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Éloge de l’efficacité productive du travail en France
D’après une étude publiée mardi 20 septembre à Londres par l'Office national des statistiques (Ons) sur la productivité comparée du travail des pays du G7 en 2010 (1), le travailleur français confirme sa remarquable bonne position sur les marches du podium de l’efficacité au travail. Le constat macroéconomique n’est certainement pas nouveau si l’on en juge par d’autres études et statistiques en provenance d’autres sources comme celles de l’Ocde ou d’Eurostat, mais dans la sinistrose ambiante des mauvaises nouvelles économiques et de l‘aveuglement néolibéral de nos gouvernants, il est intéressant d’en extraire quelques bonnes leçons élémentaires de conduite en matière de politique économique.
Commençons par le constat. Si l’on raisonne en termes de productivité du travail par tête, c’est-à-dire la richesse produite en moyenne par un travailleur (2), la France se classe en deuxième position en 2010 derrière les Etats-Unis, et devant l’Italie, l’Allemagne et le Canada, le Royaume-Uni et le Japon fermant la marche (cf. ci-dessous graphique n°1 repris de l‘étude). Ces statistiques montrent aussi que par rapport à 2009, les écarts de productivité s’accentuent entre les deux meilleurs de la classe, les travailleurs américain et français, et leurs homologues du G7. En ces temps de référence obsédée du côté de l’Élysée et de Matignon par rapport au fameux paradigme allemand, on relèvera également que la supériorité française est de l’ordre de 6 % en 2010 (indice de 106, calculé en prenant comme base 100 la productivité allemande) et qu’elle se maintient bien en 2010.
Graphique n°1 : productivité du travail par tête en 2009 et 2010 (base 100 le Royaume-Uni)

Si l’on s’appuie maintenant sur la productivité horaire du travail (3), c’est-à-dire le flux de richesses réalisé en moyenne en une heure de travail, les prouesses du travailleur français ne se démentent toujours pas. Certes, le travailleur allemand détrône ce dernier de son deuxième rang derrière le travailleur américain, mais seuls les travailleurs américain, français et japonais améliorent leurs performances entre 2009 et 2010 par rapport au travailleur britannique. Quant à la supériorité allemande par rapport à la France, elle se réduit en 2010 par rapport à 2009.
Quelles leçons à tirer de ces performances comparées ? Il s’agit tout d’abord d’une excellente nouvelle pour les partisans de l’économie de la demande. Alors que la solution d’une sortie de crise par une relance par une hausse des salaires commence timidement à faire son chemin, sur la base d’un constat connu et répété d’une part structurellement insuffisante des salaires dans la répartition de la valeur ajoutée des entreprises (4), les bonnes performances comparées de la productivité du travail de la France autorisent des marges de manœuvre légitimes en la matière, au nom de la simple équité d’une règle de répartition des richesses produites et malheureusement oubliée par les rentiers du capital ces dernières décennies : une meilleure efficacité du travail mérite aussi un pouvoir d’achat du salaire accru ! Et cette relance du pouvoir d’achat pourrait être à l’origine d’un cercle vertueux de sortie de récession dans laquelle nos économies s’engouffrent, d’autant plus efficace qu’elle se concentrerait sur les salaires les plus modestes, dont on sait que la propension à consommer est forte (part des salaires consacrée à la consommation), surtout après des années de pertes de pouvoir d’achat, au moins pour les travailleurs précaires.
