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May

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Ecole : externalisation, contrôle et rock n'roll

Lorsqu'une entreprise va mal, les génies de l'économie libérale connaissent la recette : externaliser certaines de vos activités, concentrez vous sur votre cœur de métier. C'est la méthode appliquée à l'école de moins en moins républicaine. Trois exemples : la formation des enseignants, les rythmes scolaires et la Base élèves.

La formation des enseignants

Chacun sait qu'il n'y a plus de formation des enseignants, sauf le ministère qui jure que le nécessaire sera fait pour l'avenir de nos enfants. Tout est mis en place, par la « masterisation » pour améliorer la performance des élèves. Mais nous savons aussi que le secteur marchant sait s'engouffrer dans les interstices (des trous de plus en plus béants) laissés par les pouvoirs publics. Le marché connait pas la morale, il n'est ni bon, ni mauvais, il va où il y a de l'argent à se faire et là où l'Etat a déserté, délibérément, le terrain.

Forprof, entreprise de formation professionnelle, l'a bien compris et s'adresse aux titulaires du nouveau concours de professeur des écoles : « Vous allez réussir le concours de juin 2010 et, dès le 1 septembre 2010, vous allez vous retrouver devant une classe sans avoir été préparé techniquement à faire ce métier. Or, prendre une classe en main sans formation est difficile, voire risqué. Réussir sa première quinzaine de classe est indispensable pour réussir son année. »

Merveille gestion de la part de cette droite : dévalorisation des IUFM, suppression de la formation et des postes des enseignants stagiaires, récupération par les entreprises des « pôvres » débutants. Voyez bien comment l'entreprise dramatise la situation sans forcer puisque le constat indiscutable.

Avec cinq jours de stage du 23 août au 27 août, l'entreprise fait mieux que l'Etat ! Et puisque toutes les formations sont à la charge du débutant, pendant les vacances, l'Etat fait une très bonne affaire : il supprime une dépense, la fait payer par ses employés et récupère des impôts sur l'activité. Mais que l'on se rassure, je suis certain que le débutant aura droit à une réduction d'impôts de 50%...

Qu'en est-il du projet de l'école républicaine de la formation d'un citoyen libre et pétri de l'esprit de laïcité ?

 

 

Le remplacement

 

Comme les enseignants ne sont plus formés, on peut raisonnablement, envoyer des personnes encore moins préparées pour « garder » les élèves. C'est le principe de la perte d'énergie : plus un élément est éloigné de la source d'énergie (ici savoir enseigner), moins il reçoit d'énergie donc autant y placer un appareil (ici le remplaçant) qui consomme peu (beaucoup moins qu'un agent de l'Etat, porteur des valeurs républicaines de l'Etat Français). Mythe ?

 

Réalité à Bobiny : « Nous soussignés, enseignants de l'école Marie CURIE, vous demandons votre soutien. En effet, un enseignant de l'école est malade et nous avons depuis lundi une remplaçante, envoyée par l'Inspection. Mais cette remplaçante n'est pas une institutrice. C'est une étudiante, qui n'a reçu aucune formation pour enseigner. C'est la conséquence du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui a été décidé par le gouvernement. Plutôt que d'embaucher et de former au métier d'enseignant des remplaçants, le gouvernement envoie maintenant n'importe qui dans les classes. » Voici ce que l'on peut lire sur la pétition lancée par des parents d'élèves et des enseignants. Le coeur de métier est-il d'apprendre aux élèves ou de garder les enfants ?

Hummm...Qu'en est-il du projet de l'école républicaine de la formation d'un citoyen libre et pétri de l'esprit de laïcité ?

