Le virus est partout

Alors que la Chine se relève, que l'Italie, à nos portes, prend d'importantes mesures, en France, pipeau. Qui sacrifie-t-on?

Le virus est là, et non, ce n'est pas un petit méchant virus comme celui d'une grippe. Les mesures drastiques que la Chine a prises nous l'ont montré en grandeur nature durant 2 mois. Taux de létalité de la grippe: 0,1%, celui du coronavirus: 2 à 3%, donc 20 à 30 fois plus, et non 2 fois plus comme ces journalistes nuls en nombres décimaux le proclament souvent. Et si on guérit, c'est au bout de longues semaines de maladie.

Qui sont ceux qui vont morfler en premier? On le sait. Les vieux. Les premières consignes sont: n'allez plus leur rendre visite dans les Ephads. Elle est pas belle la vie des vieux? Puis suivront les plus fragiles, et peut-être les personnels hospitaliers, qui pourront être, comme ce fut le cas en Chine, multi-infectés, et fragilisés par ce fait.

On le sait aussi, les hôpitaux ne seront pas en capacité d'accueillir tous les cas de détresse respiratoire. Déjà les bébés parisiens sont exilés loin de Paris lors des épidémies de bronchiolites. Il y aura bientôt partout des gens âgés, chez eux, avec leur bouteille d'oxygène, qui mourront seuls, épuisés, abandonnés.

Restez chez vous si vous êtes un malade pas trop grave! C'est l'injonction de ceux qui ont détruit l'hôpital public. Et quid de votre famille? De vos proches? Va-t-on voir, comme à Wuhan, des pères testés positifs qui se suicident pour ne pas rentrer contaminer leurs enfants?

Ne portez pas un masque si vous n'êtes pas atteint! Forcément, il n'y en a plus guère. On les réserve pour les médecins (preuve que ça sert à quelque chose).

Ils le savent. Ça va arriver, c'est déjà là, mais ils ont sacrifié à "la crôassance" les quelques jours où le virus n'était pas encore partout, encore traçable, encore maîtrisable.

Ils n'en ont rien à foutre des gens.

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