Jean Mézières

Abonné·e de Mediapart

291 Billets

1 Éditions

Billet de blog 23 octobre 2010

Jean Mézières

Abonné·e de Mediapart

Aux casserolades citoyens! Pour montrer votre masse et votre souveraineté!

Grande casserolade locale, puis nationale, reconductible le soir entre 19h00 et 19h05.

Jean Mézières

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Grande casserolade locale, puis nationale, reconductible le soir entre 19h00 et 19h05.
Comme le droit de grève n’existe plus réellement, comme les gens sont ferrés par l’endettement jusqu’à la moelle, par la peur de perdre leur emploi, par les difficultés de la vie, peut-être qu’un jour ce régime d’extrême-n’importe-quoi interdira le son à sa fenêtre à heure fixe et nous obligera à rester silencieux chez soi devant les médias d’Etat pour avaler sa bouillie audio-visuelle?

Les esclaves pseudo-libres des temps modernes qui n’ont plus que cela pour s’exprimer, esclaves emprisonnés dans un pays entier pour tapage diurne! Des esclaves qui ne veulent plus PAYER POUR AVOIR DU TRAVAIL, un comble !

A la manière des argentins, qui ont refusé le dictat des marchés financiers, du FMI, le meilleur moyen de faire entendre le mécontentement des gens devant le mépris de ce régime, c’est de faire éclater sa colère par du son, de la musique.
Pour ceux qui n’ont plus de casseroles, trouvez-vous quelque chose à frapper pour faire de la rythmique !

Cette manifestation est peut-être ridicule, mais trouvez donc un autre moyen légal de protester contre toutes ces injustices !
Tous les français peuvent le faire sans crainte à 19h00 tous les soirs.

L’inutilité de l’Humain. Peut-être que les marchés financiers, l’élitocratie, nos politiques verront qu’il existe encore un peuple qui relève la tête, qui veut recouvrer sa dignité, des citoyens qui ne sont pas des imbéciles stupides et manipulables !

http://www.dailymotion.com/video/xfctc9_des-casseroles-contre-la-reforme-de_news


Des casseroles contre la réforme des retraites!
envoyé par AntiReformeRetraite. - L'actualité du moment en vidéo.

*********************************

http://www.latinreporters.com/argentinepol260102.html

Après le succès massif de la première "casserolade" nationale

Argentine: les concerts de casseroles n'attendent plus que leur chef d'orchestre

Par Christian Galloy

BUENOS AIRES, samedi 26 janvier 2002 (latinreporters.com) - A Buenos Aires et dans les principales villes des 24 provinces argentines, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus vendredi soir dans la rue en frappant bruyamment des casseroles pour protester contre le blocage de l'épargne, contre la corruption des politiciens et de la justice et, globalement, contre la crise sans précédent qui secoue l'Argentine en banqueroute.

Le succès de cette première "mégacasserolade" nationale a élargi le fossé entre la classe politique et la société civile. Mais aucun leader n'a encore surgi de cette révolte. Les concerts de casseroles, qui se poursuivront, attendent donc leur chef d'orchestre.

A Buenos Aires, des "casserolades" ("cacerolazos") improvisées, mais massives, avaient provoqué en décembre dernier la démission du président de centre gauche Fernando De la Rua et de son éphémère successeur péroniste Adolfo Rodriguez Saa.

Pour la première fois, hier, une "casserolade" résonnait sur tout le territoire argentin, à Buenos Aires, Cordoba, Mar del Plata, San Luis, Mendoza, Rosario, Tucuman, etc. Toujours pour la première fois, elle n'était pas improvisée. Des comités de quartier s'étaient concertés à l'échelle nationale pour la convoquer de bouche à oreilles, par affiches et par sites et courrier électronique sur Internet.

Rassemblant hommes, femmes et enfants, employés, ouvriers, chômeurs et retraités, c'est donc un pouvoir spontané, étranger et hostile aux partis politiques et aux syndicats, qui mène aujourd'hui à coups de "casserolades" la contestation contre tout ce qui symbolise en Argentine la corruption, l'inefficacité et la dégradation de la dignité du citoyen.

L'impact populaire et politique des concerts de casseroles est tel que celui ou celle qui en recueillera le leadership deviendra immédiatement une personnalité nationale capable de bouleverser la donne lors de l'élection présidentielle d'octobre 2003. Mais, pour l'heure, ce chef d'orchestre n'a pas encore surgi.

Violents, les pillages et les manifestations de décembre avaient fait 30 morts et des centaines de blessés. La "casserolade" nationale de vendredi fut, elle, pacifique.

Seuls quelques incidents isolés l'ont émaillée, notamment de brefs affrontements à Buenos Aires, sur la Plaza de Mayo qui donne accès à la Casa Rosada (palais présidentiel) et aux abords du Congrès. Au moment où des milliers de manifestants s'y dispersaient, après minuit et sous la pluie, la police a lancé des gaz lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc contre une minorité d'extrémistes. Soixante-sept d'entre eux furent détenus. Dix policiers et onze manifestants ont été blessés.

"Qu'ils s'en aillent tous"

Dans toutes les grandes villes d'Argentine, vendredi soir, le slogan dominant était "Qu'ils s'en aillent tous" ("Que se vayan todos"). Le mot "tous" mettait dans le même sac politiciens, juges et syndicalistes, traités de "voleurs" et de "corrompus". Les banques et le Fonds monétaire international (FMI) étaient aussi vilipendés. Le drapeau national, visible dans toutes les manifestations, soulignait la distance prise à l'égard de symboles partisans.

Un autre slogan très répété, "Elections immédiates", mettait en doute la légitimité de l'actuel président péroniste Eduardo Duhalde, désigné le 1er janvier par une majorité de sénateurs et de députés, c'est-à-dire, aux yeux des manifestants, par le cénacle habituel des "corrompus".

Si des élections avaient lieu aujourd'hui, "aucun des politiciens connus ne serait élu" affirmait vendredi un éditorialiste de la chaîne de télévision argentine "Rio de la Plata".

Initiée par la classe moyenne, celle d'Argentine étant la plus consistante d'Amérique latine, la révolte des casseroles était au départ dirigée contre le gel partiel des comptes bancaires décrété début décembre 2001 par le gouvernement du président Fernando De la Rua et maintenu, avec quelques aménagements mineurs, par le président Eduardo Duhalde.

Aujourd'hui, si les "casserolades" visent toujours le blocage d'une épargne rognée également par la récente dévaluation du peso, elles ébranlent en outre un establishment politique et économique contesté globalement. Ce n'est d'ailleurs plus seulement la classe moyenne qui frappe bruyamment sur les ustensiles de cuisine. Même des "piqueteros", membres des commandos de chômeurs qui coupent les routes depuis plusieurs mois pour réclamer du travail ou des aliments, se mêlent aujourd'hui aux "cacerolazos".

L'union dans la contestation de la classe moyenne et des plus défavorisés est une autre première engendrée par la descente aux enfers de l'Argentine. Avec 45% de pauvres, ce pays de 37 millions d'habitants est devenu, après quatre années de dépression économique, un laboratoire politique et social. Il en émergera soit l'anarchie, soit un modèle inconnu à ce jour.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.