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Chômage : un débat inédit à Nanterre

 

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Chômage : « On fait quoi ? » 

En prenant l’initiative d’organiser un débat sur le chômage et la précarité et en posant la question « On fait quoi ? », l’ASSOL est au cœur des enjeux de notre société.
Mais également au cœur des enjeux que les citoyens et citoyennes doivent trancher dans la séquence électorale qui se termine par les élections législatives des dimanches 10 et 17 juin prochains.

On entend régulièrement dire depuis plusieurs décennies que le chômage est la préoccupation principale en France et en Europe. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les politiques publiques n’ont pas contribué à résoudre le problème.

L’ensemble des acteurs doit pourtant avoir dans ce domaine une obligation de résultats. Les chômeurs, chômeuses et précaires attendent des réponses concrètes. Cela ne sera possible qu’avec la participation des principaux intéressés et de leurs représentants. Les nouvelles politiques devront être non seulement prises en fonction de leur impact sur l’emploi mais surtout en dialogue avec les représentants des chômeurs et les syndicats. Car la démocratie dans ce domaine comme dans bien d’autres est la clé qui permettra d’innover. Un changement radical est en effet nécessaire et il ne pourra se faire par des mesures venues d’en haut.

Aujourd’hui, un partage arbitraire et injuste du travail conduit quelque dix millions de personnes à ne pas avoir d’emploi du tout ou des emplois précaires sous-payés. Il faut donc s’attaquer à ce problème par un partage plus équitable du travail. C’est possible puisque des millions de personnes travaillent trop, dans de mauvaises conditions. Reprenons ensemble cette question.

Mais il ne suffit pas de réduire le plus vite possible le nombre de personnes au chômage. Dans l’immédiat des mesures d’urgence sont à prendre pour celles et ceux qui ne retrouveront ou ne trouveront pas un emploi. La réforme de Pôle emploi a été une catastrophe pour les chômeurs comme pour les agents de ce service public. Il faut tout de suite donner des moyens supplémentaires et mettre en route une réforme globale du système d’indemnisation du chômage avec les représentants des chômeurs, les syndicats et l’Etat.  

Dans l’organisation actuelle de l’économie, les banques et les grandes entreprises multinationales décident de tout. Il en résulte des inégalités insupportables et un niveau de chômage inacceptable. Il faut s’attaquer à la racine du mal et l’Assemblée nationale doit avoir un rôle à jouer dans ce domaine. Loin du rôle d’accompagnement passif et de gestion à la petite semaine qui a marqué le précédent quinquennat.

Cela devra se traduire, bien sûr, par des mesures intermédiaires concernant le soutien à l’emploi des jeunes, des seniors, des femmes, contre les licenciements. Faire du logement social une priorité adaptée aux économies d’énergie et à l’environnement peut être par exemple, en particulier en Ile-de-France, un des moteurs de l’emploi. L’action pour l’égalité homme-femme dans le travail peut être dans tous les domaines un facteur multiplicateur du mieux-vivre en entreprise.

Et, en définitive, toutes ces questions doivent être au cœur du débat. Les citoyens, qu’ils soient ou non chômeurs et précaires, doivent y avoir toute leur place et prendre la parole. C’est la condition d’une réponse à la question : « On fait quoi ? ».

Robert Crémieux

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