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Murdoch prépare un quotidien «iPad only»

On a tant répété à Rupert Murdoch que le Web, c'était le lien hypertexe et que «si l'on se coupe des liens derrière des murs payants, alors on se coupe d'Internet et de sa valeur réelle» (Jeff Jarvis) qu'il en a tiré la conclusion: il va se passer du Web. Non pas pour se concentrer sur le papier: il va s'en passer aussi. Du moins pour son prochain projet: lancer The Daily un quotidien accessible uniquement sur iPad

Women's Wear Daily apporte aujourd'hui de nouvelles information après les révélations du Los Angeles Times en août: depuis trois mois, le magnat australien ferait travailler au siège de News Corp. à New York, une centaine de journalistes derrière Jesse Angelo (rédacteur en chef du New York Post) pour lancer ce premier quotidien conçu exclusivement comme une application à Noël en version beta puis début 2011 pour le grand public.

Pete Picton aurait également été distrait du tabloïd britannique The Sun pour faire tourner ce quotidien ainsi que Richard Johnson, le responsable de la page potins du New York Post , Sasha Frere-Jones, le critique de musique pop, du New Yorker. Et «de nombreux journalistes talentueux d'une vingtaine d'années» recrutés. Selon WWD, Jesse Angelo veut «une sensibilité de tabloïd avec une intelligence de journal de qualité»: «Pensez à quelque chose comme “Le NewYork Post fait des études”». L'application recyclerait un peu de contenu du reste de News Corp. (notamment les vidéos de sport de Fox Sports, explique le New York Times) mais l'essentiel serait original.

Des ingénieurs d'Apple travailleraient activement sur ce projet qui vise à montrer aux éditeurs, jusqu'ici réticents à abandonner 30% de leur prix de vente à Apple, que l'iPad peut être l'une des solutions de la crise de la presse. The Daily serait vendu 0,99 dollars par semaine (3 euros par mois) via l'InApp Purchase (achat sans sortir de l'application).

Le Guardian explique que Murdoch a été convaincu – suffisament au moins pour y investir 30 millions de dollars – par une étude qui prévoit 40 millions d'iPad vendus fin 2011: «il envisage un monde dans lequel chaque famille disposerait de son iPad à la maison et que ce serait l'objet d'où ils tiennent leurs informations. Si 5% seulement de ces 40 millions de familles s'abonnent à The Daily, ça ferait déjà 2 millions d'acheteurs.»

Evidemment, c'est considérer que les acheteurs seraient forcément anglophones (suffisament pour acheter un quotidien dans cette langue) et passionnés par une actualité largement newyorkaise si l'on regarde le recrutement. C'est croire qu'une publication seule pourrait emporter 5% d'un marché où l'ensemble des titres viennent progressivement et que l'iPad deviendrait le nouvel outil fédérateur des usages numériques de la famille qui s'éparpillent aujourd'hui en une multitude d'objets connectés (téléphones, ordinateurs, télévisions connectées, consoles de jeu...).

Quant à l'usage pluriquotidien, une vidéo du New Yorker qui lance son application iPad donne une illustration involontaire de ce à quoi cela pourrait ressembler:


Lire aussi:

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Appolicious publie une intéressante interview du fondateur de PaidContent, Rafat Ali dans laquelle il explique que (selon lui) les écrans tactiles vont nous faire retrouver des façons de lire que l'on a progressivement oublié: «le déluge d'informations nous submerge et nous sommes désormais stimulé en permanence, mais le fait de toucher les écrans tactiles nous permet, pour la première fois depuis le début de l'ère numérique, de reprendre en main ce flux. Tout devient plus personnel, plus immersif, tout simplement parce que nous repassons par les sens.»

On y trouve comme un écho du nouveau livre de Nicholas Carr (qui avait déjà écrit Is Google making us stupid), The Shallow (adapté de cet article de Wired) dans lequel il explique que l'abus du surf sur le Web, des SMS, des alertes des applications de smartphones, des sonneries de portables nous ont rendu incapable de rester concentré sur une tâche intellectuelle de longue durée: «Auparavant, me plonger dans un livre ou dans un long article ne me posait aucun problème. (...) Désormais, ma concentration commence à s'effilocher au bout de deux ou trois pages. Je m'agite, je perds le fil, je cherche autre chose à faire. J'ai l'impression d'être toujours en train de forcer mon cerveau rétif à revenir au texte. La lecture profonde, qui était auparavant naturelle, est devenue une lutte.»

On trouve aussi des études françaises montrant que le temps maximum de concentration sur un objet de travail s'établirait à 12 minutes.