Mais, il s’agit aussi d’une très bonne nouvelle pour les défenseurs de l’économie de l’offre. On rappelle que la compétitivité-prix des entreprises ne dépend pas du coût salarial horaire comme le laissent sciemment entendre les discours proches du patronat, mais du coût salarial unitaire, lui-même égal au rapport entre le coût du travail horaire et la productivité du travail (5). Il est donc tout aussi évident qu’il y a pour l’économie française, grâce aux bons résultats de l’efficacité productive de sa force de travail, des marges de manœuvres techniques pour une revalorisation des salaires sans détérioration de la compétitivité-prix des entreprises, n’en déplaise au discours gouvernemental et patronal. L’arithmétique est claire et sans appel : une hausse des salaires strictement proportionnelle à la progression de la productivité laisse inchangée le coût du travail unitaire, donc la capacité concurrentielle de nos entreprises à développer leurs parts de marché. L’argumentaire technique peut même s’en trouver renforcé si l’on rappelle par ailleurs deux faits saillants caractérisant l’économie française : d’une part, elle n’est pas relativement mal placée pour son coût horaire du travail par rapport à ses partenaires développés, d’autre part, la structure de son commerce extérieur est largement dominée par ses échanges avec ses partenaires de l‘Union européenne (de l‘ordre de 60 %), laissant un poids impactant limité joué par la concurrence des économies émergentes à faible coût de main d’oeuvre. Enfin, il est aussi précieux de rappeler qu’il existe une interaction dynamique vertueuse entre salaire et productivité du travail : la hausse des salaires aujourd’hui, en améliorant le confort et la santé des salariés, et leurs motivations au travail, génère aussi des gains de productivité et de compétitivité pour demain.
Et pour terminer, il s’agit également d’un constat très précieux pour plaider la cause, contre les vents dominants des économistes de l’offre, de la vertueuse réduction du temps de travail dans le cadre d’une économie en transition entre le productivisme tayloro-fordien et le développement durable. En effet, osons enfin envisager, au moins après une sortie de crise des dettes publiques, une croissance de l’emploi et une amélioration du bien être des populations dans les pays riches, dans un contexte de croissance de la productivité du travail propre à une économie moderne, non plus par le chemin d’une croissance économique soutenue, mais tout simplement par l’intermédiaire de la réduction du temps de travail dans le cadre d'une politique de partage du travail disponible…..et d’une répartition équitable des richesses produites, elle-même fondée sur la trilogie de la répartition dans une vraie social-démocratie : efficacité du travail, utilité sociale des métiers et besoins des individus. Une simple question de choix de société, accompagnée par une réelle volonté politique, porteuse de plein emploi, de cohésion sociale et de préservation à long terme de l'écosystème global de la planète dans un environnement contraint par la rareté des ressources naturelles !!!
En conclusion, vous l’avez bien compris, ces trois bonnes leçons d’économie politique verte, sont aussi trois cartons rouges adressés à la politique économique du chef de l’État qui, avec l’impudence et la niaiserie qu’on lui connaît habituellement pour les questions économiques, s’obstine depuis 2007 à massacrer le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes et à s’inscrire à contresens de l’histoire, et ce à travers la dynamique principale de sa politique économique et sociale : " Travailler plus longtemps pour gagner moins pour les plus modestes…..et inversement pour les plus riches !!". Décidément, mai 2012 n’en finit plus de hurler d’impatience…..
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(2) Au niveau d’une entreprise on rapporte la richesse créée (la valeur ajoutée brute-VAB) au nombre de travailleurs. Au niveau macroéconomique, on rapporte le PIB (la somme des valeurs ajoutées brutes) à la population active occupée.
(3) On rapporte la VAB ou le PIB au volume d’heures travaillées, selon le niveau d’analyse adopté, micro ou macro. Indicateur plus difficile à calculer précisément que le précédent, tout du moins au plan macroéconomique.
(4) Voir notamment les réflexions récentes du laboratoire social Lasaire : http://www.lasaire.net/accueil.php
Concernant l’évolution de la part des salaires dans la VAB des entreprises en France sur longue période, se reporter au graphique n° 1 de mon article ici sur Médiapart : De la faiblesse du pouvoir d'achat des salaires à l'insuffisance de l'investissement productif......... En effet, l'évolution de la part des salaires est exactement l'inverse de l'évolution du taux de marge (part de l'excédent brut d'exploitation dans la VAB) présentée par ce graphique. Ainsi, à la remontée du taux de marge à partir du milieu des années 80 correspond le déclin de la part des salaires.
