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La formation de la "pensée française" et ses conséquences...
L'expression "pensée unique" est inconnue dans d'autres langues, souvent intraduisible ou si on le traduit, les habitants d'autres pays ne comprennent pas ce que cela signifie. Je reviens donc sur ce sujet en reprenant quelques discussions que nous avons eues sur différents fils sur mediapart.
Je sais, certains vont encore me taper dessus, mais ce que j'écris ici est argumenté et le fuit d'observations sur plusieurs décennies...Le débat est donc ouvert, comme avec les trois coups pour le lever de rideau au théâtre :-) En allemand il y a le terme "Zeitgeist" qui est beaucoup plus vaste et moins restrictif, en anglais "main stream" et autres, mais "pensée unique" veut bien dire que différents acteurs publics ont essayé de presser tout un peuple dans une "pensée"... et y sont parvenus sur bien des points.
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Sur le fil http://www.mediapart.fr/journal/international/101208/le-president-tcheque-vaclav-klaus-reve-de-faire-derailler-le-train-de-l il y a eu un échange très riche que je souhaite reprendre à part entière sur ce blog. Un dialogue s'est installé entre plusieurs internautes et Christel écrivait:
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Tout près.... oui, mais je crois que je vous comprends Etoile, pour avoir moi aussi vecu hors de France, et reconnaître cette meme maladie du moi je dont vous avez parlé....
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Elle est reelle, mais je ne peux pas en vouloir a personne. Le système français produit cela, et d'abord et avant tout par l'etude des langues. Mais qui est plus durement frappé car compte l'oral dans leur etude.
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Et en France, depuis la maternelle, l'erreur est risible. Donc se tromper est etre en but a la moquerie, ce qui produit très vite un renfermement.Ah, si je parle, me trompe, je suis moqué, alors....je ne parle plus ! Mais du coup on communique moins, et comme on communique moins avec autrui, on se forge sa petite idée sur tout ! Souvent fausse !
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L'autre chose c'est l'argumentation, le système apprend a argumenter (rappelez vous thèse antithèse synthèse etc... quoique cela tende a changer, on ecrit moins a l'ecole de nos jours. En troisième ma nièce n'a toujours pas produit de commentaires de texte ni de texte de ce genre dissertation!) quand a mon epoque, nous en mangions tous les jours.
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Donc nous savons disserter mais avons des problèmes de compréhension de l'autre et du monde de par un defaut de communication... !
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Excellentes remarques de Christel qui rejoignent un peu le débat que nous avons eu sur ces deux fils:
Le rôle de la TV dans l'acquisition des mots pour penser... écrire et s'exprimer.
L'orthographe, l'illettrisme, contribution à la discussion
Voici donc ma réponse à Christel:
Vous avez tout à fait raison dans votre analyse. Mais cela provient de ce sentiment que donnent tous les parents à leurs enfants, parce qu'ils ont été éduqués ainsi, l'école également y contribue, puisque c'est elle qui "formate" une nation.
Si tu sors du rang, on t'y remet vite.
Je me souviens des cours d'allemand où je parlais à peu près correctement au niveau de l'accent après avoir séjourné un mois dans la famille de ma "correspondante" près de Hambourg. Presque tous les élèves se foutaient de moi en disant que je faisais "l'intéressante"... Ils préféraient prononcer "à la française"...
C'est comme les meilleurs élèves de la classe, les autres les "descendent" parce qu'ils n'arrivent pas à les imiter. Psychologiquement, quand on l'analyse, c'est très fort.
Le peuple "s'autorégule" pour ne surtout pas arriver au niveau de "l'élite" qui est réservée juste à quelques-uns...
(Cela me rappelle un entretien avec des Africains qui me racontaient pourquoi selon eux l'Afrique n'évoluait pas. Dès que dans un village ou une famille une personne sort de la masse par son intelligence, son courage au travail, etc et arrive à construire quelque chose, la majorité des autres lui jettent de mauvais sorts, essaient de lui nuire et de le détruire, jusqu'à ce qu'il abandonne et rentre dans le rang ou parte...)
Et ce comportement est entretenu par l'Ecole, parce que c'est VOULU par les gouvernants, en France.
L'Etat centralisé, qui sert de "papa" dans toutes les situations, dont les gens attendent tout ("L'Etat devrait intervenir" entend-on à tout bout de champ.) produit des citoyens non pas critiques, mais serviles et dociles. Ainsi ils sont plus manipulables. On le voit avec les médias. La situation en France est unique en Europe !
Certes, quand la pression d'en haut devient trop insupportable, ils manifestent bruyamment dans les rues, et l'Etat lâche un peu de lest, mais en fait RIEN ne change dans la société. Même la Révolution, si idôlatrée, de même que les livres d'Histoire idôlatrent un "boucher" comme Napoléon qu'elle a produit quelques années plus tard, la Révolution n'a rien changé. La France est restée un pays quasi-monarchique avec un vernis de république. On a mis sur les frontons des bâtiments publics "Liberté, Egalité, Fraternité" pour faire rêver le peuple, mais ces trois mots sont vides et ne sont pas mis en pratique.
D'ailleurs, le "cinéma" avec Besancenot me fait sourire, car je sais par un ami UMP assez critique avec le président actuel mais qui a encore ses entrées à Paris, que des gens de l'UMP participent aux manifestations de Besancenot pour faire grossir les troupes et le faire monter dans les sondages... pour diviser l'opposition, car ils savent que Besancenot ne sera jamais dangereux pour eux. D'ailleurs, Drucker, l'ami du président, l'a bien choyé sur son fauteuil. Et les gens ne le voient pas de manière critique... C'est à pleurer...
C'est l'Education Nationale dès la maternelle qui devrait faire l'objet de toute l'attention des futurs dirigeants du pays. Il y a un travail énorme d'ouverture d'esprit à faire, d'apprentissage de la critique - critique des adultes, des medias, de la publicité - pour ne pas produire des citoyens dociles, mais autocritiques et courageux.
Mon fils a été à la maternelle à Hambourg et a appris à ne surtout pas obéir à un adulte sans raisons, a appris le "partenariat" et le "respect de l'autre" ce que n'ont pas appris les enfants de ma soeur en France, du même âge, on les a "scolarisés" et leur a "appris" des "connaissances". Elles sont aujourd'hui des consommatrices dociles et non critiques...
Je suis toujours stupéfaite de voir la crédulité des gens face à la publicité. Une pub comme "deux produits achetés, le troisième gratuit" serait impossible en Allemagne car tous savent que c'est de la manipulation puisque c'est le consommateur qui paie, il n'y a jamais de cadeaux dans le commerce.
En France, ça marche...
Lorsque nous sommes en Charente-Maritime, nos voisins sont tout fiers de nous raconter qu'ils ont acheté plusieurs produits pour le prix d'un. On leur vend de la merde au prix fort et ils sont contents.
D'ailleurs lors de la visite de Luc Chatel dans un supermarché allemand, sa remarque m'a fait sourire à propos du "Babybel" qu'il prend dans la main et dit "Tiens, ici il n'y en a pas de gratuit"!!!!!
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http://www.dailymotion.com/relevance/search/Luc%2BChatel%2BA...
Le fromage était vendu 3,75 € en Allemagne, sans "cadeau" et 4,35 € en France avec un "gratuit"... CQFD...
Pour vivre à la frontière (200 mètres) je vois toutes les voitures françaises sur les parkings des supermarchés allemands qui ont fleuri juste derrière la frontière. Je vois aussi lorsque nous allons du côté français les "promotions" sur les vins par exemple. Deux cartons achetés, le 3ème "gratuit". Impensable, tant de crédulité. Que ce système marche en France est tragique et montre l'Education de la population.
D'ailleurs, l'argumentation de Chatel pour réformer la législation est aberrante et va encore donner davantage de "pouvoir" aux grandes surfaces, sur le dos des fournisseurs et clients, sur les bons conseils de l'ami du Président qui a les centres "Leclerc" vendus dans les médias comme "sympas"...
Les organisations de consommateurs sont inexistantes ou des tigres de papier, alors qu'en Allemagne, elles sont puissantes et font plier les entreprises, sans pitié. Pour vivre en Allemagne depuis 1973, je constate que les prix ont toujours été plus hauts en France pour pratiquement tous les produits - électronique, machines, produits alimentaires, photos, etc.. - donc certains ont soutiré ce qu'on appelle du "pouvoir d'achat" aux Français pendant des décennies, se sont sucrés sur le peuple à qui on a laissé croire qu'on leur garantissait un SMIC un RMI, maintenant un RSA, par "gentillesse de l'Etat"... Triste, triste...
Et tout est à l'avenant. On n'éduque pas le peuple français, pas sa masse, surtout pas d'éducation critique, juste son élite est bien soignée pour qu'elle puisse toujours rester "en haut".
Les chiffres parlent d'eux-mêmes:
La dépense publique annuelle par étudiant en 2006 était de 9 370 €, ce qui place la France en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et masque une grande diversité puisque les chiffres varient de
- 7 840 € pour les universités à près de
- 20 000 € pour les « grandes écoles »... presque trois fois plus.
Sans parler du mépris par le pays du "travail manuel" et des quelque 500.000 jeunes qui quittent le système scolaire sans AUCUNE formation. Un scandale...
67,1 % des chefs de famille d'élèves de grandes écoles sont cadres supérieurs, alors qu'ils ne sont que 15,7% dans la population totale,
Voir "Origine sociale des élèves : ce qu'il en est exactement - Conférence des Grandes Écoles, juin 2005", document à lire avec attention: http://www.cge.asso.fr/SYNTHORIGINECSP2004B1406.pdf
Tout ce système produit la "pensée unique", mot intraduisible dans d'autres langues parce qu'il n'existe pas, elle est bien entretenue par les "philosophes" amis du pouvoir, les journalistes, etc... le tout vivant en grande promiscuité à Paris, dans la même ville où ils se rencontrent régulièrement... et squattant régulièrement les medias, tous situés à Paris.
Tout cela "produit" des gens à qui on peut faire croire tout ce que l'on veut et que l'on peut bien maintenir dans cet état dont Axel J. écrivait sur ce site que c'était un "état de serf" :
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http://www.mediapart.fr/comment/reply/19960/32404
http://www.mediapart.fr/comment/reply/19198/29921.
Tiens, je viens de lire un excellent article de Judith Bernard sur @si, il pourrait servir à éduquer les petits Français dès l'école primaire, pour éviter qu'ils ne gobent béats les JT de France2 ou TF1: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1506
La première partie n'était pas mal non plus: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1505


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L'articulation de la pensée au "je".
À l'université on m'a appris à penser avec des "nous", des "on". J'en garde encore les traces.
C'est en lisant des livres d'études américaines, en fréquentant des italiens, que je me suis rendu compte que ce "on" était perçu comme une grande prétention. J'ai appris à déculpabiliser mon "je" depuis.
Même histoire que vous pour les langues.
Sortir du rang n'est pas bon, non. Encore aujourd'hui. L'entreprise nous demande d'être nous-même, mais si votre "je" vient envahir quelque peu la parcelle d'un autre "je" qui, tel un collégien va se plaindre auprès d'une hiérarchie fantoche, il vous ai demandé de ne pas "sur-jouer" votre "je". Je l'ai entendu, vécu. C'est très intéressant aussi de voir comment le vécu sociale en entreprise en France, après l'université, tente de nous enfermer dans un lieu unique de la pensée. On ne vient jamais vous voir directement lorsqu'il s'agit par exemple de discuter éventuellement d'incompréhensions intersubjectives. Le "je" ne va pas voir un autre "je". Non, c'est un "je" qui se détourne vers un "on" pour confondre votre "je". Les gens ont peur de s'impliquer personnellement les uns avec les autres. La moindre insertion subjective dans le discours est considérée comme une agression. Même dans les discussions personnelles, ce n'est qu'une suite d'étalement de lieux communs. D'ailleurs, la phrase la plus drôle est : "non, mais ça c'est toi qui le pense" ! ... heu... oui. J'en fais une généralité, mais mon expérience récente de l'entreprise me permet de le vivre effectivement de manière synthétique. C'est flagrant pour une personne comme moi qui avait toujours vécu dans des rapports professionnels plutôt larges et ouverts où la subjectivité était plutôt relativement admise.
Les gens ont peur de s'impliquer personnellement les uns avec les autres. La moindre insertion subjective dans le discours est considérée comme une agression. Même dans les discussions personnelles, ce n'est qu'une suite d'étalement de lieux communs. D'ailleurs, la phrase la plus drôle est : "non, mais ça c'est toi qui le pense" ! ... heu... oui. . Très intéressant... Merci. . Même sur ce site, j'ai rencontré des internautes haïssant les parties personnelles dans les contributions. Il faut surtout rester dans les "idées" désincarnées... sinon "on" est nul. . Tout le système "prépa" est d'ailleurs un terrible formatage à la "pensée unique"... sous couvert "d'excellence".
Je me permets d'inclure un lien du CLEMI, qui est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif (http://www.clemi.org/). . Cette organisation bénéficie de personnels de l'Education Nationale détachés dans chaque départements : ce sont généralement des enseignants auxquels on attribue du temps de décharge pour aller dispenser une éducation aux médias aux plus grands nombres d'élèves. . Évidemment, les suppressions de postes vont frapper de plein fouet ces enseignants détachés (sûrement pas oisifs, vous l'avez compris). . Voilà comment on abandonne la jeunesse aux griffes des marchands télévisuels. Pour information, je remarque que 53% des enfants en âge scolaire ont la télé dans la chambre. Consternant !
Merci de cette info. Avez-vous lu les 2 excellents fils sur @si que je mentionnais plus haut ? Ce travail devrait faire partie de tous les cours de français plutôt que de disserter sur Molière...
Tout de même, la plupart des thèmes abordés par Molière illustrent des travers très actuels de notre société. Disons que ces connaissances rélèvent de l'éducation civique.
Billet très intéressant par les pistes et les questions qu'il ouvre. Par contre le parti d'opposer la France au Reste du monde (hors l'Afrique si j'ai bien compris) me parait en réduire la portée. Je n'en pense pas qu'il y ait d'un côté une bonne façon d'éduquer et de l'autre une mauvaise. Il y a, ce que vous démontrez fort bien, des empreintes culturelles fortes. En France par exemple la théorie précède l'expérience et reste, de ce fait, l'apanage d'une élite désincarnée et plutôt prête à changer la réalité que la théorie si celle-ci ne fonctionne pas. Je suis toujours frappé par ce que deviennent les concepts américains quand ils traversent l'Atlantique. Ils prennent un statut de "vérité" qu'ils n'ont pas dans leur patrie d'origine où, le plus souvent, l'expérience précède la théorie. cela vaudrait le coup de créer une édition sur le thème ouvert par votre billet et en profitant de la pluralité des abonnés de Mediapart.
Je vous rejoins Thierry sur le point théorie/expérience. J'ai l'impression qu'il y a un manque de la pensée empiriste. J'ai un trou au niveau épistémologique donc je ne sais pas quelle est son empreinte exacte en France, je ne sais pas comment on peut situer l'"Existentialisme" par exemple par rapport à cette pensée, mais on sent bien, comme dans l'exemple que je donnais, que le moindre dialogue suppose une théorie avant une expérience, théorie supposée contenir en soi une vérité qui n'a pas besoin d'être vérifiée de manière inter-subjective, et le tout dans un but de vérité universelle avant d'être une vérité interpersonnelle, c'est-à-dire une vérité immanente de notre rapport personnel au monde. C'est pour moi une sorte de rapport axiomatique au monde.
Par contre sur l'éducation je ne comprends pas bien, l'éducation est bien traversée par cette empreinte dont vous parlez. Ce que vous voulez dire c'est qu'il n'y a pas de hiérarchie à faire, c'est cela ? Qu'il faudrait aborder le sujet sur un mode différencié mais pas comparatif ?
Absolument.
...le moindre dialogue suppose une théorie avant une expérience, théorie supposée contenir en soi une vérité qui n'a pas besoin d'être vérifiée de manière inter-subjective, et le tout dans un but de vérité universelle avant d'être une vérité interpersonnelle, c'est-à-dire une vérité immanente de notre rapport personnel au monde. C'est pour moi une sorte de rapport axiomatique au monde. Vous décrivez bien la situation. . Pour en revenir encore à la comparaison France-Allemagne que j'ai vécue en direct. A Hambourg, mon fils avait choisi l'option maths-physique dès la 10ème classe. Il avait au début deux heures de "cours" de plus que le reste de la classe. C'était en fait des heures de découverte des mathématiques dans le sens que le prof introduisait un nouveau sujet, l'expliquait, puis partageait la classe en petits groupes de 4 ou 5 élèves qui se répartissaient aux quatre coins de la salle de cours et devaient essayer de résoudre ensemble un ou deux problèmes. Chaque groupe désignait un porte-parole qui allait démontrer la solution que le groupe avait trouvée au tableau. Ensuite, il y avait un débat ou un dialogue entre le prof et les élèves sur les chemins pour arriver à la résolution du problème. Les jeunes avaient "appréhendé" la matière de manière pragmatique et avaient donc "com-pris". . Il arrive en 1ère S en Ile-de-France. Tout d'abord son prof principal leur dit "Vous êtes la future élite du pays, il va falloir bien travailler. Car après il y a prépa...". Au fur et à mesure que le temps passait, il s'est aperçu que les gens de sa classe regardaient ceux qui faisaient économie ou littérature comme des "cons" paresseux... pour être modeste. Ils se sentaient déjà supérieurs à eux. . Mais ce qui est plus grave selon moi, c'est que le prof de maths dictait ses règles et que les élèves devaient les apprendre par coeur. Il a bien essayé au début de demander l'expérimentation comme il la connaissait. Mais le prof lui a répondu qu'ils n'avaient pas encore assez de connaissances, que ce serait pour plus tard, pour les études et qu'en attendant, il fallait apprendre par coeur pour acquérir les mécanismes. . C'est ainsi qu'une fille de sa classe avaient les meilleures notes aux travaux sur table, parce qu'elle apprenait tout par coeur, mais quand il lui arrivait de poser des questions, il voyait bien qu'elle n'avait pas compris de quoi il s'agissait vraiment. . Alors, bien sûr, on me rétorquera que la France a d'excellents mathématiciens. C'est vrai. Mais c'est une toute petite élite hyperformée. Alors qu'en Allemagne, c'est la masse qui a compris de quoi il s'agit - par le dialogue et la pratique des mathématiques. . Et cela se retrouve jusque dans les entreprises. J'ai une amie DAF dans une filiale française de société allemande sous-traitante automobile. Elle est aussi responsable du personnel, totalement bilingue. Les jeunes techniciens français qui arrivent dans l'usine, il faut les suivre, les accompagner pendant pas mal de temps, leur expliquer à maintes reprises avant qu'ils puissent maîtriser les problèmes de production. Elle me racontait que de jeunes Allemands avaient été envoyés dans l'usine à la fin de leur apprentissage pour qu'ils voient sur place comment fonctionnent l'usine et termine ainsi leur formation. Pas besoin d'expliquer comme pour les Français, même âge, même niveau d'études et pourtant, tout de suite, ils se sont intégrés et ont compris ce qu'il fallait faire. Elle m'a dit: C'était le jour et la nuit. Incroyable la différence. . C'est le fruit de la théorie ingurgitée sans pratique et de la théorie maîtrisée par la pratique. Cela se retrouve à énormément de niveaux, je pourrais citer des centaines d'exemples.
Merci Thierry de votre contibution. . J'avoue bien sûr avoir grossi le trait, car cette désincarnation justement me gêne profondément, car elle exclut. J'ai tiré le trait jusqu'à l'Afrique, car certains comportements sont limites et m'ont rappelé ces entretiens avec les Africains. Et en fait, je ne vois pas ce qu'il y aurait de mal à comparer... pour en retirer le meilleur de chaque coin du monde. . Vous écrivez fort justement: cela vaudrait le coup de créer une édition sur le thème ouvert par votre billet et en profitant de la pluralité des abonnés de Mediapart. . Allez-y donc, je ne sais pas trop "lancer une édition", mais je participerai. . Je suis parfois provocatrice, car il y a des "vérités" que je ne supporte plus, vivant à la charnière des deux pays et partageant ma vie entre les deux depuis des décennies. Le style "Alain Minc" m'est absolument insupportable par exemple. C'est une offense à l'intelligence humaine. . Vous saurez sûrement rédiger la chose avec soin :-)
Il doit bien y avoir un soubassement explicatif à ce qui est décrit dans l'article et complété par les commentaires ci-dessus. Ne serait-ce pas le fonds de culture catholique de la France fille aînée de l'Eglise ? Qui pourrait dire par exemple comment ça fonctionne en Espagne et au Portugal ? L'Etat-Nation italien de culture catholique est peut-être trop jeune quant'à l'aboutissement de son unité pour servir de point de comparaison. Autre axe de recherche de compréhension, c'est la centralisation, l'Etat centralisé. Si on prend l'exemple de l'administration française, les ministères (Paris) pondent des circulaires qui précisent dans quel esprit les lois et décrets doivent être appliqués. Car ces lois et décrets ne pouvant évidemment prévoir tous les cas de figures qui peuvent se présenter, la circulaire ministérielle préconise les solutions à mettre en pratique. Du point de vue du droit, et le juge administratif ne manque pas de le rappeler quand c'est nécessaire, ces circulaires n'ont pas de valeur juridique opposable. Mais dans les faits, les praticiens de l'administration les appliquent comme s'il s'agissait d'articles de lois gravés dans le marbre. Pensez donc, il s'agit d'une circulaire ministérielle. Que localement, une suggestion soit proposée au ministère concerné pour apporter une amélioration à telle circulaire, il y a peu de chance qu'elle soit prise en considération. Car, chacun son boulot. Le fonctionnaire de l'administration centrale, qui n'a pas d'expérience du terrain, sait, parce qu'il appartient à l'administration centrale. A grade égal, le fonctionnaire de l'administration déconcentrée, qui a l'avantage d'avoir l'expérience du terrain compte tenu de son contact quotidien avec les situations diverses et variées des citoyens administrés, ne sait pas, parce qu'il ne fait pas partie de l'administration centrale. Qu'un même bonhomme, ou une même collègue, soit à un moment donné de sa carrière dans l'une des deux positions et à un autre moment dans l'autre, ne change rien à l'affaire. Pour en revenir à l'organisation de l'Eglise catholique que je connais un tout petit peu, elle a les moyens de s'auto-réguler pour certaines affaires au niveau central (Vatican) et au niveau régional (conférences des évêques) pour les autres. Combien d'affaires seraient bien mieux traitées au niveau des conférences régionales (et qui le sont par les instances Vaticanes) alors que cela ne mettrait pas en péril ce qui fait l'essence de l'ensemble. Je réfléchis au fur et à mesure que mes doigts s'agitent sur le clavier. Et je finis par aboutir à une première conclusion provisoire : le grand défaut de la France c'est de ne pas appliquer, ou si peu, le principe salutaire de "subsidiarité", et cela, dans tous les cas de figure : dans la famille, à l'école, dans la vie civique, dans l'entreprise, etc... Au fronton des édifices publics, je verrais bien écrits les mots : "liberté, subsidiarité, égalité, fraternité". Que de fois on foule aux pieds la subsidiarité sous prétexte d'égalité. Contre la pensée unique : l'esprit de subsidiarité que l'Allemagne par exemple, pratique dans son organisation administrative, depuis qu'elle existe en tant qu'Etat-Nation.
