Sivens ou l'énormité de la bêtise

Ils ont réussi! Le grand barrage de Sivens ne se fera pas. Et le nouveau barrage prévu, de moindre importance, ne devrait pas être mis en chantier avant que tous les recours ne soient étudiés. Une poignée de zadistes sont parvenus à ce qu'une énorme faute écologique, comme il y en a encore tant, soit sinon évitée du moins réduite et différée.

Une idiotie votée par une assemblée coupée de sa base, voulant flater un certain électorat. Une idiotie très chère, dont la fonction première était de mettre en branle la grosse machine projet/maître-d'oeuvre/chantier, financée par des fonds publics via le Conseil Général, l'Agence de l'Eau et l'Europe. Il y a eu un mort, Rémi Fraisse, les forces de l'ordre, venues soutenir le chantier, ne s'arrêtant pas devant une opposition vivante, les zadistes. Car l'énormité du fric mis en jeu de cette idiotie semblait devoir justifier l'acharnement à ce que le projet (absurde) se fasse. On n'arrête pas un tel projet, tant les enjeux sont énormes. Eh bien si. Le projet est arrêté.

Avec leurs tentes plantées dans la boue, leurs pancartes à la peinture coulante, leur acharnement à être là, présents, jour et nuit, ils ont gagné. Pour nous tous. Rémi est mort, plusieurs hectares de forêt et de zone humide ont été saccagés. Des brutes armées de tronçonneuses montrent leur mécontentement, et regrettent le barrage. Faudra-t-il d'autres morts pour arrêter des projets similaires? Ou ces jeunes zadistes auront-ils contribué à réveiller les consciences, à ce que chacun se sente en droit d'arrêter l'absurdité? 

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