 

Les rythmes scolaires

 

Le 25 mai, « Luc Chatel annonce une expérimentation et des réflexions sur l'organisation des rythmes scolaires et le développement du sport scolaire. » Il « a par ailleurs, annoncé une expérimentation, dès la rentrée de septembre, dans 100 établissements : cours le matin, sport l'après-midi, à partir de l'exemple du lycée Jean Vilar de Meaux. ». Nous nous disons tous, voilà enfin un Ministre qui prend en compte les besoins des enfants. Du sport toutes les après-midi et des enseignements fondamentaux tous les matins, cela paraît une bonne idée. Comme pour le bouclier fiscal, on nous désigne l'Allemagne comme exemple à suivre mais comme pour le bouclier fiscal, on s'éloigne de la réalité. L'Allemagne, en fait, vante la France pour son organisation de la scolarité. C'est surtout pour augmenter les possibilités de conciliation entre carrière professionnelle et vie familiale que le sujet est évoqué même si donner plus d'école aux élèves issus des milieux défavorisés semble rentrer dans l'argumentaire allemand.

Pour aller plus en avant, on se doute déjà des délires des « gauchistes » nous parlant de suppression de postes et d'externalisation, de baisse de la qualité d'enseignement et d'abandon de l'idée républicaine d'éducation du citoyen.

Un délire ? Souvenons-nous d'un billet sur Mediapart. Celui d'un billet de notre cher Claude Lelièvre : il évoquait le programme de Sarkozy en 2007. Les points quinze et vingt-sept sont intéressants :

« Permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives. » « Expérimenter, avec des communes et des enseignants volontaires, une répartition des compétences entre, d'un côté, l'Éducation nationale chargée de " l'école du savoir ", de l'autre côté, la commune chargée de " l'école de la vie " (citoyenneté, culture, sport, activités d'éveil, découverte des métiers...) »

Donc externalisation, suppression de postes, report de la charge sur les collectivités territoriales et les familles. Est-ce le projet de Luc Chatel ? Veut-il ne garder que des enseignants de Maths-Français et supprimer tous les autres ? Veut-il reduire la semaine des enseignants du primaire à 15 heures (10 heures de Français + 5 h de Maths ?)

Et qu'en est-il du projet de l'école républicaine de la formation d'un citoyen libre et pétrit de l'esprit de laïcité ?

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Base élèves

On connaît la base élèves (BE1D) qui fait parlait tant d'elle. Louise Fessard y a consacré plusieurs articles sur Mediapart. Xavier Darcos avait reculé sur ce point en juin 2008 et la Base ne devait recueillir uniquement les données « concernant les coordonnées de l'élève ainsi que celles du ou des responsables légaux de l'enfant » et celles « liées à la scolarité de l'élève ne porteront que sur des champs restreints : classe, date d'inscription, d'admission et de radiation ». Les champs concernant le dossier scolaire des enfants et leurs difficultés ont été supprimé. J'en ai fait le constat. « Xavier Darcos attach[ait] une attention personnelle à la mise en place effective et rapide de ces décisions » et pour cause, c'était une demande de Mme Anne Kerkhove, présidente de la Fédération (à droite) des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public (PEEP).

Peu importe les plaintes des parents d'élèves (2094 plaintes qui ont été déposées dans 39 Tribunaux de Grande Instance) et les engagements vis-à-vis de son propre électorat, le gouvernement veut réintégrer les éléments de la scolarité dans la Base. Pour savoir cela, il faut regarder le "Projet Annuel de Performance 2010" à la page 311 : « Scolarité 1er degré : enrichissement et généralisation de la base élève 1er degré (BE1D) - sur laquelle s'appuient

notamment les évaluations en primaire- et mise en service de procédures d'interface avec des logiciels utilisés par les communes » « Enrichissements » donc avec les évaluations CE1 (7 ans) CM2 (11 ans) et bientôt Grande Section (5 ans).

Les noires idées de Pasde0deconduite reviennent de manière lancinante. Prévention de la délinquance, la détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l'enfant, difficultés scolaires est un cocktail apprécié par notre Président. A la marchandisation de secteur de l'Education nationale, il faut donc ajouter le contrôle...

Et au fait, qu'en est-il du projet de l'école républicaine de la formation d'un citoyen libre et pétri de l'esprit de laïcité ?

 

Une chose est certaine ; nous perdons peu à peu les fondements de notre identité nationale...et ça, c'est pas rock n'roll ?