Cher Miradou, Vous posez une question intéressante: Ne serait-ce pas le fonds de culture catholique de la France fille aînée de l'Eglise ? Un bout de réponse serait que l'Allemagne est un pays catholique, très catholique même, dans une grande partie du pays, notamment dans tous les Länder du Sud, comme la Bavière, Le Baden-Württemberg - deux Länder extrêmement actifs sur la scène internationale où il y a très peu de chômage - la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, etc... Seul le Nord a une majorité protestante. . Pour plus de précision, voici les chiffres exacts de 2007: http://www.remid.de/remid_info_zahlen.htm Catholiques...........31,00 % Protestants............30,20 % Musulmans............4,26 % Orthodoxes grecs...0,55 % et la carte qui montre en gros la répartition : .
. En bleu foncé, Länder uniquement catholiques. En bleu clair, Länder à dominance catholique. En orange foncé, Länder à majorité protestante, en orange clair, Länder à dominance protestante. C'est la répartition géographique, mais en chiffre, les deux grandes communautés religieuses sont à peu près pareilles, en 2007, on comptait 25.461.118 de catholiques et 24.832.110 de protestants. Donc le pays est à majorité catholique, de peu, car les Länder du Sud sont plus peuplés.. . Quant à la subsidiarité, vous avez raison. Elle a été heureusement introduite dans l'Union Européenne. L'Etat n'est que le cadre qui fixe les règles, avec l'accord des Régions. Lorsque les règles communes sont adoptées, chaque Land a toute liberté, c'est notamment le cas pour l'Education, ce qui entraîne une saine émulation, quoi qu'en disent les détracteurs. Et les enseignants sont beaucoup plus proches de leurs enfants, au niveau culturel et social et on n'envoie pas les jeunes profs se balader à travers le pays, là où les plus âgés ne veulent pas aller, comme mon frère qui a dû enseigner les maths au Blanc Ménil, lui qui venait de Bordeaux... C'est inhumain. . .
La subsidiarité doit être la règle en démocratie; et la démocratie est le vivier de l'esprit critique et de la pensée autonome. Vivement l'Europe !
Autre chose aussi, esquissée vite fait, pour susciter des réactions. Selon le principe de subsidiarité, imaginons que les Académies, circonscriptions administratives, deviennent des établissements publics autonomes, sinon indépendants. Financés reste à savoir comment. En tous cas, s'administrant librement en fonction d'un statut fixé par loi et décrets. Ces établissements publics autonomes pourraient, par exemple, décider en toute indépendance, de leur politique pédagogique en fonction des réalités locales marquées à la culotte, y compris dans leur évolution. Personne n'empêcherait ces établissements publics autonomes de mutualiser leurs expériences au sein d'un réseau mis en place à cet effet et aussi par le biais de congrès annuels ou universités d'été indien. La suite du développement à d'autres, mieux qualifiés que moi dans ce domaine où les syndicats risquent de freiner des quatre fers à la seule idée d'envisager une telle éventualité.
" Financés reste à savoir comment". . Bonne question. Cela ne peut se concevoir que dans le cadre d'une "révolution démocratique", avec décentralisation des ressources. La "résistance au changement" sera forte, comme toujours, mais non insurmontable.
Alors, on y va ? C'est par où qu'on commence ?
On n'a pas tout-à-fait pris le même chemin, vous le MoDem si j'ai bien compris et moi Désirs d'Avenir. D'autres voies sont sans doute praticables aussi. Il est possible que le soutien à Europe Ecologie fasse avancer les choses, en amenant les Français à penser un peu plus européen.
Mais en fait, ces trois composantes sont parfaitement compatibles pour faire un "projet de gouvernement" par une coalition respectueuse des différences comme on les connaît dans toute l'Europe démocratique - je veux dire l'Europe du Nord :-)) - et j'ajouterais peut-être aussi les gaullistes non sarkozystes qui ont une fibre sociale et européenne... Et tous ceux qui voudront travailler ensemble pour construire - dans le respect mutuel et non les guéguerres de tranchées - un pays solidaire et économiquement viable.
La défense primordiale de la subsidiarité, comme elle commence à être comprise par les français, c'est d'abord la défense de l'acquis de la régionalisation. On va bientôt lire et entendre partout qu'il faut mettre fin au mille-feuilles administratif que la régionalisation aurait créé, et que les propositions du Comité Balladur vont tout simplifier. Faux débat : à part le trop grand nombre de communes, actuellement en cours de regroupement, nous avons le même nombre d'échelons administratifs que nos voisins. L'étagement commune-département-région-national est similaire au Gemeinde-Kreis-Land-Bund allemand. La différence est qu'en France l'état impose au niveau régional des super-préfets de carrière nationale dotés de pouvoirs et de services doublant ceux des conseils régionaux élus dans leurs domaines de subsidiarité (développement, industrie, éducation, santé, environnement) . En bonne logique, l'autorité du préfet devrait être limité au domaine régalien ( police, sécurité, etc..). Le but inavoué de la réforme Balladur est de casser l'autorité que les conseils régionaux ont fini par acquérir par leur mode d'élection au suffrage universel régional. On va donc essayer d'introduire un mode indirect d'élection des conseils régionaux par les conseillers généraux. Je sais, c'est un peu difficile , mais cela vaut la peine de suivre dans chaque région quelle politique l'équipe aux commandes réalise et ce qu'il pourrait en advenir si la reprise en main du pouvoir central façon Balladur réussissait.
J'approuve tout à fait ton propos Claude . Hélas je crains le pire ... avec la "réforme" annoncée . Il s'agit d'une recentralisation ... doublée d'une fermeture politique totalement anti démocratique ... sans rien résoudre : donc à suivre de très près ! @ + JLouis
Exact. Sauf que la majorité des Français n'a pas été formée politiquement par l'Ecole et ne comprend rien au système et donc laissera passer le tout passivement...
la subsidiarité, comme elle commence à être comprise par les français Je ne suis pas aussi sûre que vous que la "subsidiarité" soit comprise et acceptée en France, pays à forte tendance monarchique et hiérarchique où tout vient d'en haut. . L'étagement commune-département-région-national est similaire au Gemeinde-Kreis-Land-Bund allemand. Ce n'est pas exact quant aux compétences et aux pouvoirs de décisions. . en France l'état impose au niveau régional des super-préfets de carrière nationale dotés de pouvoirs et de services doublant ceux des conseils régionaux élus Tant que l'Etat restera centralisé, il en sera toujours ainsi, et c'est une aberration. C'est la courroie de transmission monarchique qui a peur de laisser de son pouvoir et envoie ses représentants dans tous les recoins du pays. Cet Etat ne peut s'imaginer avoir des "partenaires" égaux en droit dans les Régions et leur laisser la liberté en matière de gestion. . Ce sont les "missi dominici" créés par les Carolingiens : http://fr.wikipedia.org/wiki/Missi_dominici (personnes envoyés par les rois carolingiens pour surveiller les représentants du pouvoir royal au plan local (par exemple les comtes). Ils permettent au roi de hiérarchiser son administration et de centraliser le pouvoir.) . La subsidiarité a une toute autre philosophie, basée sur le respect mutuel et le partage du pouvoir, sur la négociation pour parvenir à un consensus accepté par tous. En Allemagne, pays où la subsidiartié est vécue tous les jours, il y a un pot commun, dans lequel les Länder déposent chaque année de l'argent qui sert à la solidarité entre les régions les plus riches et les plus pauvres, c'est le Länderfinanzausgleich - qui pourrait se traduire par équilibre financier des Länder. Si vous regardez le premier tableau - http://de.wikipedia.org/wiki/L%C3%A4nderfinanzausgleich#Finanzvolumen - vous voyez que certains Länder riches, comme Hambourg ont toujours financé des plus "pauvres" comme la Sarre, ce sont les chiffres en vert dans le tableau. La Bavière par contre a d'abord été un Land "pauvre" et sous l'action volontariste de ses dirigeants, dont Stauss, elle a attiré des entreprises et est aujourd'hui l'un des Länder qui co-financent les autres.. L'Etat central ajoute une contribution pour certains Länder, par solidarité nationale. Le tableau - http://de.wikipedia.org/wiki/L%C3%A4nderfinanzausgleich#Bundeserg.C3.A4nzungszuweisungen_.28BEZ.29 - montre que l'Etat n'a accordé aucun financement dans ce cadre aux Länder: Baden-Württemberg: 0,- Bayern: 0,- Hamburg: 0,- Hessen: 0,- Nordrhein-Westfalen: 0,- . que certains Länder plus "pauvres" de l'Ouest obtiennent un financement modeste: Bremen: 196 Mio. € Saarland: 118 Mio. € Schleswig-Holstein: 120 Mio. € Niedersachsen: 119 Mio. € Rheinland-Pfalz: 223 Mio. € . que Berlin, la capitale après la réunification en reçoit le plus, car elle est endettée : Berlin: 2.881 Mio. € . et que tous les nouveaux Länder reçoivent la plus grande partie - outre l'impôt de solidarité payé depuis 1989 et qui se terminera en 2019: Brandenburg: 1.982 Mio. € Mecklenburg-Vorpommern: 1.470 Mio. € Sachsen: 3.486 Mio. € Sachsen-Anhalt: 2.115 Mio. € Thüringen: 1.962 Mio. € . Il n'y a pas de "Préfets" représentant l'Etat dans les Länder qui ont tous leur parlement, leur administration, leurs ministères, leur police, leur justice et leur système éducatif. . L'Etat central ne fixe que le cadre commun à l'intérieur duquel se meuvent toutes les Régions et assure la défense nationale. . Je pense que la France est encore très loin de ce système démocratique, proche du citoyen, qui a certes encore besoin de réformes, mais qui les fait constamment depuis la création de l'Etat. Il y a une commission commune Etat-Regions chargée d'élaborer ces modifications d'un commun accord. Rien n'est imposé d'en haut. . L'Union européenne a repris ces habitudes et fera évoluer la France dans ce sens, heureusement.
@Etoile66 Alors qu'en Allemagne ou en Italie on pratique la subsidiarité comme Mr Jourdain faisait de la prose, en France c'est un concept perçu comme confus et potentiellement dangereux pour l'unité nationale.Cette inexpérience de la subsidiarité explique aussi la difficulté qu'ont la plupart de nos compatriotes à comprendre le fonctionnement d'une Europe unie dans la diversité. Quand je compare les échelons administratifs en France et en Allemagne, je ne prétends pas qu'ils soient identiques et superposables. Je dis simplement qu'ils ne sont pas plus nombreux en France qu'ailleurs en Europe, quoiqu'une certaine propagande veuille nous le faire croire. La "simplification" de la réforme Balladur consiste à renforcer le pouvoir des missi dominici (envoyés du pouvoir central) en privant les assemblées régionales élues au suffrage régional direct de leur légitimité. Ce qui irait dans le sens d'une re-centralisation du pouvoir de décision et de péréquation des ressources.
Chère Etoile 66, Je me permets de reproduire ici les propos que vous avez tenus sur le blog d'Elif Kayi. Ma réponse les suit. Il ne s'agit pas tout à fait d'un troll car vos propos illustrent bien le lieu d'où vous parlez lorsque vous critiquez la pensée unique qui régnerait en France. Anti-intellectualisme, apologie du bon sens et antisémitisme peuvent selon moi les qualifier. J'imaginais au moins que vous alliez présenter des excuses pour ce que vous avez dit sur la crédibilité des intellectuels juifs lorsqu'ils parlent de l'Allemagne. Mais non. Comme vous les assumez, je suis sûre que vous ne verrez aucun inconvénient à ce que je les reproduise ici. Ils y sont pour ainsi dire à leur place et permettront d'éclairer vos lecteurs. Ces propos, d'ailleurs, sont à peine plus choquants que ceux-là : " (Cela me rappelle un entretien avec des Africains qui me racontaient pourquoi selon eux l'Afrique n'évoluait pas. Dès que dans un village ou une famille une personne sort de la masse par son intelligence, son courage au travail, etc et arrive à construire quelque chose, la majorité des autres lui jettent de mauvais sorts, essaient de lui nuire et de le détruire, jusqu'à ce qu'il abandonne et rentre dans le rang ou parte...)". Ces africains sont décidément incorrigibles, ils ne sont pas prêts à entrer dans l'histoire... "Excellente explication, je n'aurais pas pu mieux faire. Vous expliquez exactement ce qui se passe. Les Turcs d'Allemagne sont - en grande partie - bien plus radicaux qu'en Turquie. Ils ont évolué de manière totalement différente, se refermant sur leur communautarisme. . "Un peu comme le français a évolué de manière totalement différente au Canada alors que les émigrés venaient de France. Il a évolué sans lien avec le pays d'origine et a donné tout à fait autre chose. C'est ce qui se passe avec les Turcs en Allemagne. Les filles turques sont belles et les Allemands sortent souvent avec elles, mais dès qu'il s'agit de plus, c'est la famille de la fille qui dit NON. . J'ai souvent discuté avec des Turcs qui me disaient eux-mêmes que les parents vivant en Allemagne étaient bien plus sectaires et intransigeants que ceux de la même génération vivant en Turquie. . Quant à la remarque d'Emmanuel Todd, il faut la replacer dans le contexte hyper-sensible des relations qu'ont les personnes de religion ou de culture juive avec l'Allemagne. Ils ne peuvent la regarder de manière objective. C'est tout simple et c'est une chose qui se constate tous les jours à tous les niveaux. Cela se comprend bien entendu, car le génocide est encore récent dans l'Histoire. Quand on voit le génocide arménien par les Turcs qui remonte déjà beaucoup plus loin et combien ce sujet est tabou pour beaucoup de Turcs et d'Arméniens on peut comprendre la réaction d'Emmanuel Todd, totalement décalée par rapport à la réalité, mais explicable par son hypersensibilité dû à son appartenance culturelle, même s'il ne pratique pas, ce que je ne sais pas du tout. . En ce qui me concerne, je n'ai pas plus de "respect" devant ses écrits que devant l'expérience vécue tous les jours :-) Un "intellectuel" n'est pas infaillible à mes yeux. Il peut se tromper comme un autre, surtout sur un terrain aussi sensible pour lui. 31/12/2008 17:09Par Etoile66 répondre Chère Etoile 66, Je dois bien vous avouer que je m'attendais à une réponse de ce type. Si j'ai fait parler Emmanuel Todd à travers moi, c'était pour m'épargner les fins de non recevoir dont vous êtes coutumière ("vous n'y connaissez rien", "moi, j'ai vu ceci ou cela", "moi je vis à l'étranger et je peux vous dire que" "c'est dommage pour vous parce que moi..."). "En ce qui me concerne, je n'ai pas plus de "respect" devant ses écrits que devant l'expérience vécue tous les jours :-)" Cette phrase est moins drôle que vous ne semblez le penser. Elle témoigne d'un certain anti-intellectualisme et constitue une espèce d'apologie du bon sens qui se réduit à "moi, je crois ce que je vois". Si l'on vous suit, il faut alors ne pas croire que ce nous disent les astronomes et affirmer que "la terre est plate", que "c'est le soleil qui tourne autour d'elle et qu'il se couche d'ailleurs au fond de l'océan", "qu'il y a sans doute plusieurs soleils car depuis la côte est des Etats-unis, il se couche en s'enfonçant dans les terres à l'ouest", que le nôtre, tout comme la lune est à quelques centaines de mètres de hauteur...". L'esprit critique dont vous semblez faire preuve à l'égard des "intellectuels" (que signifient ces guillemets?) s'arrête visiblement aux portes de votre vision du monde. Car si les intellectuels ne sont pas infaillibles, je crois pouvoir dire, sans vous insulter, que vous ne l'êtes pas non plus. D'autres intellectuels contestent les travaux de Todd, mais en s'appuyant sur une démarche rigoureuse et scientifique. J'ai des amis en Allemagne qui contesteraient votre point de vue. Je ne les cite pas car je pense que leur avis n'a ni plus, ni moins d'intérêt que le vôtre. J'estime qu'un débat sur un forum public sur des questions aussi importantes ne peut s'apparenter aux débats, certes agréables, que l'on peut avoir au café du commerce en sirotant une bière... Très cordialement. PS: Outre les propos que vous tenez sur les Turcs, vos propos sur les origines juives d'Emmanuel Todd sont scandaleux. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'il ait des origine juives et ne vous demande même pas de le démontrer tant cette question n'a aucun intérêt pour moi. Votre position revient à disqualifier les positions de n'importe quel intellectuel "juif" (on semble d'ailleurs juif pour vous même lorsque l'on ne pratique pas...) sur l'Allemagne, non pas en critiquant leur démarche mais parce qu'ils sont juifs. C'est nauséabond. (je présente mes excuses aux lecteurs éventuels pour cette dernière qualification mais je n'ai pas réussi à qualifier autrement ce procédé). 01/01/2009 14:02Par FARID très cordialement Pour ceux qui souhaitent lire l'intégralité du débat, et il y a quelques perles, c'est ici : http://www.mediapart.fr/club/blog/elif-kayi/261208/quelques-reflexions-sur-le-concept-d-islamophobie
@ Farid, Vous retranscrivez des parties de réponses sorties de leur contexte pour en faire un mélange à votre goût, selon votre perception des choses, ce que je regrette. Vos injures ne font pas avancer le débat et vos retranchement derrière une "outrance" offusquée l'empêchent même totalement. Dommage. . Alors je me permets de remettre les choses à leur place. Ce que j'ai écrit au sujet d'Emmanuel Todd et des Turcs en Allemagne était en réponse à Elif qui écrivait: . Quand Farid écrit « au tournant des années 90, la communauté turque en Allemagne pratique un islam plus radical que les turcs en leur territoire », je suis en partie d’accord avec lui. . Je suis surtout d’accord sur le fait de souligner un changement d’attitude dans ces années qui ont vu le « sacrement » de partis islamistes comme l’actuel parti Saadet, dont une des figures de proue Necmettin Erbakan est aussi le père fondateur du mouvement islamiste Milli Görüs (vision nationale). Milli Görüs est bien présente en Allemagne, de manière nationale sous le nom d’IGMG (Islamische Gemeinschaft Milli Görüs), une fédération comprenant de nombreuses associations et organisations très actives.... . Beaucoup de membres et de personnalités actives de la mouvance Milli Görüs en Allemagne sont nées et ont été scolarisées (souvent de manière brillante, cassons ici le mythe de l’islamisme-manque d’éducation) dans ce pays. La différence entre les Turcs et les pays du Maghreb au niveau de la question de l’islamisme réside en partie dans les forts liens politiques entretenus par les Turcs avec leur pays d’origine (politique qui a d’ailleurs été souvent littéralement transportée dans le pays d’accueil, prenons l’exemple des affrontements dans les années 80 et 90 entre des membres de l’extrême droite –connue sous le nom des « Loups Gris »- en Allemagne) qui se traduisent jusqu’à aujourd’hui par une très forte représentation des médias (presse, chaînes de télévision) turcs en Allemagne. Ces liens ont conduit l’Allemagne et la Turquie à servir de sortes de « vases communicants » en ce qui concerne l’évolution de l’islamisme turc... . Cher Farid, je me demandais seulement de quoi vous parliez ici : « Emmanuel Todd, à la fin de son long chapitre consacré à l'Allemagne s'inquiète plutôt des massacres de femmes turques, installées de longue date en Allemagne, par de jeunes allemands. » ? . Je maintiens que ces affirmations d'Emmanuel Todd que j'apprécie fort sur d'autres sujets, sont une déformation des faits et une affirmation dont les motifs subconscients sont à chercher dans la culture dont il est issu. Cette constatation n'a rien de négatif, elle essaie d'expliquer ce dérapage et même de le minimiser. . Ce sujet est tabou et le toucher soulève des cris d'orfraie, de même que soulever le sujet de la collaboration sous l'occupation. L'Ecole a tenté pendant des décennies de suggérer aux Français que tous étaient des résistants, alors qu'ils avaient la trouille et cherchaient surtout à sauver leur peau. Mais cela était tabou de l'avouer. . Ceux qui connaissent les relations chargées d'affectivité qu'ont les personnes de la communauté juive avec l'Allemagne, même aujourd'hui, savent de quoi je parle. Les relations sont sensibles des deux côtés. . Pas plus tard que ce midi, je lisais la biographie de l'excellent chef d'orchestre Daniel Barenboïm qui dirigeait le concert du Nouvel An à Vienne en Autriche. http://culture.france2.fr/musique-classique/actu/50041733-fr.php http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Barenbo%C3%AFm . Il est de confession juive, a la nationalité israëlienne et a obtenu en 2008 un passeport palestinien http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3493612,00.html Un homme qui s'est toujours engagé pour la paix et la compréhension entre les peuples. Eh bien des deux côtés, il a des ennemis qui lui reprochent son action pour la paix. . Il y a des gens du côté israelien qui ont demandé sa destitution de la nationalité israelienne, au motif qu'il dirigeait des concerts de compositeurs allemands. . Tout cela pour essayer de vous expliquer la difficulté au niveau des sentiments entre les personnes de culture juive et l'Allemagne. Il faudra encore quelques générations pour que les relations deviennent "normales". Et cela se comprend. . En cela j'excuse la sortie quelque peu déplacée d'Emmanuel Todd qui n'a aucun lien avec la réalité, comme le souligne fort justement Elif. Il y a eu ces 30 dernières années, notamment depuis la chute du mur, et il faut replacer les choses dans ce contexte, des attaques contre des Turcs en Allemagne, comme il y a eu en France des attaques de gens du FN contre des Maghrébins. Et monter ces faits en épingle en généralisant que "les jeunes allemands attaquent des femmes turques" est déplacé et même ridicule. . Même un "intellectuel" peut se tromper, heureusement d'ailleurs, sinon il ne serait plus un être humain. L'infaillibilité n'existe pas. Et ce que vous en déduisez est ridicule, je cite Si l'on vous suit, il faut alors ne pas croire que ce nous disent les astronomes et affirmer que "la terre est plate", que "c'est le soleil qui tourne autour d'elle...". Farid, il est important de ne pas croire tout ce que vous vendent les "intellectuels" du style Finkelkraut, BHL ou Alain Minc... ils formatent la pensée unique et leurs écrits n'ont rien de "scientifique". Je suis très proche de la recherche fondamentale et de sa rigueur, et ces "intellectuels" que vous semblez aduler ne sont pas des scientifiques infaillibles. La science exige le recoupement des "vérités" et leur analyse au travers du temps. Un peu d'esprit critique et non de soumission intellectuelle serait indispensable dans une France béate devant son "élite". . En ce qui concerne une grande partie des Turcs vivant en Allemagne, je confirme, comme l'écrit d'ailleurs Elif, qu'ils ont évolué de manière différente de ceux restés en Turquie, comme la langue française a évolué différemment en France et au Canada depuis l'émigration des Français partis vivre au Canada. C'est un phénomène semblable. Les Turcs vivant en Allemagne se recentrent sur leur religion et surtout sur leurs traditions et ils sont plus intransigeants vis-à-vis de leurs filles que ceux restés en Turquie. Je pense que vous ne connaissez pas assez la situation pour pouvoir en juger et vos remarques offusquées le montrent. . Quant à ce que j'écrivais sur l'Afrique, je l'ai écrit dans un autre contexte. Je rapportais des propos de plusieurs Africains, avec lesquels j'ai longuement discuté du sujet du développement et de la création d'entreprises en Afrique. Je ne les ai pas inventés et n'ai jamais affirmé que c'était l'unique raison de la situation de l'Afrique aujourd'hui. Je n'aime pas les tabous et refuse de ne pas exprimer des faits juste pour rester dans le "politiquement correct". J'ai rapporté ces entretiens et je n'ai rien à en retirer. . Merci donc de ne pas faire d'amalgame pour justifier votre "pensée unique politiquement correcte" et laisser se faire le débat sans invectives qui ne vous servent pas. Je vous en remercie.