 

2 millions d'abonnés ça fait rêver mais déconcentrés.

La tablette de lecture Ipad ou autre, en donnant de la quiétude devrait permettre d'être moins sur la brèche en rendant du confort de lecture et de la facilité de consultation.

Payer pour un journal numérique semble entrer dans les moeurs mais si c'est payer pour un seul type de support ça devient une régression. Le couple poduit/support est peut être moins l'objet d'hostilité aux Etat-Unis qu'en France. Restons concentrés !

 

Mario Garcia (un des designer de presse très connus) s'essaie à imaginer à quoi devrait ressembler un tel «quotidien iPad»:

Logo bien visible mais ne prenant pas trop de place (fort contraste noir/orangé)Faire passer le maximum de sens par les images (de très grosses, des très petites), les titres précisant l'angle/la plus value éditoriale. Une utilisation maximisée de l'espace (il y a même des photos dans les «trous» des autres photos)De la couleur, pas de texte (le texte vient ensuite)


Cela fait penser aux «unes composites» à la manière de L'Evénement du jeudi ou de Marianne (par opposition à la «une affiche» à la Libé).

Mais surtout, cela ressemble à deux applications qui remettent précisément en cause le principe de clôture des applications sur iPad, puisque ce sont des lecteurs de flux RSS et qu'ils peuvent intégrer une partie «recommandation sociale»:

Flipboard

Comme le dit Mario Garcia, «the first of anything creates the template. Others will frame it, save it and copy it». Ces deux applications ont créé une norme. Les suivants devront la suivre ou prendre le contrepied, mais se positionner en fonction d'elles.

Addendum: pour insister sur l'importance de la «recommandation sociale», j'ajoute cet analyse de George Nahon, président de l'Orange labs de San Francisco

Le problème du mur payant n'est pas celui de l'hypertexte, mais de l'accès à l'information par les moteurs de recherche. L'accès libre à l'information permet d'attirer les visites, c'est la méthode Google.

L'hypertexte permet de passer d'une page à une autre par un processus "en profondeur" . L'IPAD permet aussi cette accès mais introduit une dimension à 90% qui est le défilement. La consultation se fait par un passage latéral , grâce à l'écran tacticle, très convivial, mais qui n'élimine pas la dimension en profondeur , les deux se combinant : défilement jusqu'à une page où inversement on va consulter des pages sous-jacentes. Le défilement est plus agréable que le passage à des plans successifs lorsqu'il s'agit de photos ou videos et non d'un texte. L'IPAD se prête ainsi particulièrement à une information multimedia, privilégiant l'image sur le texte.

En fait l'IPAD permet une consultation tri-dimensionnelle et multimedia, avec accès direct par une application et non par une adresse internet directe.

Dans la mesure où le rôle d'un journal est d'organiser la consultation par ses lecteurs, s'il réussit à fidéliser les lecteurs sur le site, le rôle du moteur de recherche est ainsi éliminé, et le site peut devenir payant. Il faut reconnaitre que ceci rend captif et passif le lecteur, revenant ainsi aux formules papier. Il restreint le lectorat, mais aussi le cantonne à une information conditionnée. Bien entendu ceci ne gêne pas Murdoch

Oui et non en fait. Parce que les moteurs de recherche ne sont plus le seul moyen d'accéder à l'information, la «recommandation sociale» jouant un rôle désormais essentiel (Facebook est responsable de 10% des visites et 25% des pages vues, si l'on en croit ces chiffres Hitwise publiés hier). Et parce que les applications tendent à reléguer les liens à la périphérie de l'article tant que l'on est obligé de sortir de l'application (donc de quitter l'article) pour les consulter.

On revient donc bien à une lecture plus linéaire, qui évite de s'égayer un peu partout sur le Web au gré des sollicitations.

 

(Voir aussi Is Facebook getting bigger than Google?)

Cela pose la question cruciale de la conversion numérique, c'est à dire le passage du papier à l'écran. C'est un changement radical de médium, et ça change tout! Le problème va se poser aussi pour la littérature avec le livre numérique. A mon avis, surtout pour la presse, la version papier est à terme condamnée. Le support écran et le web le rendent caduc, ne serait ce que dans le rapport au temps. Je ne m'en réjouis pas mais c'est un fait. Cependant, on peut penser que ce support va donner un coté liquide aux informations tandis que le support papier permet de mieux fixer les choses. Du coup c'est un support plus stabilisant, qui permet pendant un temps de s'extraire de ce mouvement permanent et multiforme de l'info. Il est aussi plus approprié pour la lecture de textes longs et denses. Enfin, la dernière chose un peu gênante, c'est que ces nouveaux supports soulignent une dépendance bien plus forte à la technologie (en terme d'équipement, de coût, de compétences aussi...) On n'est plus vraiment un lecteur mais un usager. Du coup, paradoxalement, on se sent parfois un peu plus libre avec un journal papier.