(5) Le coût salarial unitaire est le coût du travail supporté en moyenne pour une unité produite. En adoptant les notations suivantes : H(nombre d’heures travaillées), S (coût horaire de la main d’œuvre) et Q (niveau de la production), le coût salarial unitaire est donc par définition égal à (HxS)/Q. Ce rapport peut aussi s’écrire : S/(Q/H), donc comme le rapport entre le coût horaire du travail (S) et la productivité horaire du travail (Q/H) .


Tous les commentaires
Extraits d'une intervention de Pascal Canfin (aujourd'hui Eurodéputé EELV), lors d’une réunion tenue à Lyon durant la campagne du candidat Vert Bertrand Artigny, en juin 2007:
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(...) en 35 heures un salarié français crée beaucoup plus de valeur ajoutée qu’un salarié chinois en 60 heures. Car nous incorporons dans notre travail plus de capital, plus de savoir faire, plus de formation, ce qui fait que on est plus productifs en 35 heures, on crée plus de valeur ajoutée, qu’un chinois en 60 heures.
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C’est un premier argument qui justifierait que nous travaillions moins. Ou que si l’on travaille plus que l’on diminue notre productivité. Je n’ai pas entendu dire que si nous travaillons plus cela allait diminuer notre productivité, car évidemment lorsque les entreprises ont mis en place un système de production elle ne vont pas en changer par ce que vous allez travailler deux heures de plus.
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Dans ce cadre là, cela justifierait que l’on soit un peu en dessous en terme d’horaire de travail, mais ce n’est pas le cas. Lorsque l’on regarde au niveau global les heures travaillées et que l’on divise par le nombre de personnes qui travaillent, on est dans la moyenne des pays « riches » c’est-à-dire des pays de l’OCDE.
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Nous ne sommes pas des fainéants - au contraire nous sommes les plus productifs au monde. Et en terme de temps de travail nous nous situons au milieu. Contrairement à ce qu’a dit Sarkozy dans le débat avec Royal, partout le temps de travail continue de diminuer. Aux USA, en Allemagne, au Japon cela continue à diminuer, car on fait des gains de productivité chaque année, et une partie de ces gains de productivité sont réaffectés à la diminution du temps de travail.
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La diminution du temps de travail peut-être organisée de deux façons : soit par le marché, soit par le dialogue social ou l’Etat, les politiques publiques.
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Avec le marché, certains travaillent trois heures, cinq heures dix heures, et d’autres travaillent 42 ou 45 heures. Aux USA on a des ouvriers dans l’industrie qui travaillent 42 heures, et des millions de travailleurs pauvres dans les services, qui travaillent 5, 10 ou 15 heures.
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Si on laisse faire le marché, on peut avoir comme cela une certaine forme de réduction du temps de travail. Les emplois qui sont créés sont des emplois à 15 heures, pas des emplois à temps plein, donc la durée du travail par emploi diminue, mais de manière inégalitaire, non satisfaisante, précarisante.
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Cela prouve bien tout de même que la durée moyenne d’un emploi diminue, spontanément, dans l’économie telle qu’elle fonctionne aujourd’hui.
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Et puis il existe la façon « de gauche » d’organiser ce phénomène, qui est de dire : évitons que les uns doivent travailler 42 heures et doivent payer des baby-sitter et ne voient pas leurs enfants, et que d’autres qui travaillent 15 heures aient des revenus de deux ou trois cent euros à la fin.
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Essayons de revoir comment on peut construire des dispositifs collectifs qui organisent - pas le couperet qui tombe. Forcément c’est un peu plus compliqué, c’est un peu plus contraignant, mais en même temps, cela permet de faire moins de précarité, d’obtenir une meilleure articulation de la vie personnelle et de la vie professionnelle.
