Portfolio

Non à la mort!

Que faire en temps de confinement? Ce que l'on sait faire, sans aucun doute. Et j'ai la chance de vivre dans la garrigue: c'est l'occasion de présenter ce qu'elle représente pour moi. Et peut-être le lien avec ce que nous vivons, maintenant.
  1. La garrigue est une forme de la dégradation de la forêt primaire autour de la Méditerranée: rien à voir avec l'Amazonie. Les arbres sont courts, chênes, arbousiers, pins, genêts... luttent pour leur survie. Cette photographie a été prise en hiver, par temps de mistral, dans une zone ravagée par un incendie.. dur de reprendre, et pourtant la végétation reprend, toujours plus courte, plus mitée...

  2. Deuxième mitage: les cultures, ici de la vigne au printemps. Là aussi, la garrigue gagne parfois. Les cultures reculent, se réinstallent. Le partage peut être équitable: vigne, oliviers, autres cultures fruitières. Parfois moins, la culture des asperges répand ses plastiques.. Ajoutons les produits phytosanitaires.

  3. Autre ennemi: le changement climatique. Les printemps et automnes sont les deux saisons éclatantes... de couleurs. C'est pourquoi je préfère aux images documentaires brutes, des images qui bougent, le décalage de la mise au point. On voit tellement mieux. L'inconvénient, bien sûr, c'est d'avoir les candidatures de mes projets toujours refusées. Pas grave, ça ne fait que 40 ans que ça dure (à une exception). Je m'aperçois aujourd'hui que cela n'a pas d'importance, et je reprends donc mon travail: abandonné il y a quelques années, là où je l'avais laissé. Cette photographie a été prise au cours d'un printemps pluvieux: ces couleurs que l'on ne voit pas ailleurs.

  4. Autre explosion, sur un versant nord, près de l'eau, non loin du Gardon.

  5. Et encore...

  6. Même les automnes, si dangereux avec leurs pluies dévastatrices, peuvent être très secs. Cette année là, pour trouver des couleurs, il a fallu aller en montagne: dans les Cévennes.

  7. Toujours en montagne...

  8. La garrigue lutte donc pour sa survie, depuis des siècles. La mort, elle connait: il suffit de d'observer les traces d’eau en hiver pour voir des ombres inquiétantes.

  9. Et elle peut être paisible: c'est toujours en hiver que la garrigue est la plus tranquille.

  10. Et aujourd'hui? Un printemps très sec, mais sous les pas des marcheurs, quelques traces de végétation subsistent. Que restera-t-il cet été? Les suivants?

  11. Des couleurs éphémères...

  12. Quelques écorces?

  13. D'autres couleurs...

  14. La dernière, c'est toujours le jaune.

  15. Et non, pas cette fois: nos vagabonds sont confinés.

  16. Mais celle-là!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.