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Qu’est-ce qu’un président normal ?

Nicolas Kaciaf, maître de conférences en science politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, membre du laboratoire CERAPS (Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales), membre associé du laboratoire VIP (Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines Institutions publiques), revient sur la normalité revendiquée par François Hollande. 

 

 

La normalité revendiquée par François Hollande n’a paradoxalement pas été remise en cause au cours de la campagne. Si ses adversaires ont fait valoir que ce n’est pas d’un président normal dont la France aurait besoin, peu de commentateurs ont considéré qu’un tel qualificatif ne correspondrait pas au nouveau président. Il s’agit bien sûr d’un argument électoral auquel il ne faudrait pas accorder trop d’importance. Pour autant, il soulève des interrogations qui auront été finalement peu posées.

 

Le normal et le « pathologique »

Car, au regard des prérogatives et de la symbolique attachées à la fonction présidentielle, que pourrait bien être un président « normal » ? Un président qui renoue avec la solennité du rôle présidentiel ? Ou au contraire un président qui s’efforce d’amoindrir le protocole et de réduire la distance avec les gouvernés ? Un président normal au regard ses prédécesseurs ou vis-à-vis de ses administrés ? Mais, plus généralement, la normalité renvoie-t-elle au statut du président ou à l’individu lui-même ? À sa pratique du pouvoir ou à ses activités privées ? La normalité peut-elle être autre chose qu’un slogan de campagne si la personnalisation du pouvoir sous-jacente aux institutions de la Ve République et à leur mise en images médiatiques n’est pas atténuée ? Et finalement, dans quelle mesure être « normal » revient à être un « bon » gouvernant ?

La réponse la plus évidente à cet ensemble d’interrogations est celle fournie par François Hollande lui-même, dès son entrée en campagne : un président normal est un président qui rompt avec la pratique du pouvoir de son prédécesseur, les excès, les outrances, la fascination pour l’argent et les puissants, la caporalisation des institutions au service de l’Élysée. Reposant sur la modération, le respect, la collégialité ou encore la modestie, la normalité ne se définirait qu’à l’opposé d’un exercice pathologique du pouvoir. Il faut cependant dépasser ce premier constat pour saisir les implications et les contradictions d’une telle conception de l’activité politique.

 

Le normal et « l’exceptionnel »

François Hollande et son équipe ont mobilisé à l’envie une autre conception du caractère normal de son mandat et, plus généralement, de sa personne. Être normal, selon Ségolène Royal, c’est être « plus proche des gens ». Utilisée depuis longtemps par les élus pour se légitimer et se démarquer de leurs concurrents[1], la rhétorique de la proximité souffre généralement d’une incroyable indétermination. Car qui sont précisément ces gens dont on se dit proche ? Et par quels mécanismes en est-on proche ? Faire soi-même les courses dans un supermarché, rouler en scooter dans Paris et multiplier les poignées de main au risque d’effrayer son service de sécurité suffit-il à attester une proximité entre un gouvernant et ses administrés ?

S’il ne s’agit pas ici de décréter que François Hollande serait en réalité « anormal », on ne peut cependant pas effacer le caractère exceptionnel de sa trajectoire sociale et politique. Fils de médecin spécialiste, lycéen à Neuilly, diplômé de HEC, Sciences Po Paris et l’ENA, le nouveau président se distingue singulièrement du portrait de « petit chose » monté à Paris que les biographies, souvent hagiographiques, ont dressé de lui ces derniers jours. Loin d’être un Français « moyen » à qui la ténacité et les hasards de la vie auraient permis d’accéder à la fonction suprême, François Hollande est avant tout un professionnel de la politique aguerri qui, depuis plus de trente ans, à travers ses postes en cabinet ministériel au plus haut niveau de l’État, ses responsabilités partisanes et ses mandats électifs[2], vit de et pour la politique, pour reprendre la célèbre formule de Max Weber[3]. Sa carrière peut bien être qualifiée de « normale », si l’on considère qu’elle est révélatrice des logiques oligarchiques du recrutement politique contemporain[4] et, plus précisément, de ces carrières politiques « descendantes » qui se sont imposées au cours de la Ve République[5].