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Face à l’économique, nous sommes face à deux projets de société et deux façons d’agir sur ce phénomène. (...)
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@Ivan Villa
Merci pour ce complément d'analyse sur la dynamique de la réduction du temps de travail avec cette distinction précieuse entre les deux types de régulation : la régulation par le marché nécessairement inégalitaire par le dualisme du marché du travail et la précarisation du travail qu'elle entraîne, et la régulation par des procédures collectives animée par l'équité et impliquant les partenaires sociaux et l'État.
L'autre partie de la vidéo est également très intéressante et complète utilement la perspective du développement durable. Comme Pascal Canfin le souligne très justement, le concept de développement durable implique nécessairement un abandon progressif du dogme du modèle productiviste selon lequel la croissance du PIB est le seul chemin obligé de la progression du bien être. Si ce chemin est encore justifié dans les pays en développement où les besoins primaires ne sont pas encore pleinement satisfaits pour l'immense majorité des populations, il ne l'est absolument plus dans nos pays riches, même si la transition vers cette économie du développement durable nous obligera encore à arpenter ce chemin, pendant un temps plus ou moins long, selon l'évolution des mentalités et la force de la prise de conscience qui doit se faire en la matière. Pascal Canfin fait notamment allusion au décrochage aux Etats-Unis entre la courbe du PIB en progression régulière et celle de l'indice de santé sociale qui ne cesse de baisser depuis la fin des années 60 ! Même constat au Royaume-Uni où la courbe du PIB par habitant continue de progresser durant la crise de la fin du XX siècle alors que la courbe de l'indice du bien être économique décroche à partir du milieu des années 80. En France, on retrouve les mêmes contradictions si l'on compare les évolutions entre le PIB par habitant et l'indicateur du BIP40 (baromètre des inégalités et de la pauvreté). Bref, l'augmentation du PIB par habitant n'est plus une mesure satisfaisante de l'amélioration du bien être dans nos sociétés riches, et la principale raison n'est pas que cet indicateur est imparfait dans ses modalités de construction, mais que cette augmentation à long terme n'est pas souhaitable et soutenable écologiquement, et n’est plus nécessaire dans une perspective justement de la progression du bien être. Croissance verte ou décroissance, " les marges de progression de bonheur ", celles du " mieux vivre ensemble " sont en effet ailleurs dans nos sociétés d‘abondance, notamment par la mise en valeur de trois gisements : la réduction des inégalités dans la répartition des richesses produites (via la fiscalité redistributive, la protection sociale, le renforcement du RSA et la création d'un revenu maximum acceptable -le RMA, etc.), le partage du travail par la réduction du temps de travail organisée par la collectivité (et non imposée par la régulation spontanée du marché !) et le développement des activités vertes et celles productrices de services solidaires. Et concernant ce dernier gisement de la production de services solidaires (marchands et non marchands), il est inépuisable et soutenable écologiquement pour l’éternité…..Les mentalités doivent se bouger les neurones et le Coeur......Aidons les à évoluer !!!!!!
la production de services solidaires (marchands et non marchands), il est inépuisable et soutenable écologiquement pour l’éternité…..Les mentalités doivent se bouger les neurones et le Coeur......Aidons les à évoluer !!!!!!
@ Yves Besançon
Bonjour Yves,
J'adhère complètement à votre commentaire, en particulier dans sa conclusion que je me suis permis de mettre en exergue.
Les mentalités doivent se bouger les neurones et le coeur, en effet...
http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2371 le fait à sa manière et sa manière me semble être essentielle...
Cette démarche, exemplaire en tout point, bénéficie de l'appui, entre autre, de Sophie Dufeau, Guy Baillon et de Mediapart...
Par hasard, en sachant que je ne crois pas au hasard du hasard, je réalise un travail bénévole de "production solidaire" dans un drame de traumatismes psychologiques provoqués en grande partie par une tentative que je trouve tout simplement héroïquement républicaine, d'apporter une culture laïque et républicaine à partir d'un poste de professeur de lettres en zone dites "difficiles".