Chère Etoile 66, De quelles injures parlez-vous ? J'ai qualifié des propos d'anti-intellectualistes, d'apologie du bons sens et d'antisémites. Ce que je maintiens. En quoi s'agit-il d'une injure ? Je qualifie des propos et non votre personne. Mais cette nuance vous aura échappé ce dont j'aurais dû me douter puisque vous ne pratiquez guère la nuance dans vos propres commentaires. Pour le reste, il me semble que j'ai cité in extenso les propos que vous avez tenus. Ils ne sont pas décontextualisés et j'ai même renvoyé le lecteur au blog où il pourra lire l'ensemble du débat. Le procédé me semble honnête. "Farid, il est important de ne pas croire tout ce que vous vendent les "intellectuels" du style Finkelkraut, BHL ou Alain Minc..." Pourriez-vous me dire quand j'ai cité ces trois personnes ? Jamais car je sais ce que valent leurs travaux. Prétendre comme vous le faites, que "je les adule" relève de la pure calomnie. J'aimerais d'ailleurs que vous nous disiez ce qu'ils ont de commun avec Emmanuel Todd...( qui passe pas mal de temps à dire tout le bien qu'il pense d'eux). Votre détournement des propos d'Elif Kayi est scandaleux mais je laisse le lecteur le vérifier sur son blog. Sur l'essentiel, je vois que vous assumez vos propos sur les intellectuels juifs et l'Allemagne. Vous excusez Emmanuel Todd pour sa thèse, je pense qu'il sera ravi de l'apprendre. Il faudrait, si l'on vous suit, marquer ces intellectuels afin que chacun sache que ce n'est pas l'intellectuel mais le juif qui parle en eux. Le pire, c'est que j'ai l'impression que vous ne saisissez pas la monstruosité de vos propos. C'est sans doute une conséquence de votre anti-intellectualisme et de votre goût du bon sens. Votre critique de la pensée unique prend du coup une saveur bien aigre.... Très cordialement. PS : J'ai hate que vous nous fassiez partager les connaissances issues de la recherche fondamentale dont vous êtes, dites-vous, proche. J'ai beau lire vos textes, ces savoirs demeurent introuvables.
@ Farid : je suis d'accord avec vous sur le problème de l'intellectualisme versus bon sens, mais cette discussion dépasse le blog d'Etoile, c'est une idée - de bon sens ! - que de critiquer la réflexion des intellectuels, sans aborder la question de la démarche intellectuelle. Mêmem chose pour la science dont les résultats ne sont aps à confondre avec sa démarche. Par contre il me semble qu'Etoile, comme d'autres Mediapartiens, proposent aussi la catégorie de "l'expérience" comme source de connaissance ; cela vaudrait la peine d'en discuter, je trouve. Avec la question de l'autodidaxie, très intéressante elle aussi. L'expérience entre en effet dans la démarche scientifique en sciences humaines, ainsi que dans la démarche intellectuelle (expérience de pensée et dispositifs de "retour")
Quant à l'antisémitisme des propos : c'est une grave accusation. Pour ma part, j'ai l'impression que les propos d'Etoile relèvent plutôt du culturalisme : voir mon commentaire ci dessous où j'ai tenté de m'expliquer sur ce point.
Chère Fantie B, Il me semble que le propre de la démarche scientifique est de construire rigoureusement son objet et d'expliciter sa démarche afin d'échapper au subjectivisme et aux pièges du culturalisme. C'est la neutralité axiologique chère à Weber dont la démarche est proche de celle d'Emmanuel Todd. Il faudrait donc qu'Etoile 66 nous montre en quoi Todd, qui analysait la ségrégation des Turcs en Allemagne n' a pas effectué ce travail. Je répète que les origines juives de Todd ne me semblent pas établies et m'étonne de votre position. Vous pensez donc qu'il est légitime de disqualifier un travail en raison de l'origine réelle ou supposée d'un chercheur ? Je trouve pour ma part cette position inquiétante. Ou alors, il faudrait la généraliser et "tribaliser" la recherche en cantonnant les chercheurs à des travaux sur les groupes dont ils sont issus (mais seraient-ils objectifs ?). Concernant le reste, je n'aurais pas poursuivi si Etoile 66 ne s'était pas permise de dire n'importe quoi à mon sujet. Enfin, si l'expérience entre dans les démarches en sciences humaines, je crois que ce n'est pas sans méthodes. Les pré-notions invalident bien plus un travail que l'origine (réelle ou supposée) de son auteur. Je suis prêt à reconnaitre les expériences personnelles pour ce qu'elles sont : des visions partielles et partiales du monde social. On ne peut donc en tirer aucune généralité. Le sujet qui les relate doit en avoir conscience et sans doute le souligner. Faute de quoi, on dit assez vite n'importe quoi et on vient conforter des préjugés.
Cher Farid : je suis d'accord avec ce que vous dites de la démarche scientifique et de le référence à Weber. J'y ajouterais la référence Bourdieu, qui permet de voir que ce n'est pas si facile d'atteindre à ala neutralité axiologique en faisant abstraction de nos habitus.
Vous écrivez : "Vous pensez donc qu'il est légitime de disqualifier un travail en raison de l'origine réelle ou supposée d'un chercheur ?" Pas du tout !Une disqualitification scientifique, si elle doit avoir lieu, ne doit pas se baser sur une étiquette mais sur l'enchainement logique de l'argumentation. Je voulais simplement dire que le système explicatif d'Etoile me semblait basé sur l'origine culturelle. Pas question d'anti sémitisme pour moi. Personnellement cela ne me suffit pas, puisque, à l'influence de la culture, j'ajoute une dimension individuelle, liée à la singularité de chaque psychisme (référence ici : inconscient et psychanalyse).
Le problème général d'Etoile66 dans les débats est qu'elle critique les gens pour ce qu'ils sont au lieu de critiquer leurs arguments de manière rationnelle. 2 exemples : * je n'habite que depuis 18 mois en Allemagne, donc je ne peux avoir aucune idée intéressante sur ce pays. Elle qui y vit depuis 1973 aura toujours raison sur moi. * Emmanuel Todd, qu'elle sous-entend juif... n'a forcément qu'un préavis négatif sur l'Allemagne et ne peut avoir d'avis intéressant. Donc il ne faut etre ni trop juif ni trop jeune pour dialoguer avec Etoile66. Vous remarquerez que cette facon de décrédibiliser l'autre pour ne pas avoir à répondre à ces questions est typique de Le Pen et de Sarkozy, pour ne pas dire autre chose. Ayant constaté cette attitude a plusieurs reprises, j'ai arrété de dialoguer avec Etoile66. C'est dommage, parce qu'elle pose de bonnes questions, mais sa facon d'en débattre est tout simplement insupportable. Au fait, la "Pensée unique" n'a rien de spécialement francais, mais si il existe bien sur une pensée unique à la francaise. En Anglais, on parle souvent de "TINA" : there is no alternative. De plus, la pensée unique est en l'occurence plutot européenne. Olivier
Cher Olivier, Vos contributions sont parmi celles qui comptent le plus à mes yeux parmi les membres du Club, ainsi que celles d'Etoile66. Je ne me lancerai pas dans une défense d'Etoile ici, d'abord parce qu'elle n'en a nullement besoin, et aussi parce qu'il m'arrive de partager vos impressions sur son style, ou ses manières peut-être, même si je ne crois pas l'avoir vue incapable d'argumenter point par point sur n'importe-quel sujet sans être obligée de recourir aux personnalisations? Mais je voudrais quand même vous demander ici de continuer avec elle, comme l'a tenté aussi Farid, non seulement parce que les sujets abordés sont toujours importants et une même préoccupation pour nous tous même si de sensibilités différentes, nous ne les abordons pas avec les mêmes "méthodes", mais aussi et surtout, parce que si vous n'apportez plus votre contribution, vous vous faites acteur de l'appauvrissement du débat (un peu comme ceux qui se désabonnent et même, il y en a, qui demandent à l'équipe technique de supprimer tout ce qu'ils ont laissé depuis le début).
Cher Olivier, (et Farid et tous) nous avons besoin de vos pondérations, ne nous en privez pas svp, et soyez indulgents avec le style d'Etoile comme vous l'êtes avec mes maladresses répétées: attachez-vous aux questions de fond. (j'avais suivi vos échanges de "dates d'entrée en Allemagne": franchement, pas de quoi s'y focaliser comme vous le faites, même s'il y a un peu de vrai dans ce que vous dites...:-))
Cher Axel J, Il me semble être resté pondéré. J'ai qualifié LES PROPOS d'Etoile 66 et non sa personne. Je crois que certains propos sont inacceptables et qu'il en va de la crédibilité du Club. L'antisémitisme larvé charrié par ses propos m'apparaît comme une question de fond. Ils reviennent à disqualifier les intellectuels juifs dès lors qu'ils parlent de l'Allemagne. Elle pouvait présenter des excuses, dire qu'elle s'est mal exprimée... mais n'en a rien fait. Elle préfère me donner des leçons et me prêter des références (Lévy, Finkielkraut, Minc) que je n'ai jamais utilisées. Le but est bien-sûr de me disqualifier en me présentant comme adulant des philosophes médiatiques. En même temps, on progresse un peu puisque d'habitude, des formules comme "moi, je vis en Allemagne", " mon fils m'a dit", "vous êtes bien dans la pensée unique française" lui tiennent lieu d'argumentation. Aussi, je suis d'accord avec vous, il ne faut désespérer de rien. Néanmoins, il faut aussi dire ce qui nous semble intolérable : l'antisémitisme en fait partie, d'autant que je ne suis pas sûr du tout qu'Emmanuel Todd soit juif (il le serait que ça ne changerait rien car en recherche fondamentale ou appliquée, c'est la démarche scientifique qu'il faut critiquer et pas la personnalité de l'auteur). Très cordialement.
Amusant comme vous discutez à mon sujet, comme si j'étais un objet d'étude. Farid, vous avez un avis sur ma personne, amusant de voir comment vous vous le construisez... Vous m'avez traitée de "nauséabonde" sur un autre fil. Vous poursuivez sur celui-ci un peu dans le même style, sans vous adresser à moi.... Je n'utiliserais pas ces adjectifs à votre égard car ce n'est pas ma façon de débattre. . Je pense tout simplement que vous jugez hâtivement, sans essayer de comprendre, et que vous restez prisonnier de schémas de pensée que je vois très bien. . Si je cite des exemples pratiques de la vie de personnes - je citais Daniel Barenboim comme vous citiez E. Todd - c'est pour illustrer certains propos. Vous n'êtes pas obligé de les lire. . Mais des arguments désincarnés, de pures "vues de l'esprit" loin de toute vie réelle, ce n'est pas mon truc et cela ne le sera jamais. Désolée. . Je vous laisse à vos grandes "idées", je reste dans mon "terre-à-terre", vous n'êtes pas obligée de me lire. . Une chose me semble tout de même inacceptable, c'est lorsque vous écrivez: Je crois que certains propos sont inacceptables et qu'il en va de la crédibilité du Club Certains de vos propos ont dépassé le respect mutuel dû à chaque auteur, non seulement envers moi. . Vous poursuivez: L'antisémitisme larvé charrié par ses propos m'apparaît comme une question de fond. Je ne vois pas OÙ vous décelez de "l'antisémitisme larvé", cela m'a même fait sourire, car mes amis arabes me disaient que j'étais "zioniste" parce que j'enseignai l'hébreu !. J'ai donc étudié l'arabe classique à l'Université pour leur démontrer que ce n'était pas le cas... . Triste de penser en de telles catégories, de classifier et ranger les gens dans un tiroir. . Cela me fait penser à toutes les inepties que j'ai lues et entendues au sujet de F. Bayrou. "Il est de droite", disent les gens de gauche. "Il est passé à gauche" disent les gens de droite... Triste que les gens ne pensent qu'en caste, en cases ou en tiroirs. Ce n'est en tout cas pas mon cas. . Ils reviennent à disqualifier les intellectuels juifs dès lors qu'ils parlent de l'Allemagne. Elle pouvait présenter des excuses, dire qu'elle s'est mal exprimée... mais n'en a rien fait. . Votre "admiration" pour ce que vous appelez les "intellectuels" est très française, est justement emblématique de ce qui formate la "pensée unique". Cette adoration de "l'élite" que l'on cultive en France sur le dos de toute la population. Je vous citerai volontiers des chiffres pour le démontrer. . Eh bien, un "intellectuel" n'est qu'un homme qui peut aussi faire des erreurs. . Et je n'ai jamais "gobé" tout ce que citaient ces personnes qualifiées "d'intellectuels" par le Ghota parisien, mais analysé leurs affirmations comme tout autre au crible de valeurs et de références qui me sont propres. Je vous laisse cependant libre d'accepter sans aucune critique tout ce qui vient des "intellectuels". Vous irez sûrement loin... . Et dans le cas précis, je pense qu'E. Todd a fait une erreur non seulement d'appréciation, mais une erreur dans les FAITS. Et j'ai essayé de l'en "excuser" de par son contexte socio-culturel. C'est ce que vous appelez "antisémitisme". Votre jugement à coup de machette devrait aller un peu plus au fond des choses, vous restez en surface. . Pour vous éclairer sur ma personne, objet de votre dissertation, je vous dirais juste que j'aime la culture juive autant que la culture allemande et française et que je parle les langues de ces cultures. Alors, de grâce, retenez-vous un peu dans vos jugements hâtifs... . Cette accusation d'antisémitisme ou d'islamophobie dès qu'on n'est pas d'accord avec quelqu'un issu de ces cultures empêche tout débat honnête et profond. . C'est une des caractéristiques de la "pensée unique" qui n'a d'ailleurs aucune traduction dans d'autres langues, comme en allemand par exemple, car elle n'y existe pas. . D'ailleurs si vous allez sur wikipedia sur le sujet "pensée unique" et cliquez sur l'équivalent en allemand, vous verrez la tentative d'une personne d'y introduire un terme traduit par elle du terme français. Ce sujet a été refusée par le wikipedia allemand, car ce terme n'a aucun équivalent au niveau du sens en Allemagne, même si on le traduisait, les gens ne sauraient pas du tout ce que cela signifie. D'ailleurs au début, lorsque j'étais à Hambourg, je me demandais bien ce que voulait dire ce terme. Personne parmi les Français de mon entourage vivant à Hambourg ne trouvait de mot pour traduire un tel terme, tout simplement parce cette façon de penser et de procéder n'y existe pas. . J'espère donc que vous poursuivrez le débat en face et non en m'utilisant comme objet de vos "études" intellectuelles...
Chère Etoile 66, Je vous présente mes plus plates excuses et me rends à votre savoir omniscient. Emmanuel Todd est juif, et ses propos sur l'Allemagne sont donc suspects. Merci de m'avoir ouvert les yeux sur le sujet. Merci encore à vous, pour m'avoir éclairé sur mon rapport bien naïf aux travaux intellectuels. Je sais maintenant qu'il faut que je me méfie de ces gens et que, comme vous, je m'en tienne à ce que je vois. J'avoue que mon sevrage sera difficile mais j'ai conscience de toute l'aide que m'apporteront vos billets et commentaires politiquement et intellectuellement incorrects. Car "Eh bien, un "intellectuel" n'est qu'un homme qui peut aussi faire des erreurs" alors que vous n'en faites jamais. J'en profite pour présenter mes excuses à l'ensemble du Club pour les insultes que j'ai proférées à leur encontre car, comme le dit judicieusement Etoile 66 "Certains de vos propos ont dépassé le respect mutuel dû à chaque auteur, non seulement envers moi." Bientôt, je pourrai aussi écrire que "Mais des arguments désincarnés, de pures "vues de l'esprit" loin de toute vie réelle, ce n'est pas mon truc et cela ne le sera jamais. Désolée". Je pratiquerai l'attaque personnelle et citerai les propos de ma famille et/ou de mes amis pour emporter la conviction. Si ça ne suffit pas, je ferai une petite recherche pour savoir si mon interlocuteur n'est pas juif, belge, arabe ou chinois. L'argument est définitif et imparable. Je ne taxerai plus des propos comme les vôtres d'antisémites. En revanche, je saurai appeler "un juif, un juif", ce qui me permettra, un peu, de me déprendre du politiquement correct. Eduqué en France, j'ai conscience qu'il me sera difficile d'en sortir mais là encore, je compte sur votre travail de dévoilement. Peut-on parler de travail d'ailleurs ? Ah mais je suis incorrigible!!! Ce que vous nous révélez n'est pas le fruit d'un travail intellectuel, mais simplement le produit de votre pensée inspirée et de votre expérience. C'est pourquoi il faut le respecter et l'accepter ! J'ai encore failli vous insulter en prétendant respecter votre travail alors qu'il ne faut surtout pas travailler pour tenir un discours un peu informé sur le monde social...enfin sur les vrais gens quoi. Heureusement, je me suis repris et je sais que vous comprendrez mes difficultés puisque je suis français, donc nécessairement un peu limité par mon Education nationale. Pour montrer toute ma bonne volonté, je vais adhérer au Modem et soutenir François Bayrou qui n'est ni de droite, ni de gauche mais français. Oups, encore mon éducation nationale et mon politiquement correct qui ressortent dites donc!!! M. Bayrou est au centre. De quoi, je ne sais pas trop car la droite et la gauche, c'est archaïque. Donc au centre. Mais j'y pense, lui-même ne serait-il pas un pur produit de notre Education nationale ? Oh la la, Etoile 66, j'ai mal à la tête, c'est trop dur de changer ma manière de penser s'il vous plaît, dites-moi ce que je dois faire ... Très anti-intellectuellement. . .
Malheureusement je pense avoir fait le tour de la contribution d'Etoile 66. Je la résume ainsi : * tout en Allemagne est mieux qu'en France * les journalistes français sont des nuls alors que les journalistes allemands sont extraordinaires * le système politique français est nul alors que le système politique allemand est parfait * les trains français sont nuls, alors que les trains allemands sont géniaux * la formation allemande est merveilleuse alors que le système éducatif français ne forme que des imbéciles dociles (pensée unique, titre de ce billet) * je continue?? Je ne défend pas la France, et je suis le premier à critiquer ce que je considère de moins en moins comme mon pays. Mais de là à être aussi caricatural... Franchement, je ne vois pas l'intérêt de passer des heures à lire les immenses et innombrables commentaires d'Etoile66 pour arriver à une conclusion que je connais déjà. Vous voulez me convaincre du contraire? Alors essayez de trouver UN SEUL commentaire où elle dit que ,peut être, quelque chose fonctionne mieux, parfois, en France qu'en Allemagne. J'apprécie un point chez elle : ses sources, qui me sont bien utiles pour découvrir l'Allemagne. Olivier
Olivier, Vous tirez toutes mes contributions de leur contexte. Je ne souhaite donc pas répondre à ce message, contrairement à ce que j'ai toujours fait. Je vous ai toujours répondu en vous donnant les éléments étayant mes affirmations. Je n'ai pas la prétention de parler de choses que je ne connais pas, je ne parle que de ce que je connais. Alors, je vous laisse à vos accusations, issues de nombreux textes argumentés avec détails et dont vous tirez VOS conclusions qui ne sont pas les miennes. . Je vous citerai UN SEUL point où la France est mieux organisée que l'Allemagne, puisque vous le demandez: C'est dans le maillage pour la "garde" des enfants, par les assistantes maternelles payées par les mairies, les crèches, ce qui permet aux femmes de travailler en laissant leurs enfants à d'autres. En Allemagne, il n'y a pas ce maillage, peut-être aussi parce que de larges couches de la population pensent qu'il vaut mieux qu'un enfant soit éduqué par ses parents jusqu'à l'âge de trois ans.
