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Article d'édition

Le portugais n'est pas une langue rare

« Avoir du portugais dans toutes les universités, est-ce indispensable ? », se demandait en août Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, dans un entretien à Mediapart. Paulo Pisco, député des Portugais de l'étranger à l'Assemblée de la République du Portugal, lui répond – en français et en portugais.


 

Dans la géographie et l’arithmétique des langues, le portugais est une langue d’une immense richesse, parlé actuellement par plus de 250 millions de personnes dans le monde entier. Elle occupe de jure une place très importante de langue globale, à valeur stratégique et qui se projette dans le futur.

Ce n’est pas seulement une langue d’émigration, comme certains esprits peu informés ou au jugement un peu rapide peuvent penser. Au contraire, elle a un énorme potentiel économique et culturel, pas seulement pour le Portugal, mais aussi pour la France. 

Les déclarations de Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, peuvent à cet égard sembler surprenantes, à savoir dans un entretien publié sur Mediapart le 30 août dernier, de considérer le portugais comme une langue « rare », qui ne serait pas « indispensable » dans toutes les universités.

Ce sont des déclarations qui révèlent peut-être à la fois un préjugé et une méconnaissance de l’importance de cette langue et de la culture portugaise. Cela confirme aussi, et tout simplement, les difficultés que rencontre l'enseignement de cette langue ces dernières années dans le système d’enseignement français, malgré une demande croissante d'apprendre le portugais, un indicateur qui ne devrait être ni négligé ni sous-estimé.

Madame la ministre Fioraso, en considérant comme « rare » la langue de Fernando Pessoa et de José Saramago, aurait peut-être pu penser non seulement à la vaste communauté portugaise implantée partout en France, mais aussi au fait que le portugais est la troisième langue européenne la plus parlée au monde, et parlée dans tous les continents, ce qui n'est le cas de presque aucune autre langue. Le portugais est parlé en Europe, en Amérique, en Afrique, en Asie et en Océanie, au Brésil, en  Angola, au Mozambique, au Cap Vert, à São Tomé et Principe, en Guinée-Bissau, au Timor-Est, à Macao ou encore, de manière résiduelle en Inde à Goa, Damão et Diu, où l'on y peut trouver des vestiges.

Pourquoi madame la ministre n'a-t-elle pas pensé à l'héritage culturel profond du portugais, qui va du Japon au Canada, du Sri Lanka en Uruguay? Elle aurait dû penser à l’importance croissante de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), dont 12 candidats de toutes les parties du monde veulent devenir membre-associé, et parmi lesquels on peut trouver des pays comme l’Indonésie, le Venezuela ou le Maroc. À titre d'exemple, le Sénégal et Maurice sont déjà membre-associé. 

Le Portugal et la France ont une relation fraternelle indestructible. Ce sont des pays frères, tellement est présente et intégrée la communauté portugaise de France. Les Portugais chantent La Marseillaise avec la même ferveur qu’ils chantent la Portuguesa, l’hymne national, dans un geste de sincère amitié et acceptation envers le grand pays qu’ils ont choisi pour vivre. Il y a, d’ailleurs, des ressemblances surprenantes entre les deux hymnes.

Ne pas investir, ne pas valoriser de façon adéquate le portugais dans les nombreux niveaux d’enseignement et en effet dans beaucoup d’universités françaises, ne serait pas la meilleure option pour la France. Ce serait galvauder un important instrument de son affirmation dans le monde mondialisé dans lequel nous vivons aujourd’hui. En effet, les générations successives de citoyens portugais ou d’origine portugaise bien placés dans les entreprises de tous les secteurs d’activité ou dans l’administration constituent un actif fondamental pour renforcer les liens entre la France et les autres pays, et facilitent les affaires et la coopération.

Pour toutes ces raisons, il serait fondamental d’inverser la tendance d'une situation de difficulté qui s'est aggravée ces derniers temps dans la constitution des classes de langue et de culture portugaise, par manque de professeurs de portugais dans l'enseignement secondaire.

