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Quand un syndicat anglais déplore l'exportation des évaluations "folles"

A partir du lundi 18 janvier, les élèves de CM2 "plancheront" pour la deuxième année consécutive sur les évaluations nationales. Ces évaluations avaient suscité de nombreuses oppositions l'an passé. Le Secrétaire Général du National Association of Head Teachers (NAHT - syndicat anglais des directeurs d'écoles), Mike Brookes, déplore que les évaluations à l'anglaise aient été importées en France. Il dresse aussi un constat sans appel de 15 années d'évaluations.

C'est après avoir appris le projet de boycott des évaluations nationales anglaises que j'ai pris le parti de contacter les syndicats anglais prônant la désobéissance comme forme d'action collective.

Mikes Brookes m'a donc fait l'aimable plaisir de me répondre en des termes qui, plus que jamais, imposent de rejeter les évaluations nationales telles qu'elles sont conçus actuellement. Nous ferions bien de méditer les résultats cette expérience :

  • une stigmatisation des écoles et plus largement des quartiers où les écoles ont des résultats bas;
  • les programmes ne se réduisent plus qu'aux attendus du test, ce qui conduit au bachotage et, pour les élèves à la peine, à leur décrochage;
  • Les évaluations ne contribuent pas à améliorer les performances dans la durée, notamment pour les élèves en difficulté;
  • et enfin, par endroit, les écoles jouant à cette course de la performance pratiquent la tricherie...

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**********************************************

Dear Sébastien

I am very interested in your campaign and very concerned that this poor practice which has a devastating effect on learning is being exported from England. I copy a section from an article that I am preparing for an Australian web publication that gives an accurate summary of where we are.

We have demonstrated conclusively that:

The obsession with SAT scores narrows the curriculum and produces a shallow, regurgitative curriculum that succeeds in disenfranchising and disillusioning students at a young age. There is a high correlation between children labelled by the system as ‘failures' at a very young age and those that leave the system after a decade in school with little to show for that experience.

  • It doesn't work. After the initial ‘halo' effect described by Professor Robin Alexander's (Cambridge Review) far reaching report on primary education in England, test scores in England have reached a plateau.
  • The use of this proxy data to produce school performance tables has only succeeded in demoralising schools in the most challenging circumstances and humiliating their communities. The axiom of ‘the beatings will continue until morale improves' has no place in a modern education system.
  • Setting up arbitrary performance targets encourages schools to ‘play the game'. In isolated cases this has manifested itself in ‘cheating' by intervention in the process and administration of the test regime.
  • Reports from around the world suggest that governments are impressed by the tight central control of the system are seeking to impose their own version of the English system.

This is the back-drop to our Assessment Reform Campaign that seeks to replace the current regime with a system that is fairer, has its basis in trust and gives a more balanced view of schools' achievements. We have protested about the system since 1994 and been ignored, which is why (at the time of writing) we are preparing to take action against the SAT tests this May by refusing to administer them. We take this action more in sorrow than anger."

Regards

Mick Brookes

 

NB : Pour la traduction, voir dans les commentaires.

Merci à M.H., à P. Watrelot et à Sylvie Abdelgaber

 

On écoutera avec profit cet extrait de la rumeur du Monde du dimanche 16 janvier dont le sujet était l'Angleterre.

La Rumeur du Monde - France Culture © J.M. Colombani

On lira aussi avec grand profit cet extrait ci-dessous de l'Etat Prédateur de James K. Galbraith, paru au SEUIL, en septembre 2009, où l'économiste s'applique à démontrer comment l'idéologie du marché s'est imposée sur tout un ensemble de secteurs de la vie sociale alors que la sacrosainte « efficacité » n'est même pas réalisée. Il démontre alors que l'Etat, sous G.W. Bush, est devenu un outil qui permet à quelques uns de faire de l'argent par simple prédation. Ici, un court extrait autour de l'école sous G.W. Bush qui n'est pas sans rappeler notre situation de part, et s'est confondant, les mots même qui sont utilisés en France sous N. Sarkozy : « laisser le libre choix de l'école aux parents », « ne laisser personne au bord du chemin », « les évaluations nationales sont comme la pierre angulaire de la réforme du primaire qui permettra de faire progresser les écoles»...