Tandis que l’idée de normalité laisse entendre que le nouveau président représenterait (au sens de mimesis) les Français(e)s « ordinaires », ses caractéristiques sociales rappellent à quel point la représentation politique est, aujourd’hui comme hier, socialement sélective et, aujourd’hui plus qu’hier, dominée par la haute fonction publique. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir du profil des députés au cours de la mandature 2007-2012[6] : les élus sont à 83 % des hommes, ils ont un âge moyen supérieur à 55 ans et seuls 8 % d’entre eux appartiennent, au regard de leurs activités socioprofessionnelles d’origine, aux catégories populaires (qui regroupaient pourtant en 2007, selon l’INSEE, 47,5 % de la population des 15 ans et plus).

L’idée même d’une ressemblance à un Français ordinaire (au singulier) pose problème. Car de qui s’agit-il précisément ? D’une personne plutôt jeune ou plutôt âgée ? D’un cadre ou d’un ouvrier ? D’un urbain ou d’un rural ? D’un habitant de l’ouest ou de l’est, du nord ou du sud ? Pour tous ces critères, on conviendra aisément que l’ordinaire pourrait correspondre à l’occupation d’une position moyenne. Mais comment définir si le normal doit être un homme ou une femme ? Un amateur de vin, de bière ou des deux ? Un partisan ou un opposant à la peine de mort ? Au-delà même de la diversité des variables que l’on pourrait prendre en compte et, de fait, de l’infinie pluralité des profils qui en résulteraient, le principe de moyenne présuppose que chacun pourrait se reconnaître dans ce Français « au milieu », oubliant de la sorte que les sociétés sont traversées d’antagonismes qui ne sont pas nécessairement réductibles à l’identification d’une position médiane.

Malgré la singularité de sa trajectoire politique, l’argument de la normalité supposée de François Hollande n’a pourtant suscité que de rares contestations parmi les principaux commentateurs de la compétition électorale. Pour les journalistes qui ont repris ce qualificatif à leur compte, le « normal » résiderait surtout dans des traits de personnalité caractérisés par l’absence supposée d’aspérités et de « charisme » : François Hollande est généralement présenté comme une personnalité ronde, discrète mais affable, disponible, sans prédisposition au « bling-bling » et aux plaisirs clinquants, fidèle à ses mandants corréziens. C’est d’ailleurs l’opposition potentielle entre ces traits de caractère et les contraintes de l’entrée dans le « costume » présidentiel[7] qu’ont pointée les premières interrogations médiatiques : le souci de circuler librement dans Paris pourra-t-il résister aux injonctions des services de sécurité ? Sa simplicité ne sera-t-elle pas affectée par le faste et l’apparat ? Sa modestie ne succombera-t-elle pas à la prise de rôle ? D’une certaine manière, et à moins de transformer radicalement l’institution présidentielle elle-même, François Hollande fait face à une contradiction relativement insoluble : le décalage entre les prétentions à la normalité et l’exceptionnalité du mode de vie présidentiel est tel qu’il a le choix entre poursuivre des activités « normales » mais ne pas en rendre compte publiquement (au risque de n’en retirer aucun gain de popularité), ou bien afficher ostensiblement sa normalité dans les médias au risque d’être critiqué pour le caractère artificiel ou manipulatoire de telles mises en scène.

 

Le normal et le « proche »

