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Plus on est de fous, plus on crie
Le RESF prend la parole sur Mediapart et ouvre un blog. Il y a quelques mois, les membres de la Cimade lançaient une édition participative. Saluons cette diversification de la parole médiapartique sur les terribles conditions de vie imposées aux migrants sans titre de séjour.
Bienvenue à bord!
Alors que, la mort dans l'âme, nous concoctions un billet sur l'horreur de l'enfermement de familles étrangères avec leurs enfants, souvent très jeunes, dans les centres de rétention administrative (CRA) au mois d'août, le Réseau Education Sans Frontières ouvre un blog sur Mediapart pour diffuser le "récit des exploits honteux commis à l'encontre des familles sans papiers par la volonté de Nicolas Sarkozy et de ses collaborateurs".
Et il attaque avec Les enfants qu'on enferme, la longue marche des jeunes familles de toutes nationalités déterminées à construire une vie meilleure en France, face à des préfets qui ont du chiffre à faire. Ce blog s'ajoute au site du RESF, porteur d'informations sur les actions, les contacts, les pétitions, etc.
Au printemps dernier, la Cimade lançait une Edition participative Du côté des migrants ouverte aux acteurs de ce mouvement: "Depuis les permanences juridiques, les centres d’hébergement, les prisons et les centres de rétention où ils interviennent, les bénévoles et salariés de La Cimade témoignent des histoires rencontrées, de l’absurde dans lequel ils se retrouvent plongés, de leur indignation, de leurs tristesses, de leurs victoires parfois et de leurs rires aussi malgré tout… Parce que défendre la dignité des étrangers par le droit trop souvent ne suffit pas, parce qu’au lieu de rédiger recours, dossiers et référés avec des mots pesés, ils sont tentés d’écrire simplement leur indignation avec des mots à eux, ils se proposent de témoigner ici de leur quotidien".
Cet espace complète leur site, riche de témoignages et d'informations sur la condition des migrants.
La démarche de notre blog est encore différente. En novembre 2008, nous la présentions ainsi: "Nous ne sommes pas les seuls à dénoncer la dérive d’enfermement et de rétrécissement que subissent notre pays et l’Europe, avec à la clé une dramatique perte d’équité dans le traitement des personnes. La situation faite aujourd’hui aux étrangers nous semble emblématique de cette évolution. Fini de rire ! N’attendons plus pour changer notre regard sur les migrants qui vivent parmi nous, et nous verrons plus clair sur le sort des autochtones".
En complément à la liste des familles enfermées citées par le RESF, voici un échange de déclarations entre l'archevêque et le préfet de Rennes sur le bien fondé de ces enfermements.
Le 31 août 2011 l'archevêque de Rennes dénonce la rétention des enfants: "Certes, ces huit enfants ont été remis en liberté. Mais pourquoi leur faire subir ce régime d’arrestation et d’enfermement ? Pourquoi, pour un temps, briser leur lien familial ? Pourquoi risquer de les blesser psychologiquement? Il est urgent de trouver et mettre en place une manière de faire qui soit conforme à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, que la France a ratifiée".
La réponse du préfet arrive dès le 1er septembre, "Le préfet d'Ille et Vilaine a indiqué jeudi que le placement en rétention administrative d'un étranger accompagné d'un enfant mineur était conforme à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, après la demande de l'archevêque de Rennes réclamant le respect de la Convention internationale des droits de l'enfant. (...)
Les huit enfants interpellés depuis le 29 juillet et placés en centre de rétention avant d'être libérés ont la nationalité arménienne, somalienne, bengali ou tchétchène, selon le Réseau éducation sans frontières.
L'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant affirme que « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale »".
La préservation de l'unité de la famille, c'est important, en effet. Ainsi, un couple kosovar a été interpellé et placé au centre de rétention de Nïmes le 17 août en vue de leur expulsion. Leurs deux fillettes (5 ans et 1 an) sont confiées à des famille d'accueil jusqu’en 2012 par décision judiciaire, en raison des conditions de vie de leurs parents, privés de droit au travail par leur absence de titre de séjour. Les autorités veulent maintenant obtenir que cette protection cesse et que les enfants soient expulsées, soit avec leurs parents soit à leur suite, dans un deuxième temps.
Martine et Jean-Claude Vernier
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Avec vous et Annah ARENDT, Fini de rire,
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Leurs libertés sont aussi les nôtres, leur enfermement physique résulte du nôtre mental, nous sommes en cause dans ce qui est fait en notre nom de citoyens et qui nous menace aussi à court-moyen terme.
Républicainement, Fraternellement
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Communiqué de presse
Familles à la rue : mettre fin à l’intolérable Des familles, avec des bébés et de jeunes enfants, qui campent sur un trottoir depuis lundi 29 août parce qu’elles ont été expulsées de leur hébergement de secours. A notre époque, dans notre société, ça semble incroyable. C’est pourtant la réalité. Dix familles tchetchènes la vivent à Nîmes, devant les grilles de la préfecture.
Ces familles sont dans des complications administratives diverses. Pour autant peut-on accepter qu’elles en soient réduites à demander ainsi d’être correctement traitées ? Face à cette situation, la question est d’abord humanitaire : il a fallu et il faut porter une assistance matérielle et morale à ses familles. Associations et, spontanément, particuliers se sont portés à leurs côtés.
La question est aussi politique. Cette situation intolérable et indigne de notre République résulte de la stigmatisation des étrangers, de la suspicion à leur égard entretenue par le gouvernement : de la véritable xénophobie d’Etat.
Celle-ci se traduit notamment par une circulaire de mai 2011 du ministère de
l’intérieur qui durcit considérablement l’accès au dispositif d’hébergement
d’urgence des demandeurs d’asile.
La section de Nîmes de la Ligue des Droits de l’Homme appelle donc les Nîmois à :
- Manifester leur solidarité, comme beaucoup l’ont déjà fait,
- Exiger qu’une solution soit trouvée avant que des conséquences graves ne soient effectives,
- Signer la pétition « Un logement pour des familles à la rue ! » proposée
par RESF (Réseau Education Sans Frontières (Sites Web : ttp://lewebpedagogique.com/resf30) et la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).
Lien Communiqué de presse en pdf: LDH-projet communiqu- 010911
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Salut à vous.
Et que puissent au plus tôt aboutir, avec vous, nos justes revendications pour la fin des politiques d'exclusions.
Jean-Jacques M’µ