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Menacés dans leur pays, pourchassés dans le nôtre, les demandeurs d'asile

La main reste suspendue au dessus du clavier au moment de relater les avanies incroyables que doivent supporter des demandeurs d'asile un peu partout en France, en dehors de tout respect des engagements internationaux. Squat-prison à Gonesse, chasse à l'homme à Nice. Des regroupements de citoyens tentent tant bien que mal d'amortir les chocs.

 

Nous avons déjà exposé en juillet et en août la précarité imposée aux demandeurs d'asile, pourtant dûment enregistrés comme tels par les préfectures. La récurrence de situations scandaleuses nous conduit à reparler des calvaires endurés par un grand nombre d'entre eux.

Il leur faut attendre de longs mois pour obtenir la réponse de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) à leur demande de protection. A partir du moment où il les reconnaît comme demandeurs d'asile (ce qui est une première bataille), l'Etat doit leur procurer toit et nourriture, en vertu des conventions internationales signées par la France.

 

La galère niçoise a continué tout le mois d'août.

"Nous vous rappelons que le traitement réservé, le 11 août dernier, aux effets personnels des demandeurs d'asile (vol et destruction par des personnes en uniforme) a fait l'objet d'une plainte déposée auprès du Procureur de la République. (…)

Rappelons que ces jeunes, issus de la corne de l’Afrique et du Caucase, ayant fui les sévices et les dictatures, et ayant déposé une demande d’asile en France, après avoir passé l’hiver dehors puis au PECOS avec le soutien de citoyen-nes et d’associations, ont été hébergés quelque temps par la préfecture (contrainte par la Justice et en choisissant la solution la plus onéreuse !).

 

Depuis plusieurs semaines, de nouveau jetés à la rue malgré les règlements en vigueur,

Ils dorment sur la parking de Paillon, mangent et se lavent grâce aux associations.

Soutenus tant bien que mal par un tout petit nombre de citoyen-nes (autres êtres humains, leurs semblables…).

Ce ne sont ni des délinquants ni des profiteurs.

Ce sont des victimes de dictatures que notre pays a souvent soutenues ;

Ce sont des victimes d’une politique xénophobe de division ;

Ce sont des victimes d’une ambiance locale de mépris."

 

Le collectif de soutien aux demandeurs d'asile (Association pour la Démocratie à Nice, CIMADE, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire, COVIAM, Don Quichotte de Nice, Habitat&Citoyenneté, NPA, Pastorale catholique des Migrants, Secours Catholique, Vie&Partages... liste non limitative) et des citoyen-ne-s engagé-e-s à titre personnel veillent sur leurs abris et leurs maigres bagages, pourchassés qu'ils sont de parking en esplanade, car des opérations de "nettoyage" sont régulièrement organisées.

 

Fin août, une délégation de ces mouvements est reçue à la préfecture des Alpes Maritimes.

"On a donc été reçus. (…) Il a fallu entendre des "perles" du genre :

- "mais, ils ne sont que quatre ou dix maximum ces demandeurs d'asile" (rappelons qu'ils sont 89)

- "avec 320€ par mois et en se regroupant à quatre dans une chambre, ils doivent pouvoir se débrouiller"

- "on les a hébergés à l'hôtel parce qu'il y avait urgence climatique" (Cet hiver, ce sont les associations et les citoyens qui ont pris soin de nos amis)

- "on a mission de lutter contre les campements illicites" (cela veut dire, les amis, qu'il faut créer un campement...licite, non?) (...)

- on a même entendu l'un de nos interlocuteurs considérer que les familles sous EURODAC avaient vocation à rejoindre la Pologne sans délai et que rien n'obligeait à leur hébergement en attendant leur départ (et pourtant, elles ont gagné au Tribunal Administratif le droit élémentaire de se maintenir dans les hôtels jusqu'à leur départ. La justice est pour certain une inutile garniture de la République)

 

Il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte. Alors, pardon pour cette personnalisation, mais j'en ai eu assez, je me suis levé et je suis parti en faisant l'économie des civilités. (...)