Cher Olivier, . Le problème général d'Etoile66 dans les débats est qu'elle critique les gens pour ce qu'ils sont au lieu de critiquer leurs arguments de manière rationnelle. . Un être humain n'est pas une machine, ni un ordinateur. Lorsqu'on examine une situation et les arguments apportés par les personnes, il est indispensable d'en analyser toutes les composantes. Et un être humain est fait certes d'un cerveau mais aussi de son enracinement socio-culturel, de son psychisme et de son Histoire. Ne prendre en compte que les mots qu'il déclare, les arguments qu'il avance SANS regarder d'OÙ il parle est très dangereux. J'espère que vous ne le faites pas pour vous-même, car vous risqueriez d'être entraîné par les belles paroles, bien argumentées, sans voir d'où parlent ces personnes et devenir la proie de démagogues à la parfaite rhétorique. . Ceci dit, je reprends vos affirmations pour y répondre avec des arguments, ce que j'ai toujours fait sur ce site. . * je n'habite que depuis 18 mois en Allemagne, donc je ne peux avoir aucune idée intéressante sur ce pays. Elle qui y vit depuis 1973 aura toujours raison sur moi. Si vos arguments sont de poids, bien sûr que j'abonderai dans votre sens. J'ai toujours répondu à vos affirmations lapidaires par des arguments auxquels vous avez d'ailleurs rarement répondu. . Vous avez même écrit vous-même que vous vous aidiez du dictionnaire pour comprendre certaines choses, ce qui est normal après seulement 18 mois passés dans un pays étranger. Il est impossible de comprendre les sous-entendus, l'humour, les finesses de la langue, ce qui est dit "entre les lignes", l'ironie, le sarcasme, les non-dits, les coûtumes et leur valeur... C'est uniquement cela que je vous ai écrit. . Je comprends bien que cela ne vous fasse pas plaisir, mais c'est une évidence et vous le constaterez a posteriori, lorsque vous aurez passé davantage de temps dans le pays, si toutefois vous ne faites pas comme beaucoup de Français à l'étranger, vivre en "mode français" et ne côtoyer que des Français sur place. J'ai observé ces comportements au cours des quelque 30 ans que j'y ai passé, je trouve cela fort dommage et un frein à toute compréhension de l'Autre dans sa différence. J'espère seulement que ce n'est pas votre cas. . J'assistais il y a 3 semaines à un débat dans le cadre de l'Université franco-allemande qui a fêté ses 30 ans récemment. On m'avait invitée à y parler devant une centaine d'étudiants, allemands et français. Des "Anciens" de cette université étaient sur la scène comme interlocuteurs, devant parler de leur expérience en entreprise dans le monde franco-allemand. L'un était Directeur Europe d'une grande entreprise allemande - un Français -, l'autre Directeur d'une banque française travaillant pour l'Allemagne, etc...etc... et TOUS ont dit aux étudiants qu'ils ne maîtriseraient vraiment l'autre culture que quand ils seraient capables de comprendre ce qui est dit "entre les lignes" et que cela ne pouvait se faire qu'avec les années d'expérience dans l'autre pays. . Je vous rappelle nos débats, vos affirmations et mes réponses sur ces fils: http://www.mediapart.fr/comment/reply/29895/83264 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29895/83341 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29895/83388 . et sur un autre sujet: http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79163 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79177 http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79186, http://www.mediapart.fr/comment/reply/29320/79191 c'est d'ailleurs dans ce fil que vous écrivez: Je ne suis pas completement stupide, avec mon dictionnaire, l'aide de collègues et internet, j'avais pu trouver ces informations . Personne n'avait jamais affirmé que vous étiez "stupide", mais rien qu'à cette phrase, on voit à quel point vous êtes en mesure de comprendre "entre les lignes", l'ironie, la politique du pays, l'humour, etc... C'est vous-même qui l'écrivez. . Alors, ne soyez pas fâché si je vous dis qu'avec quelques années de plus dans le pays, vous commencerez à percevoir les finesses de la langue et de la culture. C'est un fait. Et cela n'a rien à voir avec l'intelligence ou non, je n'ai jamais parlé dans ces catégories. . Si je vous ai répondu sur ces différentes affirmations, c'est parce qu'elles étaient fausses, tout simplement par manque d'information. Ce qui n'est pas grave en soi, mais je ne me laisserai pas démonter de haut et insulter, juste parce que je vous dis que ce que vous affirmez n'est pas exact. . Maintenant vous reprenez, en les sortant totalement de leur contexte, ce que j'écrivais sur Emmanuel Todd. Vous refusez qu'on analyse les déclarations de ce monsieur, qui écrit des choses fort justes par ailleurs, en les regardant dans leur contexte. Car E. Todd ne parle pas comme une machine, il est un être humain avec une histoire, une culture et une sensibilité - que je ne connais pas du tout par ailleurs, mais qui existe. . Les relations entre l'Allemagne et les personnes de culture juive sont très complexes depuis longtemps, car leurs cultures sont imbriquées l'une dans l'autre. Toute l'Europe centrale a parlé le yiddish pendant des siècles. . Il se trouve que j'ai étudié l'hébreu - je l'ai même enseigné à Bordeaux - et l'allemand et que j'aime ces deux cultures que je trouve extrêmement riches et intéressantes. Un jour, une collègue lisait un texte écrit en hébreu. Je me suis penchée sur son épaule et ai voulu le lire, mais j'ai vite vu que ce n'était pas de l'hébreu. J'ai essayé de le déchiffrer, en lisant les lettres et ai constaté - en le lisant à voix haute - que c'était de l'allemand. Un dialecte allemand que je comprenais fort bien. . C'était ma découverte du yiddish - http://fr.wikipedia.org/wiki/Yiddish - une langue magnifique, chargée de culture juive ET allemande, chargée d'humour acide et d'ironie (Selbstironie, autodérision). De nombreux mots de yiddish sont d'ailleurs passés dans l'allemand d'aujourd'hui. Il est encore parlé aujourd'hui en Europe centrale et en Israel, et connaît même un certain renouveau. . Alors, les relations entre les deux communautés sont très complexes et très riches depuis des siècles, malgré la shoah. . Je vous ai cité l'exemple de Daniel Barenboim qui dirigeait le concert du Nouvel An de l'orchestre Philharmonique de Vienne. http://culture.france2.fr/musique-classique/actu/50041733-fr.php. Il est juif, a plusieurs nationalité dont la nationalité israelienne et a pris un passeport palestinien en 2008: http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3493612,00.html Il s'engage pour la paix et fait travailler ensemble des musiciens israeliens et palestiniens. . Eh bien, en Israel et parmi sa communauté, il y a des gens qui sont contre lui et demandent la destitution de sa nationalité israelienne... parce qu'il joue des compositeurs allemands.. . Je vous écris cela juste pour essayer de vous faire comprendre que la sensibilité dans ce domaine est très complexe et que toute la communauté juive a des relations plus ou moins mêlées de sentiments particuliers envers l'Allemagne - ce qui se comprend. Il faudra attendre deux ou trois générations pour voir ces sentiments s'atténuer. Et E. Todd venant de cette sensibilité de par ses racines, ne peut en être exempt. . Vous savez, j'ai beaucoup discuté tant avec mon ancien prof d'hébreu, un vieux juif de Russie parlant 12 langues couramment dont le français,qu'avec beaucoup d'autres et beaucoup d'Allemands sur cette problématique qui m'intéresse, puisque j'ai étudié ces deux langues et ces deux cultures - j'ai aussi étudié l'arabe classique et lu le Coran, c'est pourquoi certains discours sur l'Islam me font parfois bondir... mais c'est un autre sujet... . Alors dans ce contexte, ce qu'a écrit E. Todd sur les "jeunes Allemands qui tuent les femmes turques" est une aberration qu'a d'ailleurs fort justement relevé Elif sur le fil où nous en discutions. Et même si c'est E. Todd qui l'écrit, malgré toutes ses excellentes autres affirmations, je ne peux laisser passer cette affirmation sans commentaire. . Enfin, je souhaiterais vraiment que nous puissions échanger des arguments sans que vous m'insultiez. Je ne l'ai jamais fait, ni à votre égard, ni à l'égard de quiconque et demande le même respect en ce qui me concerne. . J'ai peut-être une autre façon que vous d'argumenter, car pour moi un être humain n'est pas qu'un seul cerveau qui profère des "arguments" désincarnés, c'est un ensemble complexe fait d'intellect, de sensibilité et d'Histoire de ses racines, comme un arbre qui ne vient pas de nulle part mais qui pousse bien enraciné... . Pour vous qui êtes contrôleur de gestion, vous avez peut-être une autre approche de l'être humain, ce n'est pas une raison pour des insultes. . Je vous en remercie.
Je n'ai pas le temps de lire tous vos commentaires. La dernière phrase me suffit "pour vous qui êtes contrôleur de gestion, vous avez peut etre une autre approche de l'être humain"... cela confirme ce que je disais plus haut : * vous essayez d'avoir des renseignements accessoires sur votre interlocuteur pour le critiquer à partir de ce qu'il est... et non pas critiquer ses arguments * vous pensez que tous les contrôleurs de gestion réagissent de la même manière, et que votre expérience vous permet de déduire ce qu'un contrôleur de gestion va penser?? C'est une façon de dialoguer très, très pénible. En plus d'être contrôleur de gestion, j'ai aussi une fille, une grand mère, une épouse, je chante dans un choeur, je fais de la photo, je fais 1m70, j'ai vécu au Texas... ma personnalité est un peu plus complexe que vous ne semblez le penser...comme pour chacun. Chacun est riche de ce qu'il a vécu, et je serais bien incapable de vouloir classifier qui que ce soit dans une case unique (accessoirement, c'est la définition du racisme) Dernier point : vous dites ne pas m'avoir insulté. En tous cas, vous avez été très méprisante. Olivier
Olivier, Vous caricaturez encore. Il est évident que le métier d'une personne est choisi en fonction de plein de facteurs. . Et vous ne nierez pas que dans les entreprises les gens du marketing et ceux du contrôle de gestion sont des personnes à vision totalement différente - il se trouve que je travaille dans le recrutement et vois des centaines de personnes pendant au moins deux heures d'entretien en tête à tête depuis des années. . C'est une évidence. Les gens du "commercial" ou du "marketing" sont totalement différents de ceux du "controlling". Ne pas vouloir l'admettre est étrange. Et c'est toute leur perception de leur entourage qui est différente. . Je refuse de considérer uniquement les paroles d'une personne sans prendre son Histoire et son entourage socio-professionnel en considération. C'est même très dangereux. Car tout se tient, personne n'est suspendu dans le vide, issu de nulle part. . Et je garde ma liberté d'expression, non conforme à la "pensée unique" française :-))
Je commence sérieusement à être triste pour vous. Donc, si je comprends bien, si vous dialoguez avec quelqu'un rencontré chez des amis, vous allez déjà chercher à savoir s'il est caissier chez Rewe, vendeur de tapis à la Samaritaine, dentiste ou informaticien au chômage avant de l'écouter et de lui répondre? De mon côté, je m'intéresse avant tout à sa manière d'écouter les autres, d'apporter des arguments, une expérience, une émotion, tout simplement. Je pars avec le moins d'a priori possible (même si c'est difficile) sur une personne, car la vie m'a appris que l'on est toujours surpris parce qu'une personne peut vous apprendre. Chacun a une vie tellement plus riche que ce que l'on peut en penser au premier abord. De plus, je travaille dans une société véritablement multinationale où l'on ne peut pas se permettre de faire des discriminations envers qui que ce soit. J'ai autant d'attention et d'écoute vis à vis d'une informaticienne brésilienne que d'un contrôleur de gestion allemand. Je juge les gens sur la qualité de leur travail, sur leur façon d'aborder les problèmes, de m'écouter... et pas sur leur parcours. Allez voir mon commentaire sur les "modèles" dans le blog de Farid. Je pourrais faire une remarque acerbe facile sur les "chasseurs de têtes", mais je ne le ferai pas. Car, comme dans tout métier, il y en a des supers (à l'écoute, ouverts) et des imbéciles complets ("vous ne connaissez pas SAP? alors c'est non"), et franchement, votre comportement général sur ce forum ne m'incite pas à vous classer dans la première catégorie. "les gens du commercial sont totalement différents de ceux du controlling" : oui, c'est un modèle assez simpliste, mais c'est relativement vrai. Ceci dit si vous vous contentez de ce genre de modèle pour sélectionner les gens dans votre métier... vous ne devez pas faire des étincelles. Le meilleur vendeur dans notre entreprise, qui s'occupe du compte clé le plus important est justement quelqu'un de très introverti, de très carré... mais qui sait probablement garder la tete froide et écouter les besoins de son client avant d'essayer de l'inonder sous le baratin habituel des vendeurs. Olivier
Olivier, je vous propose que nous nous rencontrions pour prendre un pot et débattre de tout cela au lieu de jouer ce dialogue de sourds. . Vous caricaturez ce que j'écris pour - ensuite - dire qu'en fait ce que j'écrivais était exact. "les gens du commercial sont totalement différents de ceux du controlling" : oui, c'est un modèle assez simpliste, mais c'est relativement vrai. . Vous savez, ce n'est pas à un vieux singe qu'il faut apprendre à faire la grimace. Je sais ce que je dis. . Il ne s'agit pas de l'être humain, mais on retrouve toujours des gens semblables dans les métiers semblables. Il se trouve que je partage ma vie avec un expert-comptable et que je connais pas mal de ses collègues et concurrents. On retrouve certains traits, sinon ils n'auraient pas choisi ce métier. Bien sûr, il y a des gens qui sortent du lot, et c'est tant mieux, mais généralement, un type du marketing et un type du "controlling" sont très différents dans leurs réactions et leurs visions des choses. Ce n'est négatif ni pour l'un ni pour l'autre, mais leurs réactions et leur perception des choses sont différentes. Ils ne regardent pas les mêmes choses, ils ne voient pas les mêmes choses, ils ne s'intéressent pas aux mêmes choses. . Sachez que pour moi, les individus sont les plus importants et que je n'aime pas particulièrement les parcours rectilignes, car j'ai vu parmi mes étudiants, que je suivais pendant trois ans, ceux qui réussissaient le mieux dans leur vie, ce n'étaient pas ceux qui avaient les meilleures notes, mais ceux qui avaient dû bosser à côté pour se financer leurs études et qui s'étaient forgé le caractère. . Et souvent, j'ai invité des candidats au parcours atypique, très souvent même, car ce sont les parcours que je préfère. Le mien est aussi atypique. . Mais ils sont beaucoup plus difficiles à faire accepter par les entreprises qui nous mandatent. L'un d'eux qui avait fait des études de logistique et pendant ses études, il avait organisé des transports de vêtements et de vivres en Yougoslavie en guerre. Puis il était parti dans le cadre de "Médecins sans frontières" dans des camps de réfugiés et avait eu la gestion de l'eau comme responsabilité. Construire des latrines pour éviter que l'eau propre et l'eau sale ne se mélangent. Français, il n'avait pas trouvé à son retour de formations adéquates pour étudier la gestion de l'eau qu'il avait découverte à cette occasion, lui qui était logisticien. . Il éatit allé étudier en Grande-Bretagne. Je me suis battue pour le faire embaucher, car son parcours atypique faisait peur à son employeur potentiel qui m'a d'abord demandé de chercher d'autres candidats. J'ai insisté pour qu'il le voie au moins pour un entretien. Et là, le courant est passé entre eux, humainement. Et il a été embauché. . Aujourd'hui, deux ans plus tard, il m'a recontactée car il a créé sa propre entreprise dans la gestion de l'eau - vaste domaine - et embauche à son tour du personnel. . Cet exemple pour vous dire que l'être humain est important avant toutes choses, du moins pour moi. J'en ai rencontré d'autres qui avaient fait le tour du monde après leur doctorat et qui ont pris une tout autre direction. Bref, chaque individu est un cosmos... . Mais je refuse de me plier à un certain dogme que je n'accepte plus en France, sous couvert de "notre méthodologie" érigée en "religion". On met tout dans des tiroirs et des cases, on presse la pensée dans des schémas dont il est très difficile de sortir sans se faire remettre dans le rang. Et pour la justifier, on fait appel à des "intellectuels" qui racontent souvent les pires âneries, mais devant lesquels les gens restent bouche bée. Je me suis souvent demandé comment on pouvait écouter parler de telles personnes sans rien dire... . Cordialement et sans rancune :-)
On arrete là. Je pense tout simplement, au final, que les conversations écrites ne vous conviennent pas, et que voter façon de formuler votre pensée est toujours trés désagréable vis à vis de vos interlocuteurs. Vous semblez quelqu'un d'ouvert dans votre façon faire, mais vos écrits sont trop tranchés, trop affirmatifs, trop cassants pour susciter l'envie de dialoguer avec vous. Je ne suis pas le seul à le dire, alors s'il vous plait, essayez 2 minutes de vous remettre en question sur votre formulation, de vous relire avant de cliquer "publier" et de vous demander comment votre interlocuteur va prendre votre ton trop souvent péremptoire. Vous critiquez les "intellectuels" qui imposent leurs dogmes, mais vous écrivez d'une manière similaire. Encore une fois, vous apportez des choses très intéressantes au débat, mais n'oubliez pas que la meilleure façon de convaincre est de laisser l'interlocuteur suivre son cheminement, et pas de lui imposer des idées. Plus vous êtes désagréable, et moins j'ai envie d'être convaincue par vos arguments. En fait, vous me rappelez un collègue (allemand) qui commence toujours par dire "non" lorsqu'on lui propose une idée. Il dit "non" souvent parce qu'une partie de l'idée, ou de sa mise en application ne lui plait pas, meme s'il est d'accord avec l'idée en général. Un français, dans la même situation va dire "oui, mais" ce qui est peut être plus hypocrite, mais favorise en tous cas d'avantage le dialogue. Olivier
Assez exact, ce que vous écrivez, notamment la dernière phrase. Il se trouve que j'ai passé 27 ans à Hambourg et que les gens y disent en face et assez clairement - certains diraient durement - ce qu'ils pensent. Quand j'y suis arrivée, j'avais 22 ans, au début, je les ai trouvés très durs. J'en ai pleuré plus d'une fois. Mais leur devise, c'est "Un homme, une parole", fiables sur toute la ligne. Et au fil du temps j'ai apprécié cette culture hanséatique... Avec le temps je me suis adaptée et je leur ai répondu avec la même franchise directe. Je dois vous dire que je préfère mille fois avoir affaire à ce genre de communication, sans fioritures, droit au but, que ce que j'ai vécu pendant les 2 ans où j'ai travaillé à Paris. Où les choses sont sous-entendues, mises sous le tapis et couvent... Les gens n'avaient pas le courage de se dire les choses en face, un des "exutoires" c'était le repas de midi à la Brasserie, où presque systématiquement les employés des diverses entreprises du coin cassaient du sucre sur le dos de collègues absents. J'ai vécu cela presque tous les midis dans les diverses brasseries où je déjeunais. Alors, à tout choisir, je préfère le style direct... Vous n'êtes pas le premier à me dire les choses ainsi. Même dans ma famille, dans le Sud-Ouest, je l'entends. Mais j'ai constaté que mon refus des tabous et des non-dits a fait avancer le dialogue dans bien des cas et des membres de la famille qui ne s'étaient plus parlé depuis plus de 40 ans ont renoué les liens, alors que certains me conseillaient de "les laisser mourir en paix" et de ne surtout pas parler directement. Une personne m'a même dit "C'était trop dur, j'ai occulté", mais à la fin, elle a retrouvé sa soeur avec laquelle tout contact avait été rompu il y a plus de 40 ans... Tant pis si je ne me fais pas des amis à cause de ce style. Je l'ai adopté et n'ai pas trop envie d'en changer... Même pas pour vous faire plaisir, Olivier :-)) Amicalement
La discussion sur la discussion : Je relaie à la fois l'appel d'Axel à continuer à discuter, même entre personnes qui ne se comprennent pas, ou n'apprécient pas certaines manière de débattre. Tout en partageant certains points de ce qu'ont dit Farid et Olivier : J'hésite très souvent à me lancer dans la discussion avec Etoile, à mon très grand regret, car ses sujets sont intéressants et concrets. Et pouvoir comparer ce qui se passe dans des pays différents m'intéresse vivement, d'autant que je travaille depuis peu avec des étudiants sur le thème de l'interculturel.
Mais, chère Etoile, j'ai moi aussi du mal à suivre certaines de vos analyses : - quand elles sont trop longues ! - je sais que vous avez beaucoup à dire, mais j'aimerais un peu plus court ;-) - quand vous analysez des personnes, en vous fondant sur leurs origines culturelles. Pourtant, c'est justement là l'intérêt de la méthode comparative, et de la prise en compte du contexte et de l'environnement, je suis bien d'accord avec votre insistance sur ce point. Mais quand vous expliquez ce que dit la personne en l'assignant à une identité unique (culturelle, je crois), je ne peux plus vous suivre. Mais je veux bien débattre de ce point :
Je crois en effet aux influences culturelles au sens large, mais tout autant aux mouvements de singularisation des individus, à la suite des mouvements d'émancipation des derniers siècles; Je crois que nous avons de plus en plus affaire à des individus, toius singuliers, dont les rapports avec leur environnement culturel , social, présent et passés sont complexes. Peut-être faudrait-il que nous puissions traiter en préalablede cette question des identités: individuelle, sociale, personnelle, collective ? -Une personne, ou un intellectuel, est-il nécessairement déterminé par ses origines culturelles ? Leurs analyses, leurs commentaires sont-ils réductibles, explicables par leurs origines ?