Tous les commentaires

Cher Sébastien Rome,

Je termine une rude journée de travail - et la semaine n'est pas terminée.

Un petit tour tardif pour lire Mediapart où je découvre votre billet 'vif'. Je n'ai pas le temps de commenter plus mais je classe votre billet dans mes favoris...

Merci de l'avoir écrit.

Bien vu et argumenté, cher Sébastien Rome.

j'ajouterai une info dans la journée, à la pause méridienne; ce sera sur le remplacement.

Belle analyse, lucide mais désagréable dans sa vérité Sébastien.

Merci Sébastien, de rudes combats nous attendent.

Je fus un des premiers doctorants des sciences de l'éducation. Baudelot Establet venaient de m 'ouvrir un continent..j'y passais grande partie de ma vie....loin cependant depuis un peu plus d'une decennie des enjeux franco-français que je ne suivais plus, ne comprenais plus ,"m'informant"plus en visionnant des films dont la palme d'or de Cannes il y a trois ans, et discutant avec d 'anciens profs devenus retraités donc hors champ.

J'ai lu avec effaremment récemment le rapport de la cour des comptes sur l'Ecole et divers articles de Merieux.

Je retrouve sous votre plume à peu près la dénonciation et la problèmatique que nous connaissions il y a 30 ans, comme si rien n'avait été fait, comme si rien n'avait été dit exposé argumenté,comme si la poussière des pratiques inefficaces avait été sans arrêt mise sous le tapis afin que ne, la voyant plus, on puisse la dire disparue. Curieux et tragique réquisitoire, curieux et terrible fiasco. Sur mon blog j'ai fait paraitre un billet qui parle du FLE, de l'enseignement FLE à l'université ( c 'est à dire de la formation de ceux qui entendent enseigner la langue française à l'étranger ou pour des étrangers)..et de la pratique FLE au travers de cette incroyable coquille vide qu'est l 'Alliance Française qui, par exemple, a connu, elle aussi ,ses heures de gloire et de compétence...mais là aussi il semble que la venue des "experts" venus apparemment des sciences de l'Education dont je fus en mon temps membre actif n'a conduit qu'à des dérégulations catastrophiques. Que se passe -t-il donc pour que l'arrivée d'une "science", d'une reflexion, d 'un corpus humano-scientifique dans l'Education Nationale ne conduise, en 20 ans, qu'à ce champ de ruines et de navets blafards? Que se passet-il? qui a pris le pouvoir?. Vous savez aussi bien que moi qu'il ne s'agit pas de moyens. ..le rapport investissement par élève n a jamais été aussi grand et lourd,. Pourquoi les IUFM sont -elles organitiquement structurellement aussi nulles alors que jamais il n'y a eu autant de compétents, de personnes ayant réfléchi et ayant une formation ad hoc pour ce faire . Comme si la création des facs de médecine avait conduit non au relévement mais au désastre de la santé et des soins. Un peu comme si l'arrivée du médecin dans un village signifiait la mort assurée des patients qui ne peuvent plus suivre le marabout ou le guérisseur... pourquoi tant de bêtîse? Pourquoi tant de fausses questions? Pourquoi avec tellement de moyens des résultats -à comparaison européenne- aussi mauvais?

Quel est la responsabilité des enseignants dont l'image est singulièrement écornée permettant au gouvernement et a Chatel de jouer sur du velours ? L'instit 'de village que j'ai connu était respecté; on ne voit maintenant que ses retards, ses incompétences, ses vacances, ses grèves, son absentéisme, son désintérêt quoique on ajoute toujours pour faire passer la pillule " certes, ils ne sont pas tous comme cela..."qui me fait inéxorablement penser à "je ne suis pas raciste d'ailleurs j'ai ami noir."

Enseignants desamorcés, programme à vau l'eau, initiatives abandonnées dans le bohu-bohu des actualisations et des expérimentations marginales sans conséquence, oubli des fondamentaux de Freinet et de Montessori, massification, abandon des internats qui ont joué un rôle fondamental dans la remise en ordre de la France dans les années 45/65 ( le retour de la France à lécole alors qu'il n'y avait plus d 'école, plus d'enseignants plus de parents) ...mais que se passe-t-il??????