Tant que vous vous sentirez plus libre avec un journal papier, la presse ne sera pas condamnée ;)

En fait le journal papier reste le meilleur écran (il est mat, ne brille pas au soleil, dispose d'une excellent résolution), est parfaitement portable (il ne pèse pas lourd, n'a jamais de problème de batterie ni de connexion lente), vous pouvez prendre des notes dessus, ...

L'interview de George Nahon est intéressante, et inquiétante. Le passage d'une recherche active et individuelle de l'information dans des sources ouvertes et de nature principalement textuelle à une absorption passive d'information recommandée par des réseaux sociaux et largement multimedia est une menace pour l'individualisme et la liberté de pensée et d'expression. Il est clair que le danger des consultations fondées sur la recommandation des amis et réduites principales à des images est d'organiser le panurgisme et l'abêtissement des internautes : à bientôt l'illetrisme général et la pensée à la Murdoch

De fait, il y existe déjà de nombreux services qui se proposent de composer «votre» journal en fonction des choix de vos «amis». Testez donc Facenews, Likebutton.me ou Tooskibuzz si vous avez un compte Facebook, Twittertim.es ou Paper.li en version Twitter et vous verrez que tout le temps de lecture dont vous disposez peut être occupé par cette lecture «sociale», ce qui n'est pas très dérangeant si l'objectif est de nourrir vos conversations, plus si vous comptez vous informer.

La lecture "sociale" est comme les mariages consanguins, elle ne peut qu'appauvrir la qualité de l'information.

C'est un peu ce que dit Andrew Keen (autopromo)

Richard Branson, le fondateur de Virgin, doit présenter mardi 30 novembre à New York (désolé, je ne suis pas invité) son projet de magazine conçu pour iPad, baptisé pour l'instant The Project. On ne sait pas grand chose de plus si ce n'est qu'il semble être très tourné jetset: «culture internationale, design, économie et voyages».

Plus intéressant, Bonnier (groupe suédois) et le studio Berg (anglais) ont également travaillé avec les lecteurs des quotidiens généralistes Dagens Nyheter, Sydsvenskan et Expressen et économiques Dagens Industri et Børsen sur ce que pourrait être une presse du troisième type (ni une déclinaison numérique du papier, ni le réemballage d'un site Web, sans oublier le meilleur des deux mondes: maquette, lisibilité, hiérarchie d'un côté; multimédia, interactif, social, immédiat et à jour de l'autre...)

Rien de très différent de ce qui se voit dans les applications de journaux, mais quelques bonnes idées à retenir:

  • la mise à jour des articles (avec un éventuel «push»)
  • le partage sur plusieurs écrans (iPad, ordinateur, smartphone, pourquoi pas télévision)
  • possibilité d'archiver des articles pour une lecture ultérieure sur n'importe quel support (Instaper ou ReadItLater font déjà cela, mais ici, c'est intégré dans l'application)
  • contact permanent avec les «amis» et recommandation du réseau (ça existe ici sur Mediapart)

Business Insider a sondé 500 utilisateurs d'iPad.

Parmi les résultats, on trouve ces chiffres sur le mode de consultation de l'information en ligne: le navigateur est la première façon de s'informer (contrairement à l'iPhone où ce sont les applications qui dominent, notamment parce que la taille de l'écran exige un reformatage des articles alors que celle de l'iPad permet un confort de lecture raisonnable même si le site n'a pas été «optimisé»). Mais les plus étonnant reste que la lecture via des applications de lecture des flux RSS fait presque jeu égal (28% contre 37% pour le navigateur) avec chacune des deux autres modes testés.

Et voici encore un projet iPad qui doit sortir la semaine prochaine: Nomad Editions, créé par l'ancien président de Newsweek, Mark Edmiston, va proposer des mini-magazines conçues pour les tablettes et les smartphones.

On est plus ici dans le domaine de la presse magazine que dans le quotidien réinventé. On peut retenir l'idée de proposer un kiosque de plusieurs titres et non une application dédiée à un seul magazine.

Sur le site de PBS, un intéressant calcul. Selon la responsable du département nouveaux médias du groupe de presse Meredith, une application iPad haut de gamme coûte entre 75.000 et 300.000 dollars à développer (55.000 à 225.000 euros).

