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Réponse à Antoine Perraud à propos de MH vs BHL
Cher Antoine,
Je m'étais promis de ne pas écrire sur ce livre. Non pas du tout, ainsi que le souhaiteraient certains lecteurs de Mediapart, pour éviter d'ajouter au bruit qui entoure sa parution - pourquoi, en effet, un livre ne ferait-il pas l'événement ? et pourquoi devrions-nous, en matière de culture, fuir lesdits événements, et ne parler que d'auteurs aux tirages plus confidentiels ou, à en croire quelques commentaires plus naïfs, passer notre temps à chercher et présenter de plus qu'improbables génies méconnus, refusés partout, jusqu'au fin fond de la Pensée universelle ?
Non. Si je m'étais interdit la moindre ligne, c'est évidemment parce que je suis mouillé, comme tu l'as relevé. (On ne va quand même pas jouer la comédie au point de se vouvoyer Antoine ! Nous sommes assez ridicules comme ça, non ?, à singer cette correspondance). Mon nom, donc, balancé à cinq reprises par MH, et repris une fois, en passant et avec des pincettes, par BHL.
Quelques semaines avant la sortie du livre, en réponse à un blitzkrieg de textos par lequel j'espérais obtenir le nom de son co-auteur, MH me prévenait d'un e-mail qu'il aimerait me donner la primeur de cette information mais que, me connaissant somme toute assez bien, il doutait que je puisse en faire le moindre usage journalistique puisque, dans ce texte, il disait du bien de moi. Je me suis un moment demandé si, rompant avec son légendaire non-engagement, MH avait soudainement décidé de fonder la branche irlandaise des Fatals Flatteurs. Bref, je n'en menais pas large jusqu'au jour où, sitôt le livre fabriqué, il me fut très aimablement remis en mains propres par son éditrice.
Une lecture diagonale m'informa vite de l'ampleur des dégâts : MH dézinguait une impressionnante brochette de critiques pour n'en sauver que quelques uns, dont moi. J'étais naturellement flatté et tout cela ne serait bien évidemment fatal pour personne. Simplement, cette fois, je passerai effectivement mon tour. Non sans agacement une fois le livre lu ; j'en aurais en effet volontiers dit deux-trois choses. Mais bon, c'était ainsi.
Mais c'était aussi sans compter sur ta malice, Antoine, qui me contraint à déroger ici à une règle assez simple que j'avais choisi de m'appliquer et m'oblige à parler depuis une position délicate en ce sens que tout ce que je dis à propos de ce livre y sera malheureusement rapporté. Il est des fois où l'on rêverait d'être Pierre Assouline ou Jérôme Garcin. (Quelle expérience étrange que d'écrire cette phrase). Alors tant qu'a écrire sur cet ouvrage, ne tournons pas autour du pot, autant le faire de manière polémique et sur les sujets même qui me valent d'y apparaître dans une opposition à d'autres que loin de renier je revendique haut et fort.
Pierre Assouline et Jérôme Garcin s'en prennent plein la tête dans ce livre - de MH s'entend puisque lui seul assume cette démarche de mal-aimés en risquant fort logiquement les noms de ceux qui le détestent et qu'il déteste - et ces deux-là sont du premier choix. Les commentateurs du livre ont jusqu'à présent remarqué, à juste titre, la violence de MH à leur égard, ces deux-là plus quelques autres, moins intéressants ou moins puissants. Il y ont vu un indéniable règlement de compte personnel, qui d'ailleurs ne ressemble pas au placide MH. Ils n'y ont pas vu, mais sans doute MH n'y insiste t-il pas assez lui-même dans ses lettres, l'éclatante ligne de front d'une formidable « guerre du goût » comme dirait Sollers (qui ne s'en tire pas trop mal dans ce livre), un conflit que les intérêts professionnels multiples de très nombreux de ses protagonistes, à la fois auteurs et critiques, conduisent à minimiser voire à nier en affichant un œcuménisme béat pour signifier leur refus du combat.
C'est précisément là que MH met le doigt, désignant ce qu'on pourrait nommer, en clin d'œil à Truffaut, « une certaine tendance de la critique française ». La tendance « cheval et jeu de paume », toute en costumes d'époque, la langue assortie et en bandoulière d'une écriture AOC qui fleure bon la pub BMW (comme remarque MH). Une critique qui se pâme pour des auteurs se shootant à la naphtaline ; les boules. Une critique boy-scout parée pour les épées et bicornes de l'Académie et qui en 2008, dans un monde normal, devrait être parquée au Fig Mag, en voie d'extinction.
Attention : n'est pas en cause ici, le très respectable travail du journaliste Pierre Assouline sur son blog mais simplement la tendance dominante (il est bien sûr des exceptions : il vient ainsi de louer Echenoz même s'il n'a symptomatiquement pu s'empêcher de lui reprocher son titre, Courir, qui lui rappellerait une enseigne commerciale, la belle affaire ! ) de ses choix esthétiques qu'il convient à coup sûr, et sans polémiquer, de qualifier de conservatrice. Ceux qui doutent peuvent lire, outre celui désolant sur MH, ses récents textes tests sur Bégaudeau et Angot ou, a contrario sa défense du très médiocre romancier du dix neuvième siècle qu'est le jeune Jonathan Littell. Le cas Richard Millet permettant, soit dit en passant, de bien opérer cette distinction entre Assouline journaliste, qui pointe très objectivement le caractère raciste de cet auteur, et le Assouline critique, qui tente de sauver ses romans en raison de leur style, comme si ce style vieille France rance, patrie moisie (Sollers encore) était sans rapport avec le propos.
Cette guerre du goût, qui en littérature n'ose pas dire son nom, les gens du monde l'art en connaissent tous les théâtres des opérations - chacun dans son rôle. Car c'est bien là, en matière d'arts plastiques, qu'a trouvé à s'exprimer le plus viruleusement cette haine du contemporain. Cette incapacité ou ce refus d'être de son temps - et donc, par exemple, s'agissant de l'écriture de renoncer à certains temps, se contentant d'un très efficace moteur grammatical à quatre temps : présent, passé simple, imparfait, futur.
Pourtant en littérature c'est encore pire qu'en arts plastiques ou en spectacle vivant : ceux qui font profession de détester le contemporain se disent aussi artistes. Ils écrivent et publient souvent des romans. Imagine un peu Antoine : Jean Clair faisant de la peinture ou les barbons du « Masque et la plume théâtre » passant à la mise en scène !
Je ne comprends pas. Sincèrement, Antoine. Etre de son temps m'a toujours paru la seule chose possible. C'est une loi de la physique, une histoire de particules élémentaires sans doute.
Voilà pourquoi j'aime Michel Houellebecq comme une évidence. L'un des auteurs (il y en a d'autres bien sûr) qui ne triche pas avec ça, qui se regarde en face au milieu du monde ici et maintenant . Zeitgeist.
Alors je vais tâcher de te répondre maintenant, sur différents points que tu soulèves.
Comment continuer d'exercer, dans une certaine proximité, son sens critique ?
D'abord, il faut relativiser la proximité : nous ne sommes pas des copains, avec MH. Des amis, oui, je ne crois pas le trahir en le disant, mais c'est une amitié particulière, née de son œuvre et d'une relation professionnelle à elle. Pas l'inverse. Comment dès lors maintenir ce professionnalisme au fil du temps ? C'est évidemment une question qu'avec l'âge nous sommes de plus en plus souvent amenés à nous poser. Peut-être en cessant de pratiquer la fonction de critique comme celle de juge de patinage artistique, en refusant le petit jeu du qui est in qui est out et celui des étoiles qui au lieu de nous éclairer assombrit considérablement l'horizon critique des magazines. Une fois sorti de cette logique consumériste, en essayant de formuler le plus honnêtement possible, sans s'autocensurer, ce qu'on a l'impression d'avoir à dire d'un livre, d'une œuvre, profitant même de cette proximité pour tenter de donner des clés aux lecteurs. De ce point de vue, je me tourne encore (ça devient un leitmotiv) vers le monde de l'art : la relation que j'entretiens avec MH ressemble assez à celles qui, depuis longtemps, peuvent exister entre un plasticien et un critique, celui qui parfois se lance dans l'édition du catalogue raisonné de l'œuvre. Il s'agit effectivement de garder raison.
Comment caractériser ce livre dont tu dis qu'il ne saurait prétendre au statut de correspondance puisqu'il a été conçu en vue d'être lu par le public, et qui te fait in fine songer à des entretiens croisés ? C'est ce côté OLNI (objet littéraire non identifié) qui m'intéresse précisément. C'est une œuvre parce que c'est à la fois une forme originale et une expérience singulière. Pour avoir souvent interviewé MH, qui est un bon client, je vois bien qu'ici le résultat est autre, qui tient du dispositif choisi. Il suffit de lire quelques paragraphes pour entendre que c'est écrit, somptueusement. Avec cette précision clinique qui lui est propre et que certains, qui ne doivent pas non plus aimer la philosophie analytique (tant pis pour eux), confondent avec de la platitude.