À ce titre, la proximité de François Hollande avec les « gens » ordinaires reposerait également sur la fréquence et l’intensité des contacts entre l’élu et ses administrés. D’après les reportages et les portraits qui se sont multipliés au cours de la campagne, François Hollande goûterait peu à l’ordre protocolaire. Sa simplicité s’incarnerait dans son attrait pour les rencontres directes avec ses électeurs, les poignées de main chaleureuses, les discussions informelles et impromptues, les « bains de foule » au service d’ordre allégé. Mais cette proximité physique suffit-elle à réduire la distance entre gouvernants et gouvernés et à garantir au président une connaissance intime d’aspirations et de vécus populaires dont on a pu voir la diversité et les inévitables contradictions ? De ce point de vue, les pratiques de François Hollande ne semblent pas véritablement innover : depuis la fin du XIXe siècle, les présidents ont toujours multiplié les tournées en province et les rencontres avec les citoyens « ordinaires » (jusqu’à l’improbable petit déjeuner de Valéry Giscard d’Estaing avec les éboueurs de la ville de Paris en décembre 1974[8]). Loin de garantir un certain nivellement démocratique, ces séquences de coprésence entre le président et les « vrais gens » servent généralement moins à placer le président dans une situation symétrique d’écoute et d’empathie qu’à mettre en images la liesse des foules, attester la légitimité populaire du chef de l’État et ainsi entretenir le lien représentatif[9]. Les conditions d’exercice de la fonction présidentielle dans un pays de près de soixante-cinq millions d’habitants ne laissent d’ailleurs qu’un temps limité à un improbable dialogue démocratique entre un président et des publics dont il faudrait en outre assurer la représentativité. Pour prendre connaissance des « préoccupations » populaires, les gouvernants tendent à s’appuyer bien davantage sur des indicateurs quantitatifs (les fameux « sondages » de l’Élysée) qui découpent la population en tranches (en « cibles » plutôt) et nourrissent les éléments de langage des gouvernants et de leurs conseillers.

L’affichage de la proximité entre le président et les Français apparaît ainsi comme une topique inévitable du discours politique contemporain. Avant sa prise de rôle présidentiel et à plusieurs reprises au cours de son mandat, Nicolas Sarkozy et son entourage avaient eux aussi mis l’accent sur la normalité de l’ancien maire de Neuilly et sa proximité avec les « vrais gens ». Pour mieux se singulariser, Nicolas Sarkozy n’a jamais hésité à user d’un « parler vrai » éloigné du jargon technocratique de ses rivaux énarques, à afficher son goût pour la musique et le cinéma « populaire », à valoriser une origine supposément modeste qui l’aurait contraint à gravir les échelons sociaux à la seule force du poignet[10]. L’opposition entre ces deux approches de la normalité (la modestie pour François Hollande vs. le partage d’attributs populaires pour Nicolas Sarkozy) montre à quel point il n’existe évidemment aucune définition objective de ce que serait une personnalité « normale ». Manifester sa proximité aux Français ordinaires constitue non seulement une manière de se construire une image valorisante mais également une façon de légitimer son identité politique et programmatique auprès du plus grand nombre. Tandis que Nicolas Sarkozy a longtemps joué de la normalité contre les élites administratives et intellectuelles, François Hollande a choisi la carte de la normalité contre les élites économiques et financières. Ces divergences n’étonnent guère ; elles ne sont que le reflet des clivages qui structurent les catégories dominantes. L’avocat proche de « la France qui se lève tôt » cède la place à l’énarque proche des jeunes en attente de justice.

 

Le normal et le « compétent »

La normalité revendiquée par François Hollande peut enfin apparaître comme un retournement du stigmate, c’est-à-dire la valorisation d’une trajectoire et d’un caractère que ses adversaires n’ont cessé de brocarder depuis sa candidature à la primaire socialiste : l’inexpérience gouvernementale, l’incompétence, la bonhommie, la mollesse, l’indécision, etc. La fréquence de ces critiques rappelle à quel point l’élection présidentielle constitue un mode aristocratique de sélection des gouvernants[11]. Tout en faisant appel aux suffrages de chacun, la procédure élective est, depuis l’Antiquité grecque, pensée comme une procédure de distinction des « meilleurs », des plus talentueux, des plus saillants, bref des plus aptes à gouverner. Bien qu’être « normal » constitue la figure légitime du représentant dans les régimes démocratiques, la détention de caractéristiques sociales véritablement « normales » (au sens statistique du terme) ôterait à un individu toute perspective d’être élu : l’investiture de François Hollande par le Parti socialiste et le puissant soutien de cette organisation tout au long de la campagne tiennent moins à sa supposée normalité qu’à son expérience prolongée en cabinet, son long apprentissage des pratiques politiques, sa capacité à discourir et débattre publiquement, son contrôle d’une partie des réseaux du Parti[12], sa résistance face à la dureté des joutes électorales, sa maîtrise des savoirs économiques légitimes, son identité stratégique de gestionnaire rigoureux des comptes publics.