Le cas de FORPROF est le plus emblématique...

Certes Velveth mais pourquoi??

Pourquoi un tel rejet de l'école publique? L'essor des formations privées - à quelque niveau que ce soit- n 'est mesurable qu'à l'aune du désengagement et de l'efficience laïcs et républicains. On ne peut en vouloir à des étudiants qui ont un examen voire un concours à passer de se tourner vers ce qui se fait de plus efficace en terme de formation ; Pourquoi ne le trouve-t-il pas au sein de la Fac?Au sein de l'école.Pourquoi le privé est-il plus performant que le laïc le public? Car il l'est quelque soit ce qu'on peut dire sur des recrutements- élèves plus contraignants? POurquoi? Qu'est ce qui fait qu'apres 1.300 heures de cours 30% des élèves ne sait pas écrire et lire couramment??? alors qu'il y a 30 ans avec des moyens 50% inférieurs on arrivait à des résultats 50% supérieurs????Et ce depuis justement que les sciences de l'éducation existe... c est quand même curieux ce desastre autant qu'il est tragique.

Quant à l'externalisation merci de dire que c est génial. J'avais, avec une équipe de chercheurs, dénoncé cette dérive potentielle, il y a maintenant plus de 15 ans. Ce concept couvrait le champ de l école surtout mais aussi de l'armée et de l'économie en général ( faire payer par exemple les nuisances par les collectivités ce qui revient a faire payer par l'extérieur les conséquences de son mode de production).Savez-vous quant à ce concept que l'armée des USA est composé à 35% d 'externes à l'armée? Y compris parmi les combattants ( cela s 'appelle des mercenaires). Pourquoi n'y aurait-il pas de mercenaires dans la Formation? AH;;je ris noir.

Je crois qu'une des raisons, jamais évoquée, pour les errements des IUFM est la durée de la formation. Quelques mois, avec par exemple 11 x 3h pour traiter tous les aspects de l'apprentissage des maths de 2-3 ans à 11-12 ans, était proprement ridicule. J'ai eu l'impression de ne pas avoir eu le temps d'être formé correctement par manque de temps, notamment en multipliant les allers-retours classe-iufm. Autre manque, celui du regard extérieur pendant la classe. Un regard autre que celui qui juge (pour la validation). Dans les proposition que l'on nous laissait la possibilité de faire, j'avais proposé de mettre deux enseignants stagiaire dans la même classe. Moins "angeoissant", cela facilite le regard extérieur à soi.

D'ailleurs, pour amoindrir les effets désastreux de la suppression de la formation, on pourrait faire en sorte qu'il y ait deux enseignants néo-titulaire sur une même classe. (Notez cette proposition, car si elle est reprise, je la revendiquerai).

Là où je m'accorde avec vous, c'est sur un pêché originel des "sciences de l'éducation" qui n'auraient jamais dû se nommer Sciences (c'est une discussion que j'ai déjà eu sur mediapart avec Claude Lelièvre, et nous étions d'accord). Appele t'on sciences la pratique de l'ouvrier qui améliore les performances de sa machine par des innovations ? non, c'est une pratique, une intelligence du geste mais ce n'est en rien une science. Cela aurait engagé certains formateurs à moins de prétention et plus d'attention aux gestes forcement contextualisés et donc jamais "universalisable".

***

Pour moi, les deux principaux problèmes d'une formation privée sont

  1. celui de la laïcité qui seule doivent passer par l'Etat (par principe)
  2. celui, en lien avec le 1, de la création d'une identité commune de la France républicaine, qui passe par l'école.

Je sais que ce modèle est déjà très écorné (contournement de la carte scolaire, écoles privées, valeurs marchandes à l'extérieur de l'école inverses à celles que l'école porte...) mais là c'est un abandon pur et simple. C'est la fin d'une école considérée comme une Institution. A peine vue comme un service public, elle est déjà "instituer" comme un service à la personne.

