FOUREST VA-T-EN-GUERRE

IL FAUT LA FERMER MAINTENANT Copenhague endeuillée hier. On se couche un peu inquiet, on se réveille et on apprend qu'en plus de l'attentat au centre culturel où on parlait de la "liberté d'expression", il y en a eu un autre contre une synagogue. Dans la ville de la Petite Sirène, la capitale tranquille où l'on n'attache pas forcément son vélo! Consternation. Et en boucle à la radio la voix péremptoire de Caroline Fourest qui répète sa litanie: nous sommes en guerre, il y aura d'autres attentats, c'était un débat de soutien à ceux de Charlie, il faut avoir le courage de montrer les caricatures, certains Musulmans se radicalisent, ils n'ont aucune excuse.... STOP!!!!! Non, nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a pas 2 armées qui s'affrontent. Il y a des "enfants perdus" de la République, comme les appelle Boris Cyrulnik, qui cherchent désespérément une cause à laquelle se raccrocher, et ça les pousse à tuer, les autres et eux-mêmes. Ne l'oublions pas. Celui-là n'avait que 22 ans, et le triste parcours habituel de ses frères de folie, délinquence, prison...

Il faut arrêter de célébrer la "religion Charlie" tout azimut. Cette réunion à Copenhague était-elle nécessaire, aujourd'hui, justement? Avec à l'affiche cet "hommage à Charlie", dont Cabu et les autres auraient bien rigolé? En présence de l'ambassadeur de France? La sagesse serait plutôt de faire une pause dans cette affirmation grotesque de la "liberté d'expression". Il y a aussi la liberté de s'abstenir d'aborder certains sujets dans une époque critique, comme celui d'insulter ... un prophète. A un moment où l'avenir de l'Europe se joue en Grèce, où s'amorce un tournant gigantesque, on ne peut pas trouver d'autres sujets?

Mme Fourest, à votre place je ne serais pas fière ce soir, avec ces 3 morts de plus. Vous n'avez certes pas tenu l'arme qui les a tués, mais vous avez contribué à faire monter la mayonnaise qui les a exposés. Non, nous ne sommes pas en guerre. Ici, si on parvient à cerner les causes de ces dérives assassines et suicidaires, et qu'on y remédie, (et vite!), la France peut être un pays où se côtoient en harmonie les gens de confessions différentes, ou sans confession. C'est ce à quoi il faut tendre. Juifs, Gaulois, Musulmans, et tous les autres, les mâtinés cochon d'Inde, et on s'en fout en fait, on en a marre de se définir ainsi. Il y a aujourd'hui un tournant énorme en Europe, où il y a quelqu'un qui s'oppose au libéralisme à tous crins, qui refuse les diktat des complicités en place (la Troïka),  et leurs copains au pouvoir. Il vaudrait mieux parler de ça, plutôt que de la tête du Prophète, non? La "liberté d'espression" a bien du mal, il me semble, à s'exercer en ce moment sur l'économie ou sur le social (voir le lénifiant discours des journalistes sur la croissance et le bienfait du travail le dimanche), et à sortir du domaine religieux.

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