D’ailleurs, aux yeux de beaucoup et notamment des adversaires UMP de François Hollande, être « normal » constituerait un obstacle à l’exercice du pouvoir. On quitte ici la question des qualités nécessaires pour mener campagne vers cette interrogation aussi vieille que la philosophie politique : qu’est-ce qu’un « bon » gouvernant ? Quel doit être son profil ? Et surtout quelles doivent être ses compétences ? Chaque époque est dominée par quelques conceptions des compétences gouvernementales légitimes. Aujourd’hui, les femmes et hommes politiques sont notamment tenus de faire la preuve de leurs connaissances des enjeux économiques, au point que l’oubli d’un détail chiffré soit immédiatement considéré par les adversaires et les observateurs comme une faute disqualifiante[13]. Mais ils doivent aussi savoir communiquer[14], convaincre et gommer ce qui les réduirait au statut de technicien et exacerberait leur distance vis-à-vis des électeurs. A ces qualités partagées, les partisans de Nicolas Sarkozy ont aussi ajouté la capacité à prendre des décisions, trancher, fixer un cap et s’y tenir, s’imposer à ses interlocuteurs – peu importe ici que ces compétences fassent effectivement ou non partie de la panoplie de l’ancien président.

Mais que le gouvernant légitime soit normal ou économiquement compétent, représentatif ou bon gestionnaire, proche des Français ou ferme face à ses homologues étrangers, il demeure éloigné de la figure honnie par excellence dans les imaginaires républicains et libéraux : l’héritier. Les polémiques consécutives à la nomination avortée de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD (Établissement public pour l’aménagement de la région de la Défense), en 2009, ont rappelé à quel point les prétendants aux positions de pouvoir ne pouvaient pas toujours se contenter du prestige de leur patronyme et de l’appui de leurs parents pour s’imposer dans l’univers politique. Ces ressources demeurent évidemment précieuses (Marine Le Pen,  Nathalie Kosciusko-Morizet ou Martine Aubry en savent quelque chose…) mais elles doivent s’accompagner d’autres gages de légitimité. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les défenseurs de l’élection de Jean Sarkozy l’ont justifiée au nom d’une nécessaire ouverture de l’univers politique à des catégories trop peu représentées dans les assemblées d’élus (ouverture qu’ils se sont évidemment bien gardés de mettre en œuvre dès lors que le fils du président eut retiré sa candidature). En soulignant que le « talent » politique n’attend ni les années ni le niveau d’études, ces élus des Hauts-de-Seine ont indirectement rappelé que la représentativité (les jeunes et les non diplômés ont eux aussi le droit d’être élus) et le mérite individuel (le talent) ont été les deux principales réponses au refus révolutionnaire d’un accès au pouvoir uniquement déterminé par l’héritage familial.

Au regard des débats de campagne, la tension entre ces deux répertoires argumentatifs perdurent. La légitimité des gouvernants semble naviguer entre la nécessité d’être normal pour prétendre incarner les Français et parler en leur nom et la nécessité d’être exceptionnellement compétent, responsable et raisonnable pour prétendre diriger la France et sa machinerie administrative. D’un côté, l’invocation de la proximité sert à dissimuler les travers élitistes et technocratiques qui iraient à l’encontre de l’impératif démocratique ; de l’autre, la compétence managériale sert à masquer des penchants idéologiques jugés archaïques et des jeux politiciens jugés responsables de la défiance des Français envers leurs élus.

 

Nicolas Kaciaf

 


[1] LEFEBVRE Rémi, « Rhétorique de la proximité et crise de la représentation », Cahiers lillois d’économie et de sociologie, n°35-36, 2000.

