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«Traduire l’Europe» : 8es Rencontres européennes de littérature

Du 15 au 23 mars auront lieu les 8es Rencontres européennes de littérature à Strasbourg : « Traduire l’Europe ». George Steiner, Silvia Baron Supervielle et Vladimir Makanine seront à l’honneur de cette manifestation qui a pour ambition de contribuer à une meilleure connaissance mutuelle des peuples européens à travers les grandes figures contemporaines de leurs littératures.
 

Vladimir MakanineVladimir Makanine © J. Sassier

Organisées par l’ACEL (Association Capitale Européenne des Littératures) en association avec la Ville et l’Université de Strasbourg, les Rencontres Européennes se déclinent en deux temps forts :

Les 15 et 16 mars : La passion des langues, volet thématique consacré à l’Europe et la traduction, autour de George Steiner et en présence de Cécile LadjaliVladimir Makanine, Prix européen de Littérature, sera au cœur des Rencontres. Une dizaine de manifestations très diverses parmi lesquelles une conférence de Luba Jurgenson sur « L’archipel du Goulag : écrivains et témoins de l’indiscible », une lecture au TNS du « Prisonnier du Caucase » de Vladimir Makanine, une rencontre avec l’écrivain allemand Thomas Pletzinger, une table ronde animée par Jean-Baptiste Para, directeur de la revue Europe, et un Hommage aux traducteurs, avec Danièle Robert, lauréate du Prix de traduction Nelly Sachs, Christophe Carraud, directeur de la très remarquable revue Conférence et Christine Zeytounian-Beloüs, traductrice de Makanine, poète, peintre et lauréate de la Bourse de traduction du Prix Européen 2012.

 

Les 22 et 23 mars : Le français en partage axé sur les lettres francophones et la littérature alsacienne. Deux noms sont à l’honneur dans ce second volet. Tout d’abord Silvia Baron Supervielle,

Silvia Baron SupervielleSilvia Baron Supervielle
lauréate du Prix de littérature francophone Jean Arp : au programme un hommage avec des lectures par l’écrivaine d’origine argentine, des rencontres avec des étudiants de l’Université et une grande soirée musicale et littéraire : « Buenos Aires : tango/littérature/bandonéon ». La plasticienne Geneviève Asse exposera ses œuvres à la Galerie Bamberger et fera une visite guidée en compagnie de Silvia Baron Supervielle. Le public pourra assister aussi à l’hommage donné à Emile Storck, le poète « météorologique » pour la première fois traduit en français et à Antonio Tabucchi, ainsi qu’à un entretien avec Velibor Colic.

 

Pour en savoir plus :

Tout le programme sur www.prixeuropeendelitterature.eu

et sur le site de l’université : http://www.rels.unistra.fr/index.php?id=14041

En pièces jointes le programme complet et la carton d'invitation de l'exposition "Europe Bleue" de Geneviève Asse à la Galerie Chantal Bamberger

 

Quelques écrivains à l’honneur dans les Rencontres :

 

George Steiner

Né à Paris en 1929, George Steiner

© J.Sassier
est l’un des penseurs les plus profonds et les plus féconds de notre époque. Ses nombreux essais débordent d’érudition et interrogent la culture dans toutes ses dimensions. Cet intellectuel européen, professeur dans les plus prestigieuses universités (Williams Collège, Innsbruck, Cambridge, Princeton) a enrichi et renouvelé les théories du langage et de la traduction, les philosophies politiques et de l’éducation aussi bien que notre approche des littératures classiques. Sa présence à Strasbourg, en ouverture de « Traduire l’Europe », coïncide avec la publication chez Gallimard de ses œuvres complètes dans la collection « Quarto ».

George Steiner sera accompagné de Cécile Ladjali, écrivaine et enseignante à l'Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Elle est notamment l'auteur de Éloge de la transmission. Le maître et l'élève, issu de sa conversation avec George Steiner, publié chez Albin Michel en 2003, et d’un essai inspiré par sa démarche, Mauvaise langue, publié aux Éditions du Seuil, en 2007.

