Frontex, mot valise européen à consonance française pour rendre hommage, dit-on, à la belle attitude de notre pays dans la guerre aux migrants extra-européens, c'est une machine de guerre contre "l'invasion" de la plantureuse Europe par de prétendues hordes de mendiants.
La Cimade est l'une des cinq associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) en France métropolitaine et outre-mer. Elle aide les étrangers enfermés à faire valoir les droits qui leur restent pour résister à la logique de l'expulsion. Mais aussi elle témoigne des réalités de cet enfermement par des publication périodiques, comme le font d'autres groupes autour des CRA.
Au lieu de mal payer et mal loger des travailleurs venus de pays pauvres et mal équipés, ne vaudrait-il pas mieux aider au développement de leurs pays, ce qui permettrait, en plus, de ne plus les avoir sous les yeux? Mauvaise idée: les transferts individuels de fonds surpassent très largement les aides publiques au développement.
La "politique de l'immigration" de la France est accrochée au chiffre 30000. Chaque année, 30000 expulsions, 30000 régularisations, et 30000 mariages mixtes envers et contre tout. Trois formes de la souffrance infligée à nos voisins de palier. Si la régularisation répond à des années de galère organisée par une loi très restrictive, le mariage avec un-e étranger-e peut être pour le-la conjoint-e français-e le début d'un cauchemar administratif.
Aux temps anciens du président d'avant, et même un peu après, la rédaction de Médiapart faisait souvent l'honneur de la Une à notre chronique "Droits des étrangers". Alors que, excepté quelques annonces et quelques améliorations à la marge, l'étranglement des étrangers continue comme avant, nous nous interrogeons: le sort fait aux étrangers aurait-il perdu sa signification sociale et politique?
Ils ont 16 ou 17 ans; ils n'ont aucune famille en France ni même, souvent, au pays d'où ils sont venus. Ils sont quelques centaines à arriver chaque année. Ils veulent assurer leur avenir et leur intégration par l'apprentissage d'un métier et par le travail. Comment se fait-il que le pouvoir les rejette de plus en plus dans le non-droit?
Depuis le changement de majorité, force est de constater que la politique de l'immigration n'a pas vraiment été réorientée de manière à répondre aux réalités personnelles et sociales vécues par les étrangers qui vivent parmi nous.
Une politique de l'immigration selon la recette du pâté d'alouette et de cheval: une alouette d'assouplissement pour les familles avec enfants scolarisés installées depuis cinq ans, un cheval de maintien d'un marché de travailleurs au noir, de perfectionnement des procédures d'expulsion, de ciblage des Roms et de destruction de leurs précaires abris. "Apaisée", on vous a dit "apaisée". Circulez: rien à voir, rien à savoir.
Immigration choisie et politique du chiffre, ça, c'était hier. Aujourd'hui, on organise "un maximum d'éloignements, mais dans un cadre transparent", dans une "approche qualitative". Pour l'étranger qu'une loi très restrictive transforme vite en sans-papier, où est la différence?
En vrac, quelques-unes des persécutions ordinaires, vexations et solides menaces envers les étrangers en cette fin février 2013. Vivement le printemps?...