N'allons-nous pas, comme le demande Axel, trouver le moyen de discuter du fond, au-delà de nos expressions et susceptibilités singulières (ou collectives), de nos excès, de nos manques.... Bien à vous et "espérablement" (1)pour cette nouvelle année Fantie B. (1) mot emprunté sur le dernier fil de Patrick Rodel)
Chère Fantie, Merci de votre contribution au sujet de mes écrits. Je vous réponds donc puisque vous m'interpellez. . j'ai moi aussi du mal à suivre certaines de vos analyses : - quand elles sont trop longues ! - je sais que vous avez beaucoup à dire, mais j'aimerais un peu plus court ;-) . Je sais bien qu'à l'époque du "gratuit" que j'ai eu l'occasion de lire dans le métro de Paris récemment, et où il n'y a plus rien comme "argumentation", mes textes paraissent longs. En ce qui me concerne, je suis habituée à lire la presse allemande - souvent sans photos - comme le FAZ, la Süddeutsche Zeitung ou le Zeit. Ce sont des journaux avec des articles très fouillés et argumentés et je ne peux concevoir d'expliquer une chose en quelques mots. Je suis désolée. . Mais, si cela vous semble trop long, vous n'êtes pas obligée de me lire :-))) . quand vous analysez des personnes, en vous fondant sur leurs origines culturelles. J'ai essayé d'expliquer à Olivier... peut-être pourrez-vous lire l'argumentation, si elle ne vous semble pas trop longue :-) . Vous posez des questions intéressantes ! . Il se trouve que j'ai découvert plusieurs cultures différentes, la dernière en date, c'est la Pologne puisque mon fils vit avec une Polonaise depuis 5 ans et que j'apprends actuellement le polonais. On y retrouve d'ailleurs des similitudes de pensée avec le français, ce qui est intéressant, mais cela reste une langue slave avec toute la sensibilité qui s'y rattache. Nous avons passé Noel en famille - allemande, française, polonaise - et c'était très riche justement par les sensibilités différentes provenant uniquement de la culture. A cela s'ajoute bien sûr la sensibilité de chaque individu qui est différente. . Mais chaque culture porte une sensibilité a une certaine musique, une cuisine, une littérature, des traditions, des façons de voir le monde et de l'appréhender. . Argumenter seulement sur des idées désincarnées, coupées de leurs racines (origine, milieu, culture, etc...) est un jeu de l'esprit que je trouve assez partial et même dangereux car il entraîne terriblement de malentendus qui peuvent se transformer en conflits. Je pourrais vous en citer des centaines d'exemples rien qu'entre la France et l'Allemagne. Mais cela prendrait beaucoup de lignes et serait trop long... . Peut-être un seul. Un chef d'entreprise allemand dit au Directeur Général de sa filiale en France qui parle couramment allemand. "Préparez un "concept" pour notre prochaine réunion". La réunion arrive. L'Allemand arrive et met sur la table quelques feuilles avec plusieurs § A. B. C. et a, b c, etc... titres et sous-titres, le tout bien structuré et argumenté. Le Français arrive avec quelques lignes sur une feuille. L'Allemand se dit: "Il n'a rien foutu". Le Français se dit: "Il arrive avec un plan tout fait, pas besoin de discuter". Et voilà comment deux personnes parlant la même langue, travaillant ensemble pour un même objectif ne se comprennent pas et arrivent même à se détester au bout d'un certain temps se sentant flouées... . Ce n'est qu'un exemple, mais il y en a des milliers dans la vie de tous les jours... . Je vous recommande les excellents travaux de JP Breuer, voici un de ses écrits, il parle de plus de 25 ans d'expérience sur le franco-allemand: http://www.jpb.net/intern/download/Article%20Le%20couple%20franco-allemand.pdf . Une citation qui va en faire bondir plus d'un mais qui se vérifie tous les jours: La prédominance des émotions chez les Français, à laquelle répond celle des faits chez les Allemands, est tout à fait emblématique de leurs différences. . C'est lui qui cite St Exupéry: "Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis". . La France et l'Allemagne et leurs habitants sont très différents, mais très complémentaires et ensemble forment une énorme synergie. Ce qui fait notre différence, vient de l'Education, transmise de générations en générations, je l'ai vu lorsque mon fils est allé au jardin d'enfants à Hambourg où je me suis impliquée comme déléguée des parents d'élèves pour voir tout ce qui se passait et apprendre... . Je discutais ce matin avec mon compagnon allemand sur deux articles parus ce jour dans la presse locale et nationale allemande au sujet du président français qui veut aller au Proche-Orient et se trouvera sur place avec le nouveau président tchèque du conseil européen. Les commentaires allemands sont "acides" et mon compagnon me disait: "Il ne voit même pas qu'il agace tout le monde, il ne va pas se faire que des amis...". Ce n'est pas que Sarkozy, je pourrais vous citer de nombreux exemples de l'étranger où les Français ont fait capoter des projets internationaux parce qu'ils arrivaient et pensaient que tout le monde devait penser comme eux, le dernier dont j'ai entendu parler était au Cambodge. . Ayant vécu quelque temps en Jordanie et en Syrie, je me souviens du choc culturel lorsque j'y suis arrivée. Je parlais l'arabe classique, ils parlaient tous leur dialecte, j'avais l'impression d'être sur une autre planète. Leur vision de la vie, leurs valeurs, leurs habitudes étaient différentes. Un ami syrien qui étudiait alors à Bordeaux me disait un jour: "Maintenant je commence à penser différemment. En Syrie, il m'était impossible de penser autrement". . Nous avons une nièce qui passe un an à Madagascar dans une ONG pour aider les agriculteurs à irriguer leurs champs. Elle nous envoie son journal par mail quand elle va à la capitale. Que de problèmes dus uniquement à la différence de culture!!! Des vexations pour rien, car les choses ont une autre valeur... et elle ne connaît pas tous les "codes"... . Selon moi, pour examiner vraiment un sujet, il faut prendre en compte tout l'environnement culturel de celui qui parle pour pouvoir comprendre d'où viennent ses arguments, quels en sont les ressorts et les motivations, avouées ou non avouées. Ce n'est qu'en en parlant ouvertement que l'on peut éliminer les sujets d'incompréhension et les frustrations.. . Mais en France aujourd'hui, on ne se parle plus vraiment en échangeant une argumentation construite, il faut que tout aille vite... pas étonnant que les gens ne se comprennent plus et s'attaquent... . N'était-ce pas Pascal http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Pascal qui écrivait "Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà."? . Voilà, j'espère que vous m'aurez lue jusqu'à la fin :-))) Je vous souhaite une bonne année 2009 !
"Selon moi, pour examiner vraiment un sujet, il faut prendre en compte tout l'environnement culturel de celui qui parle pour pouvoir comprendre d'où viennent ses arguments, quels en sont les ressorts et les motivations, avouées ou non avouées. Ce n'est qu'en en parlant ouvertement que l'on peut éliminer les sujets d'incompréhension et les frustrations."
Tout à fait d'accord, et je vous rejoins sur l'histoire des codes. Je me bats sans cesse dans l'entreprise que je viens d'intégrer pour leur faire comprendre que malgré les mots usuels utilisés, la réception de ces mots et donc leur signification nous est à tous différente. C'est ce que je disais plus haut, c'est l'axiomatisation de la pensée, nous partons du principe que les mots, les théories sont tous partagés et vécus de la même manière, comme si l'espace des mots et l'espace théorique n'étaient pas traversés par nos singularités.
Comme vous le dites Fantie, c'est parce que nous sommes sans doute de plus en plus dans ce singulier qu'il faut parler ouvertement comme le dit Etoile66. Notre approche, même critique, ne crée pas des espaces aussi impartiaux que cela, la mise-hors-de-soi dont a déjà parlé ensemble ce n'est pas à mon sens dans l'espace théorique abstrait qu'elle se loge, c'est le lieu virtuel de l'échange dans son mouvement-même qui la reçoit. La singularité ce n'est pas l'identité fermée, mais une conjonction immanente. Et c'est avec notre attention aux mouvements de cette conjonction, plus qu'aux signes qui la représentent, que nous pratiquons une sortie de nous-même. Parler ouvertement, comme le dit Étoile66, pour moi c'est échapper aux représentations et aux signes, mais être dans le mouvement. Par exemple, on peut sans honte dire : "voilà ce que je pense", l'autre avec son doute peut dire : "attention, ce que tu penses moi je le comprends comme cela", le premier : "moi pas du tout, je vais t'expliquer comment je le vis et je le pense", etc... plutôt que de stigmatiser à tout va... ça prend plus de temps, mais c'est plus enrichissant (je m'inclue le premier dans la non-pratique de la chose...)
Petite remarque Étoile66, il me semble que votre approche est fortement imprégnée aussi d'un multiculturalisme. Je pointe dans vos paroles, et votre manière des similitudes avec des amis dont les parents sont de différentes nationalités et qui voyagent ou ont voyagé beaucoup et/ou ont vécu dans plusieurs pays. Non ?
Après avoir lu attentivement toutes les contributions et le billet lui même, je rejoins le propos d'Oliv92 : le terme "pensée unique" ou "tina" est né aux USA dans les années 80 avant qu'il n'apparaisse en France ou en Europe et à un sens bien particulier. Il se rattache uniquement à la théorie économique du moment dont les penseurs tiennent le haut du pavé ayant accès largement et majoritairement aux médias de façon à imprégner les populations et à leur ôter toute réflexion. C'est la théorie alors mise en oeuvre ou tentée de l'être par l'ensemble des pouvoirs politiques en place. Cela ne signifie en rien qu'il n'y aurait pas d'autres théories mais elles ne restent que l'apanage de quelques intellectuels discutant dans des cercles fermés sans atteindre l'ensemble de la population peu formée à ce type de discussion. A ce titre, E Todd, J Sapir peuvent être classées dans la catégorie anti pensée unique et sont souvent brocardés et ridiculisés par les détenteurs de la pensée unique. Le terme TINA "there is no alternative" est d'ailleurs bien plus explicite que le terme français. Le billet d'étoile66 qui dès ses premières lignes affirme que la pensée unique serait une spécificité française est biaisé dès le départ. Puis sont abordés différents sujets : système éducatif, effet de la pub sur les masses, système culturel autant de sujets intéressants mais loin de la signification du terme "pensée unique". Que le système éducatif français soit basé sur le théorie et le système américain (universitaire s'entend car les études secondaires sont d'un niveau bien inférieur) sur l'étude de cas concrets par exemple, n'a rien de nouveau et n'a rien à voir avec la pensée unique qui règne en maître dans les pays anglo-saxons, en Europe et ailleurs. Le système éducatif français a toujours eu pour objectif de développer l'esprit critique, a t-il tant changé dernièrement ? La pub, la promo (3 boîtes pour le prix de deux), font des ravages également aux USA et ailleurs. La promo, les rabais sans fin font partie (mais pas uniquement bien sûr) des malheurs actuels des grands constructeurs automobiles américains, rabais et promo auxquelles ont succombé les consommateurs américains pas uniquement les français. Les constructeurs allemands se sont-ils interdits toute promo pour augmenter leur volume ou déstocker ?Tant mieux si les allemands sont vertueux dans ce domaine. Pour avoir vécu moi-même à l'étranger je me méfie de ces enthousiasmes sans recul. On pourrait dire également que le système social français (anti pensée unique)qui résiste de plus en plus difficilement sera sans doute utile pour amortir un peu la souffrance de la population et l'aider à traverser ce moment de crise intense due à la pensée unique. A trop vouloir réduire le débat à la comparaison entre l'Allemagne et la France, le débat perd de l'intérêt. La crise est mondiale et mérite une analyse plus globale de la "pensée unique" et de ses ravages mondiaux. Au fait n'y a t-il pas confusion dans ce billet entre "pensée française" ou "système français" bien décrit par ailleurs par E Todd et "pensée unique"d'inspiration anglo saxone. Bonne année Etoile66 et continuez à nous interpeller !!
Cher Dominique, . Merci de vos commentaires. . Je ne partage pas tout à fait votre démonstration. . Le terme a pris en France un sens tout à fait particulier, qui n'est absolument pas connu en Allemagne. Je vous invite à lire ma réponse à Farid à ce sujet. . Et à en lire la description sur le wikipedia français: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_unique et anglais: http://en.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_unique et si vous parlez allemand, je vous recommande la lecture du débat sur le mot "Einheitsdenken" http://de.wikipedia.org/wiki/Einheitsdenken sur lequel on arrive depuis la version anglaise. . Un francophone a essayé d'introduire ce concept dans le wikipedia allemand mais il a été refusée par le comité rédactionnel au motif que ce terme n'avait pas de sens dans la pensée du pays et qu'il était une traduction d'un concept étranger qui n'était pas compris par les gens de locution allemande. CQFD. . En ce qui concerne mon blog, où je vous salue comme invité contributeur, il est bien un essai de comparaison entre la France et l'Allemagne au niveau de la Démocratie, mais aussi de ses bases que sont l'Education des deux populations. . Car c'est par l'Education que les peuples divergent. Un enfant dès sa naissance peut tout apprendre. C'est au fur et à mesure des années que ses facultés d'apprentissage prennent certains plis et que dès l'âge de 7 - 8 ans, il lui devient de plus en plus difficile d'apprendre une autre langue étrangère sans y ajouter une coloration au niveau de l'accent, car il est devenu imprégné de la langue "maternelle". . Les enfants qui ont appris deux ou trois langues dès leur naissance ou dans leur toute petite enfance les parlent sans aucune distinction, elles font partie de leur identité. . Il en est de même des cultures, l'Education y joue un rôle primordial. . Lorsque vous écrivez: "Le système éducatif français a toujours eu pour objectif de développer l'esprit critique, permettez-moi de le mettre fortement en doute. Cela me fait même sourire, car c'est tout le contraire. En théorie oui, on apprend à "disserter", mais en pratique absolument pas. En France, on ingurgite du savoir sans AUCUN esprit critique, il n'y a AUCUN débat dans les classes entre enseignant et élèves. Des enseignants m'ont même écrit sur d'autres blogs qu'ils avaient en face d'eux des "élèves" et non des "enfants". Les profs dictent les élèves écrivent et apprennent par coeur. . On ne leur apprend pas à critiquer les profs, au contraire, tout est fait pour le "respect de l'autorité". J'ai de longs débats à ce sujet avec mon frère qui est proviseur. . Excusez-moi, mais quand mon fils a vu comme titre de son livre de géo de 1ère S. "Le rayonnement de la France dans le monde" en 2000, il m'a dit "tu te rends compte, maman, ils enseignent ça et personne ne dit rien." Où est l'esprit critique. Il n'a aucune place en cours. . Je connais tout autre chose du côté allemand. Voir ce que j'écrivais sur la maternelle, car c'est LÀ que tout commence, sur ce fil: http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-lelievre/301208/les-maternelles-et-les-innovations-pedagogiques notamment ici: http://www.mediapart.fr/comment/reply/30564/87310 La réponse de Yolaine de Dublin est intéressante, car elle confirme un peu: http://www.mediapart.fr/comment/reply/30564/87411 . Je pourrais vous écrire des tas d'exemples, de faits, depuis la maternelle jusque dans les entreprises et les armées... qui montrent que les enfants français ne sont pas formés à l'esprit critique dès la maternelle, ni à l'exercice de la démocratie ou ne sont pas du tout préparés à être des consommateurs avertis ou des téléspectateurs critiques. . Le magnifique fil de Judith sur @si devait être utilisé dans toute l'Education nationale, non pas des cas inventés, mais la pratique de tous les jours: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1505 http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1506 . Aux Français "critiques" on peut "vendre" un produit "gratuit" comme nous le voyons tous les jours, alors qu'en Allemagne, les citoyens sont éduqués et ne croient pas ces mensonges, comme l'a constaté Luc Chatel récemment, voir dans l'article ci-dessus.
@ Etoile: je vous ai lue ! -J'ai retrouvé dans votre réponse beaucoup de choses lues dans des comptes-rendus d'expériences interculturelles franco allemande (échanges jeunesse). -Votre notion de "choc interculturel" elle aussi a été reconnnue et travaillée par des chercheurs (Margalit Cohen-Emrique, je crois). -Enfin, concernant le rapport à la théorie et à l'expérience, le sociologue Michel Crozier entre autres a montré la différence de formation des dirigeants français et allemands, et ses conséquences pratiques (je crois du moins que j'ai lu ça dans son livre, La crise de l’intelligence, InterEditions, 1995) -De plus, tout cela "parle" à mes expériences interculturelles personnelles.
Je n'ai pas le temps ce soir de poursuivre l'échange, mais je suis contente qu'il continue, y compris avec les critiques stimulantes de Dominique Gautier, que je partage : "Le billet d'étoile66 qui dès ses premières lignes affirme que la pensée unique serait une spécificité française est biaisé dès le départ. Puis sont abordés différents sujets : système éducatif, effet de la pub sur les masses, système culturel autant de sujets intéressants mais loin de la signification du terme "pensée unique".
A bientôt, et merci d'accepter nos critiques. Comme le dit Stéphane Léger plus haut, le moyen de sortir de nos impasses interculturelles et interpersonnelles est sans doute de se parler franchement de nos perceptions les uns des autres.
Chère Etoile66, Je ne vous convaincrai pas et je ne le cherche nullement. Mais si je ne reprend que votre entrée en matière : "L'expression "pensée unique" est inconnue dans d'autres langues, souvent intraduisible ou si on le traduit, les habitants d'autres pays ne comprennent pas ce que cela signifie." je m'inscrit absolument en faux car "TINA" a exactement le même sens. Si ce terme n'est ni connu, ni compris en Allemagne, il l'est parfaitement dans beaucoup d'autres pays contrairement à ce que vous affirmez dans votre introduction.Tout développement basé au départ sur une affirmation erronée affaiblit toute la suite de votre démonstration. Vous poursuivez contre vents et marées votre objectif constant de comparaison entre l'Allemagne et la France en reprenant dans votre réponse les arguments déjà parfaitement développé dans votre billet, sans plus. Je ne suis absolument pas "franchouillarde" mais votre obsession m'interpelle.Les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui dans le monde ne proviennent hélas ou tant mieux ni de la pensée française, ni de la pensée allemande d'ailleurs mais de la pensée unique inspirée du monde anglo saxon, théorie néo libérale de Milton Friedman et au pouvoir dans les démocraties occidentales depuis Reagan et Tatcher, celle du laisser faire, chacun pour soi dieu pour tous et que le meilleur gagne et je vous avouerai humblement que c'est ce qui me préoccupe actuellement. Lisez Joseph Stiglitz à cet effet. c'est ce qu'on appelle également à travers le monde le "consensus de Washington" Il parait que ses livres se vendent très bien en Allemagne. Quant à la diversité du monde, à la diversité des cultures, je pense pour ce qui me concerne que c'est une richesse, même si chacun doit chercher à s'améliorer. En ce sens les travaux d'E Todd sur l'origine de la diversité du monde m'ont passionné. Il parait de ses livres font un malheur également en Allemagne. Merci néanmoins d'avoir poursuivi le débat. Bien à vous Dominique (au fait Dominique au féminin, un confusion qui me poursuit !!!)
Chère Dominique, . Que le débat est difficile quand il est écrit et qu'il y manque tout le côté communication non verbale! . Merci de votre réponse. Sur l'introduction, vous avez raison, ce mot est inconnu dans son sens en Allemagne, mais il est compris dans d'autres pays. Cependant, il est beaucoup plus complet dans sa pratique française que le terme "il n'y a pas d'alternative". . Désolée de vous déplaire, mais je connais beaucoup mieux la France et l'Allemagne que le "monde anglo-saxon" dont vous parlez et dont tous les journalistes parlent. D'ailleurs, j'aimerais bien savoir ce que vous entendez par là. Les USA et la GB ?. . Eh oui, je compare deux pays sur de nombreux points et continuerai à le faire sur mon blog... Les journalistes n'informent pas du tout sur ce pays, car ils ne parlent pas allemand, pour la majorité d'entre eux et véhiculent depuis des décennies des idées fausses et totalement décalées sur ce pays, en parlent sans le connaître et formatent ainsi la pensée commune. Je le constate au fil des articles de presses et des reportages et cela fait mal de voir et d'entendre des gens parler d'une chose qu'ils ne connaissent pas et de véhiculer ainsi des incompréhensions, des préjugés et des contrevérités graves. . Alors, puisque vous êtes sur mon blog, si vous le voulez bien, je continuerai "contre vents et marées" à parler de l'Allemagne et de la France, les deux pays que je connais le mieux. Car, comme le disait St Exupéry "Si tu diffères de moi, loin de me léser tu m'enrichis." . Et ce n'est qu'en prenant connaissance de nos profondes différences que nous comprendrons combien nous sommes complémentaires et quelle synergie nous pouvons trouver ensemble au lieu de nous opposer. Mais cette synergie n'est possible que si nous nous connaissons très bien. C'est cela l'Europe ou cela devrait être ainsi par de nombreux échanges mutuels. La France et l'Allemagne ont une frontière commune et resteront donc voisins pour toujours, mieux vaut bien se connaître et s'apprécier que le contraire. . C'est comme dans un couple, un partenariat, ce n'est que quand on connaît bien l'autre - ses qualités, ses défauts, ses réactions dans les différentes situations - que l'on peut construire une vie ensemble. . Les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui dans le monde ne proviennent ... ni de la pensée française, ni de la pensée allemande d'ailleurs mais de la pensée unique inspirée du monde anglo saxon, théorie néo libérale de Milton Friedman et au pouvoir dans les démocraties occidentales depuis Reagan et Tatcher, celle du laisser faire, chacun pour soi dieu pour tous et que le meilleur gagne et je vous avouerai humblement que c'est ce qui me préoccupe actuellement. C'est votre vision pour la France. . L'Allemagne a toujours tenu à "l'économie sociale de marché" qui a certes souffert de l'influence américaine, mais qui est toujours vivante depuis Ludwig Ehrhard. Cette "économie sociale de marché" cherche à obtenir et maintenir à la fois une croissance élevée, une faible inflation, un faible chômage, de bonnes conditions de travail et une protection sociale. On l'a aussi appelé en France "capitalisme rhénan". En voici la définition: . Le capitalisme rhénan se caractérise par : * un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la Bourse dans le financement des entreprises, * une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés, * un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises, * un système de protection sociale très développé, * une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements. . Il n'a pas disparu et retrouve même dans la situation actuelle un regain d'attention. Angela Merkel l'a justement mentionné dans son dernier discours. . Les travaux d'E Todd sur l'origine de la diversité du monde m'ont passionné. Il parait de ses livres font un malheur également en Allemagne. J'apprécie beaucoup E. Todd et son discours souvent en décalage avec la "pensée unique". Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il écrit mais je l'apprécie beaucoup cependant, j'aime son raisonnement clair. . Au plaisir...
Chère Etoile66? je réalise combien il est difficile de débattre par écrit et de se faire comprendre. Loin de moi l'idée que l'on ne puisse pas comparer l'Allemagne et la France ou tout autre pays d'ailleurs. c'est grâce à ces deux pays et aux efforts mutuels de ses dirigeants qu'a pu se construire l'Europe même si j'appelle de mes voeux celle ci à se réformer. La mésentente actuelle est d'ailleurs négative pour faire avancer positivement les dossiers. Chacun de ces 2 pays est indispensable à l'Europe, chacun ses points faibles et ses points forts qu'il est toujours utile d'analyser. Il n'en reste pas moins que l'ensemble de vos interventions visent à taper systématiquement sur l'un pour mieux glorifier l'autre. Ce parti pris systématique n'inspire pas le rapprochement qu'il faudrait et invite au repli dans la discussion. Comme vous le dites si justement, en reconnaissant à chacun ses qualités comme ses défauts le débat serait finalement plus constructif. Quant aux journalistes français qui informent mal sur l'Allemagne, reconnaissez que le plus souvent ils informent mal également sur la France. Le capitalisme Rhénan dont vous parlez, même en vivant en France et mal informée, je sais de quoi il s'agitt et n'ai à aucun instant critiqué son efficacité. D'ailleurs ai je le moins du monde critiqué l'Allemagne dans mes commentaires, non. Bref nous nous éloignons du sujet. Bien à vous et bonne année
"Vous iriez passer vos vacances en Allemagne, vous?" (Nicolas Sarkozy, dans une de ses multiples interprétations du bon sens populaire à caresser dans le sens démagogique)
Car n'est-ce pas un des clichés les plus solidement ancrés parmi les Français? Un de ces poncifs qui à coup sûr feront de lui "un des nôtres" dans son travail constant de démagogie médiatique orchestrée par ses experts en communication?
Moi aussi, c'était le cliché que j'avais sur l'Allemagne, avant de la visiter pour la première fois en adulte. "La Ruhr", "les paysages industriels pollués", "le froid et la pluie", bref, vous voyez le topo. Ce n'est que quand j'ai commencé à traverser l'Allemagne (en autostop) pour me rendre dans les pays de l'Est puis dans les pays du Nord, que j'ai découvert (depuis l'autoroute, première et incontournable vision) une Allemagne aux antipodes de ce que mon imagination française avait conçu.
Le jour et la nuit, pour tout dire, car cette omniprésente sensation de communion et de respect avec et pour, comment dire, "la végétation et les arbres", mais aussi humainement la sensation d'évoluer en confiance parmi des gens empressés à se servir de leur anglais, entre autres ouvertures, et la propreté, le bon état général de tout ce qui est installation publique ou mobilier urbain etc, tout ça me procurait un immense plaisir, qui plus est totalement inattendu pour moi qui pensais traverser l'Allemagne le plus vite possible sans y accorder d'intérêt.