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Cliquez ci-dessous pour lire l'extrait

 

Tous les commentaires

18/01/2010, 01:28 | Par JoHa

Excellent billet que je ne puis commenter vu l'heure tardive. Oui, établir des liens avec les autres pays européens.

 

Pour ceux qui lisent l'anglais, ne manquez pas de lire ceci que j'ai trouvé ce jour sur Mediapart : le rapport de l'économiste Angus Deaton, en page 3 de

http://www.mediapart.fr/journal/france/110110/la-methode-experimentale-au-coeur-des-controverses

Partout, dans tous les secteurs des activités humaines, on prétend importer au nom de la science - économique - des évaluations chiffrées qui prétendent s'autoriser des dites sciences économiques. Angus Deaton démontre qu'il n'y a pas d'unanimité, à propos de ces évaluations, au sein des sciences économiques et que les études ne sont valides qu'à condition que les objets qu'elles prétendent étudier soient précisés au niveau des idées avant que des équations chiffrées soient appliquées. Sans cela, on arrive à des études dont la valeur scientifique est nulle et non avenue.

18/01/2010, 08:08 | Par Liliane Baie

Merci, Sebastien Rome, pour ces éléments suplémentaires de réflexion. Si l'on pouvait tenir compte de l'expérience acquise, ce serait bien...

18/01/2010, 12:46 | Par Horcrist

Remarque plus générale inspirée par ce bon billet :

Le Royaume Uni privatise le rail et de nombreuses etudes montrent le desastre qui a suivi. ==> la France va suivre le chemein

The economist revelle que des economistes se posent la question sur le bien fondé de laisser des secteurs clés tels que l'énergies aux mains des marché privés. ==> le jour même la France communique sur le besoin d'augmenter le nombre de concurrents à EDF et la fin des tarifs regulés pour tout le monde à moyen terme.

Une étude montre les faibles résultats de la prolifération des cameras de surveillances au Rauyaume Uni. ==> la même semaine la ministre de l'interieur Francaise annonce la multiplication des cameras dans les espaces publics et la mise en place de systemes pour les connecter à internet.

Enfin (merci M Rome) on se rend compte des biais importants des évaluations dans le primaire anglais ==> La France a annoncé moins d'un an avant la generalisation de ce type d'evaluation et l'ambition de les utiliser pour corriger le systeme.

D'autres exemples doivent exister ... ca laisse reveur ...

 

18/01/2010, 13:15 | Par Hestia

mon gosse vient de la passer, ça dure toute la semaine ! j'espère qu'il sera premier et même devant le premier ! non mais c'est mon gosse quand même !

18/01/2010, 14:48 | Par Lincunable

On se demande vraiment pourquoi la culture du résultat devrait être inculquée dès le plus jeune âge. Que sont devenus les "libres enfants de Summerhill" ? http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/latrive/www.lemonde.fr/article/0,2320,43294,00.html

18/01/2010, 17:38 | Par dianne

Ils sont devenus des membres de l'Union Européenne dont le programme en matière d'éducation est fixé par la "Stratégie de Lisbonne".

 

ci dessous, du "rebouillu" mais dont une bonne partie se vérifie au jour le jour

 

http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article77

http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article98

http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article22

 

Et un autre témoignage britannique, déjà "vintage" à l'heure du village global...

 

http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article45

18/01/2010, 22:49 | Par Lincunable en réponse au commentaire de dianne le 18/01/2010 à 17:38

Face à la mondialisation et aux délocalisations d'entreprises, la stratégie de Lisbonne vise à relancer la croissance et le développement durable en Europe en misant sur sa matière grise comme solution au décrochage dans le dynamisme économique de nos concurrents émergents. Il n'y a donc aucune incompatibilité entre l'Europe de la connaissance et une pédagogie de la participation où l'école refuserait d'être coupée de la vie mais prétendrait former des futurs individus libres et responsables, avides de savoir et de transmission du savoir en apprenant à maîtriser ses potentialités et à connaître ses limites.

18/01/2010, 23:10 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Lincunable le 18/01/2010 à 22:49

Dans les lectures à faire Christian Laval, que les lecteurs de >Mediapart connaissent bien :

 

La réforme managériale et sécuritaire de l’école

 

 

18/01/2010, 18:33 | Par dopsis

je voulais juste signaler un livre paru aux editions de La Découverte : "A l'école des compétences, de l'éducation à la fabrique de l'élève performant", d'Angélique Del Rey. C'est une analyse de la tendance mondialisée à transformer l'enseignement, la transmission, en un programme d'élaboration de compétences adaptées à la compétitivité du monde du travail.