Tu reproches à MH ses « lacunes abyssales ». Elles ne me gênent pas, me rassurent même car j'en ai de bien plus profondes que lui. Je les considère même comme le prix à payer pour se mettre en situation de saisir ce contemporain dont je parlais. Il s'agit de ne pas trop s'encombrer, de garder une légèreté qui permet une totale disponibilité pour son époque. J'adore quand Christian Boltanski , professeur à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts, dit qu'il y a encore très peu de temps il croyait que Carpaccio n'était que du bœuf cru. J'apprécie l'humilité avec laquelle MH remets à plus tard le débat qu'il aura avec BHL sur le « dépressionnisme », tout simplement parce qu'il se trouve, à ce moment-là, à Bruxelles, dépourvu de sa bibliothèque. MH n'a pas de culture générale, c'est ce qui fait toute la valeur de sa culture personnelle. Il a beau être diplômé d'une prestigieuse grande école (l'Institut National d'Agronomie) et avoir été fonctionnaire de l'Assemblée Nationale (au service informatique), ce n'est pas une bête à concours, et encore moins à Goncourt (qu'il n'aura jamais, mais c'est un autre sujet). Il a en revanche une sacrée Weltanschauung en magasin.
Tu auras remarqué Antoine combien je me suis employé à utiliser des mots allemands pour te faire mentir à propos de mon anglophilie lexicale chronique. J'aime les mots étrangers. Dépourvus de visa délivré par les hautes autorité de la langue française, celles qui s'arment encore d'épées que j'évoquais plus haut. Les mots pas racinés, dirait Marcel Détienne, en tout cas pas dans notre terroir. Les mots sans papiers. Ce doit être mon côté « gauche morale » dirait MH. (Je dois avouer, en rougissant un peu, beaucoup même, que j'ai trouvé particulièrement jouissif de lire dans une lettre adressée à BHL que j'étais « un représentant par excellence de la gauche morale »).
Une dernière chose à propos de MH, qui me fait brusquement sentir plus proche encore de lui. Page 47, il fait part de sa « certitude anti-psychanalytique », « l'une des seules peut-être qui ne m'ait jamais quitté, avec celle de l'inexistence de Dieu ».
Tu vois Antoine, je n'aurais pas trop parlé de BHL. Ça ne m'étonne qu'à moitié. Je le connais mal. Juste assez pour savoir qu'il ne triche certainement pas lorsqu'il dit se vivre comme un mal-aimé, et en souffrir. Je suis d'accord avec toi : tout pourrait se résoudre le jour où il accepterait enfin à n'apparaître (quelle honte y aurait-il à cela ?) que comme l'excellent publizist qu'il est. Certainement pas un philosophe. Un romancier s'il en a envie (je n'ai jamais lu ses romans). Mais surtout un publicist (je n'ai pas pu m'empêcher) avec lequel de l'ex-Yougoslavie au Rwanda, en passant par des choses autrement moins graves mais néanmoins sérieuses comme Renaud Camus ou Richard Millet, et même Ségolène Royal, je me suis très souvent trouvé d'accord.


Tous les commentaires
; J'avais espéré une réponse courte. Je l'ai un peu dans le baba; mais çà aurait pu être pire... . jpylg
Que de mots pour pas grand chose.... Lorsqu'on est écrivain, qu'on publie, on pose à la face des autres ce que l'on est, ou ce que l'on laisse voir et donc on s'expose à la critique. C'est la règle du jeu... On peut aimer ou ne pas aimer, on peut le dire ou le taire. Bien sûr les critiques qui ont pignon sur rue ( ou sur papier ) se damneraient pour un bon mot, adorent les têtes de turcs et les tranches de parisianisme bon teint ,ne sont pas toujours honnêtes et après? Cela ne fait pas vendre un livre ou si peu... on fantasme sur leur pouvoir.... laissons dire et lisons un peu plus. Je n'aime pas MH, pas plus que Catherine Millet , leurs écrits me tombent des mains, je m'ennuie ferme mais c'est peut être une bonne "entrée" pour d'autres; j'aime en discuter. Mais que diable arrêtons un peu avec les états d'âme fatigants tournés sur leur nombril et des critiques amis et pas amis. Qu'ils écrivent c'est l'essentiel!
Ridicules, cher Sylvain Bourmeau ? Absolument pas.
. Décidément, ma chère Anne, nos destins se croisent, ce matin. . Pourquoi n'envisagerions-nous, ensemble, un roman-film à quatre mains ? . Mais, tout à coup, je m'effraye de mon audace. . Jugerez-vous que j'ai assez de talent? . Ne manquerais-je pas, éventuellement, de maturité, malgré mon âge respectable ? . jpylg
Juste un mot, pas sur le fond : Sylvain Bourmeau : "Nous sommes assez ridicules comme ça, non ?, à singer cette correspondance). " Je ne vois pas non plus où se niche le ridicule; Si ça se trouve, votre corespondance ets plsu intéressante que celle de BHL/MH. En tout cas elle m'intéresse plus : je suis me abonnée à Mediapart, pas à Houellbecq et BHL.
Je viens de me délecter de votre réponse et je vous porterais aux nues tellement je trouve juste tout ce que vous dîtes sur MH. Vous dîtes qu'il faut vivre avec son temps. MH, Angot, BHL ... sont des incontournables de ce temps. Mais, à quoi sert un critique s'il va donner son avis sur ces incontournables qui, de toute façon vont être lus ? Parce que le lecteur occasionnel qui vit avec son temps, s'il doit en lire qu'un, il lira celui-là. J'aime le masque et la plume, non pas pour les critiques qui y sont faites sur les incontournables (elles sont souvent assez prévisibles) mais pour les coups de coeur, pour le dernier sujet, le dernier petit truc, là, qui va être dit, juste avant le journal, parce que c'est là qu'il y a les pépites, les vrais découvertes de ceux dont le métier est critique. encensez MH, démontez Littell... Pourquoi pas ! Mais à quoi ça sert ?
A quoi ça sert ? A s'amuser, à réfléchir, à s'engueuler, à se faire plaisir, à avancer (ou reculer). A quoi ça sert de lire des livres sinon, incontournables ou non ? Et puis quels sont ces "incontournables" ? Sur la liste des trente romans que j'ai eu envie de partager tout l'été avec les lecteurs de Mediapart (http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/040908/rentree-litteraire-le-choix-de-mediapart), pourriez-vous me dire quels sont les incontournables ? Vous connaissiez combien de ces trente auteurs avant ? Moi même, j'en ai découvert une bonne dizaine sur la trentaine, et notamment huit auteurs de premiers romans.
Belle réponse, comme dit Anne, aucun ridicule, au contraire , merci. Divergences c'est tout et c'est beaucoup... En accord avec Fantie.
Effectivement, comme le disait AP, nul besoin de se faire du "mauvais sang", le caraxien SB allait répondre. Et là, juste un "wow" !! Fantie, la correspondance BHL/MH est grandiose, vraiment. J'en viens même à me dire que BHL est un grand bonhomme, qui écrit remarquablement (ça je le savais, mais ses romans sont mauvais quand même, question de forme), pense souvent juste, et a finalement bien le droit de porter ses chemises blanches... C'est dire. Celle de AP et de SB l'est aussi, quelle merveille. J'ai juste un doute, aurons-nous 28 lettres comme dans le Flammarion-Grasset ? je l'espère, parce que cela nous dirait beaucoup, aussi, du rapport critique au livre, au monde (ce sont de quasi-synonymes) et ce serait passionnant, sous forme d'édition, pourquoi pas, histoire qu'on n'ait pas à partir à la chasse aux lettres, dans le site, d'ici quelques jours...
28 lettres AP/SB, je suis d'accord. SB m'a cette fois (presque) donné envie de lire Houllbecq...
En tous cas, pour le plaisir de vous lire, c'est très réussi ! Si tous les critiques donnaient autant envie aux lecteurs de les lire ainsi que les auteurs dont ils font la critique, la littérature aurait déjà avancé d'un grand pas. Bon, je n'ai pas dit que lorsque BHL fait un pas, cela représentait un pas de géant pour l'humanité ! Mais, lui, c'est bien ce qu'il voudrait ! Il est donc bien de votre part de n'en parler guère !
"Il est des fois où l'on rêverait d'être Pierre Assouline ou Jérôme Garcin. (Quelle expérience étrange que d'écrire cette phrase)." Quelle expérience hilarante que de lire cette remarque. Dieu vous en préserve en effet.
. Qu'est-ce que c'est bon, la correspondance entre Perraud et Bourmeau ! . Espérons que l'un ou l'autre est pote avec Le Clézio !. . jpylg
Le plus drole de l'histoire du jour, c'est que moi qui n'apprecie la litterature de ni l'un ni l'autre (BHL et MH)... je sens que je vais me delecter de cette correspondance ! J'en ai l'eau a la bouche d'avoir entendu quelques passages sur France Inter et de vous avoir lu, Messieurs les critiques ! C'est quand même surprenant, non? Et bravo pour le choix de Le Clezio, que voila quelqu'un qui mérite ce prix.... (je suis une fan depuis toujours, on ne se rrfait pas, le voyage, le migrateur, le decalage de point de vue, ça lui va bien et ca va bien aussi au Nobel, pour une fois que je suis d'accord !:)
MH vit toujours en Irlande ? Je pensais qu'il s'était installé en Espagne, "fatigué du monde anglo-saxon"...
Je ne sais pas s'il vit toujours sur cette jolie ile que j'ai frequentée lors d'un projet européen. La bas, les gens l'appellaient "The french guy"... ! L'ile c'est vrai est superbe, un bel endroit isolé, un pub, des moutons en pagaille ! J'en ai de merveilleux souvenirs!
Oui il vit toujours en Irlande. Il s'était installé provisoirement en Espagne, le temps d'écrire La Possibilité d'une île. Il ne vit plus sur cette petite île en revanche mais de nouveau dans l'Ouest de l'Irlande après un passage à Dublin.
