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Portfolio 16 janvier 2026

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CAN 2025 : Du chaos ivoirien à la rigueur marocaine, la fin de la folie ?

Alors que les projecteurs se braquent sur la finale tant attendue entre le Maroc et le Sénégal, un sentiment amer m'envahit. Entre la rigueur des pelouses marocaines et la froideur des tableaux d'affichage, je ne peux m'empêcher de poser un regard critique sur ce tournoi. Avons-nous troqué l'âme du football africain contre une efficacité sans saveur ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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    © DR

    L’ombre encombrante du miracle ivoirien

    Pour comprendre mon scepticisme, il faut se replonger dans ce que nous avons vécu il y a deux ans. La CAN 2023 en Côte d’Ivoire avait fait l’unanimité, non pas seulement par ses stades, mais par son irrationalité. C’était la CAN des "morts-vivants", celle où le pays hôte, humilié en poules, finit par soulever le trophée. C’était l’édition du chaos magnifique, des scénarios écrits par des dieux facétieux où chaque match se jouait à la dernière seconde.

    Aujourd'hui, en 2025, le contraste est brutal. On nous vante la meilleure organisation de l'histoire, des infrastructures dignes d'une Coupe du Monde et un arbitrage d'une précision chirurgicale. Mais à force de vouloir tout contrôler, n'a-t-on pas tué le suspense ?

    Un scénario sportif "sous anesthésie"

    Mon constat est sans appel : sur le plan purement sportif, cette édition est la plus monotone de la décennie. Ce qui faisait le sel de la CAN, c’était cette glorieuse incertitude, ce moment où une "petite" nation venait bousculer la hiérarchie mondiale.

    En 2025, nous assistons à un retour à l'ordre presque militaire. Le dernier carré (Maroc, Sénégal, Égypte, Nigeria) ressemble à une liste prévisible établie avant même le coup d'envoi. Les blocs tactiques sont devenus si denses, les consignes si strictes, que le génie individuel semble étouffé. On ne regarde plus des matchs, on assiste à des parties d'échecs. C’est propre, c’est professionnel, mais c’est, disons-le franchement, ennuyeux. Le "football champagne" a laissé place à un football de gestionnaires.

    Le Sénégal : Le triomphe annoncé de la logique

    Dans cette ambiance de tournoi verrouillé, ma conviction pour la finale est faite : le Sénégal doit l'emporter. Ce n'est pas seulement un choix de cœur, c'est l'aboutissement logique de ce que j'observe sur le terrain. Les Lions de la Teranga sont les parfaits ambassadeurs de cette CAN 2025 : une équipe d'une maturité froide, capable d'éteindre n'importe quel incendie sans transpirer. Ils disposent d'un banc si profond qu'ils pourraient presque aligner deux équipes finalistes. Face à eux, le Maroc porte le fardeau immense de tout un peuple. Mais dans une compétition où le réalisme prime sur l'émotion, je vois les Sénégalais gérer cette finale avec une sérénité clinique. Ils ne vont pas chercher à séduire, ils vont chercher à gagner.

    La CAN a-t-elle perdu son ADN ?

    En conclusion, je m’interroge sur l’avenir de notre football continental. Si la perfection organisationnelle du Maroc est une fierté pour l’Afrique, elle semble s’accompagner d’une standardisation du jeu qui nous prive de nos émotions les plus pures.

    La CAN 2025 sera peut-être retenue par les historiens comme l'édition la plus aboutie techniquement, mais dans mon esprit, elle restera celle où le calcul a remplacé la magie. Dimanche, le Sénégal soulèvera probablement le trophée, et nous applaudirons leur professionnalisme... tout en regrettant secrètement les larmes et les miracles de 2023.

    Et vous ? Partagez-vous ce sentiment de lassitude tactique ou savourez-vous la montée en gamme du football africain ? Le débat est ouvert dans les commentaires.

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