19/01/2010, 19:21 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de dopsis le 18/01/2010 à 18:33

Il y a doinc maintenant l'article de Louisse Fessard qui donne accès à ce livre. Sourire

18/01/2010, 19:12 | Par claude lelièvre

Un éclairage tout à fait intéressant et précieux, cher Sébastien Rome. Mais s'agit-il d'écarter toute évaluation ( et le risque est alors grand de proclamer de ''grandes ambitions'' et de se payer, en réalité - à bon compte - de mots ) comme il est arrivé bien souvent dans le passé ( et actuellement encore ). Et ''Dieu'' reconnaîtra les siens! Le problème de l'évaluation ( des évaluations ) est plus que jamais , me semble-t-il, important et décisif dans le contexte actuel. Le plus sage est sans doute, effectivement, de le considérer avec beaucoup de circonspection ( voire de méfiance ), mais aussi dans sa complexité et sa nécessité.

18/01/2010, 22:00 | Par JoHa en réponse au commentaire de claude lelièvre le 18/01/2010 à 19:12

Quelle nécessité Claude Lelièvre ?

18/01/2010, 23:01 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de JoHa le 18/01/2010 à 22:00

Cher Claude Lelièvre,

je crois avoir pris en compte cette nécessité dans un échange avec...Joha 1008 dans mon précédent billet. Je vous invite donc à lire les commentaires.

pour faire plus court les idées directrices sont :

- l'évaluation est nécessaire dans la relation parents-enseignants pour le suivi normal de l'éducation des enfants.

- l'évaluation est nécessaire pour l'enseignant, seul, pour estimer le travail à faire avec les élèves.

- l'évaluation nationale est nécessaire (sur plusieurs classes) pour faire apparaître les inégalités sociales. Ne pas avoir d'informations sur cet aspect là de l'école serait bien la pire des choses.

 

Ces évaluations ne sont pas du tout construites sur ces objectifs : elles ne permettent pas d'améliorer la relation parents-enseignants, elles ne fournissent aucun outil de diagnostic sur l'origine des erreurs, elles sont placées trop tard dans la scolarité et dans l'année pour permettre un remédiation, elles ne sont pas construites pour lutter contre les inégalités mais pour les établir en fixant une norme. Les normes ne sont pas absurdes en soi mais celle-là l'ai car elle manque l'objectif affiché : aider à la réussite de tous les élèves.

En fait, et c'est mon interprétation, ces évaluations avaient pour but d'être le nouveau examen de passage en 6ième afin de préparer la dernière réforme de l'éducation, celle du collège séparé. Si au passage on pouvait classer les écoles comme en angleterre et favoriser le privé, c'était toujours bon à prendre. Seulement la machine est grippée (grippe B, bien sûr)

 

 

19/01/2010, 12:00 | Par claude lelièvre en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 18/01/2010 à 23:01

OK. Nous sommes pour l'essentiel sur la même longueur d'onde. Quant à votre dernière hypothèse, elle me semble bien intéressante.

19/01/2010, 00:29 | Par Liliane Baie en réponse au commentaire de claude lelièvre le 18/01/2010 à 19:12

Votre remarque, Claude Lelièvre, m'amène à faire un parallèle entre ces évaluations et l'usage actuel, qui n'est pas dénué d'effet négatifs, de l'"évaluation" dans l'entreprise.

Il me semble que le terme "évaluation" est utilisé actuellement comme ces "mots-valises" que l'on identifie en psychanalyse. C'est-à-dire que différents sens sont inclus dans l'utilisation qui est faite du mot.

L'évaluation, au sens large fait partie de toute entreprise humaine. A partir du moment où on décide de faire quelque chose, on évalue les moyens dont on se dote pour y parvenir. En cours de réalisation, on évalue si l'on obtient ce que l'on souhaite, pour modifier son plan en cas de difficulté. Enfin on évalue le résultat final, lequel est évalué éventuellement aussi par les partenaires ou commanditaires. Quiconque n'effectuerait pas cette évaluation permanente s'exposerait à des échecs répétés et graves. C'est un peu ce qui se passe avec les planifications globales qui omettent cette nécessaire évaluation permanente qui seule permet l'adaptation des moyens au but poursuivi (cf le plan pandémie).