En plus de ces troubles, une fracture du col du fémur est venue compliquer cette situation par un problème de presque enfermement dans le milieu clos qu'est une clinique privée conventionnée avec une clientèle modeste dans une ville souffrant de nombreux problèmes sociaux dont les besoins en sevices solidaires psy sont tout simplement gigantesques et bien sûr, sans le moindre budget !!!
Pour info, j'ai pu constater que dans ce milieu, la lecture du "Manifeste des économistes atterrés" est d'une grande utilité pour la production d'un certain confort des pensionnaires et du personnel.
Un pensionnaire royaliste a été très intéressé par ce livre, tout autant que l'ex rugbyman "délicieusement" lépéniste ou le personnel "délicieusement" de droite anti-gaulliste...
Je pense qu'en plus d'une indispensable participation au prochain festival Médiapart de jeudi prochain Quelles réponses à la crise? Débattez avec les «économistes atterrés» http://www.mediapart.fr/comment/reply/141350/1188264 , il est indispensable de labourer le sillon des 10 fausses évidences en twistant les mots comme nous y invitait Jean Ferrat pour ne pas oublier l'horreur des camps de concentration.
Ne pas oublier l'horreur économique est tout aussi essentiel et souvent, comme par exemple dans le domaine des "maquiladoras", la même chose !!!
Faire triompher les vues des économistes atterrés sur les 10 fausses évidences économiques peut être fait aussi en utilisant les méthodes décrites par Naomi Klein dans son livre "No Logo" ou par la production du service solidaire qu'est la distribution du "Manifeste des économistes atterrés" http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html
Vive le Manifeste des économistes atterrés !!!
A bientôt.
Amitié.
@Vivre.
Bonjour Jean, merci pour ce témoignage précieux. Et tout simplement mille félicitations et encouragements pour votre action solidaire ! Vous n'augmentez pas le PIB (le travail bénévole n'y est pas comptabilisé !), mais vous contribuez à la progression du bien être dans notre société. Deux enseignements : les objectifs officiels doivent porter sur des indicateurs qualitatifs du bien être (exemple l‘indicateur de développement humain- l'IDH) et favoriser le financement des actions solidaires. Pour revenir à votre témoignage, un très beau symbole de changement de la feuille de route au plus haut niveau de l’État serait de diviser par 3 la rémunération du Chef de l’État pour financer du travail bénévole (dont le vôtre !) et créer des postes dans les services publics dépourvus de moyens…..Amicalement. Yves.
@ Yves Besançon
Bonjour Yves,
La beauté est ce qui comble l’âme humaine car elle est sans fin au sens sans finalité. Elle rejoint de ce fait l’art qui n’a pour seul but d’exister son existe même. Clarifions en disant que la technique a pour but de rendre le travail moins pénible alors que la beauté se suffit à elle-même et , mise à part l’extase pouvant en être tirée, la beauté n’a pas grande utilité. Elle est d’autre part à la même manière que la pensée la définition de l’être humain capable de jugement. L’animal ne juge pas mais se méfie. Il ne juge en aucun cas la beauté. La Beauté par la revendication faite à la philosophie par les linguistes, qui ont une idée des Idées et des mots qui les définissent préjudiciables aux systèmes de pensée utilisée depuis des siècles. La liberté est un mot qui définit quelque chose de très large et de très impalpable finalement. Les mots sont présentés par les linguistes comme dangereux du fait de leur intervention illusoire. Par contre, et c’est tout le sens de la Beauté, si l’esprit ne peut penser sans le langage qui est à double tranchant nous venons de le voir, la beauté est elle au-delà des mots. C’est la raison pour laquelle la poésie est une expression abstraite qui va au-delà des mots. La beauté pourrait ainsi être ressentie sans être exprimée pour autant sans l’existence du mot. La beauté est la preuve sensible de notre pensée, de notre capacité de jugement, et justifie de ce fait la recherche de l’harmonie, de la perfection qui lui a servi si souvent, et à juste titre, de substitut.
