un projet construit,organisé, accompagné, en partenariat avec l'extérieur qui anime tout le monde des enfants aux instituteurs, des parents aux associations locales. Pas question de le sacrifier, même si... même si, pourra t il se refaire les années suivantes si les programmes sont mis en oeuvre comme le souhaite M. Darcos? Le temps de ce type de projet est peut-être compté si les instituteurs doivent passer leur temps à évaluer, rentrer dans les cases d'un programme chaque jour plus chargé et ce dès les maternelles?
Je suis bien conscient de la nécessité de dire et de répéter que les arguments du ministre, tournent sur la planète médiatique loin du centre de gravité de l'enseignement. Je crois qu'il y a tout de même un point qui rend la bataille difficile, c'est qu'il en est pour le discours simpliste sur l'école comme pour la peine de mort, la majorité des français semblent être pour parler de ce qu'on peut voir, des lettres et des syllabes, de ce qu'on peut entendre, la prononciation de ces syllabes, de ce qu'on sent, qu'avec des efforts on peut toujours faire mieux, de ce qu'on peut noter, de ce qu'on peut féliciter ou punir, etc... Et les chiffres, statistiques ou propagandistes ne durent même pas ce que dure une rose. Ce que les gens voient, c'est que les uns leur disent ce qu'ils veulent entendre et que les autres essayent de gouverner avec des idées intelligentes alors qu'on sait depuis des siècles que ça ne marche pas. Je serai de tout coeur avec vous demain. Serge Koulberg
Votre commentaire est tout à fait pertinent mais mon objectif premier est autre. Aussi loin que je me souvienne de mes cours de philo, il me semble que les stoïciens découpaient les actions en trois types : ce qui dépend de nous, ce qui ne dépend pas de nous et ce qui nous est indifférent. - Les décisions politiques sont toujours du type « ce qui dépend de nous » car elles sont toujours l’œuvre de choix humains. Bien évidemment, ce n’est pas moi, ni les lecteurs qui ont recommandé mon article, ni les collègues ayant répondu au questionnaire qui feront « plier » le gouvernement mais je rappelle que cela dépend de nous. Combien de « je » devra contenir ce « nous », cela ne dépend pas de moi… - Les stoïciens utilisaient aussi une histoire qui me plaisait beaucoup pour décrire leur morale. Un archer se doit d’atteindre l’excellence c'est-à-dire le cœur de la cible. Or, ce n’est pas dans le résultat que réside l’excellence de l’archer (la cible atteinte) mais dans la maîtrise du geste juste avant de lâcher la flèche. L’archer vise juste, il bande son arc parfaitement, ne bouge pas. Lorsque la flèche quitte l’arc, la trajectoire de la flèche ne dépend plus de l’archer. Que faire si le vent détourne la flèche de sa cible… - La question n’est pas est-ce nous ferons plier le gouvernement mais aurons-nous agi de telle manière à accomplir « l’excellence » de nos convictions. Le reste ne dépend pas de nous.
Cher Sébastien Rome, J'avais lu "Le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc", un petit livre écrit par Eugen Herrigel, mais je ne connaissais pas cette position des stoïciens, donc merci à vous de cette nouvelle référence. Et puis oui, bien sûr, pour tirer avec application son trait - quoique je manie mieux la plume que la flèche - et oui pour unir nos "je", chacun appliqué dans le domaine qui le concerne mais attentif aussi aux domaines des autres. Je ne suis pas enseignante mais de tout coeur avec vous. Vous opposez vos chiffres à ceux des experts de la désinformation, bonne idée. Je suis aussi "pour" votre passage en Une.
Il faut se mettre à l'évidence que le pouvoir en place ne poursuit qu'un seul objectif en matière d'éducation (comme il le fait pour la santé): réduire les coûts! Ce qui se passe pour la santé est le modèle de ce qui est en train d'être programmé pour l'enseignement: médecine à 2 vitesses, école à 2 vitesses; suppression des hopitaux et développement des cliniques privées, suppression de postes pour l'enseignement public, subventions pour la créations d'écoles privées (d'après mediapart); réduction des moyens pour les filières publiques en université, augmentation des officines privées proposant des formations à ceux qui peuvent se les payer; allègement des programmes, développement des cours de soutiens payants et financés par des réductions fiscales (pour ceux qui paient l'impôt; etc... etc...
Réduction des coûts et "recentrage sur les fondamentaux" ? Mais rajout improvisé et arbitraire (sous l'effet de quel lobby?) d'un enseignement d' "histoire de l'art" au détriment d'une éducation et d'un épanouissement des capacités de chacun à l'expression et à la créativité par l'art.
Est-ce ce que vous avez des résultats sur Agde ? Etant agathois, cela m'intéresse. Merci bien.