Quand il s'agit d'enseigner quelque chose à quelqu'un, l'évaluation régulière de ce que celui-ci a acquis permet d'adapter son enseignement à ce que l'élève est capable d'apprendre, et aux moyens qui sont nécessaires pour cela. Cette évaluation doit se faire au jour le jour, car si un enfant n'a pas compris que un plus un, cela fait deux, inutile d'essayer de lui apprendre que deux plus un, cela fait trois. A part cette évaluation quotidienne, il a toujours existé des évaluations plus standardisées, qui permettent à l'élève d'apprendre à rendre compte de ce qu'il sait, ce qui constitue une compétence utile, en plus de permettre à l'enseignant de pouvoir vérifier la profondeur des acquis. On appelait cela "compositions" puis "contrôles" maintenant cela s'appelle "évaluations". Comment ce nom générique s'est-il mis à désigner quelque chose de particulier, c'est cela qui est intéressant.

Jusqu'à présent, j'ai parlé de l'évaluation au sens large, évaluation comme principe de l'amélioration permanente, dont une partie est basée sur l'auto-évaluation ("si je ne sais pas répondre, c'est que j'ai mal appris ma leçon, il faut que je m'y prenne autrement") pour parvenir au but poursuivi : ici, acquérir des connaissances.

Depuis un certain nombre d'années, ce terme signifie autre chose, un sens nouveau qui se surajoute aux sens précédents sans les exclure. C'est le sens de l'évaluation dans sa conception managériale. C'est-à-dire une stratégie mise en place par des décideurs, qui planifient une procédure d'évaluation qui va devoir s'appliquer à un grand nombre d'individus, devant tous passer au travers de la même grille. Il ne s'agit plus de savoir pour un individu, ici un élève, si ce qu'il sait correspond à une acquisition réelle de connaissance, ou s'il n'a pas réellement compris la notion abordée, ou s'il est très performant sur tel aspect particulier et qu'il peut passer à l'acquisition d'une notion plus complexe. Il s'agit de définir des normes auxquelles doit souscrire tout un groupe, et de déterminer quels sont les individus conformes, et lesquels ne le sont pas.

La façon dont les tests de CM2 sont notés rend bien compte de cette conception des évaluations : le fait que chaque item soit noté un ou zéro, sans que le "en cours d'acquisition" ne puisse s'exprimer dit bien que l'évaluation telle qu'elle est pratiquée n'est en aucune façon destinée à une application individuelle. Si quelqu'un est capable d'expliquer à un enfant qu'il a une très mauvaise note mais qu'on sait qu'il a "presque" tout compris, qu'il dise sa méthode : cela intéressera plus d'un enseignant, éducateur ou parent.

Cette évaluation n'est donc pas une évaluation de chaque élève, mais une évaluation de l'institution scolaire. Evaluation des écoles, des enseignants, des quartiers... Malheureusement, chaque enfant va pourtant avoir des résultats qui vont lui dire ce qu'il "vaut". Or, on sait depuis longtemps qu'il est dangereux de confondre, dans ce que l'on exprime à un enfant, le résultat à un test, et sa valeur en tant que personne. La confusion faite souvent entre "j'ai de mauvais résultats en maths" à "je suis nul en maths" conduit souvent à "je suis nul". C'est, entre autres, ce qui avait abouti à diverses tentatives pour supprimer les notes après mai 68. Tentatives ayant échoué devant la nécessité d'évaluer les progrès de l'élève. Les progrès mais pas la place dans une compétition dont on n'a pas cessé de voir l'inefficacité, et même la nocivité. Se dépasser, oui, mais être encouragé à dépasser l'autre, si c'est facilité par des classements, cela a tendance à laisser découragés et en échec tous ceux qui se retrouvent en fin de liste.

Or, un mauvais résultat à un moment, pour démoralisant qu'il soit, est rattrapable quand les tests sont réguliers. Ce n'est pas le cas si cette évaluation est annuelle, voire moins fréquente encore. De même, des évaluations standards qui ne tiennent pas compte du fait que chaque classe a un tempo d'apprentissage différents, soumettent les élèves à une injustice de fait qui ne joue pas dans le bon sens pour que ceux-ci puissent s'évaluer réellement (ou alors on considère que cela n'a pas d'importance qu'ils puissent se croire nuls pour ne pas avoir répondu à une question qui n'avait pas été traitée en classe).