Erasme Source : http://lephilosophe.centerblog.net/2076743-La-beaute
Un grand merci pour les si belles choses que vous arrivez à nous dire et à me dire;
A bientôt;
Amitié.
....La beauté appartient avant tout à celui qui la voit...
....La beauté appartient avant tout à celui qui la voit...
@ Yves Besançon
Bonjour Yves .
Sur le PIB , je partage totalement votre point de vue et en général je lui préfère l'IDH .
Mais une fois de plus , nous arriverons à faire comprendre ces besoins en nous affranchissant des contraintes dictées par les marchés financiers .
Entendre que l'année prochaine , la charge des intérêts sera supérieure à celle du budget Education de notre pays a de quoi faire hurler , alors qu'il existe des solutions simples pour faire baisser ces charges : par exemple , rendre à la BCE un pouvoir d'émission monétaire , qui lui permettrait , tout en redevenant indépendante des marchés financiers , d'envisager des financements long terme sur des domaines aussi stratégiques que le nucléaire , le développement durable ou les services solidaires .
Et pour compléter ce que vous dites en réponse à Yvan Villa , il est à mon avis impossible de prévoir des modèles de développement durable , destinés à changer nos grandes orientations économiques , sans avoir en parallèlle une indépendance qui nous permette de raisonner sur les temps nécessaires , même si ces durées sont de plusieurs décennies .
Si la France avait été dépendante des marchés lors de ses grands projets décidés dans les années 60 , ces projets n'auraient jamais pu voir le jour .
Pour moi , toute position ou idée qui tendra à s'affranchir de cette tutelle que vous dénoncez dans votre manifeste , doit être mise en lumière et les débats portés en place publique .
A ce sujet et même si ce n'est pas exactement le thème de votre billet , j'aimerais avoir votre avis sur la dernière idée Allemande , qui va exactement dans le sens de plus d'indépendance pour sauver la Grèce . J'en ai fait un billet sur mon blog , et le meilleur article sur le sujet me parait bien être celui de la Tribune .
Le plan secret allemand pour sauver la Grèce
Justement , à l'heure ou les invraisemblables exigences des marchés entrainent des baisses de salaire en Grèce , en Espagne et bientôt dans d'autres pays , il est urgent et impératif de regarder toutes les idées qui permettront de se libérer de cette tutelle insensée .
Et je préfère largement une idée comme celle du projet Eureca , qui donne enfin à l'Europe une vraie dimension à la fois stratégique et humaine , sur du long terme , sans ce que cette dimension ne se fasse au prix d'invraisemblables sacrifices de la part des peuples européens et en particulier du peuple Grec .
Le modèle actuel n'est pas une fatalité et certains modes de fonctionnement comme le modèle suédois , devraient nous permettre de comprendre qu'il est possible de raisonner autrement , à condition bien sûr d'avoir récupéré les pouvoirs essentiels pour mettre ces projets en place .
Pour moi , toute position ou idée qui tendra à s'affranchir de cette tutelle que vous dénoncez dans votre manifeste , doit être mise en lumière et les débats portés en place publique .
@ marie-Caroline Porteu
Bonjour Marie-Caroline,
Comme je le disais dans mon, précédent commentaire, le "Manifeste des économistes atterrés" http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html est devenu notre manifeste à tous de la gache la plus "gauchiste" à la dorite la plus droitière en passant, bien sûr par Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Nicolas Dupont Aignan et même une patie de la droite non gaulliste !!!
Le festival Médiapart de Jeudi prochain : Quelles réponses à la crise? Débattez avec les «économistes atterrés» est particulièrment important et même si je m'inquiète du faible volume des commentaires (30), je pense et il faut que ce soit un grand succès !!!