J'ai traité les données "à la main" et je me suis efforcé de faire court car je sais mieux que quiconque que le temps des directrices (-teurs) est souvent compté (donc mon temps aussi). Je n'ai donc pas mis de case "école de ...", j'ai préféré les questions pour savoir si les écoles étaient en ZEP ou hors ZEP et si elles étaient des maternelles / élémentaires. Je n'ai pas fait mention des différences de perception de ces catégories d'école car rien ne les distinguaient dans leurs réponses. A partir des adresse mail des écoles, j'ai pu bien voir qu'aucune différence de perception existait entre les écoles "bourgeoise" (j'y ai travaillé) de Castelnau le Lez et les ZEP de La Paillade. Les réponses sont massivement défavorables aux nouveaux programmes. Ceci c'est très rapidement dessiné avec un rapport 8 contre 10 dès les cinquante premières réponses. - Je regarderai donc le cas de Adge à votre demande même si toutes les écoles n'indiquent pas le nom de leur localité dans leur adresse mail.
Merci pour ce billet. Je suis du côté des enseignants qui ne veulent pas de cette réforme. ' Mais... Pour une grande rigueur, (les chiffres ne sont intéressants qu'utilisés avec rigueur et ceux du Ministre sont évidemment sans rigueur) voici les questions qui m'apparaissent : ' Vous donnez le chiffre de 136 écoles ayant répondu. Peut-on connaître le nombre total d'écoles interrogées ? Et par voie, du nombre total d'enseignants ? ' Ne faut-il pas émettre l'hypothèse que ceux qui ont répondu sont d'avantage ceux qui voulaient s'opposer ? Qu'ils se sont sentis concernés par les questions, parce qu'ils étaient déjà près à militer ? Hypothèse que l'on pose pour éventuellement la réfuter aussitôt : s'il y a aussi un esprit militant inverse, il aurait dû s'exprimer. Ceux qui se sont tus ne devraient donc pas être des soutiens actifs du Ministre. ' Il m'apparaît en tous les cas, que ce sondage un peu "brut" n'est pas plus dénué d'intérêt (au contraire), qu'un sondage effectué sur 500 parents d'élèves dont on peut se demander quelle connaissance réelle du document du ministre ils ont, quelle connaissance des programmes actuels ils ont... Ce qu'en disent les médias de masse ? ' "S’il est juste de dire que c’est aux élus de la nation de choisir ce que doivent apprendre nos enfants, aucune réforme ne peut se faire contre ceux qui devront appliquer cette réforme." Mais est-il si sûr que c'est aux élus de choisir ? Comment ne pas voir alors que ce qui est fait par un camp sera toujours déconstruit par l'autre ?
Oui, quand même, dans une démocratie représentative, c'est aux élus de décider, pas à des experts ou aux agents. Maintenant, l'une des conditions de réussite d'une réforme est d'y associer les agents (leurs organisations syndicales) et a fortiori d'éviter de la faire contre eux.
Je tiens à cette idée sans laquelle un discours de "protestation" ne peut être crédible. Toutefois, ce que je peux (le "je"est abusif, "ce que l'on peut" aurait été plus juste) reprocher au Ministre et Président se résume en deux points : 1) Mentir sur la bonne réception des nouveaux programmes par les enseignants (de nombreux collègues m'ont fait part de leur déception de voir TOUTE la fonction publique rejoindre les enseignants du 1er degré : cela a brouillé notre message / chacun sa grève chaque jour puis un final tous ensemble...) 2) Cette mauvais réception n'est pas du tout liée à un enjeu politique (les profs de gauche contre le gouvernement de droite). X. Darcos avait d'ailleurs bonne presse chez les enseignants. Ce qui nous inquiète, c'est le décalage entre les nouvelles demandes des élus et la réalité de ce qu'est un enfant qui apprend. - La division en CE1 (seulement abordé maintenant mais qui devra être apprise en CE2, contre le CM2 maintenant) c'est une absurdité incommensurable. Le Ministre répond que ce n'est que la division par 5 et par 2 des nombres en dessous de 100, sans reste. Autrement dit, il s'agit de connaître les doubles et les moitiés et les relations entre des nombres tel que 45 et 5. Ces points là étaient dans les programmes de 2002. Vouloir les faire apprendre par une technique opératoire c'est à la fois tuer le calcul mental (socle des programmes 2002), les connaissances en numération (second socle des programmes de 200) et la division. La division ce n'est pas ça : c'est la relation entre un Dividende = un quotient x diviseur + reste. Le nombre d'opération mentale est trop important pour un enfant de cet âge. Le seul moyen existant pour faire apprendre la division est de faire apprendre une "histoire mécanique", "une comptine" qui nie totalement les principes des mathématiques. Dans 36, je prends le 3, combien je peut mettre de 2... reste 0 ! Des exemples dans la disciplines des universaux... C'est bien le praticien qui parle, celui qui a des élèves demain. Il n'y a pas de pédagogue