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Billet de blog 17 mars 2016

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marchandage des humains

Le flux des migrants jetés sur les routes par l'embrasement du Moyen Orient et de certains pays d'Afrique, donne lieu à d'odieux marchandages: Erdogan se sert d'eux comme d'une "menace" sur l'UE, surfant sur une opinion publique xénophobe, chauffée par tous ceux qui ont intérêt à la tenir dans la peur de l'autre.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Aujourd'hui, des milliers et des milliers de gens, hommes, femmes, enfants, sont à pied sur les routes d'Europe, risquent la mort en traversant la mer ou des rivières en crue, survivent dans la boue et le froid, s'entassent dans des tentes déchirées, et cela au sein de la zone du monde la plus riche, la plus fonctionnelle, la plus à même de les prendre en charge décemment. 

Il se dessine que la Turquie, pays bien moins riche, et accueillant déjà plus d'un million de réfugiés, contre une contribution financière conséquente de l'UE, contre une renégociation de son entrée dans cette Europe qu'elle rend étanche, contre une plus large ouverture à "ses" ressortissants, gardera sur son sol ceux qu'on ne veut pas voir arriver (non, "envahir" ) nos riches contrées. Où? Quand? Comment? Dans quelles structures? Que deviendront ceux qui vont devoir survivre dans ces camps déjà surpeuplés?

On oublie que la richesse d'un pays (hormi la richesse financière) EST les gens qui y vivent quand ils ont les moyens de s'organiser, et pas seulement ceux qui y sont nés. Que 1000 personnes de plus, c'est trois boulangeries, deux écoles, un garage, et tous les emplois qui vont avec. Que l'Europe vieillissante (et en premier lieu l'Allemagne) peine à tenir la gageure de la solidarité sociale, pour que les cotisations des actifs puissent faire vivre les vieux et les enfants. Que nous avons là toute une population jeune, éduquée, qui ne demande qu'à pouvoir vivre et participer à la vie, veut que ses enfants déscolarisés retrouvent le chemin d'une école, que les adultes puissent exercer parmi nous leur savoir-faire, médecins, coiffeurs, infirmières, cuisiniers. Ils prendont moins d'emplois qu'ils n'en créeront. 

On oublie que les conventions internationales font de l'asile un droit. Qu'humainement, les décisions prises ces jours-ci à Bruxelles sont scandaleuses. Mais qui se soucie encore des aspects humains, dans la "gestion" de ce "flux", pourquoi pas même dire ce "stock" de réfugiés? 

Qui peut se réjouir de telles mesures sans mourir de honte? Mesures vaines, de toutes façons. Ces gens, vaille que vaille, arriveront jusqu'à nous. Parce que c'est ce qu'ils veulent, et non pas pourrir dans des camps turcs. Ils franchiront des rivières, les jeunes portant les bébés et les vieilles gens épuisées, ils prendront la mer dans des rafiots dangereux, ils se déchireront en passant sous les barbelés, ils marcheront, ils arriveront. Ou alors, il faudra leur tirer dessus. Et cette mesure infâme n'est hélas plus  une horreur inenvisageable. 

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