 

Silvia Baron Supervielle

Née à Buenos Aires en 1934, Silvia Baron Supervielle a commencé à écrire des poèmes et des nouvelles en espagnol, sa langue maternelle, avant d’arriver en France en 1961. Dès 1970, Maurice Nadeau publie ses premiers poèmes en français, et depuis lors son œuvre n’a cessé de s’enrichir avec des romans et nouvelles : L’or de l’incertitude (1990), Le livre du retour (1993), La frontière (1995), La ligne et l’ombre (1999), Le pays de l’écriture (Prix Tristan Tzara 2002), Le pont international (2011) et de nombreux livres de poèmes : Les fenêtres (1977), La distance de sable (1983), Après le pas (1997), Autour du vide (2008)…

Geneviève AsseGeneviève Asse © C. Bamberger
Silvia Baron Supervielle est également traductrice : les voix de Borges, Macedonio Fernandez, Silvina Ocampo, Thérèse d’Avila, Julio Cortazar, entre autres, lui doivent d’avoir trouvé leurs harmoniques dans notre langue. Elle est aussi traductrice de Marguerite Yourcenar en espagnol, avec laquelle elle entretint une correspondance, récemment publiée chez Gallimard (Une reconstitution passionnelle, 2009). Mais l’œuvre de Silvia Baron Supervielle témoigne encore d’un attachement fort aux arts plastiques aves la publication d’un essai sur la peinture de Geneviève Asse (Un été avec Geneviève Asse, L’échoppe, 1996).

 

Vladimir Makanine

Né en 1937 à Orsk, à la frontière du Kazakhstan, Vladimir Makanine a été contraint pendant vingt ans à l’exil intérieur. Il est découvert lors de la Perestroïka. Georges Nivat salue son œuvre de romancier et de nouvelliste : «Makanine n’est pas tendre avec soi, avec nous… Mais il est la voix la plus forte d’aujourd’hui. » Il a reçu en 1998 le prix Pouchkine et en 2008 le prix Bolchaïa Kniga. De nombreux livres de Vladimir Makanine ont été traduits en français par Christine Zeytounian-Belous. À l’occasion de la remise du Prix Européen de Littérature, un nouveau roman, Assan, est publié chez Gallimard dans la traduction de Christine Zeytounian- Belous et un dossier spécial lui est consacré dans la revue Europe.

 

Thomas Pletzinger

Né en 1975 à Münster, Thomas Pletzinger vit à Berlin. Après des études de civilisation et langue américaines et jusqu’à la reprise d’études à l’Institut allemand de littérature de Leipzig, il a travaillé pour des maisons d’édition et des agences littéraires à Hambourg et New-York. Il a fait ses débuts très remarqués en 2008 avec son roman Bestattung eines Hundes/ Enterrement d’un chien.

Pour son dernier roman, Gentlemen, nous vivons au bord du gouffre, Thomas Pletzinger a accompagné durant toute une saison les joueurs du club de basket Alba Berlin. Les recherches pour son nouveau projet d’écriture le conduiront en mars à Paris et dans ses environs.

 

Christine Zeytounian-Beloüs, est née à Moscou en 1960 et vit en France depuis 1966. Ancienne élève de l’École normale supérieure (Fontenay aux Roses 1980-1985), elle est poète, traductrice, peintre et illustratrice. Rédactrice en chef de la revue Lettres Russes à Paris de 1995 à 2003, elle dirige depuis 2005 le domaine russe aux éditions Albin Michel. En 2010, elle obtient le prix Russophonie pour sa traduction du Premier rendez-vous d'Andreï Biely (Anatolia 2009). 

 

 Émile Storck, est né le 22 novembre 1899 à Guebwiller et est mort le 9 novembre 1973 dans la même ville. Il connaissait, rencontrait et estimait Nathan Katz, mais il n’avait pas eu la chance d’avoir la même audience. Comme lui, il s’exprimait dans son dialecte natal. Il avait traduit Baudelaire et Verlaine en alsacien. Il était grand temps de le traduire, lui, en français. Ses amis du Cercle Émile Storck s’en sont occupés, et grâce à eux enfin, l’on peut découvrir les étonnants poèmes météorologiques de ce Guebwillerois, le chasseur de papillons de la vallée du Florival. Ses poèmes sont des poèmes du temps qu’il fait, de la nature, des insectes, des oiseaux, des papillons, car Émile Storck était non seulement un grand spécialiste de littérature (agrégé d’allemand et professeur à l’École normale de Guebwiller), mais aussi un entomologiste notoire, qui faisait autorité et correspondait avec les plus grands.

 

 

 

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