Je sens que je vais détonner. Avec deux n, restons calmes. Oui, Sylvain Bourmeau, il y a ridicule. Mais pas là où vous le situez. L’échange épistolaire est plutôt réjouissant, bon détournement d’autoroute médiatique, en effet. Mais. Pardonnez-moi de procéder dans l’ordre, c’est fatigant d’avance, mais je pense aux lecteurs prenant les choses en cours, qui si souvent abandonnent des commentaires devenus inintelligibles. Allons-y : « Pourquoi un livre, en effet , ne ferait pas événement ? » On peut inverser le propos : pourquoi un événement dûment concocté entre Flammarion et Grasset, avec on ne vous dit rien mais, vous ne saurez pas qui c’est, mais, ça va être un sacré truc, bref, pourquoi un événement, à savoir une opération commerciale magistralement menée, ferait-il un livre ? Un éditeur me disait récemment : « ce qui est écrit, on s’en fout, suffit de compter la surface consacrée à un bouquin ». De la critique, négative ou positive, considérée comme simple support de pub. Ca squatte l'espace des autres, mais c'est la vie.Voilà qui ramène les Fatals flatteurs à de modestes proportions,eux aussi. « Vous ne croyez jamais ce type de message là, que Persil va laver vraiment plus blanc, c’est pareil qu’une autre lessive. Mais elle ne ment pas puisqu’elle met PUB. Mais partout ailleurs il n’y a pas PUB. C’est là que ça ment… C’est finaud cette affaire. De toute façon, ma lutte contre la pub c’est la lutte contre l’occupation de l’espace. Ça c’est insupportable. Et elle ne fait que croître, cette occupation de l’espace. » (Michel Serres, mai 2008). D’entrée, Sylvain Bourmeau, vous les alignez, les médiocres : faut-il parler passer notre temps à chercher des génies méconnus refusés jusqu’au fin fond de la pensée universelle ? Arrogance et mépris, mots que je n’emploie pas à la légère. Pour les tirages confidentiels, peut-on vous rappeler Christine Angot, 1000 exemplaires chez Gallimard, allez la trouver chez les libraires. C’est elle qui le raconte. Les autres la ferment, ensuite. Pour les génies méconnus, je ne sais, ils sont méconnus, justement. Dans le formatage éditorial actuel, il ne me paraît pas improbable qu’un écrivain décalé, hors tendance, sans relations, dérangeant, se retrouve sur la grève. Pour reprendre l’exemple de Christine Angot, qui sait raconter ces trucs-là, me semble bien qu’elle a sérieusement ramé après Gallimard, avant Fayard. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut négliger les écrivains majeurs, les « événements » pour de vrai, pour ne se consacrer qu’aux pures pépites dans un monde de brutes, vous le savez aussi bien que moi. Et la Pensée universelle, ça existe encore, à l’heure de l’internet-je-vous-imprime-comme-vous-le-sentez-payez ? Même le mépris doit être mis à jour. En écrivant ainsi, vous rejoignez ces « barbons » du Masque et la plume. « Je suis mouillé ». N’ayez crainte, aucun Fatal flatteur dans l’affaire. Michel Houellebecq vous extirpe du tout venant de la critique, vous le soutenez inconditionnellement, un commentaire répétitif a fait surgir hier au soir , le nombre d’articles que vous avez consacrés sur mediapart au monsieur : est-ce vraiment proportionnel à ses productions du moment ?Je ne sais pas, suis pas arbitre des élégances littéraires. Il chante en cata, il filme en cata, au moins il s’essaie, vu qu’il en a les moyens. Non, ce qui ne va pas, c’est votre côté excluant. J’ai l’impression de m’être égarée dans les couloirs de Colonel Fabien grande époque. Avec nous ou contre nous. Voyez-vous, on peut aimer Christine Angot et trouver son dernier roman dévitalisé, on peut aimer certain textes de Houellebecq, d’autres pas, s’endormir devant son film mieux que sous Lexomil , on se retrouve sommé de choisir son camp. Je ne peux adhérer aux critiques qui relèvent d’un rejet tout autre, je ne peux souscrire à l’enthousiasme obligatoire pour un livre que je trouve faible. Où est l’espace ? Haine du contemporain ,dites-vous. Bien d’accord. Il y a de cela. Noir blanc ; modernes et anciens, pessimisme mou contre langue claire et réaction. Pfff. .. Insuffisant et confortable, non ? Pierre Assouline distingue le Millet-styliste du Millet-idées ? La critique moderne a-t’elle pointé, par exemple, chez Jonathan Littell, ses multiples emprunts aux uns et aux autres, son copier-coller? Vous avez lu ça où, vous, à un moment où il occupait les colonnes ? Indépendamment du reste, expédié trop souvent par des rédacteurs qui n’avaient pas lu, ou su lire, ce lieu commun de la mythologie nazi. La critique lit-elle ? L’écrivain soigne jusqu’au point final, tripes à l’air. La critique écrit que Mathias Enard a fait un roman d’une seule phrase : elle n’est jamais arrivée, à l’évidence, jusqu’au retour de ponctuation… Stop sur la critique qui par définition, appelle le retour de bâton. Ce que je vois, moi, c’est que vous renvoyez les crétins qui écoutent Garcin et masque, et plume, dans les embouteillages du dimanche soir, vers la culture du confort, celle qui les accueille. Comme une télé. Celle qui ne leur dit pas qu’ils sont des nuls, qui ne connaissent rien à rien. Ce faisant, Sylvain Bourmeau, vous êtes dans la norme. On ne parle plus de lutte de classes, on est dedans, ou dehors. La fortune peut aider – et comment ! – elle n’est pas tout, il s’agit de codes et références communes, avec bien souvent plus le souci d’exclure celui qui n’en est pas – histoire de se tenir au chaud – que d’inclure ceux qui y aspirent. C’est le reflet de notre société, plus souvent moulée sur le pessimisme et l’ironie que la colère. Ou la générosité, ça me fait aussi bizarre, d’écrire générosité, qu’à vous de vous prendre pour tel ou tel. « Imagine, Jean Clair faisant de la peinture ! » La critique écrivant ! ( ce qu’elle ne se prive pas de faire, par ailleurs). C’est déloyal, critique n’est pas création, ça aussi, vous le savez. L’attaque, vous l’aurez compris,n’est pas ad hominem. Je rêve, obstinément, de me retrouver à lire, au théâtre, à la télé, au cinéma, à partager avec ceux qui n’ont pas mes « codes ». Je suis lasse de retrouver des visages connus au théatre. Vous avez renvoyé dix personnes qui ignorent qui diable peut être Jean Clair vers leur néant qui n’est pas néant. Elles ne liront ni Angot, ni Houellebecq, puisque vous les intimidez, et que Leclerc Culture leur tend les bras. Ah pardon, dernières infos : y’a Angot, et Houellebecq, et Colombe Schneck chez Leclerc, le temps passe. Comment se fait-il qu’arrivant à mon Hyper U local, j’aie au final cette sensation de pénurie spécial est ? Guerre du goût, ou guerre d’occupation ? Pensez-y, quand même. C'est là le seul ridicule, non le vôtre, celui d'un monde. Amicalement, quand même.