Naturellement tout ce que nous pouvons faire en tapant, tapant sur notre ordinateur doit continuer à être fait !!!
Une diffusion de type "porte à porte" du "Manifestedes économistes atterrés" me semble aussi être importante tout comme, naturellement, peuvent l'être des commentaires dans des dîners en ville !!!
Vive les économistes atterrés de tous les bords !!!
A bientôt.
Amitié.
"est devenu notre manifeste à tous (sic)" : PAS CELUI DES ECOLOS, ET POUR CAUSE, DANS "CE MANIFESTE DES ATTERRES", LA QUESTION FONDAMENTALE ET PRIMORDIALE DE L'ECOLOGIE EST ABORDEE EN DERNIER POINT, EN FIN DE MANIFESTE, SOUS FORME DE GREENWASHING... AUSSI, C'EST UNE REGRESSION PAR RAPPORT A L'EVOLUTION QUI S'EFFECTUE ACTUELLEMENT PARMI UN GRAND NOMBRE D' INTELLECTUELS ET ECONOMISTES EN EUROPE ET EN AMERIQUE LATINE.
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PS: Sur la productivité, voir également, cette intervention de Pierre Larrouturou : http://www.dailymotion.com/video/xc7tmm_pierre-larrouturou-comment-sortir-d_news
@Ivan
Le manifeste n’a d’autre ambition que de dénoncer l’imposture de la dictature des marchés financiers et de la complicité des pouvoirs en place pris à leur propre piège. Il est vrai que ce manifeste aurait pu inscrire d’emblée son analyse dans le projet de société du développement durable, mais ce n’était qu’un début de réflexion qui devrait prochainement s’émanciper en ce sens. Il est parfois utile de procéder par étapes pour atteindre précisément certaines cibles, et après digestion auprès de l’opinion publique de points fondamentaux, élargir et complexifier la réflexion initiale.….Donc patience, et cette fois éloge de la tortue.…
après digestion auprès de l’opinion publique de points fondamentaux, élargir et complexifier la réflexion initiale.….
@ Yves Besançon
Bonjour Yves,
Je crois que tous ceux qui ont lu le "Manifeste des économistes atterrés" http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html en font une très bonne digestion.
Il convient donc de tout faire pour augmenter le nombre de convives à ce festin de l'intelligence, où comme me l'a dit avec beaucoup de reconnaissance pour nous tous, ce festin de bon sens que constitue le "Manifeste des économistes atterrés.
Une table de festin sera dresser Jeudi prochain 94, rue Jean-Pierre Thimbault à Paris dans un charmant quartier du 11 ème voir : Quelles réponses à la crise? Débattez avec les «économistes atterrés»
Pourquoi ne pas s'y rendre, pourquoi ne pas essayer de convaincre Dominique Couturier notre représentante officielle de la Marche des Indignés -09/09 - Révolte ouverte de nous parler de son combat ?
Pourquoi ne pas lui réserver un temps de parole ?
C'est en forgeant que l'on devient forgeront, c'est en militant que l'on devient militant efficace


A bientôt.
Amitié.
@ Marie Caroline
Bonjour Marie Caroline, nous avons eu déjà l’occasion d’en discuter : effectivement, il serait souhaitable que le financement du déficit public ne se fasse plus par emprunt sur les marchés financiers, mais par prêts accordés directement par la banque centrale et à condition que le dit déficit soit le résultat de projets d’investissements publics compatibles avec le développement durable. Comme le présente " Vivre est un village " sur son blog dans le billet : « La mainmise des marché financiers », la mort de ce circuit de financement remonte en France à la réforme de la Banque de France votée en 1973 et a été définitivement consacrée par les traités européens. En conclusion, il est clair que la marche vers le développement durable passe aussi par la fin de la dictature des marchés financiers. Mais, comme je le soulignais dans mon dernier commentaire, cette marche, c’est aussi celle de citoyens responsables dans leurs comportements en matière de consommation, et cette responsabilité, même si l’État peut aider à la sensibiliser aux enjeux du développement durable -notamment par l’école, elle dépend fondamentalement des mentalités et des valeurs sous-jacentes dominantes. Même si l’on renverse le pouvoir dictatorial des marchés financiers exercé sur le peuple, tant que celui-ci n’aura pas fait le deuil du dogme croissanciste du bonheur par le chemin du " toujours et toujours plus de biens pour être heureux ", la marche vers le développement durable ne pourra se faire qu’à pas de tortue….Or, la planète préfèrerait le pas de la gazelle ! Cordialement. Yves.