Il y a donc selon moi une confusion entre un processus d'évaluation, normal et constant dans un cursus scolaire, et des pratiques évaluatives globales et normatives qui ont pour but et pour moyen la situation de chaque élève et de chaque classe sur une échelle normée. Autant la formule "on ne peut pas refuser l'évaluation" est juste pour le premier sens de l'évaluation, autant il me semble dangereux de l'appliquer au second sens de ce mot, qui, au contraire, présente des risques multiples : pour les élèves sur le plan individuel, pour l'ensemble de l'institution scolaire, pour le principe même de ce que enseigner veut dire.

Il me semble que dire que l'on "ne peut pas s'opposer à l'évaluation" implique le risque de méconnaitre la confusion entretenue entre le fait constant et souhaitable d'évaluer et la mise en place d'évaluations normatives qui ne sont pas décidées par les principaux concernés. Cette stratégie confusionnante est la même que celle qui est utilisée dans les entreprises, et elle a, entre autre, le même effet d'infériorisation du testé qui est jugé sur autre chose que sa compétence réelle telle qu'elle peut être appréciée par quelqu'un qui le voit travailler au quotidien.

Etre injustement jugé donne un sentiment désagréable d'infériorité et d'impuissance qui conduit facilement à une démobilisation. Ce serait dommage que cela s'applique à nos enfants.

Une référence sur le thème de l'évaluation contemporaine dans la revue "Cités" aux PUF, le numéro 37 (2009) : "L'idéologie de l'évaluation, la grande imposture" (résumé des articles de la revue).

19/01/2010, 12:04 | Par claude lelièvre en réponse au commentaire de Liliane Baie le 19/01/2010 à 00:29

Nous sommes sans doute tout à fait d'accord. Et il me semble tout à fait nécessaire d'être à la fois très circonspect devant ces vagues d'évaluation, mais aussi de tenter d'être le plus rigoureux possible, comme vous, face à un problème complexe.

18/01/2010, 19:31 | Par dianne

Rien ne permet de penser, au vu des méthodes employées et surtout de la période de passation, que les résultats à venir auront une quelconque valeur formative. C'est de normes qu'il s'agit. Et si l'on s'en tient aux rapports européens qui ont précédé cette mise en place, on peut craindre que le développement harmonieux des individus soit à cent lieues du propos. "Tu seras "employable", mon fils !"...

Enfin, si seulement ces "résultats" n'avaient pas de valeur prédictive, ce ne serait déjà pas si mal... Pour l'heure n'importe quelle famille peut avec angoisse se demander ce qu'il en sera du chérubin "hors normes"...

Je suis révoltée du discours lénifiant entendu il y a quelques minutes sur France3 qui traitait brièvement le sujet dans le 19-20. Ce serait un outil de détermination des besoins ? A l'heure du saccage des RASED ? Des suppressions de postes tous azimuts ? De qui se moque-t-on ?

18/01/2010, 22:21 | Par cloclo

J'ai un fils en CM2.

Il a passé ce matin la première "session" de cette évaluation. Une autre demain matin et la dernière après demain matin, et donc pas du tout toute la semaine comme l'a laissé entendre un commentateur ci dessus.

Il n'a pas bachoté du tout, je n'étais même pas au courant de la chose, ne l'ayant appris que lorsqu'il est rentré tout content ayant tout bon d'après ce que lui a dit sa maitresse. !!

Il a trouvé cela très interessant, et curieux de mesurer son niveau avec les autres de sa classe, les CM2 de son école ou nationales. C'est d'ailleurs la question que je me pose en tant que parent.

Il est bon dans ce pays qu'il y ait un thermomètre et une norme pour mesurer et évaluer les niveaux scolaires individuels, par classe, ou par écoles, plutôt que d'être dans l'ignorance et de se poser cette question éternelle.