Dans l'ordre donc aussi, c'est toujours plus simple ; et en essayant de faire court. Un éditeur ne peut pas concocter un événement littéraire, tout au plus un événement commercial lié à la sortie d'un livre. Ce n'est pas de ce type d'événement que je parlais mais bien de la parution d'un livre qui fait événement, quelque soit son plan marketing. Quand Michel Houellebecq publie un nouveau livre, pour moi journaliste qui suis professionnellement amené à décider ce qui fait ou non actualité, c'est objectivement un événement, au regard de son œuvre antérieure, de la position qu'il occupe désormais dans le champ littéraire. C'est exactement comme lorsque Arnaud Desplechin sort un film ou Alain Bashung un album – ce ne sont que des exemples. Aucun mépris à l'endroit des auteurs aux tirages "plus confidentiels" – je n'ai pas écrit "confidentiels", ça laisse de la marge. La vaste majorité des auteurs français que j'apprécie connaissent des tirages relativement confidentiels, de ce point de vue MH est l'une des exceptions. Pas davantage de mépris à l'égard des génies méconnus puisqu'à mon sens, aujourd'hui ici, c'est une catégorie vide. (Je ne dis pas avant et ailleurs. ) Il suffit de regarder le système éditorial français, l'inexorable augmentation du nombre de titres publiés, la qualité plus que médiocre de, allez à la louche, 80 % du total de la fiction française publiée. (Evidemment chez certains éditeurs on s'approche du 0 % et chez d'autres, que pour la plupart nous ne connaissons pas, ni vous ni moi, on affiche du 100%. Ces éditeurs rentrent évidemment dans les statistiques, sinon on ne les retrouve pas les fameux 700 et quelques romans de la rentrée). Je ne crois donc pas sérieusement qu'un texte d'une certaine qualité ne finisse pas par trouver un éditeur. Comment expliquer sinon ce dont témoignent en permanence les meilleurs éditeurs : il est très difficile de trouver de bons manuscrits. C'est, par exemple, ainsi qu'Irène Lindon justifie que les éditions de Minuit (qui sont pourtant j'imagine aux premières loges en matière de réception de manuscrits potentiellement intéressants) n'ont pas publié de nouvel auteur de fiction depuis plus de sept ans ! Il arrive assez souvent à des maisons réputées de ne pas pouvoir publier de premier roman à la rentrée, en dépit des milliers de manuscrits qu'elles ont reçu. Nombre "d'actualités" de MH : 2, un film puis un livre. Nombre d'articles publiés sur MH : 2 plus 1 encadré (un entretien en forme d'abécédaire et un encadré pour aller avec en forme de critique du film ; et ce billet de blog que je me suis trouvé contraint d'écrire pour répondre à Antoine). Le ratio est-il trop élevé ? L'anticommuniste viscéral qui sommeille encore vaguement en moi depuis la chute du Mur prend très mal vos allusions à la place du Colonel Fabien : je n'entends enrôler personne dans cette guerre du goût, je me contente de choisir des adversaires, de tracer des lignes de front. En toute subjectivité. Et j'invite instamment chacun à faire de même, histoire d'aviver un débat critique de qualité. Sur Littell, j'aurais l'inélégance de vous renvoyer à un papier commis en allemand (principalement parce que la version française n'est pas disponible en ligne, et accessoirement pour continuer ce petit jeu avec ma LV1 du collège et lycée : http://www.faz.net/s/Rub79A33397BE834406A5D2BFA87FD13913/Doc~EF744D31891864EF5ACB14F5D48C5F862~ATpl~Ecommon~Scontent.html) Qu'est ce que lire un livre ? Vaste question. Il est de très nombreuses manières.(Il faut lire de A à Z Pierre Bayart, Comment parler des livres qu'on a pas lu (Minuit) ). Personnellement, je n'ai qu'un principe ferme : je ne lis jamais les quatrième de couverture. Sinon, l'expérience aidant, je me suis rendu compte que pour trier les livres qui arrivent à raison souvent d'une petite dizaine quotidienne, il y avait de fait des sortes de seuil : ceux qu'on arrête au bout de trois pages, ceux qu'on arrête au bout de trente pages, ceux qu'on arrête au bout de cent pages, et puis les autres, heureusement. Après, je ne suis pas sûr de vous comprendre : j'amènerais les gens vers la culture du confort et en même temps je les exclurais en citant des choses aussi inconfortables qu'un nom inconnu (en l'occurrence Jean Clair, j'aurais pu mettre à la place Jean Baudrillard ou Jean-Philippe Domecq, sauf que non en fait parce que Domecq il peint vraiment ! ou il a peint, il m'est arrivé de voir des toiles…) En matière de générosité, de partage, j'ai plutôt le sentiment d'avoir donné, avec l'aide des éditeurs qui nous ont fait confiance, en proposant durant l'été aux lecteurs de Mediapart trente ans romans de la rentrée, juste présentés, le plus sobrement possible, pour ne pas écraser du regard surplombant de la critique, et juste donner envie de goûter, en avant première, des auteurs qui me semblent intéressants et dont je pense beaucoup étaient inconnus de la plupart des lecteurs de Mediapart. amicalement aussi
Excusez-moi, cher Sylvain Bourmeau, mais votre "guerre du goût", ce n'est pas la bien anodine place du Colonel Fabien, c'est Pol Pot! Utiliser certains temps grammaticaux, c'est un signe du "haine du contemporain" (quelle est la peine prévue ?). Trouver Angot plate et vide (en tant qu'écrivain), ce n'est pas un jugement littéraire, c'est du conservatisme. Constater que l'"événement" BHL/MH est avant tout mercantilo-mondain, c'est faire partie de la "France moisie". Et ne pas encenser totalement Houellebecq, ce Phare de la Pensée, ce Génie des Carpathes (non, excusez-moi, c'était un autre...), pour qui régler des comptes n'est vraiment pas dans sa nature gentille, est une preuve définitive qu'on ne comprend rien ni à son époque, ni à la littérature... J'avoue que je suis abasourdi par ce mépris pour ceux qui ne partagent pas (ou pas complètement, ou pas toujours, mais cela semble suffisant pour être irrémédiablement dans l'autre camp) vos choix, qui transparaît dans votre texte, qui agresse littéralement et que je n'avais jamais remarqué jusqu'à présent dans vos articles ou vos critiques. C'est un vrai programme de la tyrannie de la bien-pensance moderne que vous nous exposez là; vous m'avez fait penser (et c'est évidemment beaucoup plus drôle ces jours-ci) à ...Alain Minc rejetant dans la géhenne les pauvres mortels sous-informés, malpensants et pour tout dire décérébrés qui osent contester le bien-fondé de la Vérité Economique Libérale Contemporaine, à laquelle ne peuvent qu'adhérer tous les esprits libres dégagés du conservatisme et de la moisissure étatique. Cela ne ressemble pas à ce que j'avais lu et apprécié de vous jusqu'ici; ressaisissez-vous, comme dit M. Trichet ! Et j'espère que vous serez d'accord pour dire que ni les nuances ni le respect des contradicteurs ne sont incompatibles avec l'indispensable refus de la tiédeur. Amicalement, Philippe Renard .
Mais il n'y a aucune obligation ! Ce ne sont que mes goûts. Et surtout, surtout aucun mépris ou bien alors vous même êtes méprisant à mon endroit lorsque vous dites que Angot est vide et plate (qualifiez un jugement de conservateur peut parfaitement relever de la critique littéraire, il n'y a pas d'un côté la politique et de l'autre la littérature…) ou que la publication du livre de MH et BHL est un événement mercantilo-mondain. Ce ne je ne pense pas (je veux dire que je ne vous trouve pas méprisant – sauf pour Christine Angot, lorsque dans une parenthèse vous croyez bon d'ajouter une considération sexiste – mais vous allez sûrement dire que c'est du PC (politiquement correct) ou de la "bien pensance"). Le fait que vous preniez pour du mépris ce qui ne relève que de l'affirmation, certes tranchée, de goûts en dit long sur le peu de place laissée désormais dans notre espace public à la critique. Attention : l'expression "bien-pensance" retournée depuis quelques années contre la gauche et ses valeurs (alors qu'autrefois elle visait plutôt ceux qui allaient à la messe) relève d'un tour de passe-passe assez dégeulasse qui n'est pas pour rien dans la victoire du Nicolas Sarkozy à la dernière présidentielle. Ce sont les mêmes gens qui parlent de droits-de-lhommiste. Bien amicalement
Merci pour la réponse. Deux petites questions ou précisions: J'ai relu ma remarque à propos d'Angot, que littérairement et sans mépris, simplement par une "affirmation, certes tranchée, de goûts" je trouve plate et vide, et j'ai cherché vainement le sexisme ! La parenthèse voulait simplement dire que je ne porte évidemment aucun jugement sur la personne, que je ne connais pas. Elle était sans doute inutile, car il "va sans dire" ce n'est pas mon propos. Il y a des écrivains dont je trouve l'oeuvre plate et vide quel que soit leur sexe, et vous aussi sans doute. Mon inconscient parlerait-il si fort qu'il me rende incapable, même a posteriori, de me rendre compte que c'est du sexisme? Quant à la "bien-pensance", ou la pensée unique (et hors du champ littéraire), je pense effectivement qu'il faut dénoncer ce tour de passe-passe, et justement ne pas s'interdire d'utiliser l'expression pour désigner la vraie pensée unique, celle de la droite libérale (pour faire court), sans s'autocensurer au prétexte qu'ils ont fait un hold-up dessus et l'ont retournée contre la gauche. Et puis, quand au lieu de pensée unique on utilise le terme plus précis d'idéologie dominante, ceux qui sont habités par "un vieux fond d'anticommunisme" risquent de mal le prendre... Sur le fond, je vous donne bien volontiers acte de vos intentions, et je partage à 100% votre point de vue (il me semblait l'avoir dit) sur le fait que l'espace public doit laisser toute sa place à la critique, y compris (et surtout) quand elle choisit de revêtir une forme vigoureuse. Nous crevons du consensus mou ! Si j'ai réagi, c'est parce qu'à la lecture de votre billet je me suis senti agressé et méprisé du simple fait que je ne partage pas nécessairement la totalité de vos goûts, par les termes que vous y employiez, les amalgames et les raccourcis qui s'y sont glissés. Et cela m'a d'autant plus choqué venant de quelqu'un dont je partage habituellement l'essentiel des goûts et des analyses et dont j'apprécie la façon de les exprimer. Alors, certes, "j'ai ressenti", donc "c'est dans ma tête" mais comme disent les communicants l'important dans le message c'est ce qui est reçu, et il me semble que cela peut avoir un intérêt pour vous de savoir que ce que vous avez écrit peut avoir été reçu comme ça par quelqu'un de (a priori) bonne foi et d'un sensibilité par trop éloignée de la vôtre, y compris sur ce que doit être la critique littéraire. Re-amicalement. PS: dans cette note, j'ai dû employer un conditionnel et un subjonctif; heureusement, je ne suis pas un écrivain, je pourrai donc être absous, du moins je l'espère!
