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D’un État de la globalisation sécuritaire

Hold-up le remake
  1. D’un État de la globalisation sécuritaire

    Si l’on observe les projet et proposition de loi, l’une sur la lutte contre le séparatisme, l’autre sur la sécurité globale, il est un constat clair et sans appel: celui d’un tournant autoritaire de l’Etat.

    Lorsqu’un État ne sait plus régir une société autour du contrat social, il s’engage dans la voie du sécuritaire et donc de l’arbitraire du fait du Prince.

    En bombant le torse de la sécurité, le Président, le Gouvernement et la majorité parlementaire avouent leur impuissance à répondre de manière démocratique et républicaine aux difficultés qui frappent notre pays.

    Les politiciens ayant horreur du vide, ils créent dès lors un substitut qui se révèle plus dangereux que le vide lui-même.
    L’Etat instaure la parade.
    La parade est dans ce virage aux contours liberticides de ces deux textes mais pas seulement.

    En tous pans de l’action publique, le fil sécuritaire est omniprésent.
    Il est par ailleurs facilité par l’état d’urgence sanitaire qui autorise la toute puissance de l’Exécutif.

    Là où une interdiction est édictée, une liberté se meurt.
    Là où une obligation est adoptée, un droit s’éteint.

    Il y a néanmoins un équilibre nécessaire à atteindre lorsque l’on exerce le pouvoir en interdictions et obligations. Cet équilibre est dans la préservation des droits et libertés tant individuelles que collectives, ce qui n’est pas le cas en l’espèce.

    Que nous donnent à voir nos autorités au-delà de leurs incapacités respectives à aborder la crise sanitaire, sociale et économique que nous traversons en des termes d’intérêt général ?
    Tout est dans la doctrine du détournement ou du hold-up d’une réalité.

    Face à une réalité sur laquelle elles ont perdu tout contrôle et légitimité, les autorités construisent une autre réalité sur laquelle elles pourront agir et en revendiquer les actions.

    À l’approche des élections présidentielles qui se joueront sur des thématiques droitières, la sécurité ou l’insécurité, selon que vous voyez le verre à moitié plein ou à moitié vide, est le sujet parfait.

    Supposé fédérateur, il permet de réunir l’électorat le plus large sur l’échiquier politique français.

    Supputé prioritaire, il répond aux critiques de ceux qui attaquent nos gouvernants sur son irréalisme ou absence de vision réaliste de notre France.

    Fantasmé fonction régalienne par excellence, il réinstalle Emmanuel Macron comme Président de tous les Français.

    Pour l’Exécutif, c’est la doctrine du « deux lois - deux coups »:
    - une tentative de reprendre les rênes du pouvoir en les légitimant par l’urgence sécuritaire,
    - se positionner dans la pré campagne présidentielle.

    À la doctrine du « deux lois- deux coups » il nous faut acter pour le dogme du « un droit- une liberté- une citoyenneté - un devoir de dire non ».

    Merci.

    L’Homme par l’Homme et pour l’Homme!

    Gaylor Richardeau

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