Je remarquais aussi les mauvais aspects bien entendu car il y en a (je ne suis pas ici en train de dresser une sorte de tableau enchanteur biaisé), mais le "fameux" cliché des "vacances en Allemagne", effectivement venait spontanément à l'esprit, sauf que c'était pour comprendre avec bienheureuse surprise que, bel et bien, l'Allemagne est certainement un pays où on peut passer de merveilleuses vacances (du moins si on cherche à se soustraire du stress et du speed quotidien qui, sinon, nous suit comme une ombre sur tout le parcours de "Bison Fûté" puis chaque jour qu'on continue à faire des queues interminables et énervées pour tout ce qu'on fait ou achète, le tout dans la chaleur écrasante de chambres d'hôtel mal aérées ou de promiscuités, euh, "sympathiques".
Mais bon, Sarkozy a raison: "Vous ne passeriez pas vos vacances en Allemagne, bien sûr que non!" (et c'est tant mieux pour ceux qui ont intérêt à garder leurs préjugés et clichés de formatage aux opinions et à la "chair à audimat" qui sont leur fonds de commerce immuable)
Chère Dominique, Cher Axel, . Merci de vos contribution. . Axel, j'ai vécu le même étonnement, la première fois que j'ai découvert l'Allemagne que l'on m'avait vendue comme pays triste et pas marrant. . Deux anecdotes familiales à 30 ans d'intervalle. . Quand je suis partie de Bordeaux, je suis allée dire au revoir à ma grand-mère et mon arrière-grand-mère. Elle était assise au coin du feu. Elle m'a demandé où je partais. Je lui ai répondu "En Allemagne". Elle a répondu brutalement en levant la tête "Tu n'as pas peur ?". Je l'ai souvent raconté à mes étudiants à Hambourg. . Il y a quelques années, lors d'un repas de famille en Gironde, je discute avec la fille d'un cousin, elle a 18 ans et va passer son bac. Je lui demande si elle a fait de l'allemand à l'école. Elle me répond: "Non, j'aime pas les Allemands". Je lui demande: "Ah bon. Tu en connais ?". Elle me répond: "Non". . Puis, au bout d'un instant, elle se ravise et me dit: "Si, j'en connais une, elle est dans ma classe". Je lui demande: "Alors, elle est sympa ou pas?". Et là, la réponse m'a sciée... "Oui, elle est très sympa, mais c'est parce qu'elle vit depuis longtemps en France!!!". Elle a donc profité de la "civilisation" française, sinon elle n'aurait pas été "sympa"... . C'est un peu comme la question de Sarkozy , question suggestive qui en dit long... . D'ailleurs que n'a-t-on pas entendu du style de Sarkozy "Vous iriez passer vos vacances en Allemagne, vous ? juste avant le championnat du monde de foot ! Et pourtant ce fut une merveilleuse fête dans tout le pays, sans accrochage, avec une joie véritable et saine. C'est à cette occasion d'ailleurs - fait historique - que le drapeau allemand est apparu dans les rues, lui qui était caché par une certaine honte d'être allemand due au conflit et à la dictature vécue. . Et que n'ai-je pas entendu comme réflexions en France depuis des décennies quand je dis que je vis en Allemagne, du style; "ça doit pas être marrant tous les jours! . Quand je leur demande pourquoi ils pensent ainsi, ils me regardent ébahis ne trouvant pas les arguments ni les mots, car c'est tellement évident pour eux - qui n'y sont jamais allés - que ne pas le penser témoigne d'une bizarrerie particulière... . Je pourrais citer des centaines d'articles de presse en ce sens qui formatent toute la pensée d'un peuple. . Quand je suis arrivée à Hambourg, dès que j'étais dans le métro, un plan à la main, toujours des gens se sont arrêtés pour me proposer leur aide. Quand j'étais avec la poussette dans le métro, toujours des gens m'ont aidée à descendre les escaliers, sans que j'ai besoin de demander quoi que ce soit. Le respect mutuel et la politesse m'ont étonnée, moi qui arrivais de mon Sud-Ouest natal où c'est du "chacun pour soi". . Je confirme donc 100% ce qu'écrit Axel. . Pour répondre à Dominique sur mes contributions sur l'Allemagne et la France. Etant donné que tous les médias et la plupart des Français pensent comme l'a décrit Axel et comme je le décris plus haut, je pense qu'il est important de montrer justement le contraire et ce qui me plaît particulièrement en Allemagne, à moi, Française du Sud-Ouest de la France. . Je n'ai jamais dit que ce pays était parfait, mais dans bien des domaines, il a des côtés qui sont plus agréables qu'en France. . Ne pas vouloir le voir, est triste et ce n'est pas mon problème. . Ce que j'aime quand je suis en France, ce sont les longs repas avec les amis, les paysages de la côte Atlantique. La bonne cuisine... mais c'est bien pour les vacances. . Pour le reste, la vie de tous les jours, les administrations, l'économie, etc. c'est plus simple et plus respectueux en Allemagne qu'en France. Tout y est plus simple... . Je n'ai jamais eu l'impression d'y être considérée comme une imbécile, alors qu'en France, les 2 ans que j'ai passés à Paris m'ont montré l'état d'archaïsme monarchique dans lequel vivent les administrations et leur non-respect du citoyen. Avant de vivre en Allemagne, je considérais que c'était la normalité, après, j'ai eu des difficultés à supporter cette suffisance, ce mépris, cette infantilisation de la société dans son ensemble. . Il en est de même pour l'état des médias. Arrivée à Paris, nous avions l'impression d'être en cage, ou sur une île au milieu d'un immense océan, en regardant les JT sur toutes les chaînes. Il y avait la France, la France, la France.... et en fin de journal, quand il y avait une catastrophe quelque part dans le monde, on parlait du reste du monde hors de France. Terrible enfermement qui donnait l'impression d'étouffer. . Puisque je suis sur mon blog ici, je peux dire ce que je pense, tant pis si certains ne l'acceptent pas. A eux de faire la preuve par 9 du contraire. Je leur répondrai volontiers. . Je pourrais citer des tas d'exemples très clairs qui s'étalent sur des décennies... . La France a besoin d'évoluer, de s'ouvrir sur le monde, et de respecter ses citoyens, vraiment...
A vous lire, on finirait par croire que vous regrettez que la France ne soit pas devenue allemande … Pour moi, d’ailleurs ce n’est pas très important d’être française, allemande, chinoise, éthiopienne ou autre… Mais je crois quand même que tout est relatif et que dans chaque pays il peut y avoir des moments où l’on se sent bien . Un jour, je suis allée dans un pays où l’on mange uniquement avec les doigts ! où les bébés sont sur le dos de leur maman et prennent le sein quand ils ont faim et où tout le monde sent concerné par l’éducation des enfants ; c’est bien ça aussi, non ?
Un jour, je suis allée dans un pays où l’on mange uniquement avec les doigts ! Moi aussi. J'ai même beaucoup apprécié de partager la vie avec les gens qui m'avaient invitée à passer un mois chez eux. Et donner le sein à son enfant est la chose la plus naturelle. J'ai eu le plaisir de le faire également pendant assez longtemps :-)) Mais tout cela n'a pas grand chose à voir avec le sujet... Je suis d'accord avec vous que la nationalité n'a pas d'importance. Mais je parlais de l'organisation de la vie de tous les jours et des préjugés qu'ont les Français vis-à-vis de ce pays voisin qu'ils jugent aujourd'hui comme si nous vivions il y a 60 ans...
D'accord avec AxelJ et Etoile66. Quand je suis arrivée en Irlande, on m'a accueilli avec un "Alors, la French Arrogance, ça existe vraiment ?!" L'"arrogance française", voilà comment les Anglo-saxons nous définissent. et moi, dans mon arrogance toute française, je n'ai pas compris tout de suite de quoi ils voulaient parler. Mais depuis, j'apprends, j'écoute et... je comprends.
La pensée unique, selon vous, serait étrangère au mode de pensée allemand. Les allemands seraient même incapable d'en comprendre le concept. Ce qui, au passage, est fort désobligeant pour les allemands. Je n'en crois d'ailleurs rien. Cette affirmation me parait quelque peu audacieuse, alors que la coalition regroupant les conservateurs et sociaux démocrates qui gouverne aujourd'hui l'Allemagne me parait une démonstration particulièrement aboutie du règne de cette pensée unique un peu partout dans le monde.
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La pensée unique, selon vous, serait étrangère au mode de pensée allemand. Les allemands seraient même incapable d'en comprendre le concept.... Je n'en crois d'ailleurs rien. Exactement. Il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire, mais de VERIFIER en vous informant et en vivant dans le pays pour comprendre. . Ce qui, au passage, est fort désobligeant pour les allemands. C'est plutôt un signe de critique devant les évènements et d'autocritique et remise en question constante... que je ne trouve pas beaucoup en France. Le pays a connu une terrible dictature et a enseigné depuis à ses enfants depuis la maternelle de ne pas croire les adultes sans réfléchir, les a responsabilisés. D'ailleurs, pas de "pions" dans les écoles, ni de grilles aux collèges ou lycées, pas de "portillons" aux métros, etc... . la coalition regroupant les conservateurs et sociaux démocrates qui gouverne aujourd'hui l'Allemagne me parait une démonstration particulièrement aboutie du règne de cette pensée unique un peu partout dans le monde. Cette phrase montre exactement que vous ne percevez pas vraiment ce qui se passe dans le pays. . La coalition a été voulue par les électeurs comme un effort national des grands courants politiques pour résoudre les problèmes socio-économiques résultant de la réunification - ce qui prendra encore des années - de la mondialisation et de la pyramide des âges, dont les citoyens - qui sont au fait des réalités, car elles ne sont pas occultées comme en France (Tchernobyl, le sang contaminé, pas de conséquences de la crise, tout va bien. etc...). . Ce sont donc les citoyens qui ont donc - par leur vote, car le système est plus démocratique et plus respectueux du pluralisme - [ http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/la-france-une-democratie-pluraliste-ou-une-monarchie-republicaine - http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/le-cumul-des-mandats-ronge-la-vie-politique-francaise-appel-a-mediapart ] qui ont dit aux grands partis: "Mettez-vous autour d'une table et au lieu de vous combattre, battez-vous ensemble pour résoudre les problèmes." L'Allemagne l'a toujours fait en période difficile, c'est l'art du consensus qui n'a absolument RIEN à voir avec la "pensée unique. . De même qu'il n'y a pas de grève car on sait mettre l'intérêt commun avant l'intérêt personnel et catégoriel, on l'apprend depuis la maternelle, de même en période difficile on arrête les combats de chef pour le bien du pays. Mais c'est sur la base d'un programme de gouvernement, âprement négocié pendant des jours et des semaines. Tout est fixé et tout est négocié, souvent à partir de positions totalement opposées. A la fin, on arrive à trouver un consensus où tout le monde s'y retrouve, chacun peut dire qu'il a "gagné". C'est le "gagnant-gagnant" que S. Royal a essayé d'introduire dans la pensée française mais qui lui est totalement étranger. La majorité des Français n'a aucune pratique du "gagnant-gagnant" et ne sait d'ailleurs pas vraiment ce que cela veut dire. Faites le test autour de vous. . Et faites aussi le test - que j'ai fait x fois en France - demandez à des gens ce qu'ils doivent faire pour parvenir à un consensus. Vous verrez les réponses... L'immense majorité répond que pour parvenir à un consensus, l'une des parties doit ABANDONNER des prérogatives, RENONCER... Alors qu'en Allemagne, chaque partie a le sentiment de GAGNER. . Non, la pensée unique, ce n'est pas non plus TINA - the is no alternative - c'est bien plus complexe. . C'est une façon de penser en cercle continu. Une pensée en "tiroirs" où l'on ne considère les sujets pour eux-mêmes en en faisant le tour, et surtout en faisant appel à des "intellectuels" déclarés comme tels par l'élite du pays. On oublie de penser le problème en allant dans les sujets annexes, en en examinant tout l'environnement extérieur. C'est parfois très frustrant dans les discussions. . Cette pensée unique est entretenue par ce qui est appelé "élites" en France, et se reproduit par prépas et Grandes Ecoles interposées, financées d'ailleurs par ceux qui ne peuvent y accéder au détriment de l'ensemble du pays. Et on a formaté les citoyens pour qu'ils soient "ébahis" devant ces élites et les considèrent comme super-intelligentes et supérieures. Et elles ont ainsi tout loisir de se maintenir aux commandes d'un pays de 63 millions d'habitants. . Les médias reproduisent, sans aucune autocritique, ce qui est distillé par l'AFP, il suffit de lire la presse quotidienne et d'écouter les radios nationales - étant abonné à l'AFP - pour constater qu'il n'y a même pas de critique journalistique, vite fait, les dépêches sont diffusées telles quelles. . Et moi qui écoute les radios nationales tous les jours - ici je reçois France Inter, France Culture, France Info, Europe1 et RTL - je suis sidérée quand j'entends les commentaires des journalistes sur l'Allemagne, ils les font sans aucune connaissance réelle du pays et voient les choses à travers leurs lunettes franco-françaises faites de préjugés constamment répétés. Comment peuvent-ils voir les réalités. J'ai souvent la rage d'entendre de telles inepties, tant au niveau économique, social que culturel... . Et ceux qui vivent en Allemagne écoutent les journalistes français participer à des émissions où on leur demande leur avis. A part quelques exceptions de qualité, la majorité parlent avec un accent terrible et des fautes qui font mal à les écouter... ce sont eux qui retransmettent les "informations" venues d'Allemagne en France... Pas étonnant que le pays n'ait aucune connaissance ou une connaissance si peu réaliste de son voisin avec lequel il partage une frontière...qui n'est pas amovible. Les deux pays devraient plutôt mieux se connaître que de maintenir de tels préjugés. . Car ils ne pourront jamais bouger les frontières, nous serons toujours voisins :-))) Etc. Etc. etc...
"Exactement. Il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire, mais de VERIFIER en vous informant et en vivant dans le pays pour comprendre." J'aurais aimé que vous apportiez des arguments un peu plus construits, mais bon passons, cela n'est pas le principal. "Ce sont donc les citoyens qui ont donc - par leur vote, car le système est plus démocratique et plus respectueux du pluralisme - qui ont dit aux grands partis: "Mettez-vous autour d'une table et au lieu de vous combattre, battez-vous ensemble pour résoudre les problèmes."" Si je vous comprends bien, les allemands ont donc volontairement voté de telle façon à ce qu'aucun parti n'obtienne une majorité. Il aurait donc fallu pour cela, soit qu'ils se concertent et se répartissent les votes pour arriver au résultat désiré, ce qui est bien sur à la fois impossible et ridicule, soit qu'il existe une espèce de conscience collective allemande, qui influence suffisamment les votes individuels de chaque allemand pour obtenir le résultat obtenu. Il serait intéressant de savoir comment cette conscience collective allemande décide de l'intérêt commun, de qui peut participer ou non, à la coalition chargée de la défendre. Il serait également intéressant de savoir depuis quand cette conscience collective est à l'œuvre. Il n'en reste pas moins plus probable, que si ces partis gouvernent ensemble, c'est qu'il y a peu de chose qui les sépare, ce qui nous ramène donc à une pensée commune, voire unique. Je suis d'accord avec vous pour dire que le système allemand est plus démocratique et plus pluraliste (ce n'est pas très difficile). Je suis nettement plus circonspect sur les tractations ayant lieu après l'élection et ayant abouti à ce programme de gouvernement et à la coalition. Il aurait été certainement plus démocratique de le faire valider par une nouvelle élection.
J'aurais aimé que vous apportiez des arguments un peu plus construits, mais bon passons, .Volontiers... . Si je vous comprends bien, les allemands ont donc volontairement voté de telle façon à ce qu'aucun parti n'obtienne une majorité. Il aurait donc fallu pour cela, soit qu'ils se concertent et se répartissent les votes pour arriver au résultat désiré, ce qui est bien sur à la fois impossible et ridicule, . Exactement et votre question montre que vous ne connaissez pas le pays et transposez le système français... . Je vous invite à jeter un oeil sur ce fil où j'explique un peu le système: http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/la-france-une-democratie-pluraliste-ou-une-monarchie-republicaine . http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/171208/le-cumul-des-mandats-ronge-la-vie-politique-francaise-appel-a-mediapart . Lors de mon premier séjour dans le Nord de l'Allemagne, j'avais 17 ans, la famille dans laquelle j'étais m'a expliqué comment ils votaient. Ils pratiquent le "panachage". Comme ils ont un système électoral plus élaboré que le système français ils ont davantage de possibilités. Voici le bulletin d'une élection législative: .
. L'électeur a donc la possibilité de "panacher" ce qui signifie: . Dans la première colonne, il coche un candidat appartenant à un parti ou non, selon s'il a envie de soutenir un candidat qui a déjà fait ses preuves et a bien travaillé ou s'il a envie de soutenir le parti auquel appartient ce candidat. Dans la 2ème colonne, il coche un parti. . Comme tous les gens sont formés à la démocratie depuis la maternelle, ils utilisent cette possibilité. Et comme ils savent - par des études sérieuses et non des "instituts de sondages" outils des partis comme en France (ex. CSA qui appartient à 100% à Bolloré) - quel est le poids actuel de chaque parti, ils votent en conséquence. . Surtout pour éviter qu'un parti ne devienne trop fort. Des amis ont souvent voté pour un parti qui n'était pas forcément en accord avec leurs convictions, juste pour éviter que leur parti ne soit trop fort et confisque la démocratie. Chaque parti se présente AVANT l'élection avec une décision de coalition: - les noirs feront coalition avec les jaunes, mais pas avec les verts etc... . Les électeurs savent donc AVANT l'élection à quoi ils s'engagent par leurs votes. . Avant les élections de 2005, dans toutes les émissions politiques - plus nombreuses qu'en France - dans tous les sondages, le pays disait à ses politiques: "Accordez-vous pour sortir le pays et faire les réformes indispensables". Pendant des semaines. De sorte que lors des élections, la surprise n'était pas énorme de voir que les électeurs avaient "panaché" pour arriver à ce résultat. . Et après de longues journées de discussions, la grande coalition avait un programme de gouvernement qui était très clair et ne devait pas susciter de malentendus pour permettre à deux partis qui d'habitude sont concurrents, de gouverner le pays ensemble. Et même actuellement, Angela Merkel, avant de prendre des décisions politiques importantes, fait venir les partis qui ne font pas partie de la grande coalition - comme le FDP et les Verts - pour écouter ce qu'ils ont à dire et proposer. Et elle décide avec le Vice-chancelier qui est lui du parti opposé. . C'est une culture totalement différente et qui a fait "sourire" ou plutôt agacé les Allemands lorsque Sarkozy, le lapin duracell, a déclaré: "La France y travaille, l'Allemagne réfléchit". . Vous trouverez ici la réaction allemande que les médias français ont totalement "zappée". http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/251108/france-allemagne-sarkozy-manipule-les-journalistes-repetent-en-choeur La répartie souriante d'Angela Merkel, je l'ai vue et entendue la prononcer à la TV allemande, en répartie à N. Sarkozy: "On peut travailler et penser en même temps, l'un n'empêche pas l'autre, c'est ce que nous faisons". . Tout ceci résulte du système scolaire car tout est lié. . En effet, les enfants ont des cours de politique, de religion, d'éthique, de sociologie, de théâtre, etc... tout ceci manquant en France. . Ils apprennent la pratique de la démocratie dès le jardin d'enfants comme je le mentionnais sur ce fil: http://www.mediapart.fr/club/blog/claude-lelievre/301208/les-maternelles-et-les-innovations-pedagogiques - voir mon commentaire du 31/12/2008 12:06 . Et voici l'emploi du temps d'enfants de 11 ans: .
. Vous y voyez 1) 2 heures de politique par semaine en 5ème et 6ème classe.. ce qui est très différent des heures "d'instruction civique", bourrage de crâne et dont les heures disparaissent au profit d'autres matières pour "finir les programmes"... . 2) 2 heures de religion qui évite la formation de "communautarismes" à la française. La religion musulmane y est intégrée. Plus tard, la matière devient optionnelle et peut être remplacée par des cours d'éthique. . 3) l'art. En école primaire, ils ont 2 heures de théâtre par semaine, je me souviens des représentations pour les parents et personnes du quartier... Très formateur. . 4) Techniques de travail et ORIENTATION, ce qui en France commence beaucoup plus tard. Je lancerai un fil à ce sujet... . Enfin, au bas de l'emploi du temps, vous trouvez une heure "tuteur", qui correspond à l'Heure de vie de classe qui saute en France dans la plupart des écoles. . En école primaire, les enfants d'origine étrangère ont 2 heures de cours de la langue de leurs parents pour éviter qu'ils ne soient analphabètes dans le pays de leurs grands-parents. Il y apprennent la lecture, l'écriture et la grammaire. A Hambourg, par exemple, il y a 2 heures de turc, polonais et l'italien. . Voilà, tout est lié, Démocratie ET Education, l'un ne va pas sans l'autre. . J'espère avoir répondu à votre question. . Il n'en reste pas moins plus probable, que si ces partis gouvernent ensemble, c'est qu'il y a peu de chose qui les sépare, ce qui nous ramène donc à une pensée commune, voire unique. Ce qui témoigne aussi du manque de connaissance du pays. D'ailleurs, hier CDU, CSU et SPD se sont réunis hier pour trouver une décision pour le nouveau soutien à l'économie. Les positions sont assez éloignées les unes des autres. C'est un travail de négociation qui amène toujours un "consensus". . C'est d'ailleurs cette technique de négociation qui permet d'éviter les grèves en Allemagne, je n'en ai connu qu'une vraie pendant les 27 ans passés à Hambourg. Chacun en ressort ayant "gagné", c'est le "gagnant-gagnan" que les Français ne comprennent pas. . Ils se sont d'ailleurs assez moqués de S. Royal pendant les présidentielles qui parlait de "gagnant-gagnant" justement parce qu'ils ne savaient pas ce qu'elle voulait dire...
Oui, c'est un débat très instructif, j'en remercie moi aussi les protagonistes. Puis-je vous demander en particulier, Etoile66, d'après votre expérience (enfin, celle de vos enfants) ou à partir de d'autres documents (je serai content aussi d'y être renvoyé...), comment se déroulent ces séances, ou plutôt ces heures de réflexion collective, que révèle cet emploi du temps? Entre autres, y a-t-il un programme à suivre? Qu'en est-il de l'intérêt des enfants/adolescents pour le sujet discuté, de leur participation? Y a-t-il des évaluations, ou cela jugulerait-il la discussion? Enfin, même si (et parce que) cela ressort bien de ce que vous avez détaillé dans ce message et à travers vos nombreuses réponses, peut-on estimer l'effet de ces heures de classe sur la conception des jeunes, à la majorité, d'une part de la vie politique (non seulement les partis, mais les phénomènes mi-économiques, mi-sociaux); d'autre part de l'exercice d'une profession?