On ne sait plus où les mettre, les commentaires ! Sur internet, la place n’est pas comptée, l’attention si: c'est un nouveau calcul de l’occupation d’espace, cerveau disponible plus que surface. Alors, après réflexion, qu'il y ait un ou dix articles sur MH ne nuit pas aux autres, et nul n'est obligé de tout lire. Merci d’abord d’avoir pris le temps de répondre, donc. Sur le livre qui est l’objet initial du débat, il me faudra attendre d’avoir lu entièrement. Dans un cas j’y trouve matière, et vous aurez raison. Dans l’autre peu de choses, et je me retrouverai cliente d’une opération médiatique, ayant perdu du temps sinon de l’argent ( budget curiosité intact, puisqu’on me l’a passé, ce qui n’est pas le cas de la plupart). La comparaison avec Desplechin ou Bashung : voyez-vous, j’aime tout du premier, presque tout du second, mais jamais, jamais, ni l’un, ni l’autre n’ont attiré mon attention par une opération cremisienne, leur travail suffit. BHL, entre à 50%, comme on dit en affaires, dans le livre, et si Antoine Perrault voit en lui un journaliste, moi, jusqu’à présent, je vois en lui un journaliste porté sur l’imaginaire, ce qui n’est pas une qualité, un romancier extra-plat, et un intellectuel un peu digest.Sans le haïr toutefois, pas de quoi. Vous avez raison d’écrire qu’un éditeur ne peut concocter un événement littéraire, mais il peut fabriquer un événement médiatique, et occuper l’espace. Quatre pages littérature par semaine moins deux pour BHL/MH égale trois articles de moins sur d’autres, c’est une logique de système. Qui se retrouve autrement sur internet, Google est parfois saississant . Je ne peux, non plus, vous répondre sur la catégorie des génies méconnus, vide ou non. Par définition, nous ne le saurons que… plus tard, et alors que cette même catégorie ne sera plus celle des méconnus. Seulement celle des suicidés ou des ignorés. Vous m’opposez la médiocre qualité des 700 romans de la rentrée, à 80%. Je serai même plus sévère, je crois bien. Et là, ce n’est pas la critique qui est en cause, même si on peut lui reprocher un panurgisme flemmard, mais le choix des éditeurs. Comment se fait ce choix ? Oublions ceux qui cherchent frénétiquement le « polémique » potentiel, le « nouveau » ( à savoir un truc aussi convaincant qu’un HLM passé au crépi rose). Je ne sais pas comment l’on procède aux Editions de Minuit ( pré-trieurs, lecteurs puis comité de lecture ?) mais il y a cinq ans j’ai enquêté pendant un mois et demi auprès de « petits » éditeurs . Pour la plupart, ils lisaient eux-mêmes , disaient-ils d'abord. Un peu plus tard ou quelques verres plus tard, les uns me montraient le « tas », huit à dix mois de retard de lecture, avec prélèvement hasardeux dans les piles, les autres avouaient qu’ils ne lisaient que ce qui leur était remis par des connaissances, faute de temps. Dans ces conditions, où il y a plus de contingences que de coupables, on peut imaginer des ratés. Il faudrait toujours préciser aux impétrants que la littérature est un sport d’endurance. Mais surtout, il y a toujours un risque à critiquer la critique, celui de passer pour acrimonieux(se), or il ne s’agit pas de ça. Internet, et Mediapart ( abonnement ou non ) est une zone de confluences. S’y croisent des gens qui ne se croisent pas dans la vie. S’y lisent des choses que l’on n’achèterait pas. Vous êtes donc, Sylvain Bourmeau, à un endroit exposé, vous pouvez être arbitre de la guerre des goûts – je choisis et m’y tiens, approbation d’un cercle rapproché, râleries ailleurs – ou passeur, et dans ce domaine donner à lire des extraits de romans de la rentrée (même les deux ou trois que je trouve vraiment médiocres, ce qui est peu et pas tout lu), est un pas, un seul pas. Il me semble que nous manquons de passeurs, aujourd'hui, et dommage qu'entre milieux et itinéraires très divers, on ne retrouve de terrain culturel commun qu'en parlant de The Shield , etc. Ni Houllebecq, ni Angot ( là je fatigue, on dirait qu’il n’y a qu’eux, mais c’est pour aller vite), ni Duras, ni Guibert avant ne sont des auteurs difficiles, pour ne citer qu'eux. On peut les aborder de différentes façons, voilà tout. A vingt ans, ayant croisé quelques autoritaires de la chose littéraire, j’ai mis dix ans de mieux à lire des écrivains.. magnifiques mais qui m’était apparus comme des monuments, avec droit d’entrée. La timidité, en culture, n’est pas rien. Il y a des tas de timides que le péremptoire renvoie vers ce qu'ils pensent, à tort, "être pour eux". Amicalement Ps : j’ai laissé Jean Clair en paix, et merci pour le lien Littell ( en allemand 1ère langue, hélas, va me falloir un peu d'aide), ce n'est pas inélégant, c'est informatif .
Peut etre par gout de l' inoui je vous propose de lire le livre de BHL sur Baudelaire. Vous decouvrirez notement dans les pages decrivant les rapport de Charles avec son pere Francois Comme une illumination d' un BHL inconnu et impeccable.
@ bertrand . . Dites, je vous connais pas mais... . Faites attention quand même au sujet de BHL parce que... il a plutôt tendance à enfoncer des portes ouvertes et il n'hésitera pas à vous faire croire qu'elles étaient fermées, voire même : verrouillées à double tour, toutes ces portes ; et que ç'a été la croix et la bannière pour les ouvrir. . Le public et/ou les lecteurs de BHL, en majorité téléspectateurs puisque sans la télé, des "je ne sais pas comment les nommer" comme BHL ne peuvent pas exister, n'ont le plus souvent, pas trop le temps de savoir s'il n'y aurait pas, des fois, à tout hasard, quelque part, quelqu'un d'autre capable de poser les bonnes questions. Et BHL n'est pas dupe : il sait qu'il n'y a que 24 heures dans une journée et qu'il existe de fortes chances pour que vous n'ayez pas trop le temps d'aller voir si, pour un même sujet, ce qui est dit ailleurs, est plus intéressant, plus juste et plus pertinent. . Et je vous rassure : si vous êtes souvent d'accord avec BHL, c'est que BHL pense comme vous ! C'est à dire qu'il y a, là aussi, de fortes chances pour que... ce que BHL pense soit ce que le commun des mortels serait tenté de penser. . C'est ce qu'on appelle "le bon sens". Et BHL n'en est pas dépourvu. La preuve : quand il s'agit de "penser" et de poser des questions, il ne prend jamais aucun risque. D’ailleurs, il ne peut pas. . Et je ne m'étendrai pas sur le fait suivant - parce que cela ne vous aura sûrement pas échappé : plus BHL s'intéresse à ce qui se passe à l'étranger (Yougoslavie, Darfour), eh bien, plus on parle de lui en France. . Eh oui ! Même si aujourd'hui encore, cet "étranger qui l'intéresse tant" n'a toujours pas entendu parler de lui - je peux vous l'assurer. . Non mais... je dis ça comme ça... je ne voudrais pas non plus me mêler de ce qui me regarde, à savoir : si quelqu'un quelque part me prend ou pas pour un imbécile. . Arrêtons de faire de BHL un escroc en le prenant pour ce qu'il n'est pas : je suis sûr qu'il n'en demande pas tant ! . En revanche, je suis sûr d'une chose : ce que BHL demande, c'est que vous achetiez ses livres quand ils sortent et que vous alliez sur la même chaîne que lui quand il passe à la télé. . C'est tout ce qu'il demande ! . Alors, lâchez-lui la grappe ! Il vous a rien fait le pauvre bougre ! Pitié pour lui !!! Acharnez-vous sur quelqu'un d'autre ! Je sais pas moi... sur un type qui s'appellerait... tenez ! Bernard-Henri Lévy... par exem... . Hein ? Quoi ? . C'est le même ? . Ah zut ! Autant pour moi ! . ________ Cordialement
@ S. Uleski "Même si aujourd'hui encore, cet "étranger qui l'intéresse tant" n'a toujours pas entendu parler de lui - je peux vous l'assurer" J'éviterais les prises de risques à votre place. cf. American Vertigo, de l'intéressé ou même des recherches sur le NY Times. Exemple : http://www.nytimes.com/2008/09/21/books/review/Hitchens-t.html
Vous, vous n'en ratez pas une !!!! . . Je ne sais pas comment vous faites... . . Madame ! . Je parlais de ceux qui crevaient en Yougoslavie et ceux qui crèvent encore au Darfour. et pas de la Jet Society NYaise... . SVP Madame, ignorez-moi. J'ai pas le temps de vous sauver malgré vous!!!! . ___________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
"SVP Madame, ignorez-moi. J'ai pas le temps de vous sauver malgré vous!!!!"
C'est difficile, Serge, j'ai connu des hommes-sandwich moins voyants que vous... J'ai dit, Serge ? Pardon, je voulais dire Bruce Willis, ou Steven Seagal... Enfin, tous ces gens qui sauvent le monde tous les jours et dont ledit monde, dans son ingratitude, ignore totalement les faits et gestes...
Jérémie, arrête de me suivre comme un chien, tu veux !!! . Je ne suis pas ton maître. . ________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Serge, continue à m'insulter, et je vais changer de ton.
Je te confirme, tu n'es pas mon maître, ni à jouer, ni à penser. Je ne te suis pas, je ne te traque pas. Mais tu es toujours prêt (reminiscence boy-scout ?) à nous annoner tes commentaires pseudo-intello-spirituels sur la plupart des sujets intéressants, que je finis par lire un jour ou l'autre.