[2] Adhérant au Parti socialiste en 1979, sorti de l’ENA en 1980, il devient à 27 ans chargé de mission à l’Élysée suite à la victoire de François Mitterrand. « Parachuté » en Corrèze face à Jacques Chirac, lors des législatives de juin 1981, il devient directeur de cabinet des porte-parole du gouvernement Mauroy en 1983-84. Député de Corrèze entre 1988 et 1993 puis entre 1997 et 2012, premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008, député européen de juin à décembre 1999, maire de Tulle de 2001 à 2008, président du Conseil général de Corrèze de 2008 à 2012, il a conquis la plupart des postes électifs disponibles tout en dirigeant l’une des deux principales formations politiques du pays.

[3] WEBER Max, Le Savant et le politique (1919), trad., Paris : éditions 10/18, 1998.

[4] Il ne s’agit évidemment pas d’une nouveauté. Dès le début du siècle, de nombreux sociologues (Max Weber, Vilfredo Pareto, Roberto Michels pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux) ont pu mettre en évidence l’inévitable constitution d’une « classe politique » différenciée et professionnalisée. Voir GENIEYS William, Sociologie politique des élites, Paris : Armand Colin, 2011.

[5] À la différence des carrières politiques classiques qui reposent sur un ancrage local favorisant ultérieurement l’accès à des fonctions nationales, les carrières « descendantes » sont marquées par une entrée en politique dans les cabinets ministériels (au centre donc) qui permet ensuite la conquête de mandats locaux.

[6] ROUBAN Luc, « Sociologie politique des députés de la Ve République, 1958-2007 », Les Cahiers du CEVIPOF, n°55, 2011(http://www.cevipof.com/fichier/p_publication/829/publication_pdf_cahier_55.3_jp.pdf) ; FRANçOIS Abel, GROSSMAN Emiliano, « Qui sont les députés français de la Ve République », La Vie des idées.fr, janvier 2011 (http://www.laviedesidees.fr/Qui-sont-les-deputes-francais-de.html).

[7] Sur la prise de rôle présidentiel, voir LACROIX Bernard, LAGROYE Jacques (dir.), Le Président de la République. Usages et genèse d’une institution, Paris : Presses de la FNSP, 1992.

[8] LAURENS Sylvain, « “Les Maliens à l’Élysée”. Chronique d’une visite forcée », Agone, n°40, 2008, pp. 95-107.

[9] Sur la longue histoire des déplacements présidentiels, voir MARIOT Nicolas, Bains de foule. Les déplacements présidentiels en province, 1888-2002, Paris : Belin, 2006.

[10] Dans une récente interview, le compositeur Didier Barbelivien a lui-même récemment repris cette antienne pour défendre la candidature de son ami, Nicolas Sarkozy : « Pour les élites politiques, analystes économiques, observateurs patentés de la marche du pouvoir, grands patrons des médias, énarques de tout poil, décideurs de carrière, pour tous ces gens, Nicolas Sarkozy n'a jamais été légitime. Il m'a toujours fait penser à ce fils de gardien d'un château de province qui obtient son baccalauréat par son travail acharné, puis son diplôme d'avocat tout en exerçant des petits boulots. » (Le Monde, 3 mai 2012).

[11] MANIN Bernard, Principes du gouvernement représentatif, Paris : Flammarion, 1996, p. 171 et suiv.

[12] Voir sur ce point SAWICKI Frédéric, Les Réseaux du Parti socialiste. Sociologie d’un milieu partisan, Paris : Belin, 1997.

[13] Sur cette question des formes de la compétence en politique, voir LAGROYE Jacques et al., Sociologie politique, Paris : Presses de Sciences Po et Dalloz, 6e éd., 2012, p. 137 et suiv. ; BRAUD Philippe, Sociologie politique, Paris : LGDJ, 2011, p. 568 et suiv.

[14] À ce titre, si l’art oratoire demeure une compétence politique fondamentale, ses modalités les plus valorisées ont,elles, évolué sous l’effet de différentes transformations technologiques et sociales.

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