Cela constitue aussi une discrimination par rapport à d’autres langues bien moins significatives sur le plan mondial et c'est contraire à l’accord de coopération d'enseignement de 2006. La diminution du recrutement de professeurs contraste, d’ailleurs, avec le nombre toujours croissant d’élèves de portugais au collège et au lycée. Cette situation a aussi pour conséquence un net recul des études portugaises dans les universités.

Il serait par conséquent juste qu’en lieu et place de projets de d'évaluation à la baisse, la langue portugaise soit reconnue en fonction de l’importance qui lui revient effectivement. Ce serait un geste qui montrerait un sens de la vision, qui honorerait notre longue et solide amitié et serait une reconnaissance plus que méritée envers toutes les générations de Portugais qui on toujours donné leur meilleur pour la France.

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Português não é uma lingua rara

Na geográfia e na aritmética das Línguas, o Português é uma Língua de uma imensa riqueza, actualmente falada por mais de 250 milhões de pessoas em todo o mundo. Ocupa por direito próprio um lugar muito importante de Língua global, com relevância estratégica e com projecção no futuro. Não é uma Língua de emigração, como pensarão algumas mentes preconceituosas ou pouco informadas. Pelo contrário, possui um elevado potencial económico e cultural, não apenas para Portugal, mas também para a França.

São surpreendentes, por isso, as declarações da Ministra da Investigação e do Ensino Superior, Geneviève Fioraso, que numa recente entrevista publicada por Mediapart em 31 de Agosto passado, considerou o Português uma Língua “rara” que não é “indispensável” que esteja em todas as universidades. São declarações que revelam um misto de preconceito e de desconhecimento da importância da Língua e da cultura portuguesa e apenas confirmam as dificuldades que lhe têm sido criadas no sistema de ensino francês nos últimos anos, não obstante haver uma procura cada vez maior do Português, o que é um indicador que não deveria ser negligenciado.

A ministra Fioraso, ao considerar “rara” a Língua de Fernando Pessoa e Saramago, poderia ter pensado não apenas na vastíssima comunidade portuguesa que está espalhada por toda a França, mas também que é a terceira Língua europeia mais falada no mundo, e que é falada em todos os continentes, o que não acontece com quase nenhuma outra língua. O Português é falado na Europa, na América, em África, na Ásia e na Oceânia, no Brasil, Angola, Moçambique, Cabo Verde, S. Tomé e Príncipe, Guiné-Bissau, Timor-Leste, em Macau ou ainda em Goa, Damão e Diu, na Índia, onde existem resquícios.

A Senhora Ministra poderia ter pensado no profundo legado cultural português que vai do Japão ao Canadá, do Sri Lanka ao Uruguai. Poderia ter pensado na crescente importância da Comunidade dos Países de Língua Portuguesa (CPLP), que tem 12 países de todas as partes do globo que querem ser membros associados, entre eles destaque para a Indonésia, Venezuela ou Marrocos. O Senegal ou as Maurícias, por exemplo, já são membros associados.

Portugal e a França têm uma relação fraterna indestrutível. São países irmãos, tão forte, presente e entrosada está a comunidade portuguesa em França. Os Portugueses em França cantam a Marselhesa com o mesmo fervor com que cantam o hino nacional, a Portuguesa, num gesto de sincera amizade a aceitação para com um grande país que escolheram para viver. Existem, além disso, semelhanças notáveis entre os dois hinos.

Não investir e valorizar adequadamente o Português nos vários níveis de ensino, que efectivamente está presente em muitas universidades francesas, não será a melhor opção para a França, porque estará assim a desperdiçar um importante instrumento da sua afirmação no mundo globalizado em que hoje vivemos. Com efeito, as várias gerações de portugueses bem colocados em empresas de todos os sectores de actividade e na Administração, constituem um activo fundamental para reforçar os laços entre e França e outros países, facilitando os negócios e a cooperação.

Seria importante, por isso, que, ao invés de ser desvalorizada, fosse reconhecida à Língua Portuguesa a importância que realmente tem. Seria um gesto que demonstraria visão, que honraria a nossa longa e forte amizade e seria um merecido reconhecimento para com as várias gerações de portugueses que sempre deram o seu melhor pela França.

Paulo Pisco, deputado do Partido socialista na Assembleia da República

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