Un magazine comme Wired (groupe Conde Nast) largement cité comme exemple de ce qu'il fallait faire sur ce support vend la sienne 4,99 dollars. Là-dessus, il dégage en fait 50% de marge (30% de commission Apple, plus divers frais de promotion, de maintenance, de création ou d'adaptation du contenu, etc.), donc 2,50$. Pour rentrer dans ses frais, il doit donc vendre entre 30.000 et 120.000.

Cette bible du geek, prêt dès le premier mois de sa commercialisation et donc pratiquement sans concurrence, a réussi à vendre 100.000 applications en juin, alors qu'il vend 73.000 exemplaires en kiosque. Formidable, pari réussi. En juillet, les ventes sont tombée à 31.000, en août à 28.000 et on peut supposer qu'elles ont continuer de chuter au fur et à mesure que les possesseurs d'iPad étaient équipés de l'application Wired et que, parallèlement, l'offre se diversifiait, donc la demande se répartissait sur un nombre croissant d'applications.

Pour beaucoup, les applications, qui coûtent à peine moins cher aujourd'hui qu'en juin à créer, ne se vendront qu'à quelques milliers d'exemplaires. Même la limite basse de 30.000 exemplaires leur est inaccessible.

La rentabilité de cet marché, du moins avec ce modèle économique, est donc limitée à quelques marques parties tôt, quelques pionniers et à deux ou trois applications bien pensées qui changent vraiment la façon de consulter l'information. Pour les autres, l'iPad n'aura servi qu'à développer des agences accréditées Apple qui finissent par vendre peu ou prou la même application au prix fort comme s'ils la recréaient à chaque fois, et bien sûr le constructeur de l'outil.

 

Frédéric Filloux expose les facteurs qui, selon lui, pourrait porter l'expérience The Daily. Il donne le calcul suivant: une rédaction de 100 personnes: 12 à 15 millions de dollars par an (salaires, charges, équipement, frais...). Un prix à 99$ par an, donc 66$ après la commission d'Apple, plus 10$ de revenu publicitaire par utilisateur donnent un revenu annuel par utilisateur de 80$. Donc un équilibre (hors remboursement de l'investissement initital) entre 150.000 et 190.000 abonnés. Soit 0,5% d'un marché (supposé) de 40 millions de tablettes.

Selon des chiffres de l'OJD américain (ABC), les ventes des magazines sur iPad s'effondrent après un premier temps de curiosité et malgré des ventes d'iPad qui, elles, se développent largement: 8.700 «exemplaires» pour Vanity Fair en novembre contre 10.500 en août, septembre et octobre. 4.301 en septembre pour Glamour, 3400 un mois plus tard, 2.775 en novembre. Wired qui a vendu 100.000 exemplaires en juin est tombé à 30.936 en juillet et 23.000 en novembre.

Mashable relativise néanmoins ces explications en expliquant que les magazines pour iPad peuvent suivre les variations saisonnières de la presse (donc l'iPad va mal comme la presse va mal...):

ou se substitue:

Le site techno cite également des raisons objectives pour lesquelles les ventes ne décollent pas:

1. Trop cher: 4,99 dollars pour un contenu au moins partiellement disponible gratuitement sur le Web.

2. Encombrement de la vitrine de l'AppStore: le magasin d'Apple vend de tout, donc les magazines rivalisent avec les jeux, les cours, les podcasts... Il faudrait une boutique spécifique comme l'iBookStore.

3. L'innovation n'est pas au rendez-vous: après quelques essais spectaculaires pour le buzz, les magazines pour iPad se sont banalisés, tout simplement parce qu'il faut les produire de façon régulière.

4. Trop lourd: le premier numéro de Wired pesait 500 Mo, soit 1/30e de la mémoire d'un iPad 16 Go, ce qui limite la capacité de conserver plusieurs numéros (et d'en acheter plusieurs) voire dissuade définitivement les utilisateurs d'utiliser la 3G pour les télécharger, dont le coût s'ajoute à celui du magazine.

 

Le Daily devrait être lancé le 19 janvier, annonce Forbes.

 

Dans le code source du site associé (car il y a donc un site associé), on trouve le lien vers une image qui donne une première idée de ce à qui devrait ressembler le Daily.

Il montre aussi que des fonctions de partage (sur Facebook, Twitter...) sont prévues ce qui indique que l'application serait moins fermée que prévue.