 

On humilie en France des demandeurs d'asile et nous on reste avec eux. Plus que jamais ! Nous explorons des pistes de mise à l'abri..."

 

30 août. A l'autre bout du pays, Le Parisien relate la découverte à Gonesse (Val d'Oise) par deux associations d'aide aux migrants d'une soixantaine de demandeurs d'asile squattant depuis plus d'un mois un immeuble désaffecté. "Nous vivons sous la surveillance constante de vigiles et de leurs chiens, nous avons peur de sortir pour nous ravitailler, raconte un réfugié."

 

Comment se fait-il que l'on rencontre un peu partout en France ces situations hallucinantes et indignes, qui sont dénoncées depuis des mois? Cette situation était prévisible, sinon programmée.

 

La procédure de demande d'asile comporte trois étapes, étudiées en détail dans un rapport de La Cimade de janvier 2010, Voyage au centre de l'asile: le dépôt de la demande, son examen par l'OFPRA (22% d'accord de protection en 2009 après élimination des demandes jugées infondées dès leur réception) et un éventuel appel auprès de la Cour Nationale du Droit d'Asile (environ 26% de succès en 2009), Elle se déroule sur une durée de un à deux ans, période longue pendant laquelle l'Etat doit donner au demandeur les moyens de vivre correctement, l'autorisation provisoire de séjour ne valant pas autorisation de travailler.

La réponse institutionnelle à cette obligation, ce sont les Centres d'Accueil pour Demandeurs d'Asile (CADA), gérés par des associations sous contrat avec l'Etat. Le nombre de places en CADA étant généralement insuffisant, les demandeurs non logés reçoivent une Allocation Temporaire d'Attente (ATA) d'environ 316 € par mois, versée par les Pôles Emploi (pas encore résidents et déjà chômeurs... c'est toute une philosophie). Avec une telle ressource, si l'on ne peut pas se faire héberger par des connaissances pour dormir sous un toit, il reste la rue ou le squat.

 

Le début des années 2000 a vu une crise d'hébergement grave, due à une augmentation importante des demandes. Toujours selon La Cimade, "les demandes d’asile ont connu une augmentation continue de 1999 à 2003 puis les premières demandes ont commencé à baisser mais l’augmentation du nombre de réexamens a maintenu à la hausse le nombre total de demandes. Les premières demandes ont chuté de près de 50% entre 2005 et 2007 avant de répartir à la hausse." Tandis que le nombre de demandeurs d'asile passait de 30 000 en 2007 à 39 000 en 2009, la capacité d'accueil en CADA est passée de 20 700 places en 2007 à 21 400 en 2009 - sur l’ensemble du territoire métropolitain (mais aucune en Guyane, où survivent 900 demandeurs d’asile, ni à Mayotte).

 

Une note de mai 2010 décrit un dispositif d’accueil au bord de l’explosion. Au manque chronique de places d'accueil s'ajoutent les effets de la réforme de mai 2009, "qui oblige les demandeurs d’asile à déposer leur demande à la préfecture de région et non plus à la sous-préfecture la plus proche de leur lieu de « résidence » provisoire… Conséquence : un dispositif d’accueil déstabilisé et des demandeurs d’asile livrés à eux-mêmes."

 

En bon français: peut-être que la France va accepter de vous prendre sous sa généreuse protection mais, en attendant, demerden sie sich! ou, pour les latinistes, demerdate fratres!. Les associations et les citoyens de bonne volonté, aussi motivés et inventifs soient-ils, ne peuvent pas, à eux seuls, combler la béance de cet abandon.

 

Martine et Jean-Claude Vernier

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Merci pour votre grand humanisme.

@Martine et Jean

J'aime la France parce qu'il y a des gens comme vous, comme tous ces associations qui se lèvent et s 'élèvent sans cesse et hurlent contre l'injustice faite à mes frères.Merci

Dénoncez et dénoncez encore et les politiques générales et les actes politiques et administratifs particuliers!!!Mais n'oublions pas l'origine de ces malheurs.

