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Encore une révolte au CRA de Vincennes
Les étrangers n'acceptent plus le sort qui leur est fait, quand ils sont arrachés à leur vie en France, enfermés pour être expulsés, alors que c'est l'application même de la loi qui leur interdit de vivre la vie qui est la leur. Et les Français, s'ils le savaient, l'accepteraient-ils?
Le mercredi 6 décembre 2011 à 17h, une alerte est postée sur le site de l'ASSFAM (Association Service Social Familial Migrants), présente dans le centre de rétention de Vincennes:
"Dans la nuit du 5 au 6 décembre 2011, entre 4 h et 7 h du matin environ, vingt-deux personnes retenues au centre de rétention de Paris-Vincennes se sont enfermées dans une chambre du CRA 3. Elles contestaient l’éloignement de deux d’entre elles. Ces personnes ont été délogés par la force et dix-huit d’entre elles ont été déférées. Durant l’intervention, les autres personnes retenues au centre ont été, selon leurs déclaration « placées dans la cour, pour certains sans manteau et sans chaussures, » et cela pendant plus de deux heures. A l’heure actuelle, les dix-huit personnes impliquées sont encore placées en garde à vue."
Dès la nouvelle connue, les "veilleuses" se mettent en quête d'information et les détails de la révolte commencent à filtrer. Deux algériens retenus, dont l'expulsion était programmée pour le lendemain, se sont tailladé le ventre pour résister à cette expulsion. Avec leurs 22 compagnons de rétention solidaires, ils ont été transportés dans deux commissariats. Les 22 ont été libérés après environ 12 heures de garde à vue apparemment sans suite. Mais les conditions de l'incident vont être examinées de près à partir des témoignages des étrangers impliqués.
Les deux réfractaires auraient été déférés au tribunal. En effet, le refus d'embarquement est une infraction pénale qui peut vous envoyer en correctionnelle puis en prison, et vous valoir une interdiction du territoire.
A suivre.
Les drames et les révoltes dans les centres de rétention sont récurrents, comme nous le rappelions dans un billet de mars 2011: automutilations, tentatives de suicide, incendies se répètent de mois en mois.
Toutes ces violences pour une politique fondée sur une ignorance insondable des réalités des migrations...
Martine et Jean-Claude Vernier
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Tous les commentaires
Merci Martine et Jean Claude pour votre veille.
Oui, Merci !
Respect...
Monsieur K., l'un des deux Algériens que la révolte de ses compagnons d'infortune a sauvé de l'expulsion, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis assortis d'une interdiction du territoire français, condamnations pour lesquelles un appel est en attente de jugement. Il a ensuite été ramené au centre de rétention bien qu'il soit arrivé au bout de la durée maximale légale des 45 jours d'enfermement. Cela fait donc aujourd'hui 49 jours qu'il y est enfermé. Son compatriote a été expulsé.
Actuellement, monsieur K. vit avec plusieurs lames de rasoirs dans le ventre. Ces derniers jours, il a fait plusieurs tentatives de suicide qui l'ont conduit à l'hôpital. Il est tellement désespéré par son expulsion qu'il a envie de mourir. Ce jeune homme a 27 ans, il vit ici en France depuis 7 ans, il n'a plus aucune famille en Algérie, est proche de ses tantes en France, il gagne sa vie ici, sa vie est ici.
Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui concrètement ?
Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui concrètement ?
Dans ces situations de menace urgente d'expulsion, il y a des campagnes de fax au préfet concerné. Plus de détails en privé.
Ne serait-il pas possible de relayer l'enquête d'Amnesty Internationale sur des décès suspects dans des commissariats français?. Car si Amnesty lance une enquête sur des cas de nationaux que penser pour les Sans Papiers. Les CRA semblent de plus en plus être des zones de non droit.
Une idée à creuser. Nous allons transmettre votre suggestion à la Cimade, présente dans une grande partie des centres de rétention.
Nous n'avons pas eu connaissance de sans-papiers morts dans un commissariat. Un mort dans une arrestation dramatique il y a environ un an. C'est la mort d'un retenu tunisien, peut-être faute de soins, qui a provoqué l'incendie du CRA de Vincennes il y a 2-3 ans. Un suicide au CRA de Nîmes cette année. Les automutilations sont extrêmement fréquentes dans les CRA.
Pour info, Amnesty a un blog sur Mediapart: http://blogs.mediapart.fr/blog/Amnesty%20International