Portfolio

Violences policières racistes : la fin d’un tabou ?

La République sert et protège ses citoyens. Sommes-nous encore en République ?
  1. Violences policières racistes : la fin d’un tabou ou la nécessaire prise de conscience collective

    Et voici que nos politiciens feignent de s’apercevoir que le racisme est bel et bien une réalité de notre pays, et qu’elle s’insinue en chacune de nos institutions dites républicaines.

    Tous s’offusquent, tous s’indignent , tous dénoncent.
    Tous se disent consternés.
    Et pourtant tous savaient.

    Tous savent la violence que certaines institutions publiques exercent à l’encontre de leurs usagers .
    Il est en France une véritable atteinte aux droits des usagers et au respect qui leur est dû.

    Mais lorsque cette violence franchit le pas de l’humiliation et du dénigrement pour s’inscrire dans celui d’un passage à tabac, elle est d’autant plus inacceptable.

    Les violences en l’occurrence policières dont a été victime un de nos concitoyens d’origine africaine, Michel, ont révélé l’importance de ce mal qui gangrène notre Nation.
    La haine de l’autre .
    Celle dont nos politiciens se jouent pour créer un sentiment d’insécurité, celles dont ils abusent pour justifier des lois de plus en plus liberticides et excluantes, celle dont ils usent avec la seule finalité que la division d’une population, celle dont ils se drapent pour cautionner toutes atteintes aux droits et libertés individuelles et collectives.
    Tous les partis politiques confondus se rejoignent sur ce point. La forme change, le fond est identique.
    La haine de l’autre différent est devenue une stratégie politique globalisée.

    La haine de l’autre est latente en toutes les actions de ce Gouvernement et de ce Président., qui, de projet de loi sur le séparatisme en proposition sur la sécurité globale, entretiennent la doctrine de la différence nécessairement responsable et coupable.

    Mais ces faits dramatiques disent autre chose d’une politique.
    Sans les caméras présentes dans le studio d’enregistrement de cet homme, cette agression policière serait passée incognito.

    Au moment même où les hémicycles débattent sur le durcissement de la liberté des journalistes à filmer des forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, l’actualité nous démontre de manière implacable l’impérieuse nécessité de ces yeux extérieurs qui sont ceux des médias en l’ acception la plus large du terme.
    Sans la diffusion de ces images, Michel serait simplement un citoyen de plus sur la longue liste des violences voire bavures policières.

    Il n’est pas ici question de généraliser cette dérive à l’ensemble des hommes et femmes qui agissent pour protéger nos sécurités respectives, mais de pointer les insuffisances d’un ministère qui autorise de tels abus de pouvoir.

    Gérald Darmanin, prompt à se revendiquer de la fermeté, n’a sur ses propres fonctionnaires aucun regard réaliste et encore moins l’autorité et le courage de remettre la République à la place qui doit être la sienne.

    Emmanuel Macron, « choqué par les images » a céans convoqué à l’Elysée,. Selon Europe 1, celui-ci s’est montré ferme : il veut de "l’apaisement" et que des "sanctions très claires" soient prises à l’encontre des policiers concernés, nous rapporte-t-on. Il n’est pas question à ses yeux de laisser de tels actes sans réponse, raison pour laquelle il a notamment été décidé que le ministre de l'Intérieur devait intervenir au 20 heures de France 2.

    Gérald Darmanin sera t’il à la hauteur de ces exigences présidentielles ?
    Lorsque l’on observe que les trois policiers en question n’ont pas été placés en garde à vue, mais suspendus à titre dit conservatoire, on peut en douter.
    Si l’IGPN a été saisie, on sait malheureusement, trop souvent l’issue de ses enquêtes.
    À noter enfin que monsieur Darmanin s’est gardé de tout mot à l’égard de la victime.

    Gageons que le ministère de l’intérieur, désormais sur un siège éjectable, à l’instar du Préfet Lallement, soit à la mesure des attentes non seulement du Président mais également de celles d’une France désireuse de ne plus jamais revivre de telles rafales de violences.

    Nous ne pouvons plus nous réfugier derrière le silence.
    Il nous appartient à chacun de dénoncer tout pouvoir arbitraire dont nous sommes susceptibles d’être témoins.

    Le racisme ne s’éteindra pas uniquement par la voie politique, il sera éradiqué par un changement profond de nos mentalités.
    C’est toute une société qui doit se remettre en question et décider de ce qu’elle tolère ou ne tolère pas!
    Notre silence serait complice.

    Nous ne connaissons qu’une seule race : la race humaine!
    Nous n’avons qu’un seul devoir : celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
    Nous n’avons qu’une référence : l’Homme!

    C’est en tout cas la France que je promeus!

    Merci.

    L’Homme par l’Homme et pour l’Homme!

    Richardeau Gaylor

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.