[Cette réaction à chaud a pris forme par la suite dans un texte académique, disponible ici]. Il y a quelques semaines encore, de Taez, il n'y avait rien à dire. La région était réputée calme, et l'attention de tous les observateurs se focalisait sur la rébellion des tribus chi'ites au Nord, sur les velléités séparatistes du Sud anciennement socialiste, ou encore sur les frappes terroristes menées par Al-Qaïda. Entre le raffinement citadin d'Aden, ancienne colonie britannique, et la dignité farouche des tribus en armes, le divorce semblait inévitable. L'État yéménite semblait voué à une explosion certaine, coupable d'être à la fois trop et pas assez sécularisé. Taez est par excellence une ville tribale et moderniste mais, dans ce clair-obscur, Taez restait dans l'ombre.