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Roms : pour une coordination des politiques nationales et locales

«Afin que l’Etat puisse accompagner au mieux les collectivités territoriales, tant dans la mise en œuvre des mesures préconisées par le gouvernement que dans l’élaboration d’un programme régional d’insertion sociale et professionnelle des personnes Roms», plusieurs élus de Seine-Saint-Denis, parmi lesquels Patrick Braouezec et Dominique Voynet, demandent dans cette lettre ouverte à être reçus par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. 


 

Monsieur le Premier Ministre,

Nous sollicitons depuis plusieurs années l’organisation d’une réunion interministérielle sur la question de l’insertion des personnes Roms et c’est avec un vif intérêt que nous avons suivi la rencontre du 22 août dernier, qui marque une rupture avec la politique menée par le précédent gouvernement.

Les décisions concernant l’élargissement de la liste des métiers autorisés et la suppression de la taxe aux employeurs marquent un progrès important, même si nous aurions pu souhaiter la levée intégrale des mesures transitoires. L’assouplissement de l’accès au marché du travail est une condition nécessaire à l’aboutissement des démarches d’insertion, par l’habitat notamment, que peuvent entreprendre les collectivités locales vis-à-vis des populations résidant en bidonville. De nombreuses collectivités d’Ile-de-France, dont les nôtres, se sont investies dans la conduite de projets assurant la dignité des Roms et l’amélioration de leurs conditions de vie. Cet engagement ambitieux, qui s’appuie sur une approche intégrée et durable, est à l’origine de la mise en œuvre d’expériences innovantes pour trouver des alternatives aux campements sauvages.

La multiplication des projets d’insertion par le biais des fonds européens semble être une des pistes explorées par le gouvernement pour construire les bases d’une nouvelle politique. Nous soutenons fortement cette démarche. Aujourd’hui, plusieurs collectivités d’Ile-de-France ont acquis une véritable connaissance et expertise des enjeux et des difficultés autour de tels projets.

La question des Roms est passablement complexe et nécessite une véritable coordination des politiques nationales et locales. En effet, les leviers d’action pour améliorer l’insertion des familles vivant en bidonville se jouent principalement sur des compétences locales (habitat, scolarisation des enfants, cours d’alphabétisation, chantiers d’insertion etc.). Aussi, aucune avancée ne saurait être efficace sans une coopération étroite entre les différents acteurs impliqués dans ce domaine. Pour cette raison, nous souhaitons qu’une délégation d’élus locaux soit reçue, tout comme l’ont été les représentants des associations qui s’engagent auprès des familles. Nous espérons que cette demande aboutira très rapidement afin que l’Etat puisse accompagner au mieux les collectivités territoriales, tant dans la mise en œuvre des mesures préconisées par le gouvernement que dans l’élaboration d’un programme régional d’insertion sociale et professionnelle des personnes Roms. 

Pour sa mise en œuvre, nous réitérons notre demande de convocation par le préfet de région d’une table ronde avec les élus locaux d’Ile-de-France. En effet, aujourd’hui, nous constatons que les bidonvilles se concentrent dans un petit nombre de communes de la région, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne et, souvent, sur des terrains non sécurisés de la propriété de l’Etat. A l’exemple de la loi SRU sur le logement social et des schémas d’aires d’accueil des gens du voyage, l’Etat – garant de l’intérêt général – doit organiser la solidarité régionale et contraindre à surmonter les égoïsmes locaux. Environ 5 000 personnes roms vivent dans campements en Ile-de-France. La résorption de ces bidonvilles constitue une urgence sanitaire et sociale dont l’effort, réparti sur l’ensemble de la région, permettra d’arriver sans peine à des  solutions durables.

Enfin, il semblerait que la Commission européenne invite à revoir la stratégie nationale d’intégration pour les Roms déposée par le précédent gouvernement. De nombreuses collectivités ont élaboré des contributions qui pourraient venir alimenter une nouvelle proposition de stratégie nationale. Nous espérons ainsi pouvoir construire ensemble des objectifs, un calendrier et un plan de financement afin de trouver des solutions pérennes et durables tant pour les Roms que pour le reste de la population.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien réserver à cette demande et dans l’attente de vous rencontrer, nous vous prions d’agréer, monsieur le premier ministre, l’expression de notre plus haute considération.

Aline Archimbaud, sénatrice de Seine-Saint-Denis
Jean-François Baillon, vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis
Patrick Braouezec, président de Plaine commune
Didier Paillard, maire de Saint-Denis, vice-président de Plaine commune
Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers, vice-président de Plaine commune
Dominique Voynet, maire de Montreuil, vice-présidente d’Est ensemble

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