Oui, tout se tient. . Ma réponse dépasserait le cadre d'un simple commentaire, car je n'aime pas trop affirmer des choses sans preuves. Je ne sais pas si vous parlez allemand, sinon je vous renverrai volontiers à des informations en allemand. Je vais en traduire certaines et lancer un ou deux fils comme réponse sur mon blog. . Bien sûr qu'il y a un programme à suivre, il est détaillé par l'administration responsable de l'Enseignement par Land, car l'Education est décentralisée, chaque Land a son ministère de l'Education et les enseignants ne sont pas envoyés à travers tout le pays - comme mon jeune frère a dû le faire après son CAPES, de Bordeaux au Blanc-Mesnil... Une autre aberration du système. Bien sûr que l'enseignement forme tout un peuple. J'avais de nombreux amis français à Hambourg qui avaient des enfants et nous en parlions souvent, nous comparions avec nos neveux et nièces du même âge élevés en France. . L'Education, c'est le point central de toute vie commune, partout. . Les travaux de Hans Rosling sur le développement le montrent aussi clairement. . L'Education, et à mon avis la maternelle, joue un rôle primordial. Quand j'entends Xavier Darcos la railler, je m'inquiète terriblement pour le pays. . C'est là que se "formate" toute une Nation. . Sur le fil très intéressant lancé par Françoise, nous parlions d'éthique et du travail: http://www.mediapart.fr/club/blog/francoise-mesnard/040109/et-si-nous-parlions-du-travail et je reparlais de l'éthique enseignée en Allemagne à de nombreux niveaux... alors qu'en France, on la raillait... . Comme début de réponse, je vous recopie un texte que j'ai écrit sur un autre site: Voici la traduction des missions de l'Ecole primaire de Hambourg: http://www.hamburger-bildungsserver.de/welcome.phtml?unten=/bildungsplaene/Grundschule/Grd_rpl_entry.htm . ---------------------------------------------------------- Culture et Education, missions de l'Ecole primaire. L'enseignement et l'éducation sont dispensés selon les valeurs de la loi fondamentale fédérale et de la Constitution de la ville libre et hanséatique de Hambourg. La mission de l'Ecole est de donner aux élèves la capacité et la volonté - d'organiser leurs relations aux autres selon les principes du respect et de la tolérance, de la justice et de la solidarité ainsi que dans le respect de l'autre sexe et de prendre leurs responsabilités pour eux-mêmes et pour les autres - de participer à une société démocratique vouée au respect de l'humanisme et de s'engager pour une harmonie des cultures ainsi que pour l'égalité et le droit à la vie de tous les êtres humains - de pouvoir respecter leur propre bien-être physique et psychique ainsi que celui des autres et - de prendre leurs responsabilités pour la sauvegarde et la protection de la nature. L'Ecole primaire transmets aux élèves des connaissances et capacités formant la base de leur future formation scolaire. Le travail pédagogique de l'Ecole primaire vise à renforcer la personnalité, la motivation à apprendre, ainsi qu'à maintenir en éveil la curiosité et la soif de savoir de tous les élèves. L'enseignement a pour but d'amener les enfants à apprendre et travailler de manière autonome et leur permet de découvrir un large éventail d'expériences culturelles communes importantes. Les parents et l'école se soutiennent mutuellement pour parvenir à ces objectifs. ---------------------------------------------------------- Quant à la maternelle, très importante, c'est le jardin d'enfants. En voici les missions : http://www.hamburg.de/contentblob/118066/data/bildungsempfehlungen-pdf.pdf
Je vais voir tout cela, merci (y compris pour les sites en allemand, j'essaierai de me débrouiller).
Non, vous n'avez pas répondu à ma question car je n'avais pas posé de question. Vous ne m'avez pas convaincu non plus. Même avec ce système de panachage, que je trouve d'ailleurs plutôt intelligent, on ne peut expliquer comment arriver à un résultat qui impose une coalition entre les partis de pouvoir autrement que par le hasard, ou par l'existence d'une conscience collective, hypothèse quelque peu ironique de ma part. Chaque électeur, même avec les études sérieuses d'opinion et l'excellente éducation politique qu'ils ont reçu, ne sait pas ce que votera les autres. On pourrait à la limite l'admettre dans un système bipartiste, chaque électeur pouvant alors voter à la fois pour les 2 partis, mais ce n'est pas le cas ici: il y a de nombreux candidats et partis. Je maintiens par ailleurs que les partis de la coalition sont sur les grandes lignes d'accord, et que leur divergences se situent à la marge. On peut en juger d'ailleurs sur les différentes alternances qui ont eu lieu avant ce gouvernement. Cela n'a pas entrainé de changement de direction majeur. Ce n'est d'ailleurs pas une spécificité allemande, c'est vrai pour toutes les démocraties occidentales. Enfin, et ceci est une vraie question :-), je serai curieux de connaitre le contenu de ces cours de politique qui ont lieu en Allemagne. Sinon je suis d'accord avec vous sur l'importance de l'éducation. . PS: Les français ne se moquent pas tant que ça de S. Royal, ils ont quand même été 47% à voter pour elle.
Même avec ce système de panachage, que je trouve d'ailleurs plutôt intelligent, on ne peut expliquer comment arriver à un résultat qui impose une coalition entre les partis de pouvoir autrement que par le hasard, ou par l'existence d'une conscience collective, hypothèse quelque peu ironique de ma part. . C'est bien là le problème. Il y a une COHESION SOCIALE beaucoup plus forte en Allemagne qu'en France, où elle s'est disloquée ces quarante dernières années. On y voit l'émergence de communautarismes. . Un spécialiste du franco-allemand décrit dans une de ses études que les Allemands sont des "égoïstes sociaux" et les Français des "égoïstes individualistes". C'est bien exprimé, je trouve. . En Allemagne, le groupe prime sur l'individu. Les enfants apprennent à la maternelle une forme simplifiée de la philosophie d'Emmanuel Kant: http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%A9ratif_cat%C3%A9gorique qui peut se résumer en une phrase, très sociale: ""Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle"" Les enfants y sont éduqués avec la question "Si tout le monde faisait pareil, comment serait le monde?" Et cela entraîne une société avec une plus grande cohésion sociale qu'une société où la phrase la plus connue de ses philsophes est "Je pense donc Je suis"... . Et les Français, incrédules, observent et se demandent comment c'est possible... comme vous qui avez des difficultés à comprendre. Je vais vous donner deux exemples pratiques issus de la circulation. Quand nous sommes en France en voiture, plus de 4 mois par an, mon compagnon allemand qui adore la France et parle un français excellent est toujours choqué et agacé de constater comment les automobilistes s'avancent dans les carrefours alors que le feu va passer au rouge. De sorte qu'ils bloquent systématiquement le carrefour quand le feu passe au vert pour la rue perpendiculaire. Pour avoir passé mon permis dans les deux pays, j'ai vu la différence ! . En Allemagne, la cohésion sociale incite toujours à penser aux autres, alors qu'en France, chacun essaie d'avoir la priorité. Il en était de même avec les passage piétons. Mes parents venus à Hambourg dans les années 80 étaient étonnés que toutes les voitures s'arrêtent pour laisser passer les piétons qui mettaient un pied sur un passage piétons. Depuis cette règle est devenue obligatoire en France, par l'intermédiaire de l'Europe, mais n'est pas toujours respectée. . Les Français qui arrivent en Allemagne du Nord, sont toujours interloqués de constater que les piétons attendent le feu vert pour traverser alors qu'il n'y a aucune voiture qui arrive. Les Français traversent. La réflexion de tous les Allemands est "Un enfant pourrait se trouver derrière toi. Toi, tu peux juger, l'enfant lui traverse sans réfléchir et te suit." Donc on pense à l'AUTRE, on respecte le plus faible, l'enfant qui lui ne peut pas totalement juger. Et on en tient compte dans son comportement. . Voilà, j'espère que ces quelques exemples pratiques vous aideront à un peu mieux comprendre ce que j'essaie de vous expliquer :-)) La cohésion sociale, le sens du groupe se traduit aussi dans la politique et dans l'action du vote. . C'est une question d'Education. . Quant au contenu des programmes de la matière "politique" je vais chercher et vous les donner, mais en allemand, car je n'ai pas le temps de traduire :-)
Donc si je vous comprends bien (car j'ai quelques difficultés comme vous l'avez si finement fait remarqué), grâce à une éducation politique dès le plus jeune age, les allemands développent une cohésion sociale qui leur permettent de percevoir où est leur intérêt commun, les partis politiques par de subtiles négociations arrivent donc à une pensée commune qu'ils mettront en oeuvre une fois arrivé au pouvoir. Ai-je bien compris?
Ah, Alain, les raccourcis, ce n'est pas mon truc... Jugez vous-même si vous avez compris... à vous lire, j'en doute... car les choses sont bien plus complexes.
Passionnant débat! Entre gens polis, qui plus est! J'ai vécu 40 ans à la frontière entre ces deux grands pays: l'Allemagne et la France,...MAIS ai le français comme langue maternelle, ai donc été influencé par la culture française depuis ma naissance: ça joue! J'ai vécu 40 ans dans un pays mi francophone, mi germain. Un pays qui portait alors et encore tout le poids de la rancœur qui a si longtemps existé entre Français et Allemands. Et ce n'est pas rien! On pourrait dire que l'histoire de la Belgique est un peu une caricature des rapports franco-allemands. Les francophones ont fait un complexe de supériorité vis-à-vis des flamands, un peu comme les Français ont tendance à faire un complexe de supériorité vis-à-vis des autres nations: "NOUS, Patrie des Droits de l'Homme!". Je caricature, bien sûr!! Les guerres (je parle des trois: 1870, 14-18, 40-45) ont grandement figés les choses, fixant caricaturale ment les conceptions des uns vis-à-vis des autres. Très longtemps (et peut-être n'est-ce pas terminé?), les Allemands ont pensé qu'ils s'étaient "déshonorés" pour longtemps à la suite de la Shoah. Ils ont fait profils bas. Aujourd'hui, ils redressent (enfin!) la tête mais tout n'est pas encore réglé. Par exemple, ils ne prennent pas trop position sur le conflit Israël-Palestine.On ne peut pas ne pas évoquer la Shoah quand on parle de l'Allemagne. Je redonne toujours le même exemple pour définir les différences de culture entre Français et Allemands, à savoir les différences entre la voiture DS et la Mercedes! Des ingénieurs, en autopsiant les deux voitures, nous en apprendraient beaucoup! Comment, en étant si différent, on arrive à deux réussites! Idem pour la musique classique! C'est ça le "génie" d'un peuple! Très difficile à analyser! C'est évident, une alliance franco-allemande est une richesse complémentaire formidable. Maintenant que, depuis 27 ans, je vis en France, je n'ai plus envie de faire ressortir les "défauts" des Français. Ils en ont, bien sûr, mais...Bien sûr, Etoile66 a raison en pensant que les Français tireraient beaucoup de bénéfice en "évoluant", en s'ouvrant, en modifiant les fondements de leur système d'Education. Je ne sais plus qui a écrit le bonheur qu'on pouvait avoir, en France, à discuter de tout et de rien, le soir, sous la tonnelle, quand il fait bon. C'est vrai. J'ai peu voyagé en Allemagne, connait très mal les Allemands. Les compositeurs allemands sont parmi mes préférés. J'y apprécie le goût qu'ils ont pour leur habitations, le respect de l'environnement...mais je suis viscéralement un "latin" et apprécie tellement cet "irrespect" que je rencontre en France: ces véhicules qui s'arrêtent côte à côte pour permettre aux chauffeurs d'échanger, sans trop se préoccuper de celui qui est "derrière" et attend pour avancer (inimaginable dans le Nord sans qu'il y ait coup de klaxon!), ce "quart d'heure de retard" aux rendez-vous qui devient vite "une demi heure"!! Aujourd'hui, j'ai besoin de cette "fantaisie", de ce "laissez-aller", de "cette autorisation à se laisser aller" que je trouve en France. Quelque chose de l'ordre de l'acceptation d'un "imparfait", tellement humain et qui fait du bien pour celui qui y vit! Finalement, à l'heure de l'Europe, toute cette discussion, si intéressante qu'elle soit, a-t-elle encore beaucoup de raison d'être: les jeunes, qu'ils soient français ou allemands, voyagent, vont partout, ne sont-ils pas en train de "niveler" les deux cultures pour en créer une nouvelle, encore plus riche, européenne cette fois?
"les jeunes, qu'ils soient français ou allemands, voyagent, vont partout, ne sont-ils pas en train de "niveler" les deux cultures pour en créer une nouvelle, encore plus riche, européenne cette fois?" Oui M. Philips, ils existent ces jeunes là, mais ce n'est hélas qu'une minorité. Les voyages coûtent cher. Et rencontrer les autres est dérangeant, aussi on peut voyager en évitant la rencontre, parfois, et en restant entre soi. Je crains un peu la coexistence dans chaque pays européens de deux populations : - une partie qui se sentirait européenne, serait interculturelle, prête à rencontrer les autres cultures; - et l'autre partie qui aurrait tendance à se tourner vers la défense de "son" identité.
Sauf que les échanges qui étaient très fréquents entre la France et l'Allemagne, par exemple par les "jumelages" ont presque totalement cessé. Ceux qui participent aux voyages de "jumelage" sont des personnes de 50-70 ans. Seuls les jeunes "intellectuels" ceux qui font des études universitaires, peuvent participer aux programmes "Erasmus". . Pour avoir incité de jeunes Allemands à faire des stages en entreprises en France, je sais aussi que le gouvernement français a réduit les subventions qu'il accordait à l'Office franco-allemand pour la jeunesse. J'ai vu les subventions diminuer d'année en année. . La France a aussi fermé la plupart des Instituts français et des consulats en Allemagne. Une tragédie culturelle.
Et Harz 4, c'est pas la pensée unique?? La pensée unique néolibérale inonde le monde, et en particulier l'Europe. Elle est maintenant inscrite dans le traité européen. Prétendre qu'elle est uniquement française ne correspond à rien... et nie les transformations importantes qui ont touché tous les pays européens ces dernières années. Ce qu'on appelait "le capitalisme rhénan" a en partie disparu. Par exemple : bon nombre de banques allemandes se sont fait piéger par la crise des subprimes, par la spéculation. Le programme Harz 4 mis en place par Schroeder il y a quelques années est en PLEIN DANS LA PENSEE UNIQUE. A savoir : "les chômeurs sont des faineants, ils ne peuvent refuser des offres raisonnables d'emploi sous peine de perdre leurs allocations". C'est exactement ce qui est en train d'être mis en oeuvre seulement maintenant en France. L'Allemagne est donc plutôt en avance sur la France en terme de "pensée unique" néolibérale. Évidemment, il existe une spécificité française abominable, qui s'appelle plutôt le "centralisme", l'ENA, l'élitisme...qui me révulse autant que vous. Je suis issu d'une grande école d'ingénieur, et je sais parfaitement les dégats qu'une telle formation cause en terme de créativité, d'autonomie. Mais il ne faut pas confondre cela avec la pensée unique. Et en Allemagne aussi il existe une forme d'elitisme assez désagréable, avec la conservation du titre de Dr. à tous les niveaux. Une autre forme d'élitisme est à mon avis plus prononcée en Allemagne qu'en France : le machisme. Avez vous des statistiques sur la proportion de femmes au travail, dans des postes de cadres ? Merci s'il vous plait de ne pas essayer de deviner quel est mon parcours et mon etat psychologique ... et donc d'en déduire mon raisonnement à travers ces quelques lignes. Olivier
Olivier, Si vous me le permettez, je vous appuierai avec discrétion. Autant sur le "centralisme", que sur le reste de votre commentaire. J'ai le souvenir, cuisant, de Tony Blair envoyant des réveils-matin aux chômeurs anglais (au début des années 90), et d'un ministre allemand préconisant à un "privé d'emploi" de se couper les cheveux pour en trouver... C'était sous Schröder, je pense. Cela arrive seulement en France. Hélas, cela arrive. Bayrou préconise une politique économique rigoureusement libérale. C'est surtout ça, la pensée unique.
Merci de votre soutien... D'autant que s'attaquer à l'élitisme français est un peu une bataille d'arrière garde... Avec Sarkozy, il est sérieusement menacé... il est déjà remplacé par quelque chose de très différent (la vulgarité, l'inculture, la frime), mais de finalement beaucoup plus dangereux. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Olivier, Vous ne voyez pas que l'élitisme français reste, il se déplace juste. N'est bien vu que celui qui a du fric. C'est moins "intelligent", mais tout aussi diviseur.
Dominique, Votre souvenir n'est pas tout à fait exact. Il s'agissait du Président du SPD - qui a dû démissionner - et qui s'appelait Kurt Beck. Il avait conseillé à un chômeur qui s'adressait à lui que s'il se soignait un peu plus, se lavait et se coupait la barbe, il aurait davantage de chances d'être embauché. Ce n'était pas "sous Schröder" : http://www.focus.de/politik/deutschland/arbeitslosigkeit_aid_120976.html . Vous critiquez de manière partiale, avec vos oeillères... Dommage...
En matière d'oeillères, je le prends comme compliment venant d'une spécialiste. Consternant. Quand vous vous rendrez compte que ce que vous appelez "insulte" commence toujours de votre côté... on aura fait un petit pas.
Alors, Dominique, n'écrivez pas des choses qui ne sont pas exactes et ne les tordez pas pour les faire entrer dans votre vision du monde. Restez-en aux FAITS.
Je vous en prie chère Stern66, Mais votre sortie concommitante sur le fils de F.Mesnard où vous divaguez sur les "intermittents du spectacle", en associant le sujet de manière incroyable (le sujet des "intermittents du spectacle" est tabou en France, tout comme tout ce qui touche à la sphère juive ou musulmane, ou à l'homosexualité, ou à la colonisation, la torture en Algérie, la collaboration sous l'occupation), vous me pardonnerez, montre clairement votre incompétence sur le domaine, et votre absence totale de désir d'en rester, vous-même, aux FAITS. Vous avez même, là, atteint le fameux POINT GOLDWIN. Je vous engage à lire le très bon commentaire d'Oliv92 sur les MODELES, dans le fils de Farid. J'y ajouterais qu'en plus de modèles nous utilisons des grilles de lectures qui associent les modèles. Qu'en l'occurrence vous n'en utilisez qu'une seule, de grille de lecture, et que dès que l'on vous le fait remarquer, vous dévalorisez le contradicteur, vous insultez, vous méprisez. Des grilles de lecture, j'en façonne de nouvelles et j'en jette tous les jours. Pour, justement, n'avoir pas d'oeillères. Prétendre que je suis un suppôt de la pensée unique ferait crever de rire tous ceux qui me connaissent... Vous ne connaissez rien de ce que je suis, mais vos propos à mon endroit sont systématiquement extrêmement réducteurs et dévalorisants. Je vous le répète : ce type d'attitude dévalorise, hélas totalement, l'ensemble de vos argumentaires.
Je continue cependant à me poser une question. Combien êtes-vous derrière le pseudo Etoile66 ? Parce qu'entre les incessants voyages dont vous nous parlez avec longues conversations aux taximen ou aux coiffeuses, les charges d'enseignement, le recrutement de personnel auquel vous passez des heures, les longues lecture de la Bible en Hébreu... et le nombre d'heures que vous passez sur ce site pour asséner votre point de vue, il me semble qu'il y en a trop pour un seul être vivant....
Ne vous inquiétez pas, je suis bien seule... il se trouve que j'ai 57 ans et que j'ai passé ma vie à apprendre, à voyager et à écouter... aujourd'hui je suis à mon compte et dispose de mon temps comme il me semble en fonction des contraintes que je peux gérer QUAND je veux. . Il se trouve que j'ai étudié l'allemand, l'hébreu - que j'ai aussi enseigné - et l'arabe classique... . Je sais, nous ne sommes pas très nombreux dans ce cas, Mais j'ai rencontré il y a quelque temps, une fille extra de 41 ans qui a étudié les mêmes langues et les langues cunéiformes car elle voulait devenir archéologue. Elle est aujourd'hui DAF dans une entreprise et parle tout aussi couramment l'allemand, le français que l'anglais. . Il y a des gens curieux, avides de savoir et de rencontrer des gens du monde entier, et d'autres qui passent leur vie à se lamenter. C'est un choix.
il y a des gens curieux, avides de savoir et de rencontrer des gens du monde entier Je suppose que vous en êtes. Nous sommes donc au moins deux.
Enchantée, alors pourquoi se disputer ? Ne pouvons-nous pas DEBATTRE sans sous-entendus ? . Quant à vos "modèles", faites donc et défaites donc à votre guise, selon vos informations, je ne vous en empêche nullement :-))) . Les "intermittents du spectacle" en France sont un cas qui fait partie des "serpents de mer" ou des "tabous", je vous l'avais dit, dès qu'on cite ce sujet, on se fait taper dessus, AVANT d'avoir même avancé un argument. . Car des arguments, je n'en ai pas encore donné un seul... J'ai seulement écrit que c'était un sujet TABOU, impossible à traiter sans mélanges de "sentiments" comme les autres sujets cités plus haut, vous confirmez donc.
Car des arguments, je n'en ai pas encore donné un seul... Vous faites bien de le remarquer...
dès qu'on cite ce sujet, on se fait taper dessus Vous ne vous faites pas TAPER DESSUS. Cessez de vous poser en victime. Je vous fais remarquer que vous mélangez de sinistre façon des sujets dont on peut se demander comment vous arrivez à les agglomérer : le sujet des "intermittents du spectacle" est tabou en France, tout comme tout ce qui touche à la sphère juive ou musulmane, ou à l'homosexualité, ou à la colonisation, la torture en Algérie, la collaboration sous l'occupation Sortez vos arguments. On débattra. Mais vous ne débattez pas, vous affirmez de manière péremptoire : Le système des "intermittents du spectacle" typiquement français lui aussi est une catastrophe, une exploitation de la richesse créatrice et une mise sous dépendance qui empêche la vraie création. Je vous écoute, sur ce sujet.
