Même pas peur de débattre du nucléaire civil

 Ingénieur environnement/énergie, «Gérard le Rouge» évoque la question du nucléaire civil en France et dans le monde. Vecteur d'indépendance aux réelles capacités de nuisances, le jeune homme de 24 ans tempère en évoquant la réticence des citoyens à remettre en cause leur mode de vie.

 

Ingénieur environnement/énergie, «Gérard le Rouge» évoque la question du nucléaire civil en France et dans le monde. Vecteur d'indépendance aux réelles capacités de nuisances, le jeune homme de 24 ans tempère en évoquant la réticence des citoyens à remettre en cause leur mode de vie.

 

"Je ne veux plus de gens qui critiquent le nucléaire par facilité ou effet de mode. // Je veux des gens qui réfléchissent sur leur propre confort, leurs faux besoins vitaux, et se rendent compte que tant qu'on ne se remettra pas tous en cause, on ne sortira pas du nucléaire"

 

 

De plus en plus, de par mon implication professionnelle, mais aussi au travers des médias, français comme mondiaux, j'entends des personnes critiquer le nucléaire. Cela devient un leitmotiv que certains reprennent par effet de mode, réclamant la sortie du nucléaire sans trop réfléchir à ce qui est derrière.
Cette semaine l'Allemagne et la Suisse ont déclaré leur sortie du nucléaire. Ils ne renouvelleront pas leurs centrales à leur fin de vie. Mais les demandes en énergie de leurs populations respectives sont telles qu'en aucun cas, à l'heure actuelle, il n'est possible uniquement par le biais d'énergies renouvelables de subvenir à ces "besoins". Ils vont donc venir acheter de l'énergie produite par du nucléaire en France, ou remplacer celle ci par des centrales à charbon ou autre technologie pas beaucoup plus propre que le nucléaire.
Je ne suis pas spécialement pro nucléaire. Je suis conscient des déchets quasi incompressibles que cela engendre ainsi que des dangers pour l'homme. Mais en sortir à l'heure actuelle n'est pas possible. Il n'existe pas de technologies vertes suffisamment puissantes. Mais il y a surtout des demandes exorbitantes qui ne cessent d'augmenter. Aujourd'hui chez soi tout est électrique : radios, mixer, lave vaisselle, télé, etc. Aucune technologie n'est capable, en toute saison, de produire de quoi satisfaire les besoins mondiaux.
La priorité est donc que chacun réfléchisse sur son propre confort, sur le confort collectif, sur ces "faux besoins vitaux" auxquels on se raccroche. Il faut se remettre en cause sur ces appareils qui consomment des quantités d'énergie impensables, ces appareils que l'on garde branchés 24h/24.
Avant de penser à sortir du nucléaire, remettons nous en cause, changeons notre comportement. La solution pour moi passe par cette étape, et cela viendra peut être d'une image politique, de décisions gouvernementales. En baissant nos besoins on accèdera sans doute plus facilement a une production possible en majeure partie par des énergies propres. Et par la même occasion, peut être fera-t-on prendre conscience à certains qu'ils ne vivent pas seuls et qu'ils ne peuvent pas vivre en ignorant les autres.

 

« Gérard le Rouge », ingénieur environnement/énergie, 24 ans

 

 

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Vous pouvez répondre aux verts arguments de Gérard le Rouge ici.

 

 

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