"Savez-vous quant à ce concept que l'armée des USA est composé à 35% d 'externes à l'armée? Y compris parmi les combattants ( cela s 'appelle des mercenaires). Pourquoi n'y aurait-il pas de mercenaires dans la Formation? AH;;je ris noir."

Pour quels résultats en Irak !

Génial, absolument génial ce papier !

Le grand truc du néolibéralisme, c'est l'externalisation. En clair on coupe la société en morceaux, on vend par appartements, on individualise, on isole, on atomise. Chacun pour soi. C'est même pas la jungle, parce que chez les animaux on s'entraide. C'est la phase ultime du principe "Diviser pour régner".

Génial, absolument génial ce papier !

Le grand truc du néolibéralisme, c'est l'externalisation. En clair on coupe la société en morceaux, on vend par appartements, on individualise, on isole, on atomise. Chacun pour soi. C'est même pas la jungle, parce que chez les animaux on s'entraide. C'est la phase ultime du principe "Diviser pour régner".

Génial, absolument génial ce papier !

Le grand truc du néolibéralisme, c'est l'externalisation. En clair on coupe la société en morceaux, on vend par appartements, on individualise, on isole, on atomise. Chacun pour soi. C'est même pas la jungle, parce que chez les animaux on s'entraide. C'est la phase ultime du principe "Diviser pour régner".

Génial, absolument génial ce papier !

Le grand truc du néolibéralisme, c'est l'externalisation. En clair on coupe la société en morceaux, on vend par appartements, on individualise, on isole, on atomise. Chacun pour soi. C'est même pas la jungle, parce que chez les animaux on s'entraide. C'est la phase ultime du principe "Diviser pour régner".

Attention, je reprécise mon analyse :

Je crois que nous ne sommes pas dans le cas d'un homme qui se coupe le bras pour le vendre mais celui d'un homme qui se coupe le bras parce qu'il tousse et qui se fait vendre une jambe en bois. La formation privée, si bonne soit telle en efficacité (ce dont peu douter), ne remplir jamais le rôle moral de l'Etat républicaine, celui porter une certaine vision de l'homme.

Désolé pour les répétitions !

J'ai ajouté une info sur le "remplacement" d'une instit par une étudiante à Bobiny.

Ce billet résume (ou développe?) très bien la philosophie des choix de nos gouvernants: remarquable, vraiment.

A quand des enseignants qui auront la possibilité d'aller s'aérer la tête pour faire autre chose à certaines étapes de leur carrière ? La sclérose intellectuelle et la fatigue nerveuse ne sont elles pas AUSSI facteurs de désinvestissement et de démotivation ? J'hésite à citer les Etats unis (l'anti américanisme très primaire étant bien ancré en France) mais on y voit par exemple des informaticiens se transformer avec bonheur en profs de maths durant quelques années pour laisser souffler parallèlement des profs qui sont ravis d'aller se colleter à un autre secteur tout en apportant une autre vision de l'enseignement. Au bénéficie des enseignants et des élèves. Cette perspective devrait au préalable s'inscrire bien sûr dans le décloisonnement de notre société où tout parait si souvent (au moins à ceux ayant vécu hors de France et ayant fait l'expérience d'autres formes d'organisation sociale) catégorié, statufié, où on n'a de cesse de canaliser et où le système scolaire SELECTIONNE (bien souvent en évinçant les éléments les plus créatifs) plus qu'il n'EDUQUE. Le plus mauvais système qu'il m'ait été donné d'observer.

... d'une part.

Et d'autre part...

peut-être faudrait-il compléter ou plutôt développer à partir de ce billet introductif.

Les réformes en cours et les dernières propositions de Chatel sont bien sûr catastrophiques, le statu quo le serait tout autant.

 

Alors il faudrait par exemple reparler des rythmes : de la journée... à l'année.

 

Alors il faudrait remarquer par exemple à quel point il est désolant de la part d'un ministre de n'envisager d'autre activité éducative complémentaire aux "enseignements scolaires classiques" que le sport !