Tu es là, empêtré dans l'inextricable noeud formé par ton égo et ta pensée brouillonne (puisque tu te sens l'obligation de reprendre chaque commentaire entre 15 et 20 fois, plutôt que de penser avant d'écrire), sûr de toi au point de reprendre tes commentaires en boucle sur plusieurs sujet, voire, quand un des bégaiements de ta platitude te semble au-dessus du lot de ta logorhée habituelle, d'en faire un billet que tu exposes fièrement comme un enfant de 5 ans qui vient d'écrire son nom pour la première fois. Chose qui n'est pas condamnable pour un enfant... Mais bien plus triste pour quelqu'un qui se veut un penseur comme tu te présentes... Alors continue à me parler comme ça, et le "chien" que je suis pourrait bien finir par te prendre pour réverbère quotidien.
Vous écrivez : "Tu es là, empêtré dans l'inextricable noeud formé par ton égo et ta pensée brouillonne (puisque tu te sens l'obligation de reprendre chaque commentaire entre 15 et 20 fois, plutôt que de penser avant d'écrire)," . . Voyez là simplement le souci d'offrir aux lecteurs du club de médiapart le meilleur de moi-même. . .Et c'est pas rien. . Si jamais, il y a d'autres volontaires ! Parce que... je ne peux pas, non plus, porter tout seul, sur mes frêles épaules, tout le club. . mdr... __________ cordialement
"Voyez là simplement le souci d'offrir aux lecteurs du club de médiapart le meilleur de moi-même." Diantre, si c'est là ce que vous nous offrez, cher Steven, souffrez d'apprendre que l'on n'en a point pour notre argent. Si c'est là le meilleur de vous-même, je n'ose imaginer le pire... mdr, lol, etc., etc. (ça fait djeuns, hein)
"Si jamais, il y a d'autres volontaires ! Parce que... je ne peux pas, non plus, porter tout seul, sur mes frêles épaules, tout le club." Allons, cher Steven, vous sauvâtes le monde tant et plus que "sauver" le Club n'est pour vous qu'un jeu d'enfant... Mais d'enfant super content de lui... Reste à espérer que vous passerez le stade de la petite enfance où vous êtes embourbé.
"critique n’est pas création, ça aussi, vous le savez". Alors là non, mille fois non. Diderot, Gautier, Claudel, etc., etc., etc. Je ne vais pas faire une liste, j'ai nommé les premiers me venant à l'esprit. Et tant d'autres, moins connus. Pas forcément écrivains ou dans quel ordre... ? Toute critique n'est pas création et loin de là. Mais introduisez la nuance, chère Dominique, puisque vous la réclamez. Des critiques peuvent être création. Le S/Z de Barthes par exemple. "Vous avez renvoyé dix personnes qui ignorent qui diable peut être Jean Clair vers leur néant qui n’est pas néant" Ce serait mieux de ne pas le citer sous prétexte qu'il serait peu connu (ça reste à démontrer) ? d'estimer que dix personnes étant susceptibles de ne pas le connaître, ne surtout pas en parler ?? ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire naître leur curiosité et de leur proposer de le connaître ? Ces deux phrases sont bizarres, chère Dominique. Pardon d'avoir répondu, je ne me substitue pas à Sylvain Bourmeau, surtout pas, mais ça m'a un peu heurtée de lire ça.
Bien d'accord pour la nuance: on a beau essayer de pondérer, le commentaire, ça va un peu vite. Mais bien sûr, vous avez raison de le rappeler, critiquer n'exclut aucunement de créer, ni de créer en critiquant, Barthes en effet, pas que lui en effet. Concernant Jean Clair, le citer n'est pas une faute, évidemment, même si je crois qu'il n'est guère connu du grand public ( des précisions seraient alors bienvenues, qu'on ne reste pas entre fins connaisseurs de Jean Clair), c'est tout l'objet du commentaire: donner envie de découvrir, c'est justement ne pas pratiquer l'exclusion par la citation sans suite, la référence, le bien, le moins bien. Faire naître la curiosité, c'est apéritif: il faut donner à goûter, pas à penser que c'est hors d'atteinte. Et ce n'est pas facile..
J'ai beaucoup apprécié le texte. Bravo.
Ils ont bon goût, les Nobel, d'avoir choisi Le Clézio et pas l'un ou l'autre de ces duettistes.
Toujours la même douzaine de peigne-culs pseudo anti-conformistes, pourtant complètement enfoncés dans leur microcosme consanguin Parisien / masque et la plume...
Heureusement il existe plein de trucs vachement chouettes qui sortent des sentiers battus : Haruki Murakami, Alessandro Baricco, Alexander McCall Smith, Luis Sepulveda, Amélie Nothomb voire Serge Brussolo... (la relève des "classiques" : Jorge Luis Borgès, Italo Calvino...?)
Finalement les libraires (indépendants) font de bien meilleurs critiques ! Et tirons pudiquement la chasse sur Sollers qui lit Houellebecq qui lit Henry-Lévy qui lit Gallo commenté par Garcin...
Bonjour à vous ! . Ces auteurs, venez nous les présenter ... __________ Cordialement Les ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Amélie Nothomb ?!
Je veux bien que ce livre de correspondance soit "grandiose" (réaction de Ch Marcadier), que les livres de MH, et même ceux de BHL, Angot etc ... soient excellemment "de leur temps", S. Bourmeau, mais ce que j'attends d'une critique (littéraire, dans ces cas) c'est qu'elle s'attaque au propre du littéraire, qui me semble-t-il, est l'écriture prosaïque ; car enfin ce qu'on nomme : le sujet, la narration, le propos sont des "objets" largement partagés par d'autres formes d'art (cinéma, théâtre, par exemple) ; donc, qu'on évoque cet aspect des choses pour le roman, (i.e. les thèmes abordés, le récit, et ici, la validité, l'intérêt des propos tenus par les correspondants ...), soit, mais c'est bien insuffisant pour moi, il faut l'enrichir d'une critique de la langue, de la composition, du rythme narratif ...et surtout de la façon dont cette forme dit quelque chose du "fond", comment l'un et l'autre jouent ensemble, sinon on en reste à un compte rendu de lecture plus qu'à une critique. Et je trouve assez peu de cette critique-là (qui demande un gros travail sans doute !), comme d'ailleurs je trouve bien peu de critique de cinéma (là aussi, avec une exigence du même ordre : une critique qui prend en charge le spécifique de cet art - l'image mobile pour faire récit + le son -) Ceci dit, la correspondance citée ici n'a peut être aucune prétention littéraire et de ce fait on peut la critiquer comme on critique un essai, mais alors, on aura d'autres exigences, mais pas moins.
"il faut l'enrichir d'une critique de la langue, de la composition, du rythme narratif ...et surtout de la façon dont cette forme dit quelque chose du "fond", comment l'un et l'autre jouent ensemble, sinon on en reste à un compte rendu de lecture plus qu'à une critique.". . On est bien d'accord. . Mais dans quel(s) état(s) sortiront Angot et Houellebecq après une telle tentative d'analyse critique ? . ____________________ Cordialement
Plus sérieusement... . . BHL ou... comment s’attribuer, en toutes circonstances, le meilleur des rôles : le beau rôle ! qui est toujours... le bon rôle : celui qu’il faut occuper et tenir d‘une main de fer. . . *** La force de BHL, après toutes ces années, reste son culot qu’il met au service du bluff et le bluff au service de la recherche d’un beau rôle. Et si rien ne se présente à l’horizon, il faut lui reconnaître qu’il a le plus souvent, l’intelligence de se taire et d’attendre une opportunité. . Car... une gueule, un look d‘enfer, une parole compassionnelle, il n’hésite jamais à s’attribuer le beau rôle, le meilleur des rôles, toujours ! . Car, enfin, qui d'entre nous, n'a pas rêvé de pouvoir en toutes circonstances, occuper ce rôle, le beau rôle, pour ne plus le quitter, offrant ainsi à notre entourage médusé et comme envoûté, le meilleur de nous-mêmes - magnificence, probité, rayonnement universel... . Ce beau rôle érigé au rang de véritable concept (doit-on accueillir là une des rares contributions de BHL à la philosophie, sinon la seule ?) qu’il s’attribue sans honte le protège de toute remise en cause sur le fond. Ce beau rôle fera de tout détracteur un individu jaloux, envieux ou bien, un individu sans coeur lorsque BHL se répand dans les médias pour sauver la planète, un pays, un peuple, le temps pour lui de se préparer à en sauver un autre, ailleurs, quelque part, et plus tard, à son heure qui est la sienne et celle de personne d’autre... . Intellectuel et philosophe pour une classe moyenne dont le flirt avec ce qu'elle croit être "le monde des idées" aussi famélique et timoré soit-il, trahit sans aucun doute un besoin de supplément d'âme, admirative aussi de ses coups de gueules qui ressemblent le plus souvent à un coup de force... et médiatique... et sur nos consciences... . A défaut d'un Tapie parti en congé ; BHL étant chez les Intellectuels ce que Tapie est à la politique : un intermittent amoureux de son propre spectacle, de sa propre image dans le gigantesque miroir médiatique auquel il a librement accès jusqu'à en abuser... . Nombreux sont ceux qui ressentent l’omniprésente de BHL dans les médias et son comportement - incantations, effets de manche, ton péremptoire -, comme une gêne et parfois même, une colère : en nous, le sentiment qu’on nous vole notre intelligence, qu’on nous prend en otage ; et puis, surtout : la certitude que BHL parle des autres pour mieux parler de lui, en boucle, fermée à double tour : pour tout interlocuteur, pas d’échappatoire ni de contestation possible : il ne peut que se soumettre ou bien, quitter la place. . La couverture médiatique de BHL, qui est à ce point disproportionnée comparée à sa production intellectuelle, artistique, philosophique, littéraire et à sa contribution (ou absence totale de contribution) aux débats autour des graves questions économiques et sociales qui secouent régulièrement la société française (après quarante ans de carrière, on cite à son sujet un ou deux livres, et seulement) fait que très vite on a le sentiment que l’on nous ment ; et c’est alors que BHL en devient plus insupportable encore aux yeux de ceux qui connaissent d’authentiques acteurs sociaux, auteurs, artistes, intellectuels ou philosophes contemporains ; et nous les connaissons tous, ceux des quarante dernières années. Inutile donc de les citer. . Comme une injure ou bien, une blessure, lancinant en nous le sentiment que... plus BHL semble vouloir s’occuper des autres, plus il s’occupe de lui. Plus BHL donne le sentiment de rouler pour les autres, plus il roule pour lui. . *** . Avec BHL on peut sans peine identifier le profil type de l’escroc... mais, on ajoutera : escroc honnête ; escroc malgré lui, on lui épargnera donc l'attribut de Tartuffe, puisqu'on lui accordera, en dépit de tout, le bénéfice du doute : la main dans le sac, à la sortie du supermarché, entre deux vigiles, il niera tout car, jamais Bernard Henri Lévy ne se résoudra à avouer que BHL est seulement intéressé par BHL, incapable qu'il est de soupçonner en lui une telle duplicité, - du moins, on ne peut que l'espérer -, et ce malgré les nombreuses « alertes » qui lui sont adressées depuis vingt ans. . C’est à se demander de quoi BHL est conscient ? (Peut-on y trouver là une piste quant à la rareté, voire la pauvreté de sa production en tant qu’intellectuel ?) . *** . Dans un Don Quichottisme qui, nul doute, en fera sourire plus d’un, peut-on et doit-on continuer de dénoncer la complaisance et la paresse de médias qui ne manquent jamais de nous servir tout au long de l’année, qui un BHL, qui un Tapie dans des émissions aux débats non-contradictoires et verrouillés d’avance - émissions faire-valoir aux contenus promotionnels à peine cachés -, alors que cette pratique s’est généralisée dans tous les médias quels qu’ils soient - télés, radios, journaux, revues, internet ? . Plutôt l’indignation, même au prix du ridicule, que l’indifférence et la résignation qui se répandent telles un poison dans le sang, dès qu’on cesse de dénoncer les abus de pouvoir, les mystifications, les connivences et les supercheries de toutes sortes. .
