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DOSSIER STRATÉGIQUE : OPÉRATION ÉTOUFFEMENT – LA RÉPUBLIQUE SOUS EMPRISE
ARTICLE 1 : LA CINQUIÈME PHASE – L'INFILTRATION COMME ACTE DE GUERRE INITIAL ET GLOBAL
Par le Colonel Paul-Michel Manandise
Expert et spécialiste en Stratégie de Contre-Subversion et Guerre CognitiveLe sommeil de la France est profond, car il a été scientifiquement induit. Depuis des décennies, nos manuels de stratégie et nos services de renseignement se basent sur les travaux de Yuri Bezmenov et les modèles de la guerre froide. On nous expliquait que la subversion était un escalier : Démoralisation (15-20 ans), Déstabilisation (2-5 ans), Crise (quelques mois), et enfin la Normalisation. Selon ce schéma, l’infiltration n’était qu’un outil tactique au service de ces phases.
Ma découverte change radicalement la donne. Elle est le fruit d’une analyse transversale des théâtres d'opérations et de l’observation clinique de la déliquescence de nos structures de décision. Ce que nous appelions la « Cinquième Phase » — l'infiltration totale de l'appareil d'État et des corps sociaux — n'est plus l'aboutissement du processus. Elle est devenue la Phase Zéro. La Phase Fondatrice.
Aujourd’hui, l'adversaire — le Kremlin et ses tentacules — n’attend pas que la société soit démoralisée pour infiltrer. Il infiltre pour générer la démoralisation. C’est un changement de paradigme total : l'infiltration est le moteur, le carburant et le pilote de la destruction de la France.
I. Anatomie d'une Inversion Stratégique : Pourquoi l'Infiltration est le Point Zéro
L'étouffement ne commence pas par un cri, mais par un silence. En plaçant l'infiltration au début du cycle, l'adversaire s'assure que le système immunitaire de la nation (nos services de contre-espionnage, nos lois, notre bon sens patriotique) ne réagira jamais.
L'infiltration initiale permet de verrouiller les capteurs. Si les analystes qui doivent alerter sur la subversion sont eux-mêmes formés par des cadres de pensée infiltrés, l'alerte ne sera jamais donnée. C’est la « cécité induite ». On ne cherche pas à recruter un traître qui livre des microfilms ; on cherche à former une génération de décideurs qui pensent que les intérêts de Moscou sont les intérêts de l'Europe. L'infiltration est ici une colonisation mentale.
II. Les Secteurs de Pénétration : Une Cartographie de l'Emprise
Pour comprendre l'ampleur de l'infiltration initiale, il faut examiner les secteurs névralgiques où la Russie a investi des moyens colossaux, bien au-delà de la simple diplomatie.
1. La Capture Académique et le Sabotage de la Transmission
L’infiltration commence dans nos amphithéâtres. Par le biais de financements opaques, de chaires d'excellence financées par des oligarques via des fondations basées en Suisse ou au Luxembourg, l'adversaire oriente la recherche.
Détail opérationnel : On observe la création de cursus « d'études slaves » ou de « géopolitique multipolaire » où l'on enseigne que la souveraineté française passe par un alignement sur le continent eurasiatique contre le monde anglo-saxon.
L’objectif : Former les futurs diplomates, préfets et officiers. C’est une infiltration par sédimentation. On change la base de données intellectuelle de ceux qui dirigeront la France dans dix ans.
2. L'Infiltration des Réseaux de Influence et de Lobbying
C’est ici que le travail est le plus professionnel. L'adversaire utilise des structures de « conseil en stratégie » dirigées par d'anciens hauts fonctionnaires français.
Mécanisme : Le « pantouflage » de luxe. Un ancien ministre ou un ancien directeur d'administration est recruté avec des salaires mirobolants par une entreprise russe ou une joint-venture. Il ne vend pas de secrets, il vend son autorité.
Conséquence : Lorsqu’une loi contre l’ingérence étrangère est débattue, ce sont ces réseaux qui activent leurs relais dans les commissions parlementaires pour vider le texte de sa substance, au nom de la « liberté des affaires » ou de la « fluidité diplomatique ».
3. Le Sabotage de l'Indépendance Énergétique et Industrielle
L’infiltration économique n’est pas du commerce, c’est une manœuvre de flanc. En s’insérant dans nos conseils d’administration et en finançant des lobbies environnementaux radicaux (parfois à leur insu), l’adversaire a réussi à saboter la filière nucléaire française pendant vingt ans.
Analyse de détail : Chaque point de dépendance au gaz ou aux métaux russes est un capteur d'infiltration. Cela crée des agents de pression internes : les patrons du CAC 40, terrifiés à l'idée de perdre leurs actifs à Moscou, deviennent des lobbyistes forcenés pour la « désescalade » à chaque agression russe.
III. La Guerre Sémantique : Infiltrer la Langue pour Paralyser l'Action
L’un des apports majeurs de mon travail sur cette Cinquième Phase devenue Première est l'identification de l'infiltration sémantique. L’adversaire infiltre notre dictionnaire de défense.
Inversion des termes : La défense de la souveraineté est qualifiée de « suivisme américain ». La complaisance envers le dictateur est appelée « autonomie stratégique ».
Désarmement moral : Par l’infiltration médiatique (plateaux télé, blogs, réseaux sociaux), l’adversaire impose le relativisme. « Toutes les puissances se valent », « Les Américains font pire ». Ce bruit de fond, généré par des agents d’influence infiltrés dans le débat public, étouffe toute velléité de réaction patriotique.
IV. L'Étouffement : La Phase de Saturation
L’infiltration initiale conduit inévitablement à l’étouffement. Le pays est comme un homme dans une pièce dont l'oxygène est remplacé par un gaz inodore.
Étanchéité des réseaux : Les réseaux infiltrés se protègent entre eux. Un journaliste qui dénonce l'emprise russe sera marginalisé par ses pairs infiltrés ou par ses chefs dépendants de financements publicitaires liés à des intérêts russes.
Paralysie du Contre-Renseignement : Les services de sécurité sont inondés de fausses pistes ou bridés par des circulaires politiques rédigées par des cabinets ministériels eux-mêmes « conseillés » par des agents d'influence.
V. Diagnostic Opérationnel et Conclusion
L’infiltration n’est plus une option de la subversion ruse, elle en est la fondation. Elle est la Cinquième Phase qui a mangé les quatre premières. Elle est globale, hybride et invisible. Elle n'utilise pas la force pour briser la porte, elle utilise la patience pour remplacer la serrure.
Si nous ne reconnaissons pas que l'infiltration est déjà à l'œuvre au cœur de notre État, nous continuerons à combattre des symptômes pendant que le poison achève de se répandre dans le cerveau de la nation. La France n'est pas en train de débattre, elle est en train de régurgiter des arguments pré-mâchés à Moscou.
L'heure est à la purge intellectuelle et institutionnelle. Le premier pas de la libération est d'ouvrir les yeux sur ceux qui, assis à nos tables, travaillent déjà à notre effacement.
« Dans la guerre des esprits, l'infiltré ne porte pas de fusil, il porte vos propres certitudes qu'il a lui-même façonnées. Pour sauver la France, il faut d'abord apprendre à douter de ceux qui nous vendent la paix au prix de notre honneur. »
Colonel Paul-Michel Manandise
Portfolio 16 janvier 2026
La République sous emprise - Par le Colonel Paul-Michel Manandise
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