Enfin, le mot «free» sur l'image indique que les équipes ont organisé une forme de porosité malgré un abonnement annoncé à 4,25 dollars par mois.

(Le Wall Street Journal annonce que le lancement du 19 janvier a été retardé, sine die pour l'instant)

Le Daily est donc sorti des limbes le 2 février sur abonnement (0,99 $ par semaine ou 40$ par an, pas d'offre mensuelle).

Pour l'instant, tout le monde a l'air un peu sceptique:

 

Un mois plus tard, le scepticisme n'a pas faibli, mais selon le directeur de la publication Greg Clayman (lors de la conférence PaidContent à New York, le 3 mars), «cela marche très bien. (...) Nous ne publions pas les chiffres exacts (de téléchargements), mais c'est dans les centaines de milliers.» Il faut préciser que l'offre d'essai gratuite a été prolongée jusqu'au 21 mars, mais il est déjà possible de s'abonner pour 99 cents par semaine. Clayman a précisé que le Daily ne bénéficiait pas de régime de faveur de la part d'Apple, laissant 30% du prix facturé à l'iTunes Store. Murdoch a néanmoins déjà annoncé une prochaine version pour Androïd.

120.000 lecteurs (visiteurs uniques, pas forcément des abonnés) par semaine au bout de huit mois, bien loin des 2 millions d'abonnés attendus (l'application a été téléchargé 1 million de fois), moins d'un quart de ce qui est nécessaire pour atteindre l'équilibre (500.000 abonnés net actifs payants).Certes, il est tôt pour en tirer une conclusion définitive: après tout, au bout de 8 mois (janvier 2009), Mediapart n'avait que 10.000 abonnés contre 55.000 aujourd'hui, mais clairement les abonnements in-app d'Apple sur lesquels comptait Murdoch, ne sont pas le démultiplicateur d'audience annoncé.

En mai, Chase Carey avait annoncé une perte de 10 millions de dollars lors du premier trimestre d'exploitation du Daily.

Après cette annoncé, l'éditeur du Daily a assuré que le «journal sur tablette» disposait de 80.000 abonnés payants (à 0,99$ par semaine ou 39,99$ par an). La majorité des abonnés, assure le Guardian, a opté pour la formule à 40 $, dont il faut soustraire les 30% d'Apple. Le revenu annuel tiré des abonnements est donc de 2,24 millions de dollars (1,7 million d'euros).

Si l'on ajoute un petit 10$ par utilisateur de publicité, on peut arriver à 3 millions de dollars par an.

L'équilibre étant annoncé à 500.000 abonnés, on peut déduire que les charges s'élèvent à environ 13,5 millions de dollars par an. Il manque donc un peu plus de 10 millions.

Une étude publiée mardi 25 octobre par l'institut Pew et The Economist Group montre que si 11% des adultes américains possèdent une tablette et que la consultation des informations vient en 3e position des usages (53%), après la navigation sur internet (67%) et la messagerie électronique (54%), devant les réseaux sociaux (39%) et les jeux vidéo (30%) – bonne nouvelle pour la presse – 14% seulement achètent directement de l'information sur tablette. Et ce même si 23% ont un abonnement papier qui inclut une version numérique.Plus rassurant, 21% de ceux qui n'ont jamais payé disent pouvoir envisager, peut-être, en dernier ressort, de débourser jusqu'à cinq dollars par mois s'il n'y avait pas d'autre façon d'accéder à l'information désirée.

Les tablettes aident-elles à diversifier les sources d'information? Pas du tout: 65% des utilisateurs tournent sur 1 à 3 sources qu'ils consultaient déjà auparavant.

L'explication avancée par l'étude est que les éditeurs pensaient, au lancement de l'iPad, que «les tablettes aideraient à changer les habitudes des consommateurs d'infos» et que «les gens consulteraient l'information largement via des applications dédiées, que les médias auraient pu faire payer». Or, pas du tout: les éditeurs n'ont pas besoin de payer des dizaines de milliers de dollars pour réaliser une application propriétaire: les lecteurs préfèrent consulter les sites sur leur navigateur web... 1 sur 5 seulement passe par les application!

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On me signale qu'il existe une étude sur les usages de l'iPad en France, qui montre que, voici un an, l'iPad servait à s'informer dans 83% des cas, mais que ce n'était que la troisième activité, après le surf (91%) et les réseaux sociaux (85%). Et que ce temps était pris, à 39% sur le temps de lecture de la presse papier.

Une étude publiée voici deux jours élargit la précédente à l'ensemble des tablettes.

FullSIX_etudetablettes_25oct2011

 

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