Portfolio

D’une autre conception de la dépression

« La dépression est comme une petite mort car au sortir de cet état on a l'impression d'être tout neuf. » Karel Tchitelot
  1. D’une autre conception de la dépression

    « La dépression n'est pas une marque de faiblesse, c'est juste un signe que nous avons été forts pendant trop longtemps. »

    Beaucoup décrivent la dépression comme une sensation de vide émotionnel, et psychique. Le néant incarné par le sujet.

    Le Larousse donne la définition suivante:

    * Abaissement d'une surface ; enfoncement, creux : Dépression du sol.
    * Diminution de l'activité économique pouvant déboucher sur une crise ; chute des cours.
    * État pathologique marqué par une tristesse avec douleur morale, une perte de l'estime de soi, un ralentissement psychomoteur.
    * Mécanique- Vide partiel provoqué dans la tubulure d'admission et le cylindre d'un moteur à explosion par le mouvement descendant du piston.
    * Physique- Pression inférieure à la pression du milieu environnant.

    Peu importe l’angle appréhendé cette définition sous-tend un abaissement, un trou d’air.

    À l’inverse j’ose affirmer que la dépression est ce trop-plein qui fait pression jusqu’à‘ l’oppression.

    Un trop-plein de choses tant du domaine de la conscience que de l’inconscience, qui entrave la liberté d’être.

    La dépression est non pas état de léthargie mais à l’inverse une dynamique de réflexion perpétuelle qui finit par perdre l’individu par l’invasion des questionnements qui l’étreignent.
    La sensation de vide ou d’abaissement n’est que la résultante de ses réponses que le sujet ne trouve pas en lui, ni à l’extérieur de lui.

    Si la dépression touche tous les sens c’est bien parce que tous les sens sont en éveil en cette quête de vérités.
    Le ralentissement psychomoteur n’est que la conséquence d’une énergie reportée sur la psyché hyper -pensante.

    Ceux qui ont connu ou traversent cet état savent que rien ne s’arrête mais que tout continue, et qu’ils sont impuissants à stopper la synergie en marche.

    C’est à cet instant là que la sensation de creux ou de vide peut apparaître.
    Non un vide psychique mais l’impossibilité à combler les questionnements de matière tangible.
    Le flou et l’impuissance crée cette spirale du vide que la personne alimente malgré elle en sa recherche permettante.

    La dépression est un mouvement qui entraîne l’être au plus profond de lui-même, le faisant presque libre de ne plus appartenir à ce qui l’entoure.
    On peut s’éprendre de cette liberté là tant elle nous sublime comme sujet autosuffisant. La dépression peut alors être appréhendée comme une sorte de vie en dehors des autres.

    La dépression peut aussi être vue comme une impasse à multiples chemins.

    Aux tréfonds de lui-même, certaines réponses peuvent venir au sujet, ce qui permet la poussée qui autorisera une sortie de l’état dépressif.

    Ceux qui n’y trouveront rien peuvent néanmoins s’en défaire en recréant une matrice originelle sur ce qui a été détruit.
    Certains parlent de résilience, je parle de construction d’un autre soi.

    D’autres seront ensevelis par l’incomplétude de l’inachèvement.
    Ceux-ci n’auront que pour issue que de sublimer l’extrême douleur que produit l’absence de vérité souhaitée.
    Certains chercheront exutoires pour sublimer a tout prix l’insupportable.

    La sublimation de la souffrance peut aller jusqu’à la fin du sujet qui par la mort espère renaître pourvu de ce qui lui manque. Le suicide est alors espérance et non lâcheté comme on le dit trop souvent.

    La dépression est subliminale d’une décompensation qui installe le sujet dans une outre perception du réel, un type de surréalisme de la psyché.
    La décompensation est fréquemment liée à la notion de délires psychotiques.
    Je pense au contraire qu’en accédant à un autre réel, le sujet combat la dépression qui est réalité qu’il ne peut plus contrôler.

    Je ne prétends pas à une autre vérité qui se voudrait absolue sur la dépression.
    Mais j’ouvre un autre regard sur ce que d’aucuns ne veulent pas voir.

    Je terminerais sur cette citation :
    « La dépression est comme une petite mort car au sortir de cet état on a l'impression d'être tout neuf. »
    Karel Tchitelot

    Merci.

    Richardeau Gaylor

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.