"On ne peut accueillir toute la misère du monde " Vous vous souvenez de cette phrase de Rocard qui reçu aussitôt l'adhésion de tous de droite comme de gauche...et est depuis 10 ans répétée à satieté? Et Pourquoi? Pourquoi l'Europe ne peut elle accueillir toute la misère du monde? Alors que nous, nous devons accueillir toute la richesse du monde, celle des grandes entreprises qui n'en finissent pas de nous détruire et de nous voler... Pourquoi ne pas faire le lien, direct, entre l'occupation de l'Afrique ou de la Roumanie par l'Europe et la France . Pourquoi devons nous vous accepter chez nous alors que vous ne pouvez pas ,vous, nous accepter parmi vous.? Certes ce sont les riches qui viennent chez nous et les pauvres qui viennent chez vous..mais n'y a t il pas une relation? Relation entre des modes de vie que vous avez implanté, des terres que vous avez occupée,des artisans que vous avez ruinés, etc...? Bien sur que si...Il faut vraiment que les dirigeants des pays de migrants soient à la solde, porte coton de vos pays riches pour qu'ils ne s 'élèvent pas en disant stop. "Vous maltraitez au fond de vos commissariats ou de vos administrations nos ressortissants nous maltraitons vos prétendus experts et commerçants et entrepreneurs qui vivent de nos richesse..."

Mais plus qu'un affrontement que justifierait la façon dont les pauvres sont accueillis en France il est pourtant une voie que je ne cesse de montrer que mille autres avant moi et plus célèbres et plus doués n'ont cessé de montrer sans résultats : celle du développement des pays sources.

A partir de mon association, en Afrique, je peux employer plus de 10 personnes, et le maraichage que j 'effectue étant modélisable c 'est mille dix mille candidats de moins à l'immigration, plus et plus même si vraiment il était mené une politique visant à aider soutenir les activités locales. Sans elle, sans un changement radical des rapports nord/sud rien n'empêchera les pauvres de venir chez les riches pour un emploi ou un larçin.. tremblez pays riches comme vous le faîtes déja nous n'en sommes qu'au début de l'ère de la peur si vous ne vous décidez pas à prataiquer une politique plus équitable.

ATTENTION!La version tronquée de la phrase de Michel Rocard du 24 aout 1996 est répétée à l'envie par tous ceux qui ne s'engagent pas et pire le FN.

Version complète,avec un "mais":

LA FRANCE NE PEUT ACCUEILLIR TOUTE LA MISERE DU MONDE

MAIS ELLE DOIT SAVOIR EN PRENDRE FIDELEMENT SA PART .

Certes. Mais l'expression "misère du monde" nous semble inappropriée pour au moins deux raisons objectives:

- comme le dit si bien kakadoundiaye ci dessus, nos responsables élus poursuivent depuis longtemps une politique d'assèchement des pays d'où nous viennent ces migrants;

- c'est notre politique de non accueil de ces personnes, qui ne demandent qu'à participer normalement à notre société, qui tend à les confiner dans la dite "misère".

La raison subjective: cette expression surplombante manque par trop d'esprit de fraternité.

Merci pour votre engagement et le relais que vous êtes ici, Martine et Jean-Claude Vernier.

Hasard du calendrier, c'est le 17 septembre, à la veille du concert « Rock sans-papiers » parrainé par Mediapart que se déroulera à Bourges le procès du journal satirique Le Berry Ripou, accusé d'avoir publié une caricature estimée injurieuse envers l'ancien secrétaire général de la Préfecture de Bourges, M. Matthieu Bourrette. Cette caricature, réagissant à l'expulsion particulièrement choquante d'une famille Russe, entendait mettre en lumière l'inhumanité des lois sarkozystes sur les sans-papiers et leur froide application par les services de l'Etat.

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-michel-pinon/020910/le-rappel-lhistoire-une-injure-la-republique

Poursuivons le combat !

Bravo pour votre tenacité.

Exemple à suivre .

Rire Grande humanité Merci pour cette dénonciation .