qui se cache derrière ces mots. - Ce n'est qu'un exemple. Quand il est dit que ces programmes valorisent les apprentissages mécaniques au détriment de la compréhension, il faut entendre, pour de nombreux points, ce que je viens d'expliquer au-dessus. Ces explications sont condamnées face aux "évidences" mis en avant par le ministre. Serge K a raison. - Nous ne sommes pas contre la réforme (quoique nous ayons attraper le tournis) mais nous sommes pour que que les élus se renseignent avant et quand ils nous consultent, et qu'ils ne tiennent pas compte de nos remarques (objet d'un prochain commentaire), qu'ils ne fanfaronnent pas en disant que nous sommes "plutôt favorables". http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-joutard/160308/une-ecole-de-l-ennui-et-de-l-echec http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-rome/040408/nouveaux-programmes-et-nouveaux-profits
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Ah, enfin, j'attendais avec impatience cette critique. J'avoue m'être inquiété de ne pas la voir arriver plus tôt. J'avais commencé à imaginer un commentaire sur ma méthode qui ne serait pas forcement tendre avec moi-même. Je vous la réserve pour ce week-end car je veux être précis et juste (là, il me faut préparer un document pour Madame le Maire de Lodève (celle qui a "bouté" le député défenseur du service minimum) qui vient visiter notre école demain et je veux répondre à chaque commentaire) _ En attendant, allez voir cet article sur Mediapart publié bien avant mon billet. http://www.mediapart.fr/club/edition/politolog/article/250408/un-sondage-ou-ca-sur-mediapart
comme promis, voici les réponses à vos questions dans un nouveau billet : http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-rome/180508/comment-recueillir-l-avis-des-enseignants-reponses-aux-commentaires
Ce que je ne comprends pas du tout, c'est pourquoi on passe de 26 heures d'enseignement à 24 heures par semaine. Libérer deux heures pour les élèves en difficulté est l'argument avancé mais, demander à la majorité des élèves d'assimiler le contenu d'un programme lourd (aussi lourd que celui des nouveaux programmes de 2002 me semble-t-il) avec deux heures de moins...en quoi cela leur permettra-t-il de faire des progrès? Les enfants ne sont pas des machines.
Cela ne va pas se passer comme cela. S'il y a bien une idée lumineuse chez notre ministre, c'est celle-là. Vraiment. On est créatif sous la contrainte. Comment faire en sorte que les élèves soient pris en petit groupe (ce qui est une nécessité pour les faire progresser / la fameuse "baisse du nombre d'élèves par classe") sans dépenser un sou, ni créer un poste. L'idée est bonne, les bons élèves n'en souffriront pas, les mauvais pourraient être soutenus. - Les enseignants ne feront pas du "gavage" mais déploieront tout leur savoir faire pédagogique (situation de manipulation, d'écriture, de projets pour apprendre autrement ce qui n'a pas été appris de manière "classique"). Le seul problème, c'est la méthode. Nous n'avons encore aucune directive officielle alors que l'accord syndicats-Ministère (on touchait au temps de service des enseignants et leur mission d'où un accord) date de plusieurs mois. (http://www.google.fr/url?sa=t&ct=res&cd=2&url=http%3A%2F%2Fmedia.education.gouv.fr%2Ffile%2Freleve_conclusion%2F36%2F5%2FPROTOCOLE_DE_DISCUSSION_AIDE_AUX_ELEVES_-_ECOLE_PRIMAIRE_-_SE_UNSA-SGEN_CFDT_23365.pdf&ei=VbwsSKylE5aE7gXan6XgBQ&usg=AFQjCNH-yh7Be8f758LzOunQwwPL9WGryw&sig2=bQN4RA1ti9Ak-TydhTqHEw) - Je passe sur la complexité de mise en œuvre pour les enseignants (un enseignant à 80 % doit-il faire 80 % des 2 heures ? Où doit-être le remplaçant ? Est-ce que les enseignants pourront encore faire les études payées par la mairie ? eux qui travaillaient plus pour gagner plus... ), pour en venir à me centrer sur celui des élèves. Les enseignants choisissent d'organiser comme ils le souhaitent ces deux heures MAIS : il y a les problèmes de garderie, de cantine, de transport scolaire, d'animation péri-scolairede gestion municipale puis l'Inspecteur d'Académie qui ne veut pas de telle ou telle organisation (en Isère L'IA veut que les 26 heures, 24+2, soient étalées sur toute la semaine, mercredi matin compris, pour raccourcir la journée mais celui de l'Hérault veut une semaine a quatre jours) puis il y a les Inspecteurs de circonscription qui ne souhaitent pas que cela soit le soir après la classe (trop de fatigue) ou juste avant la classe en après-midi (après le repas). Au final, tout le monde a une bonne raison de ne pas vouloir mettre les heures ici ou là. Mais c'est à nous de trouver LA solution, même si il nous semble que les demandes vont en l'encontre du bien des élèves. - La précipitation a tué cette bonne idée. Pire, elle est l'occasion pour chacune montrer son pouvoir... - Voulez-vous une autre réforme ?