C'est d'ailleurs étonnant qu'un tel pays qui a pu donner au Monde les divers étalons de mesures, poids, mètre etc ... soit si réticent maintenant à utiliser les chiffres dans la société et ne jure que par l'empirisme. (Exemple les stats ethniques interdites)

18/01/2010, 23:06 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de cloclo le 18/01/2010 à 22:21

Heureux d'apprendre que tout c'est bien passé pour votre enfant. Heureux de voir les parents d'élèves de CM2 lire et commenter ce billet. Pour l'évaluation, pour être sérieux on ne peut ni les rejeter totalement, ni en faire une religion. Dans les deux cas, qui veut faire l'ange fait la bête.

18/01/2010, 22:20 | Par cloclo

Oublié: le passage en Anglais non lu car langue inconnue pour moi (je sais, une lacune dans mon éducation, plus due à moi qu'à l'éducation nationale)

19/01/2010, 13:08 | Par Hestia

"C'est d'ailleurs étonnant qu'un tel pays qui a pu donner au Monde les divers étalons de mesures, poids, mètre etc ... soit si réticent maintenant à utiliser les chiffres dans la société et ne jure que par l'empirisme"

 

Je maintiens que l'évaluation en ce qui concerne mon fils dure toute la semaine. Information d'ailleurs confirmée par le Ministère de l'Education nationale. Voir ICI. Vous confondez tout. Le débat porte sur l'acquisition de connaissances et sur comment elles peuvent ou non être acquises. Le premier postulat serait de demander si ces connaissances sont effectivement fondamentales. Le second serait de démontrer qu'il existe une manière d'acquérir ces connaissances et qui relève de la relation entre un maître et un élève mais aussi un environnement culturel. Enfin, la dernière chose, et nous ne sommes pas d'accord sur ce point, savoir comment les connaissances sont acquises. Evaluer pour évaluer est une machine à cloner des crétins. Le dégoût du savoir débute avec ce genre de compétition dont le but est le résultat de l'évaluation et non la connaissance en elle-même. Il s'agit de se comparer et non de comparer un savoir à un autre savoir et d'enclencher ainsi une dynamique cognitive.

 

L'amour et le désir du savoir sont tout autre chose et ce n'est pas en infantilisant des enfants que l'on y parvient. Apprendre par les choses, c'est créer du sentiment et un élan vers la connaissance. Je doute fort que ce système généralisé d'évaluation puisse y parvenir sans provoquer des fractures entre l'enfant et son rapport à la connaissance. La culture du contrôle est aussi un exercice de pouvoir d'un maître qui d'évaluateur peut devenir dominateur. Se poser cette question est essentielle et d'une portée considérable.

19/01/2010, 13:35 | Par alcyme en réponse au commentaire de Hestia le 19/01/2010 à 13:08

Hestia vous avez tort , ou vous ne savez pas lire ,ou vous restez en surface .Les évaluations ne durent pas une semaine ,elles doivent avoir lieu dans la semaine du 18 au 22 Janvier.Elles doivent tout au plus ,si l'on regarde les évaluations antérieures prendre une matinée ....

Ce qui est amusant ,c'est que les évaluations en Mathématiques de CM2 ,ressemblent étrangement aux épreuves de recrutement du concours d'Instituteur à Bac+3 et que la moyenne des instituteurs reçus est seulement de 14/20....Pour éviter la triche ,il suffirait de ne pas donner les solutions aux instituteurs.

19/01/2010, 15:41 | Par Hestia en réponse au commentaire de alcyme le 19/01/2010 à 13:35

ah ouais et d'où vous sortez ça ? Mon gosse fait sa deuxième journée d'évaluation, hier math/français, aujourd'hui français/math (+ ce matin une 'tite dictée surprise !). Des contenus apppris en CE2 (passé composé) et non revus depuis. Jeudi il a encore une autre évaluation et vendredi une évaluation de vocabulaire et pas avec la même instit. Certains regroupent peut être, ici on étale et donc ça dure toute la semaine si je sais encore compter.

19/01/2010, 19:55 | Par alcyme en réponse au commentaire de Hestia le 19/01/2010 à 15:41

Votre fils vous raconte n'importe quoi Hestia....Regardez les sujets des évaluations et surveillez le.

19/01/2010, 20:29 | Par Hestia en réponse au commentaire de alcyme le 19/01/2010 à 19:55

ben voyons, vous êtes flic ? vous tombez bien bas en même temps comme vous n'êtes pas très haut !...

19/01/2010, 13:12 | Par Fantie B.