Et merci pour aider les ROMS!!!Pleurs

Lors de la curée des armées allemandes, animées par la barbarie, un bon nombre de continentaux ont traversé la manche pour gagner le sol britannique, parmi ces réfugiés il n'est à n'en pas douter un nombre de sans papier, sans le sou et en loques,

De nos jours qu'en serait-il, dans notre pays, en situation inverse ?

Pour avoir oublié que" l'Europe imaginée " était un voeux humaniste et ainsi d'en faire une zone du "tout permis aux cupides, les humains sont donc en train d'en payer les conséquences.

Avoir incorporé des pays qui traitent une part de leurs populations en sous hommes, "intouchable" ces survivants du servages,

les cupides s'agitent pour nous entrainer dans leurs bouses.

Le cri du NON !

résonne encore plus aujourd'hui,

Non ! Nous ne fournirons pas le PQ,

Et ces cupides, ....sans... papier les voilà ... Bien Propres !!!

Indécis

De RESF Metz, le 15/09/2010

En Moselle, nous avons connu cette situation de probable mise à la rue des demandeurs d'asile pour non paiement des nuitées par la préfecture.
Mercredi 1/09, tous les hôteliers de Moselle avaient affiché dans leur hall le recommandé du 115 qui indiquait qu'à partir du lundi suivant (le 6) et le 13, les familles seraient toutes mises à la rue pour non paiement des chambres avec retard de 8 mois.
Gros branle bas de combat partout, dès le lendemain, 150 demandeurs faisaient la queue devant le bureau de l'assoc qui gère leurs dossiers et travaille main dans la main avec le 115.
Du coup, pris de panique et craignant des débordements incontrôlables, le conseil d' administration de ladite assoc a indiqué que sa structure fermerait ses portes à compter du lundi 6.
Poursuite de la panique, ordre a été donné aux familles de ne pas envoyer les enfants à l'école car plus de crédits pour la cantine et les transports ... (une nouvelle CLIN c'est retrouvée vide le jour de la rentrée !)
RESF a donc aussitôt été emmener les enfants d'un de ces hôtels à l'école ; et le vendredi 3/09, la préfecture indiquait qu'elle recevrait et les gens qui gèrent le 115 et l'assoc. Les fonds ont très vite été débloqués... (jusqu'à fin septembre) je vous laisse lire les articles parlants !
Le président de l' assoc a obtenu que cela ne se reproduise plus et que les fonds soient versés à l'avance, et non avec cette habitude de laisser courir un retard préjudiciable aux hôteliers.
Le Collectif de lutte contre la misère dont Resf fait partie et qui s'occupe exclusivement des problèmes d'hébergement, a sorti un communiqué indiquant une nouvelle fois que les hôtels n'étaient pas la solution et coûtaient très chers à l'Etat ; qu'il fallait au contraire créer de nouvelles places en CADA.
L'étalage de tous ces chiffres dans la presse ne fut pas ce qu'il y a de mieux pour que le grand public comprenne cette question d'hébergement !

St Brieuc, la cata...

 

De Cimade 22 et RESF 22

 

Bonjour,

 

C'est avec tristesse et colère que je vous informe que cet après midi, je me rends au CRA pour visiter Monsieur Xabalov qui se laisse mourir en faisant une grève de la faim et de la soif.

Il est père de deux enfants scolarisés à l'école de la Croix Rouge à Saint-Brieuc. Il s'agit de Keti 8 ans et de Hvicha âgé de 7 ans. La maman est actuellement demandeuse d'asile, elle est donc en situation régulière en France.

Cela fait 6 jours qui ne s'alimente plus, il a menacé de se pendre, la famille, on peut le comprendre est complètement désespérée.

Il veulent donc briser une famille ce qui est contraire à l'article 8 de la CEDH.

1) suite à ma visite il sera mis en place une pétition sur le site du RESF.

2) une manifestation demandant sa libération sera organisée dans la semaine, ainsi qu'une campagne de mail fax tel sur la préfecture des Côtes d'Armor.

 

 

PS: si je ne peux pas le voir c'est qu'il a été hospitalisé

avec tout mon soutien. Ne lâchez rien là bas.

amitiés

V.

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