 

Alors il faudrait bien dire enfin ce que nous voulons.

Et pas seulement ce que nous ne voulons pas.

Oui l'idée que l'on pourrait aussi les après-midi pratiquer des disciplines artistiques n'est pas arrivée jusqu'au ministre, pourtant on ne manque pas de circulaires affirmant que l'éducation artistique est une priorité....De là à les appliquer!

Et cette partie (je copie) :

Nos ForproFesseurs sont des Conseillers Pédagogiques et Maîtres
Formateurs, tous praticiens et formateurs d'enseignants du primaire
dans l'Education Nationale.
Ref.: Stage d'été - ForproF- Premier Poste (pour plus d'informations
nous consulter)

Amusant, non?

Le fonctionnaire de l'Education nationale, bombardé ForproFesseur (Fesseur)... Quelle classe!

Hallucinant chère Nicole, chaque fois je pense que nous ne touchons le fond et puis non on descend encore plus bas! Jusqu'où? Jusqu'à quand?

Oui, Marie, jusqu'où et pendant combien de temps encore, cette descente? Nous retrouverons-nous?...

C'est malheureusement vrai: certain formateurs sont des instits du public qui font des "extras", des conseillers pédagogiques, voire (j'ai au moins un exemple) des Inspecteurs de l'Education Nationale jeunes retraités...

 

Pour Sébastien: TRES bon billet

Merci, mais j'aimerai bien un commentaire, cher phil_OGM, sous mon billet précédent, car le débat est plutôt atone sous d'autres cieux informatiques...Pas content

Plutôt que d'embaucher et de former au métier d'enseignant des remplaçants, le gouvernement envoie maintenant n'importe qui dans les classes. »

Il y a en gros 20 ans, cela était déjà le cas : on envoyait "n'importe qui" en remplacement dans les classes de primaire ou maternelle - sans formation, et parfois même plus étudiant. Le problème n'est pas nouveau.

Remontons plus loin dans le temps (vous n'étiez pas né Sébastien) : je me souviens de remplaçants en école primaire qui, même du haut de mes 8 ans, ne me paraissaient pas vraiment coller au profil - pour rester gentille.

Notons au passage le terme de "n'importe qui" - qu'il vaut mieux ne pas commenter.

-

Oui, je suis d'accord avec vous sur l'expression malheureuse de "n'importe qui" : c'est désobligeant pour la personne. Sinon, contrairement au second degré où les vacataires sont légions en tant que remplaçants (ou pas) , il n'y a pas de vacataires dans le premier degré. Les textes réglementaires ne le permettaient pas. Ce n'est que depuis la suppression de l'iufm, qu'il a fallu créer un nouveau statut pour que les étudiants (et plus les fonctionnaires stagiaires) puissent venir en classe. Mais ce qui a été fait pour "permettre" aux étudiants en "master école" permet aux Inspections d'envoyer toutes sortes d'étudiants...J'ajouterai une chose : ce n'est pas la même chose de venir dans une classe en se préparant (on connaît le niveau, les lieux, le matériel...) et remplacer n'importe quel enseignant au pied levé. Quand on est étudiant cette différence devient un abyme.

@Sebastien,

Je ne crois pas , vraiment, pas que l'erreur ("cherchez l'erreur") vienne du fait qu'on ait appelé "sciences " ce qui d'après vous relevait de l'artisanat.

Il y a avait sciences ( dans le sens de sciences humaines et non de sciences exactes) dans la mesure où il s 'agissait de réfléchir, de quantifier, de voir large et de mêler économie, sociologie, pédagogie, méthodologie, psychologie, didactique dans un tout sérieux...delimitant un nouvel espace de reflexion d 'exxpérimentation, d 'observations etc....

La conséquence fut d'abord non l'arrogance mais la modestie.