" plutôt que d'être dans l'ignorance et de se poser cette question éternelle." (Cloclo)

A chacun sa question existentielle !

Une pensée pour les enfants (qui ne sont pas que des "élèves", et pas que mesurables à un niveau) qui vont tomber peut-être comme l'an dernier sur des parties de "programme" qu'ils n'ont pas vues en classe.

La famille aura fait toute la différence dans ce cas là.

 

Et merci aux chercheurs anglo-saxons de leurs analyses.

 

19/01/2010, 13:38 | Par alcyme en réponse au commentaire de Fantie B. le 19/01/2010 à 13:12

Mauvais argument Fantie ,il suffit que les évaluations portent sur les programmes jusqu'au CM1...Ce qui est probablement le cas.

 

19/01/2010, 13:47 | Par Fantie B. en réponse au commentaire de alcyme le 19/01/2010 à 13:38

probablement , comme l'an dernier ?

19/01/2010, 14:00 | Par alcyme en réponse au commentaire de Fantie B. le 19/01/2010 à 13:47

http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/approndissements.htm

Sérieusement vous voyez de grosse différence entre le CM1 et Le CM2 ?

Il n'y a que les syndicats de l'EN qui en voit une...

 

 

 

19/01/2010, 15:25 | Par remyrem2 en réponse au commentaire de alcyme le 19/01/2010 à 14:00

Supprimons le CM2 ! On économisera des postes.

 

Plus sérieusement, l'évaluation devrait avoir lieu la première semaine de l'année scolaire, et porter sur les notions étudiées l'année précédente. Ceci pour dégager des groupes de niveaux et ne pas ré-enseigner ce qui a été acquis.

 

Les évaluations actuelles n'ont pas vocation à amener une remédiation, n'apprennent rien de nouveau sur le système éducatif, sont coûteuses et sous-tendues pas une idéologie néfaste.

19/01/2010, 18:48 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de remyrem2 le 19/01/2010 à 15:25

Oui supprimons le CM2 mais aussi le début de sixième (qui ne reprend donc que le CM1), le CE2 qui ne reprend que le CE1 qui ne reprend lui-même une grande partie du CP. Cela fait un bon potentiel de poste. Heureux donc d'apprendre qu'il suffit de dire une fois une chose à un élève pour qu'il comprenne. Et moi qui passe mon temps à répéter les mêmes choses...étrange...

 

Plus sérieusement,la formule de votre remarque me fait penser à une chose : imaginons un élève qui échoue aux évalautions. Ces évaluations sont considérées par le ministère comme permettant de détecter les difficultés pour y remedier. Donc, notre élève en difficulté doit bénéficier d'une remediation de février à avril (date des décisions de passage en 6ième puisqu'il y a toute une procédure sur dossier pour le passage au collège). Imaginons que les difficultés remontent avant le CM2 (ce qui est souvent le cas), pour quoi ne pas mettre les évalautions en début d'année ? Pourquoi l'enseignant devrait reprendre le début d'année non compris par l'élève et "ne pas finir" l'année avec lui alors que l'enseignant aurait pu, si l'évaluation débutait l'année, adapter dès le début ?

Simplement parce que ces évaluations n'ont jamais été faite pour aider les élèves.

19/01/2010, 19:53 | Par alcyme en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 19/01/2010 à 18:48

@ Sebastien

Vous êtes vraiment instituteur Clin d'oeil? Il y a des évaluations en CE1 pour déterminer

les élèves en difficulté ,2 heures de soutien par semaine (Mais les mutins de l'enseignement ne veulent pas les faire ,de même que des rattrapages l'été ...Acadomia déductible des impôts etc....

De toute façon quel que soit la date,elle n'irait pas aux profs..Avant vous disiez en 6eme c'est trop tard ,maintenant vous dites en CE1 c'est trop tôt .

20/01/2010, 00:46 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de alcyme le 19/01/2010 à 19:53

Vous écrivez sur sans jamais rein en savoir. Indécis

Un élève en grande difficulté au CM2 ne trouvera aucune aide avec l'aide personnalisée ou les cours de rattrapages : ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les rapports du ministère.

Sinon, les évaluations grande section, CP, CE1, CE2 et CM2, toutes en début d'année étaient toutes plutôt bien acceptées par les enseignants. Celles de CP étaient excellentes avec le livret document d'accompagnement lire au Cp (repérer, interpréter les erreurs, travailler sur ces erreurs avec des pistes fondées sur l'observation d'élèves dans les classes).

