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Article d'édition

Un avenir en grand pour la jeunesse

«C’est la tradition même de notre pays, de notre pacte républicain, que de (...) garantir [à lajeunesse] le droit de rêver, le droit d’imaginer une société nouvelle et de l'accompagner dans la mise en œuvre de ce projet »:  Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, détaille ici les « réponses concrètes à la demande d’autonomie des jeunes ».

 


 


Lors de la campagne présidentielle, François Hollande a rendu hommage à Jean Zay, le résistant, le compagnon de Pierre Mendès France, un martyr de la République. Jean Zay a été lâchement assassiné par les miliciens. Il était l’incarnation d’un nouvel espoir pour la jeunesse de France. Ministre du Front populaire à 32 ans, il fut sans doute le premier à mettre en œuvre une politique qui se destinait à la jeunesse de notre pays dans son ensemble, en l’abordant pour ce qu’elle est : un moment de tâtonnement et de construction d’un nouveau visage de notre pays.

Jean Zay a mis en œuvre la première politique de la jeunesse digne de ce nom. Il a misé sur l’éducation populaire. Il a évité les postures paternalistes. Il a permis à tous les jeunes d’avoir un accès aux études en multipliant les bourses en primaire et en créant le Comité supérieur des Œuvres en faveur de la jeunesse, ancêtre des Crous. Jean Zay a augmenté l’âge de la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans. Il a mis en place les premiers programmes contre le surmenage scolaire. Il a limité la taille des classes à 35 élèves et a développé des classes de d'orientation expérimentale en sixième...

Toute ressemblance avec la politique de notre gouvernement ne serait absolument pas fortuite. La priorité donnée à la jeunesse a été l’épine dorsale du projet de François Hollande pour notre pays. Elle est aujourd’hui la colonne vertébrale de notre politique.

A l’occasion de ses vœux à la jeunesse, le Président de la République a rappelé les mesures qui ont d’ores et déjà été prises : garantie jeunes, contrats de génération, emplois d’avenir, plan contre le décrochage scolaire, relance du service civique, projet de réforme de l’enseignement supérieur, préparation du service public de l’orientation... La jeunesse a été présente dans tous nos projets, dans toutes nos innovations, dans toutes nos décisions.

Comme Jean Zay, nous assumons une orientation forte : une politique de la jeunesse est d’abord une politique qui croit en l’école. Notre gouvernement en a fait sa première priorité. Priorité politique, priorité budgétaire, priorité législative. La refondation de l’école a été préparée par une concertation sans précédent. Vincent Peillon l’a mise en marche avec pour objectif d’élever le niveau général de tous les élèves, de réduire par deux la proportion des élèves qui sortent du système scolaire sans qualification et d’amener tous nos élèves à maîtriser le socle commun de connaissances.

Au cœur de notre politique pour la jeunesse, il y a des réponses concrètes à la demande d’autonomie des jeunes. L’autonomie, voilà un mot clé, incontournable. Il fédére les aspirations de toute une génération. Il exprime une idée simple : le chemin des jeunes vers l’emploi et l’indépendance est aujourd’hui moins balisé et plus progressif. Il est fait d’expériences multiples, de croisements, de rencontres, d’erreurs d’aiguillage parfois, de cumuls d’activités... A travers sa demande d’autonomie, notre jeunesse ne souhaite pas seulement s’émanciper de la cellule familiale. Elle souhaite avoir toutes les cartes en main pour aborder un nouvel âge de la vie, un moment stratégique de son existence : entre 18 et 25 ans, les ruptures peuvent être irréversibles, les erreurs se paient chers et le succès est donné à ceux qui ont les moyens d’avoir le temps et d’engranger des expériences multiples.

Pour répondre à cette demande d’autonomie, il faut en baliser le parcours. Et la première marche de ce parcours est l’emploi. Notre politique de la jeunesse a eu pour priorité essentielle le développement des opportunités professionnelles pour tous les jeunes, qu’ils soient ou non en diffilcutés scolaires. Avec les contrats de génération et les emplois d’avenir, Michel Sapin a créé les conditions pour proposer une première expérience professionnelle à pas moins de 600 000 jeunes dans des conditions qui permettent une véritable transmission des savoirs. Nos emplois pour les jeunes sont des emplois de qualité.

