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DOSSIER STRATÉGIQUE : OPÉRATION ÉTOUFFEMENT – LA RÉPUBLIQUE SOUS EMPRISE
ARTICLE 4 : LE RETOURNEMENT DE LA FORCE – QUAND NOS INSTITUTIONS DEVIENNENT LES VECTEURS DE NOTRE PROPRE CHUTE
Par le Colonel Paul-Michel Manandise
Expert et spécialiste en Stratégie de Contre-Subversion et Guerre CognitiveDans les volets précédents, nous avons analysé les agents et les flux. Mais le stade ultime de l’infiltration — cette fameuse Cinquième Phase devenue Phase Zéro — se manifeste par un phénomène terrifiant : le retournement institutionnel. L’étouffement est complet lorsque l’adversaire n'a plus besoin d’attaquer nos institutions, car ce sont nos institutions elles-mêmes qui, par leur passivité ou leur corruption latente, travaillent à notre effacement.
La France est aujourd’hui confrontée à ce que j'appelle le "virus auto-immune" de la République : l'appareil d'État, infiltré à ses points nodaux, retourne sa propre force contre la nation.
I. La Justice Infiltrée : Le Droit comme Arme de Sabotage (Lawfare)
Le système judiciaire, garant de nos libertés, est devenu une cible prioritaire. L'infiltration ici ne cherche pas à faire acquitter des criminels, mais à paralyser la capacité de l'État à se défendre.
Le Sabotage par le Procéduralisme : Des réseaux d'influence, souvent logés dans des syndicats de magistrats ou des associations de juristes financées par des structures transnationales opaques, poussent à une interprétation du droit qui désarme systématiquement le contre-espionnage. Toute action contre l'infiltration est immédiatement qualifiée d'entrave aux libertés ou de discrimination.
L’Infiltration des Formations : L’adversaire finance des séminaires et des colloques pour les jeunes magistrats. On y inocule l'idée que la "Souveraineté" est un concept archaïque, voire dangereux. On transforme le juge en un agent de la normalisation étrangère sous prétexte de conformité à un "droit universel" dont Moscou et ses relais dictent les contours.
II. L'Administration Centrale : La Bureaucratie du Renoncement
Le corps des hauts fonctionnaires est le cerveau de l'État. C’est là que l'asphyxie est la plus silencieuse.
La Capture des Cabinets : L'infiltration russe ne vise pas forcément le Ministre, mais ses conseillers. En plaçant des profils "technocrates" formés dans des écoles infiltrées (voir Article 1), l’adversaire sature le processus décisionnel de notes de synthèse biaisées. On présente la dépendance à Moscou comme une "opportunité stratégique" et la fermeté comme un "risque économique majeur".
Le Sabotage de la Vigilance : J'ai constaté une multiplication de circulaires administratives qui compliquent le travail de détection des ingérences. On impose des normes de "transparence" qui servent en réalité à exposer nos propres agents, tout en protégeant les structures de façade de l'adversaire (ONG, fondations culturelles) au nom de la liberté d'association.
III. L'Infiltration de la Défense : Le Cheval de Troie dans les États-Majors
C'est le point le plus douloureux pour un officier. Mais le déni est notre pire ennemi.
Le Mythe de la "Fraternité d'Armes" : L'adversaire joue sur la corde sensible des valeurs militaires — l'ordre, l'autorité, la tradition — pour séduire une partie de nos cadres. Des officiers, parfois de haut rang, finissent par voir en Moscou un allié civilisationnel plus fiable que nos alliés naturels. C’est une infiltration par affinité idéologique.
Le Pantouflage Militaire : Comme pour les politiques (voir Article 2), des généraux en retraite sont recrutés par des entreprises de sécurité privées russes ou des firmes liées au Kremlin. Ils vendent non seulement leur carnet d'adresses, mais aussi leur connaissance des vulnérabilités tactiques de notre armée. Un colonel ou un général qui émarge au budget d'un adversaire est un pan entier de notre défense qui s'écroule.
IV. L'Éducation Nationale : La Fabrique du Désarmement Moral
L'infiltration de la Phase Zéro prépare le terrain sur des décennies.
Le Sabotage des Programmes : Par l'influence exercée sur les comités de rédaction des manuels scolaires, on évacue les notions de patriotisme, de défense nationale et d'histoire glorieuse. On leur substitue une vision culpabilisante de la France. Un peuple qui a honte de son passé est un peuple qui ne défendra pas son futur. L'infiltration s'assure que le futur soldat français n'aura même plus l'envie de se battre.
V. Diagnostic : L'État Contre la Nation
L'étouffement est ici organique. La France est dans la situation d'un blindé dont les commandes ont été inversées : quand le conducteur appuie sur le frein (la défense), c'est l'accélérateur (la soumission) qui s'enclenche.
Les institutions ne sont plus des remparts, elles sont devenues les courroies de transmission de la volonté de l'adversaire. La Phase Zéro a réussi : la subversion est devenue légale, administrative et procédurale.
Conclusion : La Nécessité d'une Rupture Républicaine
On ne réforme pas une infiltration institutionnelle par des petits ajustements. Il faut une prophylaxie de choc.
1. Purge des réseaux d'influence : Interdiction immédiate de tout financement étranger dans les syndicats de magistrats et les associations de juristes.
2. Secret Défense étendu : Criminalisation du pantouflage militaire et des hauts fonctionnaires vers des puissances hostiles, avec effet rétroactif.
3. Contrôle idéologique des programmes : Reprise en main souveraine de la transmission scolaire pour restaurer le système immunitaire moral de la jeunesse.
L'État doit redevenir l'épée et le bouclier de la Nation, et non le tapis rouge de l'envahisseur silencieux.
« Quand la Justice devient aveugle par choix et que l'Armée doute par séduction, la République n'est plus qu'un cadavre dont l'ennemi se dispute les lambeaux. Le réveil sera brutal, ou il ne sera pas. »
Colonel Paul-Michel Manandise
Portfolio 17 janvier 2026
LA RÉPUBLIQUE SOUS EMPRISE 4 - Par le Colonel Paul-Michel Manandise
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