 

Personnellement, j'ai repis les évaluations CE2 de début d'année abandonnées depuis 3 ans. J'ai construit des données pour exploiter les résultats et communiquer aux parents et ravailler avec les enfants.

Je dis ce que je fais et je fais ce que je penses. De là, il n'est même plus besoin de penser ce que l'on dit puisque c'est déjà fait. C'est pragmatique.

 

21/01/2010, 10:08 | Par alcyme en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 20/01/2010 à 00:46

Sebastien ,je constate avec plaisir d'après votre lien "résultats évaluations" qu'à Lodève il n'y a que 15 élèves par classe et non pas 30 comme se plaisent à le dire vos syndicats...

Et si l'on arrêtait un peu de parler des "tanches en difficulté qui ne font pas l'effort nécessaire " pour parler de vos "bons élèves qui travaillent " ,des trains qui arrivent à l'heure ,des avions qui ne s'écrasent pas au sol ....

Ce n'est quand même pas sorcier d'apprendre à lire...

21/01/2010, 22:15 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de alcyme le 21/01/2010 à 10:08

Pour votre gouverne comme il y avait, cette année là, 15 CE2 et 32 CE1, nous avons fait donc un CE1/CE2 à 23 et un CE1 à 24... ce qui est à la limite pour une zep...merci, encore une fois pour avoir le partie de parler trop vite.

Les bons élèves ne sont pas ceux qui travaillent car ça leur est naturel. Un cadre stable suffit généralement à faire un élève qui se met au travail (ce qui en fait au minimum des élèves moyens). Le lien est évident entre cadres vécues à la maison et résultats scolaires. Quand j'inscris en cours d'année un élève je quel sera son profil selon le moment de l'inscription.Si c'est un jour de rentrée annoncant symboliquement un début (rentrée ou janvier) et que les parents ont prévenu à l'avance, je sais que l'enfant à des repères. Si l'enfant est inscrit un mardi au milieu d'une période entre deux petites vacances, il est à peu près certain que les repères ne sont pas présents (les causes peuvent être multiples).

Je me demande bien pourquoi, je vous réponds encore si longuement alors que ce que vous dites est extrêment léger...

25/01/2010, 23:02 | Par Sebastien Rome

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25/01/2010, 23:03 | Par Sebastien Rome

Voila la traduction de la partie essentielle du texte de M. Brookes

 

Ca ne marche pas. Après l'effet de 'halo', décrit par le Pr Robin Alexender's (Cambridge Review) dans son rapport détaillé sur l'éducation primaire en Angleterre, les résultats ont atteint un plateau.

  • L'utilisation de ces données pour analyser les performances des écoles n'a réussi qu'à démoraliser les écoles qui se trouvent dans les situations les plus difficiles et à humilier les populations qui y envoient leurs enfants. L'axiome qui dit que "Les coups doivent se poursuivre jusqu'à l'amélioration du moral (des troupes)" n'a pas sa place dans un système d'éducation moderne
  • Fixer arbitrairement des objectifs encourage les écoles à 'jouer le jeu'. Dans certains cas isolés, se sont produites des "tricheries" par des,interventions lors du passage des tests ou dans leur traitement.
  • D'après certains rapports, il semblerait que d'autres gouvernements dans le monde, impressionnés par l'efficacité du contrôle centralisé (nouveau) dans le système anglais, cherchent à imposer un système similaire

(Nouveau) note de la traductrice, l'école anglaise « traditionnelle » est extrêmement décentralisée « voir mini dossier l'école en Angleterre » et conférences de Nathalie Mons sur les comparaisons internationales

C'est là le contexte dans lequel nous faisons campagne pour une révision de l'évaluation. Nous demandons que le système devienne plus juste, qu'il se base sur la confiance et donne une vision mieux équilibrée des résultats des écoles. Nous protestons contre ce système depuis 1994 sans n'être aucunement entendus. C'est pourquoi nous nous préparons à agir contre les tests SAT en mai, en appelant à refuser de les faire passer. Nous agissons ainsi "avec plus de tristesse que de colère"

Cordialement

Mick Brookes

Sylvie Abdelgaber pour la traduction

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