Ce que vous racontez de votre expérience va à l'encontre exact de tout ce qui s 'est dit écrit discuté à l'intérieur des sciences de l 'éducation sur la formation des formateurs. Je dis bien et je le répète : ce que vous avez vécu et décrivez est pour moi, pour nous ( je ne suis pas pédagogue) une connerie pure et simple allant à l'encontre des principes de base de toute pédagogie de formateur. Pourquoi? Un peu comme un médecin qui ne se lave pas les mains , ignore tout du corps et des fonctions et pratique la saignée!!!! vrai.... je ne comprends pas.

 

@yolaine

Juste. J'ai "commencé" comme cela. N'ayant pas les moyens de faire mes études j'ai été nommé instit remplaçant , en Normandie, il y a trés longtemps. Je prenais mes cours, à la fac, le jeudi sauf une fois par mois où j'étais tenu de suivre des cours de formation pédagogique qui étaient si rares au fil des mois que je crois n'avoir, à Rouen, assisté en toute l 'année qu'à deux cours de deux heures . Comme formation c était peu. mais j'ai eu un inspecteur dont l'ignorance, l'incompétence, étaient au moins égales à la mienne.

J'avais des 8/9/10 ans.....après une dizaine d 'années de reflexion universitaire sur la question je me dis que finalement aussi béotien que j'étais je ne m 'en sortis pas si mal. Car le "métier" requiert d'abord d'un sens ou d'un besoin de communication qui lui ne s 'apprend pas. On "est" acteur même si on "devient" un bon acteur. Et la pédagogie personnelle qui n'a rien a voir avec la technique pédagogique ( qui dépend d 'outils et de savoir-faire) est proche du théatre.

Je suis assez d'accord avec ce qui précède. Bien que n'ayant jamais enseigné moi même, je crois qu'il y a quelque chose du talent dans la capacité à capter l'attention de son auditoire (première condition pour faire passer un message quelqu'il soit). Ce talent couplé à une certaine forme d'autorité naturelle ne s'enseignent malheureusment pas.... bref, il nous faut des enseignants de talent à qui il sera donné de changer de métier au cours de leur carrière...

Merci Sébastien Rome pour cet excellent article. Je le lis un peu tard mais il est toujours d'actualité.

Vous y posez la question suivante :

Et qu'en est-il du projet de l'école républicaine de la formation d'un citoyen libre et pétrit de l'esprit de laïcité ?

 

Mon idée est que dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, ce projet est néfaste, il fera tout pour le détruire car pour lui un citoyen doit avoir une spiritualité religieuse (voir son discours de Latran) Je cite (en gras dans le texte) :

 

Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.(...)

NS considère que l'histoire de France a commencé au baptême de Clovis en 495. Oubliés, nos ancêtres les gaulois et ceux qui les ont précédés.

 

Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. (...)la République a intérêt à ce qu'il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses (...).

Pour NS l'intérêt de la République c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui croient en Dieu. Que devient la liberté de pensée et celle de disposer librement de son corps ?

 

C'est pourquoi j'appelle de mes vœux l'avènement d'une laïcité positive(...).

Sous entendu celle de 1905 est négative. Alors qu'elle nous a enfin débarrassé de 14 siècles de dictature des Eglises sur la vie publique. Il a fallu un siècle (de 1789 à 1905) à la république pour s'affranchir de la religion. Ce mec a la prétention de nous resoumettre au goupillon ?

 

Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance.

L'instituteur doit donc se rapprocher des valeurs transmises par les curés, voila les futurs programmes de l'école !!! Citoyens, ne vous révoltez pas, les derniers sur terre seront les premiers au ciel.

On sait quel a été l'appoint des Eglises dans les sciences allant jusqu'à bruler ceux qui voyaient la terre autrement qu'au centre du monde, contestant aujourd'hui l'utilité du préservatif dans la lutte contre le sida, cachant les officiers nazis et les prêtres pédérastes. Ca c'est de la morale haut de gamme.

L'instituteur n'a pas de charisme ? Ni d'espérance ? Quelle belle vision de nos enseignants !

 

Pas étonnant donc que le fidèle vassal de NS, Luc Chatel casse tout ce qu'il peut de la véritable école encore libre, celle de la République.

 

Discours complet de NS sur

http://www.voltairenet.org/article153862.html

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