@ Serge ULESKI Je ne cherche pas à encenser BHL, et ne vous connait pas non plus. Je propose comme une pépite ce texte sur Baudelaire. De BHL je ne connais que son essai sur La Barbarie à Visage... qui m'est tombé des mains il y a 30 ans ou plus. Il n 'est pas exclu que le sujet (Baudelaire) ait magnifié son auteur au point de lui faire écrire un texte original et profond . J' attend que quelqu'un qui l'aurait lu, une contradiction ou une approbation. Sans culte excessif du paradoxe.
Vous avez le droit d'encenser BHL, je vous rassure. . . __________ cordialement
"On n’aura de cesse de dire « non » à cette imposture qu‘est BHL, et puis « non » encore à toutes les autres" - Non, finalement, ce serait trop facile de répondre...
N'essayez même pas ! . Ou bien alors, si c'est pour formuler une réponse "à côté de la plaque" à l'image de votre dernier commentaire concernant NY.... . Si toutefois vous avez un doute, relisez-moi et vous verrez que vous ne pouvez pas répondre, du moins, une réponse qui serait, un tant soit peu, à la hauteur de l'effort que je viens de fournir en m'intéressant à mon corps défendant à ce BHL parce que franchement... j'ai autre chose à faire. Mais comme Mediapart ne m'en laisse pas le choix, il faut bien que quelqu'un le fasse. Et c'est pour ma pomme. . Et puis... soit dit en passant, qui aurait apporté la contradiction si je ne l'avais pas fait ? Où sont-ils tous ? Ils ont déserté le terrain ou quoi ????? . Réveillez-vous un peu !!! ________________
Je pense que vous devez être masochiste, ou souffrir d'une immense solitude. J'en ai croisé des comme "vous" au collège, et même au lycée. Ils étaient gentils, mais terriblement chiants, se faisaient jeter et revenaient par la fenêtre quand ils avaient été virés par la porte. Je les admirais beaucoup d'être aussi opiniâtres, je les plaignais beaucoup d'être aussi inconscients de ce qui les entourait : cela dépassait la question de la norme à l'âge que nous avions, puisque nous cherchions tous désespérément une norme dans l'anticonformisme. Parfois ils n'étaient même pas gentils, voire cultivaient un air sombre et bougon, délibérément misanthropes (plus avec les filles qu'avec les garçons d'ailleurs). Avec du khôl autour des yeux et un teint des Carpates... Ce ne doit pas être votre génération tout à fait. Mais je vous y vois bien, en gothique versus Batman dépressif, orphelin et catPower en ennemie intime obsessionnelle. Vous devriez vous amuser un peu, cultiver l'auto-dérision et l'humour, la distance. Et vérifier, avec empathie, qui n'est pas toujours sympathie, auprès de vos congénères qu'ils ne sont pas si simples qu'ils en ont l'air mais dignes de respect. Nous pouvons rester sensibles sur des sujets graves, épidermiques si vous le voulez. Ce n'est pas le cas ici : ce sont des échanges truculents, des joutes, pure jouissance : est-ce mal? Nous sommes tous mortels...Faites vous du bien. Je n'ai pas lu ce livre, il ne me semble pas inintéressant du tout. Je me garde donc d'y apposer une humeur ou une exaspération que je ne peux pas avoir : je n'ai pas la télé. La semaine prochaine à l'hôtel seulement, j'en serai désespérée d'ailleurs. Parce que je la regarderai (à bon entendeur salut!). J'ai écouté les deux loustics ce matin à la radio : les questions qu'on leur posait côté journalistique (souvent côté public) étaient débiles. Ils ne l'ont pas été. En tout cas ils n'ont pas pris le pas. Et maintenant on dit d'eux qu'ils n'ont pas brillé, minables. Ils n'ont pas fait un show. Comme quoi...Il faudrait savoir? Ils parlaient de meute : vous devriez être intéressé. Malgré vous, par devers vous.
Surtout ne répondez pas sur le fond à mon article sur BHL. . Franchement, il y a une belle bande de cancres dans le Club ! Vous n'êtes pas 11000 mille ! Non ! Juste une quinzaine mais quand même... . . L'énergie que vous dépensez tous dans la formulation de vos attaques personnelles... des membres du Club qui tentent de faire entendre un autre son de cloche. Encore une fois, on peut faire le constat suivant : "vous êtes tolérants mais mieux vaut penser comme vous ou bien, non ! pire encore : mieux vaut ne pas penser du tout parce que c'est quand même là que vous vous situez, ou pas très loin". . __________
@ SU (Après Media-Vu...) "N'essayez même pas !' Oh, si, je pourrais, mais je n'en ai pas envie. . "Ou bien alors, si c'est pour formuler une réponse "à côté de la plaque" à l'image de votre dernier commentaire concernant NY...." Exprimez-vous clairement, j'aurai une chance de répondre dans votre sujet. Vous disiez BHL inconnu à l'étranger. C'était une bêtise. Accusez-le de ne pas repasser ses chemises, de mal les choisir, ce que vous voulez, mais pas d'être inconnu... Et puis, contrairement à vous, oui, je suis une adepte du décalage et du second degré. . "Si toutefois vous avez un doute, relisez-moi et vous verrez que vous ne pouvez pas répondre, du moins, une réponse qui serait, un tant soit peu, à la hauteur de l'effort que je viens de fournir en m'intéressant à mon corps défendant à ce BHL parce que franchement... j'ai autre chose à faire. Mais comme Mediapart ne m'en laisse pas le choix, il faut bien que quelqu'un le fasse. Et c'est pour ma pomme." Quel effort ! en effet. Ne vous épuisez pas surtout. J'ai juste un truc qui me chiffonne : avant je pouvais vous éviter. Il me suffisait de ne pas lire votre blog et de refuser, maintes fois, de faire partie de vos contacts. Désormais vous m'imposez vos majuscules, vos citations de vos textes inconnus (inédits pardon), votre lien vers un blog d'un autre journal à longueur d'articles. Rousseau avait du génie dans sa paranoïa. Houellebecq dans ses poses. Vous êtes creux. Et pour ma part, je suis comme la nature, j'ai horreur du vide.
Tiens ! Je croyais que vous alliez répondre à mon article sur BHL ? . . Pas si simple finalement, n'est-ce pas ? . Il y a quand même une belle bande de cancres dans le club, franchement. . . L'énergie que vous dépensez tous dans la formulation de vos attaques personnelles... des membres du club qui tentent de faire entendre un autre son de cloche. Encore une fois, on peut faire le constat suivant : "vous êtes tolérants mais mieux vaut penser comme vous ou bien, non ! pire encore : mieux vaut ne pas penser du tout parce que... c'est quand même là que vous vous situez, ou pas très loin". . Bossez un peu là qu'on voie de quoi vous êtes capables !!!! __________
Vous écrivez : "Rousseau avait du génie dans sa paranoïa. Houellebecq dans ses poses. Vous êtes creux. Et pour ma part, je suis comme la nature, j'ai horreur du vide." . . Ah Ah AH Ah !!! . Quelle puissance dans la critique ! . Rousseau, Houellebecq, BHL : c'est vrai que... si on ne vous les avait pas servis sur un plateau, vous les auriez trouvés toute seule, vu votre flair.......... . Le mâché et le pré-mâché... toujours, n'est-ce pas ? . Il m'a semblé vous avoir demandé de m'oublier. . Vous allez prendre votre temps et moi aussi. ______________
Vous avez raison, je ne vous répondrai plus. Etant donné que, comble de la malhonnêteté intellectuelle, vous changez vos commentaires a posteriori, on a vraiment l'air malin en vous répondant. Gardez votre plateau. Vous y êtes bien seul. Serval a raison, en vous reprenant, on vous donne une importance que vous n'avez pas. Moi qui crois aux vertus du dialogue, avec vous ce n'est pas possible. Je vous laisse à vos commentaires, chacun peut juger de leur ridicule. Nul besoin de le souligner.