Petits pas par petits pas nous sommes d'accord ..
Et comme vous le soulignez fort justement les comportements responsables, ceux qui tendront à nous faire consommer Moins , tout en consommant mieux, le tout associé à des démarches solidaires, sont des démarches qui devront s'apprendre dès le plus jeune âge .
Les idées et projets qui nous permettent de protéger nos ressources essentielles , (je viens de lire le nouveau projet de Constitution Islandaise et son interdiction de vente définitive de terres ou ressources naturelles qui ne sont pas aujourd'hui des propriétés privées) sont des démarches innovantes qui doivent être diffusées et relayées le plus largement possible . Pour cela nous devons aussi nous battre contre ce que j'appelle l'omerta médiatique
Il est à mon illusoire de penser que nous pouvons tout réformer , mais petites touches par petites touches , en s'attaquant bien sûr en premier lieu aux facteurs de blocages essentiels :
1°) cette dictature des marchés qui pousse au contraire au "plus de possession , quel qu'en soit le coût et qui abolit totalement l'humain de ses paramètres de réflexion pour ne laisser la place qu'au tout économique et monétaire.
C'est Lakshmi Mittal actuel propriétaire d'Arcelor qui avait expliqué que, dans son esprit , le salarié n'était rien d'autre qu'une commodity comme une autre . Nous voyons aujourd'hui les catastrophes prévisibles auxquelles conduisent la stratégie du Monsieur , catastrophes économiques pour les régions concernées et pour les employés licenciés .
Je pense qu'un article comme celui de la prochaine Constitution Islandaise aurait permis d'éviter cette catastrophe ou d'en réduire les implications .
Mais SURTOUT pour pouvoir avancer , il faut un Etat de Droit .. En faisant les recherches pour étayer ce commentaire , je viens de réaliser que Lakshmi Mittal avait été Directeur de Goldman Sachs et que son attitude est très exactement l'attitude systématique à laquelle nous assistons avec les sinistres agissements de ce que certains nomment aujourd'hui "la pieuvre" lorsqu'ils évoquent cette société toute puissante , jamais jugée et encore moins sanctionnée .
Si les enquêtes légitimes avaient été faites à la suite du trucage des comptes Grecs , jamais un Mittal n'aurait pu racheter Arcelor et les attaques sur la dette et les banques Françaises datant du mois d'Aout dernier (donc moins de 5 semaines) n'auraient sans doute pas eu lieu .
Et pour en revenir à l'éducation : former la jeunesse n'est d'aucune utilité si les élites se comportent sans cesse en Maffiosi en toute impunité car dans ce cas nous ne sommes plus dans un Etat de Droit , mais dans la jungle , même si celle-ci n'est désormais plus que financière .
La seule éducation donnée par la Loi de la Jungle est bien la Loi du plus fort , donc l'inverse de ce que nous sommes supposés chercher à mettre en place .
Et pour conclure .. Ouvrir les yeux sur le monde sur les idées , les projets , les réussites, les utopies devenues réalité .. Et il y en a une dont je trouve qu'on ne parle pas assez , qui devrait être le fer de lance d'un mouvement comme celui d'EELV : Auroville , fabuleuse expérience autant sur le plan humain que sur celui des développements durables .