On ne sait pas comment ça a commencé

La galerie d’art contemporain d’Auvers-sur-Oise présente "On ne sait pas comment ça a commencé" une proposition du duo Patricia d’Isola et Christophe Le François, qui regroupe un ensemble d’installations, d’environnements et de dispositifs actualisables conçus pour le lieu.

Patricia d’Isola et Christophe Le François développent des projets communs depuis 1998 et s'intéressent plus particulièrement aux impacts de la culture numérique sur les pratiques plastiques. Ils explorent également des situations d’interaction avec les artistes et les publics qui installent des projets et des œuvres collaboratives en lien avec des sujets d’actualité (les questions de genre, l’environnement ou encore les discriminations).

L’exposition On ne sait pas comment ça a commencé s’organise en 5 scènes  :

  • Scène 1 : Entre-deux propose une situation interactive qui confronte des imaginaires enfantins et adultes au sein de trois espaces liés ; celui des adultes, conçu à partir d’une revue de presse visuelle de la publication Courrier international, celui des enfants qui regroupe des objets et des images associés à leur univers, et un espace intermédiaire initialement vierge, un entre-deux où les visiteurs interviennent à l’aide de textes et de dessins muraux avec comme suggestion d’établir des liens.
  • Scène 2 : Tout l’univers recyclé (gâteaux de livres). Avec la participation du collège Daubigny. Des encyclopédies et des bandes dessinées abandonnées sont broyées et transformées pour obtenir une nouvelle matière première. On peut y voir deux préoccupations actuelles, d’un côté la révolution numérique qui met au second plan l’écrit imprimé et sa culture associée, de l’autre la prise de conscience collective d’un bouleversement environnemental sans précédent. La scénographie s’organise autour de travaux réalisés avec les élèves éco-délégués du collège Daubigny lors de l’année scolaire 2017-18, dans le cadre d’un atelier artistique associé à un projet de familiarisation avec la notion de développement durable.
  • Scène 3 : Algorithme en résonance. En 1936 le mathématicien Alan Turing invente le principe d’une machine à calculer programmable universelle. Depuis, la pensée technicienne s’évertue à transformer notre monde en données calculables. Mais nous savons que l’art, et plus généralement la créativité humaine, ne sont pas calculables hormis quelques processus répétitifs. D’où cet algorithme critique, constitué d’une multitude de pensées à la fois dispersées et associées par des instructions, qui parodie le phantasme d’une machine sensée reproduire l’humain. http://pdiclf.free.fr/edition/spip.php?article301
  • Scène 4 : Pêle-mêle regroupe des travaux de notre atelier-quotidien, dont l’ensemble témoigne du lieu où les idées apparaissent, ruminées par les processus expressifs, pour former un espace où essais, tentatives et discussions s’entremêlent.
  • Scène 5 : On ne sait pas vraiment comment ça a commencé donne le nom à l’exposition (http://pdiclf.free.fr/edition/spip.php?article281). Le point de départ est l’observation dans un jardin d’un mimosa protégé par un emballage. Le plastique protège du froid tout en laissant passer la lumière, mais favorise le développement des champignons et de moisissures ; la plante n’a pas survécu. Ce télescopage entre un artifice humain, le matériau plastique, pratique mais devenu encombrant, et le vivant végétal, symbolise une situation marquée par des inquiétudes multiples ; que celles-ci concernent les gens et leur alimentation, les modifications climatiques ou encore la constitution de l’Anthropocène, nouvelle strate géologique saturée de plastique.

www.pdiclf.fr

Exposition mise en oeuvre par le collectif Grap’s, soutenu par la ville d’Auvers-sur-Oise.

 

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