C’est vrai ; on devrait arrêter de répondre à monsieur Uleski car à force de parler tout seul il réviserait peut-être sa façon péremptoire de présenter ses points de vue (que je trouve souvent intéressants par ailleurs) .Les propos de monsieur Uleski provoquent alors des réactions agacées qui nous éloignent parfois du sujet initial et c’est dommage.
Pour répondre à F Denizot, oui, peut-être que dans les messages que poste S. Uleski il y a des choses intéressantes; Mais est-ce que ça suffit pour qu'on puisse dialoguer - ou accepter le dialogue aux conditions où il l'impose ? On peut préférer une autre conception du dialogue à la sienne, une autre règle du jeu. Les blogs etles commentaires, après tout, ce sont des jeux sociaux : et qui impose les règles? comment sont-elles fabriquées ? Faut-il se soumettre à ceux qui parlent le plus fort ou le plus longtemps ou .etc...
Pour ma part, je ne crois plus que le but des commentaires de Serge Uleski soit de participer à une discussion. Je crois toujours qu'il cherche à attirer le débat vers lui - et nous amener à ses blogs. (1) C'est son droit, après tout, mais c'est aussi le droit de certains lecteurs de trouver cette tactique pesante ou insupportable.
(1) Un regard un peu large sur les différents sujets qui provoquent pas mal de commentaires semble l'indiquer. (ici, dans les deux blogs de SB et AP, entre autres) A un certain moment, S. Uleski poste les mêmes messages dans tous les sujets qui touchent vaguement à un thème porteur. Ensuite il les édite éventuellement,sans laisser de trace de ce qu'il a édité. Est-ce que la justesse ou la politesse de dialogue ne voudrait pas que, quand nous éditions, nous écrivions à côté de l'ajout : édité ? Et que si nous avons enlevé quelque chose, que nous disions pourquoi?
"Est-ce que la justesse ou la politesse de dialogue ne voudrait pas que, quand nous éditions, nous écrivions à côté de l'ajout : édité ? Et que si nous avons enlevé quelque chose, que nous disions pourquoi?" . . Vous assistez en temps réel à la création d'un billet par Serge ULESKI. Vous entrez dans son laboratoire. . Pourquoi vous en plaignez-vous ? _________________ cordialement
Prenant ce fil avec deux jours de retard, je suis une fois de plus abasourdie par l'agressivité de certains échanges. On peut aimer ou détester MH et BHL, mais à quoi bon s'envoyer des jugements aussi désagréables à la figure ? Un minimum de tolérance dans ce monde de brutes serait donc impossible, Internet servant de constant vomitoire et crachoir, bref de défouloir ? J'ai vu hier l'émission de France 2 avec MH et BHL (que j'apprécie avec des nuances, sans détestation ni adoration). Leurs échanges m'ont paru riches, intéressants et ces deux personnes semblaient authentiques et se bonifier l'une l'autre. Cela m'a donné envie de lire le livre. Fantie B., comme il m'est déjà arrivé sur d'autres fils d'éditer des messages auxquels personne n'avait répondu, et que j'avais révisé ma pensée dans l'intervalle, je n'ai pas noté "édité". Si vous voulez répondre à un message, cliquez sur "répondre": l'auteur ne pourra plus l'éditer. Je pense qu'il est de notre droit d'user de l'édition pour un message qui n'a pas fait l'objet d'une réponse. Mais je veux bien me ranger à la règle commune, cela dit, et marquer éventuellement "édité". Cordialement.
sur la proposition d'ajouter "édité" quand on change le sens d'un message : J'avais trouvé cette règle en participant à un forum de discussion (anglo saxon), et, à l'usage, je l'ai trouvée vraiment bienvenue. sur l'agressivité et la tolérance : je pense que la tolérance c'est le renoncement aux règles. Ce qui revient à laisser certains imposer éventuellement la leur, dont le "polluage" comme on dit aussi sur les forums de discussion.
Fantie B., j'ai utilisé à dessein le mot de tolérance car j'ai abandonné certaines illusions. Tolérer, c'est se résigner à quelque chose que finalement, on supporte mal. On tolère l'autre faute de réellement l'accepter. Mais soyons réalistes: c'est déjà un chouïa mieux que le rejeter. Pour les pollutions sur les fils de commentaires, leur définition est hautement subjective. Personnellement, les seules qui me dérangent sont l'insulte, la dégradation ou le rabaissement de l'autre. Que cela passe par des pseudo-analyses qui sont des objectivations de l'autre: vous êtes ceci, vous êtes comme cela, le fait de figer leur position à ce qu'ils ont écrit antérieurement (comme si la pensée et l'opinion étaient fixées dans le marbre pour l'éternité et que certains tenaient les archives KGB de Mediapart) ou la qualification de leur pensée c'est ridicule, absurde. Et je me méfie aussi des petites cabales contre des personnes, devenant très vite des bouc-émissaires de dysfonctionnements plus diffus.
@Christine Marcandier-Bry . . L’écriture Madame, tout comme l'Art : c’est une manière de vivre. . Vous faites votre salaire sur le dos des auteurs du 19è siècle ; salaire de la sueur, des larmes, et du sang : leur sueur, leurs larmes et leur sang. . Aussi, je vous encourage vivement à respecter ceux pour lesquels écrire est aussi et surtout une manière de vivre. . ________________ .
@potron-minet . . "Je pense que vous devez être masochiste, ou souffrir d'une immense solitude." . . Arrêtez de penser parce que... je sais pas mais là j'ai comme le sentiment que ce n'est pas votre point fort. . En allant sur votre blog, je vois que vous êtes dans "l'art" ! . Jetez donc un coup d'oeil ici : http://peinture.artiste.uleski.over-blog.com/ ___________ Cordialement
...
Article sur BHL finalisé à l'adresse suivante : . . http://www.mediapart.fr/club/blog/serge-uleski/111008/bhl-ou-le-beau-role-erige-au-rang-de-veritable-concept _____________________ Cordialement to whom ever you are.
Message de Serge Uleski dans sa version originale (je préfère le conserver ici, il sera sans doute modifié par son auteur) : @Christine Marcandier-Bry . . L’écriture Madame, tout comme l'Art : c’est une manière de vivre. . Vous faites votre salaire sur le dos des auteurs du 19è siècle ; salaire de la sueur, des larmes, et du sang : leur sueur, leurs larmes et leur sang. . Aussi, je vous encourage vivement à respecter ceux pour lesquels écrire est aussi et surtout une manière de vivre. Serge Uleski, Ceci est mon dernier message à votre endroit. Vous me fatiguez, j'ai au moins appris une chose, le ridicule ne semble pas vous tuer non plus. Comme quoi, même les expressions lexicalisées mentent parfois. Evitez quand même les attaques personnelles, dénigrez ce que j'écris ici si vous le souhaitez, je m'en contrefiche, dénigrez les auteurs que j'apprécie et dont je parle, je m'en moque aussi mais ne m'attaquez pas sur ce que vous ne connaissez pas : vous avez assisté à un de mes cours ? vous avez lu un des 13 livres que j'ai publiés ? vous me connaissez personnellement ? non. Alors stop. Quand j'ai parlé de "connerie" à votre propos, il s'agissait de qualifier un commentaire sur le blog de Serval que vous avez d'ailleurs modifié depuis. Pas votre personne. Pas vos activités. Qui m'indiffèrent. Si votre conception de l'Art est celle que vous affichez ici, elle n'est effectivement pas la mienne. Et alors ? On ne peut pas dialoguer avec vous. Non seulement vous insultez les gens, leurs passions, leurs propos, leur métier maintenant, mais vous modifiez sans arrêt vos interventions. Vous êtes content ? vous avez fait de la pub à un de vos billets ? vous espérez générer des commentaires ainsi ? ça vous apportera quoi ? vous pensez vraiment qu'un éditeur va ainsi venir vous supplier de venir éditer chez lui ? que nous allons tous crier à votre génie incompris ? Si vous n'étiez pas aussi vain, je vous plaindrais. Je vais simplement soigneusement éviter de vous lire (je parle de vos commentaires, votre blog, ça fait longtemps que j'ai abandonné), ce sera simple, avec les majuscules et les caractères gras que vous imposez à notre vue, je les repère vite. Mais prenez garde à vos propos quand même. Internet n'est pas un espace sans droit. Je préfère vous le rappeler. Ne m'obligez pas à porter ces propos ailleurs.
@ Sylvain Bourmeau : "être de son temps m'a toujours paru la seule chose possible."
Oui, pour autant que résister à son temps est l'une des meilleures façon d'en être, cf. Baudelaire, Flaubert et tutti quanti
Car si être de son temps signifie uniqument l'accompagner, je ne suis plus certain d'être de votre avis