Sur les intermittents il y a plusieurs strates. . Pourquoi ce système d'assurance-chômage financé par la collectivité est dévoyé pas les grandes entreprises de production ? Pourquoi tout le monde l'accepte, ferme les yeux ? . Elles emploient et se séparent de ces personnes, pour avoir moins de frais alors qu'elles pourraient très bien les employer à plein temps en structurant le travail autrement. Je veux parler des entreprises comme la TV, les théâtres, etc... . Car c'est la collectivité, donc aussi toutes les personnes qui ne peuvent se payer la culture car leurs revenus ne le permettent pas, qui financent ces activités à la place des grandes entreprises qui elles - se défont de leur responsabilité sociale. . J'ai longuement discuté de ce sujet avec des personnes de ce milieu qui connaissaient un peu l'Allemagne. J'en cite une parmi d'autres: . le régime des intermittents est étroitement interdépendant de la façon dont la diffusion et la production culturelle sont organisées en France. ... En France, les structures culturelles n'ont pas les moyens d'employer et de payer leurs artistes, donc elles aussi comptent sur ce régime, par exemple pour ne pas payer des répétitions, ou payer un jour de travail sur deux.... ou simplement pour avoir encore des artistes et techniciens à employer pour leurs productions... En Allemagne les musiciens bossent, il y a des troupes de chanteurs permanents dans les Opéras (pas en France), il y a 4 ou 5 fois plus d'Opéras sur le territoire. . Ma réponse: Ce que vous écrivez est exact. Mais essayez d'aller plus profondément dans la réflexion et de vous demander POURQUOI cette différence existe entre la France et l'Allemagne. C'est une question de VALEURS et de SOCIETE qui dépasse de loin le fait de savoir si et comment un artiste doit être indemnisé quand il ne travaille pas. Car cette question - certes existentielle pour ceux qui sont concernés - n'est que la toute petite surface d'une question beaucoup plus vaste, une question de société et de ses valeurs - donc la place de l'Art sous toutes ses formes. . Sa réponse: Je dis OUI, sûrement, mais deux choses: - victime du battage médiatique, je me sens un pauvre hère philosophique peu en mesure de pondre une copie sur les différences historiques, sociales et culturelles de la France et de l'Allemagne - peut-être vous joindrez vous à nous quand nous allons causer: -mode de calcul du taux -pérénnisation des 507 heures et du statut et autres pécadilles qui conditionnent directement ce que je mets dans mon assiette tous les jours. . Autrement dit, on n'essaie pas de faire un diagnostic des causes pour apporter des solutions sur le long terme, comme ferait un médecin qui fait l'anamnèse avant de proposer des solutions médicales, mais on pérennise le système car on préfère rester dans l'immédiat. Je pense pour ma part qu'il faudrait faire l'un en parallèle de l'autre pour arriver à trouver de vraies solutions sur le long terme. . Un autre me propose : "Une indemnité Unique de 50 €/jours sur le nombre de jours du mois ( recalculée chaque année en fonction de l'augmentation du côut de la vie ): Cela permet de déclarer toutes ses heures . Un plafonnement de salaires + indemnités = 3000 € nets c'est a dire que pour dépasser 3000 € nets il faut faire 15 jours à 200 € et on touche aucune indemnité, toute somme au dela est tout bénéfice pour l'intermittent" . Pas mal !!! Je suis désolée, mais je cherche où est la cohésion sociale, où est la vision du financement du tout dans un système pérennisé, par qui? Où est la vision pour un système satisfaisant pour toutes les parties pour l'avenir ? Cette discussion a été longue et âpre, je ne vous la citerai pas dans son entier, mais juste la réflexion d'une personne compétente et expérimentée qui m'écrivait: . "votre méthode est inattaquable du point de vue théorique, mais pour passer au concret je sens qu'on va être obligés de changer absolument TOUT le système de financement et de fonctionnement du secteur culturel en France, et ça risque de prendre un peu de temps, vu que depuis LOUIS XIV, pour aller vite, il n'y a eu aucun changement, et qu'en gros, à part quelques-uns tout le monde s'en fout ! ... et leur retentissement au sein de la classe politique est très proche du zéro absolu :-( " . Et une autre à qui je parlais d'emplois stables, me répondait: "Ma femme est chef-costumière, également intermittente, et n'a AUCUNE ENVIE d'avoir un emploi stable." . Donc, c'est la communauté qui finance. Je suppose que l'ouvrier qui travaille à la chaîne aimerait aussi faire autre chose de temps en temps avec quelques semaines sans activités, payées par la communauté nationale. Mais lui, il ne peut pas en bénéficier :-( . Il se trouve que je connais le milieu du théâtre et justement les costumiers dans un théâtre de Hambourg. (Tiens, si ça vous intéresse: http://www.thalia-theater.de/frame.php?LANG=1&nav=3 vous pouvez voir toutes les personnes qui y travaillent) Lorsque j'y habitais, ils étaient employés par le théâtre, et c'étaient les metteurs en scène qui leur donnaient leurs "désiderata" et eux qui les réalisaient. . Un autre écrivait: "Le problème de l'intermittence c'est de ne pas se restreindre aux professionnels (carte pro) ou de subir les fraudes ( par exemple la fraude massive du Puy du Fou qui consistait a payer le double les intermittents un jour sur deux de façon à ce qu'ils beneficient d'un taux d'indemnités conséquent" . Donc, c'est bien ce que je disais, le système est dévoyé et on fait payer la collectivité nationale... sous couvert "d'exception française", de "la France, pays des arts" . Et dès que quelqu'un essaie d'y regarder de plus près pour proposer une autre structure, plus respectueuse de tous les habitants du pays, aussi de ceux qui paient indirectement et qui ne peuvent se payer ni théâtre, ni opéra, ni concerts, etc... levée de boucliers de tous les côtés. . Voilà quelques réflexions... sincères et sans polémiques... J'espère que vous répondrez sans polémique.
Voilà au moins un nouveau point de départ pour un dialogue. Je vous rappellerai cependant que votre premier point de départ est celui-ci :
Le système des "intermittents du spectacle" typiquement français lui aussi est une catastrophe, une exploitation de la richesse créatrice et une mise sous dépendance qui empêche la vraie création.
Votre commentaire ci-dessus est, par contre, entièrement axé sur le financement d'un système social. Je ne vois pas bien comment l'un répond à l'autre. C'est un premier point.
Donc je continue à attendre vos développement sur votre affirmation péremptoire.
Concernant le financement de la culture. Vous évoquez "plusieurs strates". Je ne vois qu'un seul sujet de conversation dans tout votre commentaire : Pourquoi ce système d'assurance-chômage financé par la collectivité est dévoyé (...) Ce n'est absolument pas un sujet tabou. C'est même l'un des principaux "cheval de bataille" de la coordination des intermittents. J'ai moi-même écrit un certain nombre de texte, là-dessus, dont un, ici, http://www.mediapart.fr/club/blog/dominique-wittorski/290908/statut-d-intermittent-du-spectacle-1re-part-c-est-pas-bandant qui essaye de remettre les pendules à l'heure en pointant les lieux communs véhiculés par les médias, lieux communs que vous reprenez intégralement, montrant à votre tour que vous êtes jouet des médias sans le savoir.
Il existe en France quelques tabous, comme par exemple, la sexualité des adultes handicapés mentaux. Ce sont de vrais tabous. Prétendre que le système des intermittents est un tabou est un excès drôlatique, qui devient grave quand on l'associe, comme vous l'avez fait, à la torture en Algérie.
Mais passons. Reprenez donc la lecture de mon billet sur le "statut" d'intermittent, (lien ci-dessus) il vous ouvrira quelques perspectives. Mais ce billet est loin d'être complet sur la question du financement général de la culture, je pense faire un autre billet là-dessus prochainement, mais j'ai déjà écrit que la culture était gravement sous-financée en France, dans les deux qui font suite à ce premier billet (lien sur mon blog, pas difficile à trouver). Je ne peux faire mien aucun des propos que vous rapportez. Je ne nierai pas non plus qu'ils aient été tenu. Il y a des RMIstes qui se contentent du RMI, et alors ? Qu'est-ce que ça prouve ? Que le RMI est un repaire à feignant ? Mais foin. Que puis-je vous dire de plus du financement ? Oui, le statut des intermittents permet de pallier à l'insuffisance du financement public. Je suis le premier à le déplorer. Comme la majorité des intermittents. Est-ce pour cette raison qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain ? Puisque vous aimez comparer l'Allemagne et la France (comparaison n'est pas raison) admettons immédiatement qu'en Allemagne quand on appelle un interlocuteur, directeur de théâtre (du plus grand théâtre), on l'a au bout du fil dans la journée, quand on demande un rendez-vous, on l'a dans les 15 jours, sans simagrées. En France, une année complète peut ne pas y suffire à l'avoir au téléphone. Signalons aussi que le système culturel allemand fonctionne avec des troupes attachées aux théâtres, donc des CDI. Ça fait rêver plus d'un acteur français, même si vous rapportez un propos d'intermittent inverse. Mais, justement, c'est là que j'arrêterai mon propos. Vous commencez vos propos sur l'intermittence en disant : Le système des "intermittents du spectacle" est (...) une exploitation de la richesse créatrice et une mise sous dépendance qui empêche la vraie création. Or, l'intermittence est un système qui a été mis en place pour obtenir la plus grande flexibilité des travailleurs, afin que metteurs en scène et producteurs puissent, d'une production à l'autre, faire appel à qui bon leur semble pour assurer la plus grande liberté artistique. De ce point de vue, on ne peut le nier (si : peut-être vous, j'attends des arguments), c'est une réussite. Chaque production est montée avec "ceux que l'on désire". Le geste créateur est mis en premier. Ce n'est pas sans un tas de conséquences humaines. Moi, je les déplore. Mais cette organisation c'est justement le contraire de "figer des équipes qui ne se renouvellent plus" parce qu'elles sont en CDI, et finissent par pratiquer la consanguinité. Ce dont beaucoup d'amis acteurs en Allemagne se plaignent. Ils s'ennuient.
En clair que voulez-vous dire ? Qu'il faut supprimer les annexes 8 et 10 de l'Unedic, pour les remplacer par le régime général, tout en ne proposant plus que des emplois en CDI aux artistes et techniciens du spectacle ? Je suis preneur. Mais qui croira qu'il est possible de remplacer tous les CDD actuels par des CDI (environ 100.000 emplois à créer... qui ne correspondront à aucune demande d'employeur) ? Ou bien suggérez-vous de supprimer les annexes 8 et 10, et de ne pas offrir le moindre CDI ?
Vous dites encore : dès que quelqu'un essaie d'y regarder de plus près (...) levée de boucliers Là vous me surprenez prodigieusement, parce qu'il me semble que vous militez pour la concertation, pour l'écoute des citoyens, pour la participation des personnes concernées. S'il y a bien un point sur lequel nous allons tomber d'accord, c'est que, en France, ce n'est pas la pratique, encore moins sous Srako Ier, notre Empireur. Et voilà que, ne connaissant rien à la chose, vous proférez trois fausses vérités, reprises de France2, qui sont de vrais mensonges, et qu'il vous semble inconcevable que les premiers concernés tentent de donner leur avis, non conforme au vôtre ? Pardon de vous dire, qu'en dehors du ton péremptoire que vous employez quotidiennement, ce type d'attitude ne laisse pas penser que vous et les vôtres serez capables d'initier du dialogue. Refondons le financement ET les objectifs de la culture, mais pas comme ça.
Que vous dire pour conclure ? Jamais je ne prétendrai que la France est un pays idéal. Jamais je ne laisserai dire que le système des intermittents est idéal. Ni même unique. Je l'ai écrit à Chirac en 2003. Des tas de pays ont leur système. Qualités et défauts.
Si je puis vous rassurer, je ne suis pas un "pur produit de la pensée française", je suis belge, né et "éduqué" (comme vous dites) en Belgique. Ceci, afin que vous puissiez vérifier la qualité de ma parole. Mais je ne peux accepter que vous mélangiez tout, en méprisant votre interlocuteur dès qu'il n'est pas d'accord avec vous. A ce titre, je maintiens que le système d'élection à la proportionnelle en Belgique, similaire au système allemand, est une catastrophe pour la Belgique. Que, donc, ce n'est pas un système qui est bon, mais l'adéquation entre un système et ceux qui l'emploient. A ce titre le système français n'est pas si mauvais que vous dites.
Auriez-vous la gentillesse de répondre à mes questions, ou le dialogue s'arrête-t-il aussitôt ?
Après maints appels pour avoir une réponse, je pense qu'il convient de constater ici un K.O. technique.
Olivier, Ou là, là... vous caricaturez totalement le gouvernement Schröder... Informez-vous s'il-vous-plaît en détail :-))) On en discutera sur un autre fil.
Olivier Je soutiens absolument votre approche. Ceux qui par définition récuse le terme de pensée unique et n'en connaissent pas le sens sont à chaque fois ceux qui en sont imprégnés.C'est un peu comme M Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir.
Etoile66, Je trouve toujours intéressants les apports et réflexions que vous faites de votre expérience de vie allemande comme je trouve enrichissant tout ce qui peut être mis en avant des comportements, us et coutumes d'autres groupes ou cellules de vie et de les confronter entre soi. D'autre part c'est revigorant par les temps qui courent de trouver des individus en harmonie et en symbiose avec la société qui leur entoure mais, ne trouvez-vous pas un peu outrancière cette manière de mettre à mal tout ce qui n'est pas à votre goût ou plutôt au goût de votre propre perception de ce qu'est ou peut être la société allemande? N'est-ce pas tomber un peu dans une espèce de "pensée unique" ? Ne pouvez-vous faire une autre présentation des choses, sans, bien sûr, tomber dans la langue de bois? Ni mon expérience personnelle concrète de la vie, ni la connaissance subjective que mon goût de l'histoire me donne ne me conduisent pas à des sentences si concluantes que les vôtres. Sans grandes envolées lyriques ni intellectuelles, je vais rester très "terre à terre" et ne pas sortir d'une platitude d'observatrice terrienne consommatrice de la chose citoyenne: Mon amie d'enfance est mariée avec un pharmacien allemand, je connais bien sa famille et son environnement. Je connais donc, les trois, aujourd'hui grands, enfants de mes amis allemands et leurs parcours. Je connais aussi les, aujourd'hui grands et petits, enfants et petits-enfants de mes nombreux soeurs ert frères espagnols. Je connais très bien la société espagnole et son évolution. Je connais évidemment, ou je pense connaître, l'évolution et la richesse individuelle de mes propres enfants français et de la société au milieu de laquelle je cohabite depuis 35 années. Je me retrouve dans l'impossibilité de donner un satisfecit totale aux uns par rapport aux autres. J'ai aussi une expérience africaine à apporter à propos de l'intervention de "sages" maliens, les "anciens" d'un quartier de Bamako qu'un jour, suivant leurs traditions, par leur intervention pacifique mais ferme auprès de l'un de leurs, devenu haut dirigeant dans leur gouvernement qui perdait un peu le sens du rationnel, ont empêché et mis à mal le désir de cet homme de priver la femme répudiée de ses droits et de ses six enfants au bénéfice de la nouvelle épouse. Sans besoin de tribunaux officiels, simplement par le rappel des faits en réunion publique de quartier! Il y a tellement de choses à améliorer sur soi-même et à reformer au niveau du groupe que c'est vraiment dommage de le faire uniquement par le bas. Que chaque individu, chaque cellule humaine, chaque groupe, chaque peuple comporte ses propres diversités positives ou négatives est ma lapalissade du jour. Qu'il faudrait sortir des sentiers battus de la condamnation de l'Autre et tâcher d'avancer en relevant de plusieurs crans l'étalage de nos évidentes différences, voici la "moralité" de ma digression. Je vous prie de prendre mon commentaire pour ce qu'il est et de bien vouloir continuer de nous informer de vos riches expériences et observations de vie sociale allemande, mais uniquement en évitant de fermer la conclusion que chacun pourrait se faire de par lui même. A mon avis, ce serait peut-être l'une des manières possibles d'aider à lever et à rejeter de notre for intérieur cette chape de plomb de la "pensée unique" que vous dites ne pas exister nulle part ailleurs que dans la société française, et que je crois voir fleurir dans chaque cellule humaine dès que l'on baisse la garde! En toute amitié ibére-franco-allemande!
Chère JNSPD dont je ne connais pas le prénom, . Merci de votre commentaire :-) . Il y a tellement de choses à améliorer sur soi-même et à reformer au niveau du groupe que c'est vraiment dommage de le faire uniquement par le bas. Absolument d'accord avec vous. . Je pars d'une constatation : le terme "pensée unique" n'existe pas en Allemagne - que je maintiens malgré les critiques car c'est le fruit d'une très longue observation, comme un puzzle. Mais je n'ai pas du tout l'impression de "niveler par le bas", au contraire il me semble que j'insiste sur l'importance de l'Education. Justement pour faire évoluer les choses "vers le haut". http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/191208/le-role-de-la-tv-dans-l-acquisition-des-mots-pour-penser-ecrire-et-s-expri http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/191208/l-orthographe-l-illettrisme-contribution-a-la-discussion http://www.mediapart.fr/club/blog/etoile66/090908/les-enfants-francais-n-aiment-pas-l-ecole-pourquoi . Je pense que le pays aurait tout à gagner à mettre le paquet sur l'Ecole maternelle, y mettre de l'ouverture, s'occuper des enfants en difficulté pour leur donner les mots, la compréhension, pour leur permettre d'évoluer au sein de l'Ecole primaire et de ne pas grossir le flot des quelque 500.000 enfants qui quittent l'Ecole sans aucune formation, avec tout ce que cela entraîne de frustrations, de malheur et de violence. . Je vous concède que je suis assez directe et parfois un peu dure, mais j'aime les être humains, chaque être humain est pour moi un cosmos, un univers. Et c'est dommage de ne pas permettre à une grande partie d'entre eux de pouvoir évoluer et s'épanouir. Non pas parce qu'ils l'ont ainsi choisi, mais parce que le système en place ne le permet pas. . Au plaisir de vous lire...
Bon, si je compte bien, cela fait : * Farid * Dominique Wittorski * JNSPQD * et moi qui commençons à douter de la capacité d'écoute de Etoile66 Mais elle, au lieu de se remettre en question, continue dans son approche caricaturale, élitiste et blessante. Triste. Olivier,
Bien sûr que je me remets en question, si le débat apporte des arguments... . Voilà un quatuor fabuleux :-))) Tous les écrits passés en témoignent... . Vous en trouverez sûrement encore plusieurs qui joueront la même musique :-))
Ajoutez moi, Olivier. Mais je persiste à dire qu'Etoile, de par sa grande expérience de vie qu'elle a rappelé un peu plus haut, et sa capacité à dire les choses, aurait beaucoup à échanger avec nous et d'autres commentateurs.
Peut-être pourrait-on discuter de "l'écoute" ? ce que c'est qu'écouter quelqu''un d'autre. Est-ce que "expliquer" quelqu'un c'est la même chose que "écouter" quelqu'un ? Entendre, écouter, expliquer, comprendre. Dialoguer. Quelles différences entre ces actions, et dans quel ordre les mettre en oeuvre ? Il me semble, Etoile, que vous expliquez tout de suite, sans étapes intermédiaires. Vous n'êtes aps la seule loin de là (sur le Net, en plus...) ; mais le paradoxe, c'est que vous semblez aussi vouloir dialoguer.
Fantie, Que signifierait donc "l'écoute" pour vous ? . J'ai pris le temps de relire tout ce fil depuis le début jusqu'ici, je ne vois pas trop ce que vous voulez dire. Je suis donc dépendante de votre "éclairage" pour comprendre ce que vous souhaitez. . Essayez de relire tout le fil, pour avoir une vue d'ensemble... si vous avez le temps. On voit l'enchaînement des interventions. . Si vous avez des arguments pertinents, je ne manquerai pas de me ranger à votre vision des choses.
Voilà, tiré d'un commentaire de Etoile66, ce qui N'EST PAS de l'écoute : "Vous savez, ce n'est pas à un vieux singe qu'il faut apprendre à faire la grimace. Je sais ce que je dis" Cela veut dire (en tous JE le comprends comme cela) : * je suis plus agée que vous donc j'ai raison * je sais ce que je dis, et vous ne le savez pas. J'ai raison et vous avez tort. Olivier
Je n'ai pas le courage de relire tout ce fil, Etoile. Disons que je crois avoir été une personne qui n'écoutait pas vraiment tout en croyant le faire, et aussi une personne qui pensait "non" dès que quelqu'un disait quelque chose ou presque - quelqu'un qui voyait le petit truc qui "n'allait pas". Question d'éducation comme nous pourrions dire. Ensuite, je raccourcis l'histoire, mais à un moment, insatisfaite du rapport entre mon dire et mon faire, j'ai repris ma formation, et là j'ai été confrontée à l'écoute : ou plutôt à quelqu'un qui écoutait les autres, tous les autres. D'où remise en cause de ma part, et tentative d'apprendre cette écoute là. Par diverses voies laborieuses, dont, allers retours théorie pratiques, essais et erreurs, etc..
Donc à la fois je trouve cette discussion très importante, car elle sort des chemins des consensus polis où on fait semblant de s'être compris. Ici, on se dit ce qu'on n'apprécie pas dans les manières de l'autre, plutôt que de rompre, de partir; on tente de se rencontrer quand même. Et à la fois je ne veux pas m'y engager trop avant, pas en analysant les détails des internventions de chacun pour voir les moments où "ça ne s'écoute plus". A mon avis, peut-être faudrait-il un moment de silence, et que cette discussion sur "comment dialoguer" reprenne un jour, ici ou là ?
Ah, chère Fantie, merci de ne pas avoir abandonné complètement ce fil. Moi aussi je suivais tout le temps, et probablement d'autres médiamis. Si vous ne voulez pas relire le tout, puis-je vous suggérer tout de même sa dernière participation par Olivier (07/01/2009 20:31) qui le remet au plus haut de l'estime que nous lui portions avant sa colère, colère partiellement justifiée, et remontée dans l'estime, c'est amusant, qui n'est pas sans rien devoir à Etoile elle-même... :-) :-) :-)
Et pour le moment de silence, oui, il y en aura, et même probablement plusieurs, quelle satisfaction de vous voir dévoiler un tout petit peu de ce qui dans votre parcours personnel, vous fit apprendre à écouter, peut-être? De ceci non plus, il ne faudrait pas qu'on use et élabore trop vite.
Ne prenons pas trop d'assurance, donc, même si, chère Etoile, la magie caractéristique et unique que Mediapart a insufflé depuis sa création, nous aura souvent mis en confiance d'une manière un peu trop directe et libérée?
Merci à tous pour vos contributions, nous avons appris à un peu mieux nous connaître, même si nous avons tous nos expériences de vie, notre style... . J'ai essayé d'expliquer l'histoire du mien à Olivier que j'ai appris à apprécier :-) malgré ses coups de griffes : http://www.mediapart.fr/comment/reply/30596/90599 Merci Axel que j'ai aussi appris à apprécier depuis longtemps... Un salut amical :-) . Merci Fantie, je prends donc votre conseil à coeur et laisse le fil pour quelques jours. . Je viens d'en lancer un autre qui me tenait à coeur depuis longtemps, je sais, je vais encore me faire taper dessus, mais j'y suis habituée. Si vos arguments sont pertinents et avancent des FAITS et non des sentiments, je les accepterai volontiers et en débattrai avec vous. . Voici donc le fil sur les PME: http://www.mediapart.fr/comment/reply/30596/90599 . Au revoir...
En France on apprend a etre le meilleur, a avoir un bon esprit de synthese et a bosser vite. Les allemands nous trouvent arrogants ? Tant pis pour eux.
Tiens, vous avez laissé votre petit commentaire sur tous les fils de mon blog. Quelle activité !!!
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Etatn donné la nouvelle vague qui déferle sur Médiapart depuis cette historique affaire Woerth-Bettencourt, un appel aux archives pourrait s'avérer utile.
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La question que je pose est:
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Médiapart éveille-t-il les consciences ou les endort-il ?
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jpylg