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COVID et psychisme

D’un autre angle de vue ...
  1. Réflexion
    La COVID vue sous un angle particulier : la souffrance psychique

    Le Président et son Gouvernement en cette gestion de crise sanitaire ont omis de s’attaquer à ce qui se poursuivra bien au-delà de l’épidémie et dont nous ne pouvons à l’heure actuelle mesurer l’impact sur nos sociétés tant sur le plan individuel que collectif.

    Si la COVID atteint l’organe vivant qui est le corps, il touche aussi à nos psychés respectives.
    Ce qui est visible sur le plan physiologique ne l’est pas sur le plan psychique.
    C’est précisément là qu’est peut-être la conséquence la plus redoutable de cette pandémie.

    Ce qui se passe actuellement est de nature à bouleverser profondément nos conscients et nos inconscients.

    Certains d’entre nous déjà l’éprouvent, peu l’expriment.
    Or, la santé mentale (non pas au sens de la « folie ») est l’une des composantes de la Santé appréhendée comme un état de bien être physique et psychique.

    Nous ne sortirons pas psychologiquement sinon psychiatriquement indemnes de cette tragédie qui est en train de remettre en question toutes nos défenses personnelles autour desquelles nous nous sommes construits.
    Sur les enfants dont les défenses sont inachevées, le risque est grand de voir l’avènement prochain d’une génération tourmentée ( tourments exponentiels en fonction de ce que les parents ont pu ou pas expliquer à leurs enfants).

    Les manifestations de cette anxiété sont multiples : du sentiment de perte de repères à la peur face à la mort, en passant pas les incertitudes de l’instant et du lendemain, et le repli sur soi ou encore la réminiscence de souvenirs destructeurs du soi, tout un pan de notre raison psychologique est mis à mal.

    Nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité à surmonter ce moment.
    Et tous ne seront pas résilients.

    Chez ceux d’entre nous qui pour telles ou telles raisons ne sont pas moralement armés pour affronter cette réalité, le processus du traumatisme s’ancre définitivement.

    Ceux qui préalablement fragiles le deviennent encore plus.
    D’autres qui jusqu’ici avaient réussi à cloisonner des événements douloureux peuvent entrer en phase de décompensation et des maladies psychiatriques latentes se dévêt.
    Combien de nos pairs sont malades des « effets secondaires » de ce climat oppressant ?
    Combien n’ont pu le supporter et se sont donné la mort?

    Aucune précision ne nous sera apportée par les autorités, ce qui décuplera les réactions ci-dessus mentionnées.
    Tout tabou génère la crainte.
    Il s’agit bien en l’occurrence d’un tabou.

    Il est un constat établi que depuis le début de la crise, les prescriptions d’antidépresseurs et autres anxiolytiques sont en hausse constante.
    Cela traduit à mon sens une angoisse qui dépasse un individu donné et qui devient commune.
    Sachant que ce type de médicamentation doit toujours demeurer l’exception et temporaire c’est là le reflet du silence de nos autorités quant à cet aspect précis des bases de santé publique à prendre en compte.

    Ce silence peut signifier soit une ignorance des effets anxiogènes du contexte où nous vivons, soit une variable sur laquelle ils ne jugent pas nécessaire d’intervenir
    Dans les deux hypothèses, c’est une grande erreur.

    Il eut été intéressant de mettre en place des cellules psychologiques en chaque part de notre territoire composées de médecins, (pédo)psychiatres, psychologues et Infirmières, afin de libérer la parole de ceux qui souffrent mentalement des temps que nous traversons.
    Des plateformes téléphoniques spéciales auraient pu être pensées pour répondre au mal-être.

    À noter que certains cabinets et centres spécialisés ont considérablement réduit leur activité, ce qui complique l’accès aux soins, ne fussent ils que dans l’écoute et la réassurance.

    Rien de cela n’a été fait.

    Je ne suis ni médecin, ni psychiatre.
    Je ne prétends pas à détenir une vérité absolue, mais je suis convaincue que le maintenant et le demain ne doivent pas se cantonner à l’aspect organique.
    Il est une priorité de nature psychologique qui doit également être retenue comme axe d’action de santé publique.

    L’Homme par l’Homme et pour l’Homme.

    Merci.

    Richardeau Gaylor

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