Le parcours d’autonomie, c’est aussi la réussite pendant les études. La réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui est en préparation, en fera son mot d’ordre. Cela implique en particulier de revaloriser les filières techniques et professionnelles. Le projet de loi que prépare Geneviève Fioraso proposera ainsi que les titulaires d’un baccalauréat professionnel bénéficient d’une priorité d’accès aux BTS et que les titulaires d’un baccalauréat technologique bénéficient d’une priorité d’accès aux IUT. Le gouvernement a par ailleurs pris les décisions qui permettent de préserver le pouvoir d’achat des étudiants, en revalorisant les bourses de 2,1% dès la rentrée 2012.

Le parcours d’autonomie, c’est enfin l’accès au logement. Comme le président de la République l’a annoncé à Grenoble, une « garantie universelle et solidaire des risques locatifs » sera créée pour faciliter l’entrée et le maintien des jeunes dans le logement.

Le parcours d’autonomie c’est enfin la reconnaissance du droit des jeunes à développer leurs projets et, disons le mot, à s’engager. Ce droit est essentiel pour permettre à notre pays de se projeter vers son avenir. Si notre jeunesse ne rêve pas notre pays de demain, qui l’emmènera vers la modernité ? C’est pour cela que nous croyons dans le service civique et que nous le développons pour atteindre l’objectif de 100 000 volontaires en 2015.

Aucune trajectoire n’est plus mobile et évolutive que celle des jeunes. Et pourtant aucune politique ne connaît autant de segmentation que celle destinée aux jeunes. On construit les politiques pour les jeunes en faisant des catégories : selon qu’ils sont étudiants ou pas, en emploi ou pas, suivis par les missions locales ou par Pôle emploi, parents ou pas (pour le RSA), vivant encore au foyer familial ou pas, rattachés fiscalement à la déclaration d’impôt de leurs parents ou pas... Toutes ces catégories ne se parlent pas les unes aux autres. La politique du gouvernement s’adresse à la jeunesse dans son ensemble. C’est pourquoi tous les ministres sont mobilisés. Valérie Fourneyron prépare actuellement le comité interministériel à la jeunesse qui se tiendra le 21 février, elle aura derrière elle le gouvernement dans son ensemble.

Tout est mis en œuvre pour que les générations qui entrent dans la vie active aujourd’hui, en pleine crise économique, ne soient pas des générations sacrifiées.

Pour s’affirmer, notre politique de la jeunesse n’a pas besoin de « faire jeune », de « parler jeune », de mimer les jeunes comme s’ils étaient des bêtes curieuses... La décennie passée aura été une décennie perdue pour notre jeunesse, une décennie au cours de laquelle les dispositifs de soutien aux jeunes sont devenus de plus en plus illisibles, une décennie au cours de laquelle le pacte entre les générations a été mis à mal par la croissance des dépenses à destination des ménages seniors et le resserrement continu des moyens pour les jeunes. Une décennie au cours de laquelle la jeunesse de certains quartiers a été privée de toute perspective, asséchée de projets et même parfois stigmatisée. Nous ne pouvons nous permettre que la génération 90 connaisse la même trajectoire. 

Nous ne pouvons plus nous contenter de proposer à notre jeunesse des  dispositifs ciblés, des solutions étriquées, dégradées et souvent discriminatoires; des habits trop étroits pour ses ambitions. C’est la tradition même de notre pays, de notre pacte républicain, que de lui garantir le droit de rêver, le droit d’imaginer une société nouvelle et de l’accompagner dans la mise en œuvre de ce projet. Le gouvernement n’a pas peur d’inviter la jeunesse de France à penser son avenir en grand. Nous nous situons dans cette tradition. Celle de Jean Zay, hier. Celle de François Hollande aujourd’hui.

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