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Consomption d’une consommation ou l’Homme consommateur

De la consommation à la non communication, d’une e-société
  1. Focus : De l’hyperconsommation à la non communication

    “Black Friday, Yellow Saturday, White Sunday, Cyber Monday, Super Tuesday, Big Wednesday, Mega Thursday, bienvenue dans l’ère de l’hyperconsommation!

    J’amazone
    Tu whishes,
    Il vova,
    Elle zalando,
    Nous Cdiscountons,
    Vous eBayez,
    Ils discobolent,
    Elles jooment

    La conjugaison de l’hystérie consumériste.

    Réductions, offres spéciales, démarques, bons d’achat ,...., le jack pot est chez Cetelem ,Cofidis and Co, taux d’intérêt non compris .
    Paiements en 4 fois, différés, livraisons gratuites, points de fidélité ....

    Vous en rêviez de ces « vus à la télé » , ils sont à portée de clics .

    « Je consomme donc je suis » ou la frénésie de l’avoir plutôt que de l’être.

    « Nos sociétés manquent elles à ce point de bonheur pour que les Hommes en oublient jusqu’à sa quête? »

    J’établis l’équation suivante ;

    H=P-E

    "L'Homme est il devenu produit de consommation d'une société qui se consume ?"

    Se poser telle question me paraît légitime à l'heure où tout se mesure à travers le prisme de l'économie .
    L'Homme produit de consommation , c'est accepter que de sujet , il devient objet . Le "je"devient le "il" .
    Ce "il" qui consomme dans la civilisation de la consomption de principes décotés en bourse .
    L'Homme devient valeur sur un CAC 40 de l'échelle des enchères .
    Investissements à coups de sondages d'instituts dépersonnalisés .
    Un monde de code barres et d'étiquettes d'origine non contrôlée .
    Du made in man façon vendeur de tapis. On négocie avec des portes monnaies et l'on oublie la pensée .
    Penser n'est point productif au sens lucratif . Miser sur l'esprit est faillite assurée et délocalisation de l'essence de l'Homme .
    Mais cela importe t'il encore ?
    Qui n'a pas son spot télévisé n'est que rebut.
    L'équation humaine est résolue dans l'audimat .
    H= P-E, l'Homme est égal à la Productivité soustraite à l'Etre .
    Impersonnel dans la masse humaine dévoyée en slogan publicitaire.
    C'est donc également faire fi de la singularité de l'être et le fondre dans la multitude.
    C'est tout un courant de pensée qui s'inverse et l'idéologie de la production qui s'impose .
    L'Homme est source de profits individuels ou il n'est pas .
    Définir l'Homme par un indice boursier est fouler des pieds la misère de ceux qui ne sont point nantis .
    Une civilisation qui repose sur la matière plutôt que sur l'esprit est une civilisation en perdition qui d'ailleurs de civilisation ne mérite plus le nom .
    Dis moi combien tu gagnes , je te dirai qui tu es... Peut importe le comment , l'important c'est de posséder .
    Mais possession n'est que chimère et ne dure que le temps d'un crack financier .
    Seule l'individu au sens premier s'inscrit dans la durée .
    Il n'est d'aucun marché si ce n'est celui de l'humanité .
    Utopiste ou défaitiste ? Je ne formule ici qu'un constat non validé par BVA.
    Avoir est devenue la norme sociale , être ne compte plus si ce n'est qu'en actionnaire .
    L'Homme est biberonné à la convention de consommation . "Je consomme donc je suis ".
    Les murs de nos villes sont grimés de campagnes louant des promesses de paradis d'argent .
    Mais que nous reste t'il sous les pavés ? La plage de nos libertés s'est muée en sables mouvants .
    Et gare à celui qui entre pas dans le système , fiché A comme asocial . Mais la société n'est pas cela ou ne devrait pas l'être.
    La société se brûle les ailes sur l'autel des affaires . Bradant son essence au nom de versets négationnistes de l'humain .
    Achetez , vendez , trahissez ces idéaux que vous n'avez plus .
    Et j'en reviens à cette interrogation : L'Homme est il devenu produit de consommation d'une société qui se consume ?

    Au-delà se pose une autre question, pendante à la première : quelle communication est possible en un tel contexte sociétal...?

    Réflexions sur une non communication

    "Médias , réseaux sociaux , twitter , smartphones, internet et j'en passe .
    Il paraît que nous vivons dans l'ère de la communication.
    Dont acte .
    Mais de qu'elle communication s'agit il?
    Une communication fédérative et constructive ?
    Ou une communication superficielle version Kleenex?
    On prend l'information , on y pense un instant et on oublie .
    Les unes se succèdent et le néant à la fin .
    Nous vivons dans une bulle , celle de l'éphémère et du singulier .
    Nous échangeons dans l'instant jamais dans la durée .
    Le temps de notre communication n'est plus le temps de l'histoire .
    Cela me fait penser à cette phrase de Lavoisier :" Rien ne se crée , tout se transforme ".
    Et effectivement nous ne créons rien et nous transformons ce rien en tout .
    On pense avancer mais nous ne faisons que reculer .
    L'échange n'a de valeur que dans la dialectique .
    Aujourd'hui il est une voie à sens unique .
    Notre mémoire est devenue sélective et nos pensées ne durent que le temps de nos hésitations .
    Qui prend encore un moment pour réfléchir ? Pour interpeler sa raison sur les choses de la vie ? Qui s'enrichit de l'autre et de ses différences pour enrichir son soi ?
    Bercés à coups de graines de star et de télé réalité tout est bien plus confortable .
    Addict au label "vu à la TV" , notre liberté d'expression est guidée et enclavée .
    Le voyeurisme devient caution du soin et de l'attention porté à autrui . Cet autrui que l'on oublie en appuyant sur le off .
    Amnésie des masses , déformation des consciences : "je twitter donc je suis ".
    Le virtuel emplit nos existences jusqu'à la lie . Au banquet de Platon nous sommes les ignorants croyants savoir .
    Même les regards ne se croisent plus sauf par webcam interposée.
    Écran noir sur la mire de nos raisonnements.
    Proximité discount , leader price en philosophe .
    Un selfie ne fait pas la vie , il la fake .
    Mais peu importe nous nous mentons à nous mêmes.
    La communication est à genoux face aux soldes permanents de la consommation.
    Du PIB de la TVA et que vous bénissent le diable de Prada .
    Regardez les murs sur Facebook. Les gens se gavent de jeux infantiles pour ne pas voir le reste .
    On teste le sens de son prénom et on évince les origines de son nom.
    Ne rien dire ou écrire qui pourraient faire fuir nos amis imaginaires .
    Retour en enfance , mais fontaine de jouvence est traîtresse .
    Soumis à l'aveuglement , esclaves de nos mensonges , plus aucune place n'existe pour l'insurrection de la pensée libérée .
    Médias , réseaux sociaux , twitter , smartphones et j'en passe .
    Nous vivons dans l'ère de la non communication."

    Merci

    Richardeau Gaylor

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