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La gynarchie victimaire

L’hystérie d’une victimisation fantasmée
  1. D’une autre conception des droits de la femme

    Aujourd’hui est là « Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes », dont acte.

    Je vais paradoxalement en tant que femme, mais avant tout humaniste, m’inscrire en faux de la mouvance de pensée actuelle qui sous la pression des collectifs féministes contemporains, permettent tous les possibles jusqu’à l’impossible.

    Si l’on considère que le féminisme n’est plus une lutte pour le droit des femmes mais une vague portant une idéologie gynarchique, je ne suis pas féministe.

    En totale contradiction avec les exigences de parité et d’égalité dont se revendiquent aisément ces mêmes mouvements, se terre à la fois une vision victimaire de la femme et la tentation d’une supériorité par rapport à l’homme.
    Je ne suis pas de cette acception.

    Madame Schiappa a relayé avec force le combat de ceux que je nomme les « hystériques d’une autre misanthropie ».

    Le Gouvernement a multiplié les actions ou plutôt effets d’annonces relativement à la question particulière des violences conjugales, annonces trouvant son apogée dans ce Grenelle des dites violences.

    Des mesures ont été annoncées ... aux limites de la Constitution, au choeur de la démagogie politicienne, érigeant la
    femme en martyre par définition.

    Du bracelet de surveillance électronique au délit de « suicide forcé », en passant par l’ordonnance de protection ( qui existe déjà), jusqu’au 3919, tout a été sacralisé sur l’autel d’une victimisation à outrance.

    L’expression féminicide a fait effraction dans l’espace public, sans autre fondement que l’affichage médiatique et populiste.

    C’est oublier que notre arsenal législatif contient déjà tous les outils de répondre aux violences faites aux femmes.
    C’est omettre que le Code Pénal ne distingue pas selon le sexe de la victime.
    C’est créer un contexte sociétal où l’on opposerait nécessairement l’homme à la femme.
    C’est introduire des différences là où le législateur ne saurait le faire, y compris en rupture des principes garantis par notre Constitution.
    C’est aussi passer à côté d’un tabou, celui des violences dont sont victimes les hommes.
    C’est également et dangereusement remettre en cause la notion même de condition humaine universelle et indivisible.

    J’ai été victime de violences conjugales.
    J’ai été entendue par les forces de l’ordre.
    J’ai été reconnue en cette qualité par la Justice.

    Rien n’autorise cette parade politicienne qui tend plus à faire de la femme une personne vulnérable, qu’une égale à l’homme.
    Le paradigme n’est pas dans l’opposition des sexes mais dans leurs liens impérieux.

    Je ne dis pas que certains points ne doivent pas être améliorés, notamment la formation des policiers et gendarmes.
    Je ne dis pas que des efforts doivent être réalisés en matière de salaires ou de discriminations au travail.

    J’affirme simplement qu’à appréhender la femme comme naturellement asservie à l’homme on esquisse une régression sociale et une contre-vérité.

    Au nom des droits de l’Homme, la femme est un homme comme les autres.

    Merci.

    Richardeau Gaylor

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