Et pourquoi en France, les élites se reproduisent-elles en cercle fermé ? Parce que leurs enfants ne regardent pas la télévision, ne sont pas accrochés à leur Playstation ou à leur téléphone portable, qu'ils lisent des livres et apprennent le grec, et qu'ils font leurs études supérieures aux Etats-unis. Le problème est moins celui de l'éducation nationale que celui de ce pouvoir silencieux que sont les médias de masse et autres nouvelles "technologies de l'esprit" : car dans une démocratie, comme tout le monde a, en principe, le droit de s'exprimer et de penser librement, il faut que l'intelligence soit tuée dans l"oeuf pour que le pouvoir en place puisse continuer à s'exercer en regardant ses actions montées en bourse.
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suite et fin : Et nous nous faisons tous avoir par ces technologies, car les blogs et autres commentaires, cela fait une somme d'individus, mais cela ne produit pas du collectif. Ne pas oublier que l'art, avant que d'être la projection d'un ego, avait la capacité à incarner la connaissance humaine, l'art avait une fonction sociale et collective, il servait à structurer la communauté. Pour l'instant, à part Bernard Steigler, aucun journaliste n'en parle, et pour cause, Steigler est un philosophe, et la question fondamentale de la philosophie, c'est "comment vivre ensemble".
J'ai répondu à vos remarques dans un nouveau billet : http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-rome/180508/comment-recueillir-l-avis-des-enseignants-reponses-aux-commentaires
L'intégration scolaire! Puisque nous en sommes à dénoncer les manoeuvres économiques, il en est une qui passe inaperçue, on ne sait pourquoi, tant elle est voyante! Il s'agit de cette malheureuse idée qui consiste a pallier les insuffisances de la psychiatrie de l'enfant en demandant à l'école de pratiquer l'intégration scolaire des enfants présentant des troubles psychologiques graves. On passe, grâce au mot "handicapés", des enfants handicapés moteurs ou sensoriels aux enfants handicapés de la communication ! Il est bien évident que l'amalgame n'est pas acceptable... Pour un enfant sourd ou paraplégique, la chose peut avoir du sens. Pour un enfant qui présente une profonde originalité psychologique empêchant un abord ordinaire de la signification, il est nécessaire de mettre en oeuvre une réflexion, au cas par cas, de mobiliser une expérience et un savoir faire qui excède, et de loin, les capacités des jeunes gens soudain baptisés "auxiliaires de vie scolaire", quelle que soit leur bonne volonté ! Il existe environ 100000 enfants en france qui présentent des troubles psychiques allant des Troubles envahissants du développement (autisme) aux différentes catégories de déficiences plus ou moins harmonieuses. Pense-t-on sérieusement que l'éducation nationale peut représenter une alternative aux 1200 institutions spécialisées qui les prennent en charge ? Personne ne croit ça!Ni Sarkozy, ni Bachelot, ni les enseignants, ni les psychiatres... Pourtant, comme la chose a des allures de générosité égalitaire, on est sommés de ne pas la dénoncer. Pour le cas où l'on aurait cette audace, on vous opposerait, à tout hasard, la souffrance des parents... Eh bien justement! Cette souffrance des parents, si elle nous émeut et nous concerne, nous devons y répondre par autre chose que du semblant! Dénigrer les institutions psychiatriques ou médico sociales, en vrac, comme on critique l'école d'ailleurs, celà relève de l'irresponsabilité et d'un réel manque de respect vis a vis des populations concernées. En privé j'ai rencontré de très nombreux enseignants désespérés par cette disposition et désarmés devant les difficultés qu'elle impose. En public, dans les journaux, rien ! Mais les enseignants sont-ils libres de critiquer cette fantaisie de l'intégration sans nuance? Lequel n'est qu'un montage économique qui s'avance sous les couleurs de l'humanisme, de la tolérance, du respect des différences, et de la croyance étrange que la fréquentation des enfants "normaux" va arranger les affaires de ceux qui attendent tout autre chose : un immense effort de compréhension et des conditions de prise en charge réellement adaptées. Mais bien sûr, c'est plus cher ! Doter convenablement les établissements spécialisés en personnels efficaces, accompagner réellement les parents... Faire preuve d'un vraie solidarité, oui, c'est plus cher que d'intégrer. La ruse est parfaite, car très difficile à dénoncer sans avoir l'air d'une brute! CF mon blog sur "l'intégration scolaire pour oublier la psychiatrie"